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QUE PEUT-ON ATTENDRE DE L'ANAPECO ? Commentaires

Suite à la lecture de vos messages je me permets de faire ces quelques remarques :

1. Il est vrai que la faillite des différents pouvoirs ou tentatives de pouvoir installés au Congo depuis la fin du second régime n'est pas à démontrer. Mais il me semble risquer de faire un lien de cause à effet entre cette faillite avérée et la pôle position dans l'opinion congolaise des Mobutistes. Encore faut-il démontrer cette position confortable dans la mémoire collective nationale. A lire votre conclusion, il me semble que vous n'y croyez pas vous-même. En effet, comment expliquer qu'un peuple qui n'a pas oublié les crimes, les brimades, etc. dont il a été victime puisse encensé ses bourreaux. L'Histoire de l'humanité nous apprend que dans le désert le peuple juif a demander à Moïse de les ramener en Egypte où, malgré l'esclavage, il avait de quoi manger et boire. Mais il m'est difficile de concevoir les juifs russes demander à Staline de les ramener en Allemagne Nazi. L'Homme a toujours eu le réflexe de choisir le moindre mal.

2. Le soi disant allergie contre l'U.D.P.S que vous semblez desceller chez les « kabilistes », facteur commun selon vous avec les mobutistes, me semble non fondée pour deux raisons principales. L'environnement politique et les enjeux ne sont pas les mêmes. En effet, le second régime était une dictature, l'ouverture politique amorcée n'était que de façade. Et dans ce contexte, le combat de l'U.D.P.S n'a jamais été une rupture avec le parti-Etat mais la recherche d'un droit à la différence au sein même du M.P.R. Cela d'une manière officielle (cfr lettre des treize) ou officieuse ( les différentes négociations, trahisons, alliances, amour-haine avec les dignitaires mobutistes).  Je ne vous apprends rien en disant que le but ultime d'un parti politique est de conquérir et conserver le pouvoir. Vous ne serez pas non plus étonné en lisant l'affirmation selon laquelle une dictature est caractérisée par la concentration du pouvoir entre les mains d'une personne ou un groupe restreint
 des personnes. Et que celles-ci n'ont qu'un soucis écarter tout obstacle. Vous ne pourrez non plus nier le fait qu'à l'époque les contradictions de l'U.D.P.S ont empêché sa participation à l'exercice du pouvoir. Venons-en maintenant à l'après Mobutu. Pour expliquer une situation donnée, les historiens prennent souvent en compte les causes lointaines et proches. Quelle a été la position de l'U.D.P.S pendant la guerre menée par l'A.F.D.L, à la chute de Mobutu et pendant la gestion du pays par L.D.Kabila ?

Pour nous rafraîchir la mémoire, je me permet de rappeler quelques faits. Alors que la chute de Mobutu était une certitude pour toute la classe politique et une grande partie de l'armée (des officiers et politiciens ayant été approchés par les mentors de L.D.Kabila), les responsables de l'U.D.P.S accourent au chevet de Mobutu pour une nomination hypothétique à la primature. Et cela contre toute logique. Ce parti refusera tout appel à la coopération avec le rebelle devenu président. Le motif invoqué est toujours le même : prescrits de la C.N.S. Pensez-vous sérieusement qu'il aurait été politiquement intelligent pour L.D.Kabila, inconnu à Kinshasa pour ne pas dire au Zaïre, de nommer vice-président ou premier ministre Tshisekedi qui pour des futilités et ces contradictions a bloqué la transition mobutiste? On ne peut pas parler aujourd'hui de dictature. Et avec un peu d'honnêteté, on peut s'apercevoir que la situation politique actuelle est l'émanation de Sun City d'une part et de l'opposition politique (non armée) de l'autre en ce qui concerne la représentation de celle-ci au niveau des institutions. Il est anormal de vouloir toujours trouver des excuses aux déboires de l'U.D.P.S. pourquoi ce parti ne participe pas à la gestion du pays ? Faut-il rappeler ici le spectacle honteux que nous ont livré les deux principales formations politiques de cette opposition, ou l'arrogance du chef de parti refusant de se soumettre au vote de ses pairs ? Une des pointures de la représentation UDPS/Benelux a explicitement écrit sur le site officiel que la non viabilité de la formule 1+4 était évidente dès le départ. Ainsi il n'était pas opportun d'y prendre part par ne pas se discréditer. 

La réalité est que l'U.D.P.S, du moins certains de ces dirigeants historiques, ne veulent pas descendre du piédestal où les a placé leur ego. Imbu de leur propre personne, ils pensent que le Congo ne peut se décliner qu'à travers leur personne et que toute autre autorité est une perversion. Ils oublient qu'ils sont devenus des preneurs d'otages. Ce ne sont pas les autres qui excluent l'U.D.P.S, bien qu'aucun parti ne souhaite partager sans y être obligé par les réalités politiques du moment. L'U.D.P.S s'exclut lui-même, le processus en cours dans notre pays en est la preuve. Et quand on se rend compte de ces erreurs, on change de fusil d'épaule trop tard ! Que direz-vous d'un élève qui s'inscrit dans une école et qui, à la fin de l'année scolaire, exige de passer des classes. Alors que durant toute l'année, prétextant la mauvaise odeur de ses enseignants, il a préféré se tourner les pouces à la maison, adepte de l'école buissonnière qu'il fut.

3. Vous écrivez : « les kabilites n'ont jamais accordé une place de choix à l'opposition politique symbolisée par l'UDPS; commettant la même erreur que Mobutu jadis, préférant négocier avec les partis alimentaires. La transition a du pain sur la planche.» Permettez moi de vous faire remarquer qu'en politique en particulier et dans la vie en général tout se mérite. A titre illustratif je vous renvoie au fameux discours de P.E.Lumumba en réponse à ceux du président Kasa-Vubu et du roi des belges Baudoin. A force de ne jamais se remettre en question, de croire à une virtuelle mission divine l'U.D.P.S est passée et continue de passer à côté d'un rendez-vous historique. Loin de remettre en cause l'apport considérable du parti de Limeté à la révolution politique au Congo, il est toutefois biaisé de réduire l'opposition politique à ce parti politique. Elle est plurielle aujourd'hui. On ne peut spéculer sur le poids de chacun de ses composants avant le verdict des urnes.
 
4. En politique, ce n'est pas le fait de constater un problème qui vous différencie de vos adversaires mais les solutions que vous apportez. Que les congolais adhèrent au discours de Ngbanda quant à l'origine et la finalité de la guerre au Congo ne signifie pas qu'ils adhèrent à sa philosophie politique ou à son parti. La vérité n'est pas le monopole d'un politicien sur cette question. Je ne crois pas à une coalition  des mobutistes comme vous le prétendez. Non seulement il y a beaucoup de comptes à régler entr'eux mais tous les mobutistes ne l'étaient pas de conviction. Croyez-vous que tous les anciens de la DSP et des FAZ se rangeront comme un seul homme derrière Ngbanda ? Non, sinon cela se saurait depuis le temps qu'il lance des appels en ce sens.

André LOKO

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