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FORUM DES DEMOCRATES POUR LE RENOUVEAU, FDR

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Secrétariat Général

QUELLE ATTITUDE PRENDRE VIS-A-VIS DE HONORE NGBANDA NZAMBO ?

Par KADIMA WA KADIMA LUSE

Secrétaire Général du FDR

Depuis un certain temps, bon nombre de nos compatriotes tirent à boulets rouges sur Honoré NGANDA NZAMBO, ancien Conseil Spécial en matière de Sécurité du dictateur MOBUTU, non sans raison. Mais cela en vaut-il la peine ?

J'aimerai, au préalable faire une petite observation. Je ne suis ni mobutiste, ni kabiliste, encore moins néo mobutiste ou « ngbandiste », je suis un Congolais (Zaïrois) ayant ma propre vision, une vision novatrice, pour sortir mon pays de la honte où il gît depuis l'époque MOBUTU où il fut tué et enterré aujourd'hui par les « KABILA et compagnie ». Je suis parmi ceux qui continuent à condamner le système de la deuxième république de MOBUTU pour être responsable numéro un du désastre que connaît notre pays aujourd'hui.

Depuis 1991 à mon retour au pays à la faveur de la démocratisation, j'avais fustigé les « grands opposants », que j'avais qualifié de « transfuges du MPR parti état » et qui étaient venus s'infiltrer dans l'opposition juste pour raison d'un positionnement stratégique, afin de reconquérir le pouvoir, fuyant ainsi la vindicte populaire qui semblait inévitable. J'avais qualifié cette supercherie comme étant la plus grande escroquerie politique de notre pays ; des bourreaux dans le camp des victimes !

Pendant cette période de transition en tempête, Honoré NGBANDA s'était illustré par son attachement inconditionnel au dictateur MOBUTU, apportant cahin-caha, la recette religion au cocktail de répression du régime moribond. Cette ultime effort de M. NGANDA n'avait pas suffit à réconforter le régime ; le sort en était jeté. Il sombra le 17 mai 1997 par la fuite honteuse de MOBUTU, et la débandade de tous ses produits politiques qui sont allés expérimenter la vie de réfugié partout au monde, même dans des minuscules pays africains.

Par une témérité exceptionnelle, son ancien Conseiller Spécial, Honoré NGBANDA, exilé en France, qui avait déjà publié tour à tour « LA PROBLEMATIQUE DE LA SOUVERAINETE DANS LES CONFERENCES NATIONALES SOUVERAINES D'AFRIQUE » en 1993, « AFRIQUE : DEMOCRATIE PIEGEE » en 1994, « LA TRANSITION AU ZAIRE. LE LONG TUNNEL » en 1995, va publier une année après la chute de MOBUTU, un livre « AINSI SONNE LE GLAS ! LES DERNIERS JOURS DU MARECHAL MOBUTU », dans lequel il relate les derniers jours du régime et surtout révèle à l'opinion, le médiocre fonctionnement du régime et les nombreuses trahisons des officiers de l'armée ainsi que l'ignoble légèreté des dirigeants tant civiles que militaires qui ont « vendu » leur pays à l'étranger pour finir en exil. Bien d'observateurs avaient accusé NGBANDA de s'octroyer le bon rôle, « M. PROPRE !», celui qui n'avait rien fait, quoi que…

Quatre ans plus tard, le 04/04/02, Honoré NGBANDA resurgit dans une conférence sur les grands lacs au Sénat Français et quelques mois plus tard, il organise lui-même une conférence à l'Assemblée Nationale Française où il lance un appel aux compatriotes afin de se réveiller face au complot contre notre pays. Il sait de quoi il parle. Dans la salle, quelques voix excitées le traitent de « TERMINATOR » de triste mémoire et lui signifie qu'il n'a aucune leçon à donner, lui, bourreau du peuple et « empêcheur d'Etienne TSHISEKEDI à arriver au pouvoir ».

Au cour de cette conférence il annonce la publication prochaine de son livre dans lequel il promet de dévoiler les crimes organisés dans notre pays par les USA et certaines puissances occidentales qui soutiennent le Rwanda et l'Ouganda dans la déstabilisation de notre pays aujourd'hui, avec comme conséquence plus de 5 millions de mort et un pillage systématique de nos richesses comme jamais un pays ne l'avait connu.

Effectivement, fin 2004, il publie sous forme de « secrets d'Etat », CRIMES ORGANISES EN AFRIQUE CENTRALE , Révélations sur les réseaux rwandais et occidentaux, aux Editions DUBOIRIS. Un ouvrage très révélateur, dont la couverture représente les « deux criminels complices » souriant et dans lequel, le journaliste indépendant Charles ONANA nous interpelle, nous Congolais – Zaïrois, dans sa préface et conclue par ces termes «  IL VOUS APPARTIENT DONC, COMME LE DIT LA SAGESSE POPULAIRE, DE REFUSER DE MOURIR IDIOT  ». Donc à nous Congolais de voir la réalité en face, de réagir après toutes ces révélations, au lieu de rester ridicules comme nous le sommes aujourd'hui et …mourir idiots .

Honoré NGBANDA s'est donc mis à découvert. Il affronte leurs anciens mentors d'hier, MOBUTU et lui, et cela au risque de sa propre vie. Il s'est mis à attaquer le régime de KAGAME qui se comporte en « nazi » vis-à-vis de notre pays, installant un pouvoir des collabos qu'il télécommande depuis le Rwanda.

Depuis ces révélations et sa sortie sur la scène politique en lançant son propre mouvement politique « APARECO », Honoré NGBANDA est devenu une cible facile, ayant effectivement des grosses casseroles, et beaucoup des compatriotes ne ratent pas une occasion pour lui adresser des lettres ouvertes lui rappelant son rôle de « HIMMLER  » grand chef de la « Gestapo » et des « SS » ou encore de «  HEYDRICH  », l'ange de la mort, à côté du « FURHER » MOBUTU .

Seulement voilà, moi, je me pose une question : est-ce que tous ceux qui s'attaquent à NGBANDA sont des Congolais patriotes ? Est-il nécessaire, pour le moment, de s'attaquer à ce réfugié zaïrois quand on sait que notre pays est occupé par un régime pro « nazi ». Quand on sait que nous avons à la tête du pays un étranger et que la plupart des postes de responsabilité à la tête de l'Etat et des importantes entreprises para étatiques aujourd'hui sont occupés par des étrangers et surtout que le pays est saigné à blanc et en toute impunité comme jamais personne ne pouvait l'imaginer !

Qui pouvait penser que la corruption aujourd'hui dans notre pays atteindrait plus de cent fois celle du régime de MOBUTU de triste mémoire qu'on avait cru jeter dans les oubliettes de l'histoire? L'Etat n'existe pas et notre pays est devenu la risée de toute l'Afrique. Comment ne peut-on pas s'insurger face à cette honte ? Qui est ce Congolais, Zaïrois, digne de ce nom qui peut aujourd'hui se regarder dans la glace le matin, avec un pays occupé et dirigé par un régime de «  VICHY SOUS LES TROPIQUES  », et rester insensible ? Non, pas moi, KADIMA WA KADIMA LUSE.

Moi, je suis de ceux qui croient que NGBANDA a ses défauts, certes. Il est le produit de la dictature de MOBUTU, cela ne se discute pas. Il a sûrement des comptes à rendre un jour au pays, pourquoi pas. Mais aujourd'hui qu'il dénonce ce qui est la honte de notre pays, ne peut que trouver encouragement de tout patriote soucieux du devenir de son pays.

Depuis 1997, nous au FDR, nous dénoncions haut ce que NGBANDA dit aujourd'hui. Nous sommes frappés d'embargo à RFI depuis le mardi 6 novembre 2001, pour avoir tiré l'attention de l'opinion congolaise que le dialogue inter congolais était un piège pour octroyer au Rwanda ce qu'il a toujours convoité : l'occupation du Kivu par ses troupes afin de l'exploiter légitimement, et aussi placer à la tête du pays des dirigeants rwandais comme le stipule l'accord global et inclusif que les « con-golais » ont accueilli avec enthousiasme, abusés par l'hôte du dialogue, l'Afrique du Sud.

Voici pour rappel ce que j'avais dit sur les antennes de RFI : «  Il n'y a pas des raisons de se précipiter pour aller participer à un dialogue qui n'engage pas toute la classe politique qui devrait rester neutre dans ce conflit, dans la mesure où celui-ci est consécutif à la politique du régime KABILA, conflit qui n'est rien d'autre qu'un différend entre lui et ses créateurs, le Rwanda et l'Ouganda, qui ont déstabilisé les institutions de la République du Zaïre depuis octobre 1996.

Il est dès lors plus logique que les belligérants se mettent autour d'une table comme ils l'ont fait à LEMERA en octobre 1996 pour arrêter la « bêtise humaine » qu'est la guerre qu'ils imposent aujourd'hui à notre peuple.

Il faudra que les acteurs politiques de notre pays s'abstiennent de se mêler de cette guerre de KABILA avec ses amis les rwandais et qu'ils exigent d'eux, de mettre terme à leur inutile guerre.

Il est claire aujourd'hui que la volonté cachée du Rwanda est de voir les Congolais entériner eux-mêmes, l'intégration des milices de la rébellion dans une armée nationale congolaise comme prévu dans les Accords de Cessez le feu de Lusaka.

A cet effet, l'Armée constituée à l'issue du Dialogue Inter congolais comprendra les effectifs rwandais qui constituent aujourd'hui la quasi-totalité des forces rebelles du RCD. Comme ça, ils garderont leurs positions actuelles, c'est à dire le KIVU.

Ce que KAGAME a cherché depuis lors par les armes, les Congolais le lui auront donné par le Dialogue Inter congolais, quel cadeau !

Non ! Les patriotes congolais, les nationalistes que compte encore ce pays ne laisseront pas cette supercherie se réaliser.

Le dialogue s'il doit se tenir, c'est une bonne chose, mais entre belligérants, car c'est un DIALOGUE INTERBELLIGERANTS.  »

Ce discours, nous le tenons depuis longtemps, et sans relâche au FDR, même si cela fâche les uns, embête les autres, mais reste une vérité incontournable pour tous. La course aux postes a aveuglé la plupart des nos amis politiciens même les « irréductibles », conjoncture oblige !

Le seul conseil que je peux donner à NGBANDA aujourd'hui est celui-ci. Il a accepté de descendre sur la scène politique ouverte. Cette scène a ses aléas qu'il redoute tant : le contact avec le peuple. Il a gardé ses réflexes des dirigeants de la deuxième république « inaccessibles par le peuple » : se sentir au dessus de ses concitoyens. Ce peuple, n'a pas la mémoire courte, il attend Honoré NGBANDA au tournant, une fois l'épisode de collabos passé. Il doit descendre à la rencontre de ce peuple et devenir le « citoyen NGBANDA » et non le « Spécial ». Fini les temps des intouchables ou d'inaccessibles.

A mes compatriotes, l'attitude qu'il faut garder vis-à-vis de NGBANDA est de garder votre patience. S'il faut juger un jour les dirigeants de la deuxième République dont NGBANDA, il n'en échappera pas. Le « NUREMBERG » congolais s'en chargera. S'il lui trouve de quoi l'incriminer, il payera. Pour le moment, ne perdons pas de vue que notre pays est mis aux enchères par des prédateurs dont les exécutants étrangers se donnent à cœur joie en toute impunité. Conjuguons ensemble nos efforts afin de renverser cette honte pour laquelle les générations futures ne nous trouverons aucune excuse.

Pour ma part, mon combat est un : ressusciter mon pays tué par les MOBUTU et enterré par les KABILA. Le soutien dont jouissent ces pilleurs aujourd'hui semble porter le destin de notre perte ; hier, ils ont été invaincus, mais ne seront pas demain invincibles !

A bon entendeur…

Paris, le 14 octobre 2005



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