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LA FIN ET LES MOYENS.

Le 14 décembre 2008, sur Congo Vision je faisais paraître un article intitulé «  PROMESSE DE PAIX OU OBLIGATION DE PAIX ? »

Nous avions relaté comment le Président Kasa-Vubu s'y était pris pour réduire les sécessions katangaises et kasaîenne en mettant de côté son amour-propre de Président de la République.

Dans le premier cas, il est allé, sous les hospices du Présidant malgache TSIRANANA à Tananarive et à Cocquilathville (Mbandaka), rencontrer Moïse Tshombe, mais sans succès jusqu'à demander aux forces de l'ONUC (ONU au Congo) pour arriver à ses fins, c'est-à-dire, la fin de la sécession katangaise, qui du coup affaiblissait la sécession kasaïenne, déjà mise à mal depuis 1963.

C'est dire que l'ONUC en 1960, fut un moyen au Congo-Léopoldville de Kasa-Vubu, mais jamais une fin en soi, contrairement à la MONUC actuelle dont la fin est devenue l'objectif jusqu'aux accusations graves de pédophilie dans le chef de certains de ses soldats.

Dans le cas de la sécession kasaienne, le Président Kasa-Vubu est allé dans le Sud-Kasaï sécessionniste pour rencontrer le Mulopwe Albert KALONJI.

A l'aéroport, dès que le Président Kasa-Vubu sortait de l'avion, Albert Kalonji, sur le tarmac, piétina le drapeau congolais et s'en alla chez lui en ville, sans le saluer, sans moyens de locomotion,  laissant le président Kasa-Vubu et sa délégation à l'aéroport,?

Et que fait Kasa-Vubu, remonter dans l'avion et regagner Léopoldville ?

Non, il décide de parcourir à pieds les cinq km séparant l'aéroport jusqu'u centre de Bakwanga, avec sa délégation et rencontra Albert Kalonji. Honte à qui, à Kasa-Vubu ou à Kalonji. Espérons que cet épisode est racinté dans le livre que vient de publier Albert Kalonji, car en 1964, Albert Kalonji se retrouvera comme Ministre de l'agriculture dans le gouvernement Tshombe en 1964 que Kasa-Vubu venait de nommer Premier Ministre.

Et nous avons aussi raconté l'usage qu'il fit de Tshombe, Premier Ministre afin que des anciens mercenaires de Tshombe partipassent à réduire la rébellion muleliste en 1964.

Quant à Mobutu, enfant chéri des Occidentaux, il faisait appel à ces derniers qui accouraient pour l'aider à vaincre à la place de son armée, les rebellions de Nathanaël MBUMBA du FLNC.

Nous avons écrit aussi que lorsque Kasa-Vubu s'asseyait à table avec Tshombe ou avec Kalonji, ce n'était pas pour discuter du partage du pouvoir, c'était pour les contraindre à rentrer dans les institutions congolaises.

Mais malheureusement en RDC depuis SUN CITY, tout rebelle au gouvernement réclame le partage du pouvoir. Ainsi, nous ne pouvions imaginer que le gouvernement congolais aille à Nairobi pour discuter avec NKUNDA le partage de pouvoir, mais qu'il cherche par tous les moyens à soumettre NKUNDA aux lois de la République

Un Chef d'Etat en charge de la défense de la souveraineté de la nation et de l'intégrité du territoire national est soumis à l'obligation de résultats de leur maintien lorsque celles-ci sont menacées.

Et pour ce faire, tous les moyens, sauf ceux qui risquent de donner le résultat contraire à celui recherché, sont bons. La froideur de la conduite des affaires de l'Etat, surtout en ce qui concerne sa souveraineté le veut parfois bien ainsi. Le tout est de bien maitriser le choix des moyens.

Nous assistons aujourd'hui, à l'option que vient de prendre Joseph KABILA pour réduire la rébellion de NKUNDABATWARE, en faisant appel à l'armée ruandaise.

Et NKUNDA serait arrêté, mais où, en RDC ? Non au Ruanda !

C'est une curiosité qui ne demande qu'à suivre le développement.

L'appel à l'armée ruandaise est la première curiosité de taille. L'on aurait bien aimé croire selon le principe de prévenir un mal plutôt que de le guérir que l'armée ruandaise en ce moment en RDC ait été un vaccin contre la situation que vit aujourd'hui la RDC , particulièrement dans le Kivu.

Or cette armée à été le virus qui a déclenché ce mal. La question aujourd'hui se pose en terme de savoir comment ce virus se transformerait-il subitement en remède contre le mal qu'il aura causé et qui sévit en RDC ?

Et subsidiairement l'on est en droit de se demander pourquoi, la MONUC aura refusé ce rôle qui lui a été révolu, à savoir, traqué les Interamwe, les arrêter et le reconduire au Ruanda ?

Pourquoi le choix de l'armée ruandaise et non pas un autre armée africaine pour « aider » les FARDC dans cette tâche qui, pour elle, reste noble, à savoir la défense de l'intégrité territoriale de la RDC  ?

C'est vrai que cela aurait posé un problème, sans doute, de la remise des ruandais Interamwe une fois arrêtés, au gouvernement ruandais.

Mais, l'on ne peut faire l'économie de nous rappeler que la première fois que l'armée de Kagame s'est retrouvée en RDC pour traquer les Interamwe , l'on accusa à tord Laurent-Désiré KABILA de « génocidaire » des Hutus. Qui nous garantit qu'une telle accusation ne soit portée de nouveau sur les éléments des FARDC et donc sur les Congolais ?

De tout cela, en ca de succès total, la question capitale reste celle de savoir quel est le prix à payer par nos compatriotes des Kivu, par tous les Congolais comme peuple souverain et par la RDC en tant qu'Etat souverain ?

C'est lui, Joseph KABILA, qui aura choisi ce qu'il souhaite que les générations futures de la RDC retiendra de lui car si le peuple congolais se veut bien grand, il doit savoir que les grands peuples ne meurent pas facilement !

Et, selon les réponses que nous aurons dans un avenir proche ou lointain, elles feront de Joseph KABILA un grand ou un piètre manúuvrier.

Grand manúuvrier Joseph KABILA ?

Alors s'en trouvera justifié l'adage des grands hommes d'Etat pour qui c'est « la fin qui justifie les moyens »

Fraternité, patriotisme et civisme.

Albert KISUKIDI
Nambokiay7@aol.com

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