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DÉCLARATION DES DÉPUTES NATIONAUX DU SUD-KIVU FACE A LA DÉTÉRIORATION DE LA SITUATION SÉCURITAIRE DE L'EST DE LA RDC

En date du 17 janvier 2009, jour coïncidant avec le 48ème anniversaire de l'assassinat du premier Premier Ministre, Patrice Emery Lumumba,nous Députés Nationaux du Sud-Kivu, Représentants attitrés des intérêts vitaux de nos populations respectives, nous sommes réunis à Kinshasa au Palais du Peuple, siège du Parlement, aux fins d'examiner la détérioration de la situation sécuritaire prévalant à l'Est de la République Démocratique du Congo, consécutivement aux accords de
l'Hôtel Ihusi/Goma le 16 janvier 2009, à l'opération militaire conjointe entre les FARDC, l'Armée régulière de l'Ouganda et celle du Sud-Soudan en Province Orientale d'une part, entre les FRDC et l'armée rwandaise en ce qui concerne les provinces du Nord et Sud-Kivu d'autre part, ainsi qu'à la déclaration du Président français, Nicolas Sarkozy faite en date du 16 janvier 2009.

Après débat et délibération, nous Députés Nationaux Elus du Sud-Kivu,

1- Considérant que les tractations politiques actuelles sur la République Démocratique du Congo, après l'échec cuisant du Programme Amani, ne sont que pures diversions diaboliquement montées pour
asseoir savamment un complot longtemps échafaudé pour la BALKANISATION de la République Démocratique du Congo en micro-Etats affaiblis,exploitables à volonté, et qui ne sont autres que des déversoirs du trop plein démographique rwandais et ougandais;

2- Considérant la récente déclaration du Président français, Nicolas Sarkozy, préconisant « la mise en œuvre d'une nouvelle gestion des ressources et de l'espace géographique de l'Est de la République Démocratique du Congo, étant donné que le Rwanda est un pays à la démographie dynamique et à la superficie petite, et la RDcongo est un pays à la superficie immense avec une organisation étrange des richesses frontalières. Il faut mettre en place un dialogue non seulement conjoncturel mais structurel… », propos, par ailleurs déjà partagés, selon Rfi, avec les autorités actuelles de Kinshasa;

3- Considérant les accords, aux effets collatéraux désastreux pour nos peuples, conclus entre le Gouvernement de Kinshasa, et ceux de l'Ouganda et du Sud-Soudan en ce qui concerne la Province Orientale d'une part, et d'autre part entre le Gouvernement de Kinshasa avec celui du Rwanda et une fraction du CNDP à l'Hôtel Ihusi de Goma.

A cet effet, outre la sur-représentation des officiers RCD/Goma qui ont déjà investi militairement la partie orientale de la RDcongo, nos bases nous signalent que certains commandants du CNDP seraient déjà affectés en des points stratégiques du Sud-Kivu pour des éventuels assauts en attendant l'entrée imminente des brigades rwandaises. Selon les informations à notre possession le tandem de commandement de la coalition Kigali - Kinshasa serait ainsi classé : Sud-Kivu : James Kabarebe (APR), commandant en chef des opérations, secondé par John Numbi (Police RDC),
Nord-Kivu : Amisi Tango Fort (FARDC), commandant en chef, secondé par un officier de l'APR dont le nom est à préciser;

4- Considérant que la sélection opérée dans le choix des négociateurs et/ou gestionnaires des dossiers sensibles sur l'Est de la République Démocratique du Congo ne se fait pas au hasard, dès lors que l'on y remarque la présence des délégués du Gouvernement de Kinshasa, parmi
lesquels les initiateurs du « Mixage », de triste mémoire, ayant permis aux troupes fidèles à Laurent Nkunda d'accroître ses effectifs, son armement et son champ opérationnel sans combats et sans efforts;

5- Considérant l'esprit mercantiliste, d'affairisme, de mercenariat et d'opportunisme persistant dans le chef de certains officiers et personnalités politiques au point de transformer cette guerre à l'Est de la RDcongo comme une source d'enrichissement facile (détournement des soldes…) et une stratégie délibérément entretenue pour fragiliser notre Armée;

6- Considérant que dans toutes ces tractations, nous Députés Nationaux du Sud-Kivu n'avons jamais, ni de près, ni de loin, été approchés,même à titre consultatif, sur les termes et l'évolution des
négociations ayant trait au sort de nos populations et de nos entités électorales;
7- Considérant les manœuvres dilatoires de Nkunda, Ntaganda, Kabarebe et les pouvoirs de Kinshasa et de Kigali sur le sort de notre pays et de nos populations ;

8- Considérant le refus de Kampala de quitter la Province Orientale où il continue d'opérer malgré la caducité de l'accord susvisé;

9- Considérant l'ambigüité des positions et la complicité avérée de certaines autorités de Kinshasa dans l'évolution du processus visant le rétablissement de la paix à l'Est de la RDCongo;

10- Considérant que non seulement ces accords couvrent délibérément le transfert du conflit ougandais ainsi que celui des Hutu – Tutsi rwandais sur le sol congolais, mais aussi l'éloignement de tous ces rebelles (LRA, ex-FAR/Interahamwe…) des frontières respectives du Rwanda et de l'Ouganda pour leur implantation vers l'intérieur profond de la République Démocratique du Congo ;

11- Constatant que le Gouvernement Ougandais, en dépit de sa force militaire et sa stabilité politique n'a pas pu anéantir la LRA, une rébellion ougandaise vieille et opérationnelle depuis plus de 20 ans;

12- Constatant que, lors de l'occupation des provinces du Nord-Kivu,du Sud-Kivu, de la Province Orientale ainsi que le Nord-Katanga par le Rwanda et ce, pendant plus de 5 ans, aucun affrontement armé n'a été signalé opposant l'APR et ses dérivés du RCD aux ex-FAR/Interahamwe,forces négatives, du reste, plus nocives à l'endroit des Congolais que du gouvernement rwandais, qui les utilise par ailleurs, non seulement comme un produit de commerce international (génocide), mais surtout
comme une main d'œuvre à bas prix dans l'exploitation des richesses minières et forestières de la RDcongo;

13- Choqués par l'expérience douloureuse vécue dans la Province Orientale, ±620 morts et plus de 120.000 déplacés, et par celle de la province du Nord-Kivu, ± 5.000 morts et environs 2.000.000 des déplacés, et nous rappelant les multiples exactions et autres traitements dégradants et infra-humains perpétrés sur nos populations innocentes et sans défense : cas de Kaniola, Nindja, Shabunda, Mwenga, Rubanga;

 

Prenant Dieu, l'Histoire, le Peuple Congolais, la Communauté Internationale à témoin ;

Nous, Députés Nationaux du Sud-Kivu :

- Dénonçons l'incapacité déclarée du Gouvernement Central de Kinshasa de gérer cette guerre et de protéger nos électeurs contre toute forme d'extermination et autres exactions (viols, émasculation, vol, esclavage sexuel, destruction méchante et pillage systématique de nos
richesses…) auxquelles se livrent leurs bourreaux ougandais et rwandais, toute tendance confondue;

- Réitérons notre engagement et notre attachement inconditionnels pour la sauvegarde de l'indépendance, de la souveraineté et de l'intégrité du territoire national, attributs défendus énergiquement par des congolais au prix du sang de leurs Héros connus et inconnus;

- Invitons le Chef de l'Etat, garant de la nation et de l`intégrité territoriale, de prendre en compte les cris de détresse de nos populations tels qu'exprimés dans nos différents mémorandums lui adressés quant à ce, et qui sont restés lettres mortes jusqu'à ce jour;

- Dénonçons l'acte de charme brandi par le CNDP dans sa déclaration de fin de guerre du 16 janvier 2009, qui n'est autre que de la pure diversion;

- Mettons en garde quiconque, puissant soit-il, autorité de Kinshasa, de Kigali ou d'ailleurs, rêverait que la République Démocratique du Congo est un no man's land, un bien sans maître comme ce fut le cas avant 1885;

- Affirmons sans ambages que la République Démocratique du Congo est une propriété exclusive des Congolais qui peuvent en disposer comme bon leur semble, à l'instar du Rwanda pour les Rwandais, l'Ouganda pour les Ougandais, la France pour les Français, la Grande-Bretagne pour les Anglais, les Etats-Unis d'Amérique pour les Américains etc.;

- Désapprouvons, avec la bénédiction de nos populations, tout accord négocié d'où qu'il vienne, de nature à entamer, à brader ou tendant à hypothéquer notre indépendance, notre souveraineté ainsi que l'intégrité de notre espace vital ;

- Dénonçons cette propension dans le chef des certaines puissances internationales, notamment la Grande-Bretagne, les Etats-Unis d'Amérique et actuellement la France, à vouloir toujours défendre une fausse thèse de minorité tutsi, pourtant largement représentée à tous les niveaux de la vie nationale, et qui plus armée, met le pays à feu et à sang toutes les fois que ses intérêts l'y poussent ;

- Rappelons que la RDcongo a plusieurs ethnies transnationales mais qu'aucune d'entre elles n'a le droit de recourir à la violence et encore moins de tuer d'autres pour faire valoir un quelconque droit ;

- Fustigeons ces différents massacres frisant un génocide réel perpétré sur des paisibles congolais à Makobola, Kasika, Katogota, Kiwanja, Lemera, Bukavu, Mwenga, Kalambi, Uvira, Goma, Rutshuru, Masisi, Mugunga, Kisangani … avec plus de 5 millions des morts innocents. Il en est de même pour les femmes qui ont été enterrées vivantes à Kalambi en territoire de Mwenga;

- Récusons sans ambages toute proposition du Gouvernement de Kinshasa de nature à introduire malicieusement sur le sol congolais, une quelconque présence des éléments de l'armée rwandaise (de triste mémoire) ou des officiers des services de sécurité et de renseignement rwandais aux motifs fallacieux, soit d'appuyer les FARDC pour traquer les ex-FAR/Interahamwe, soit à titre de constater sur terrain les faits de notre non implication aux côtés de ces forces négatives (cfr page 3, pt 2c du rapport du Ministre Tambwe Mwamba du 04 nov. 2008 au Président de la République).

Ce comportement du Gouvernement de Kinshasa est on ne peut plus un véritable acte d'allégeance et de soumission à l'égard du gouvernement rwandais;

- Recommandons par contre le Gouvernement Central de Kinshasa de recourir auprès des pays amis et aux Organisations Régionales et Internationales neutres pour la sécurisation de l'Est de la République Démocratique du Congo par le renforcement des capacités de notre Armée;

- Invitons le Gouvernement à procéder à la vérification de l'identité des candidats militaires issus du CNDP au brassage ou à l'intégration au sein de nos Forces Armées pour éviter l'entrée du cheval de Troie en RDcongo.

Bien plus, insistons que ceux des éléments éligibles au brassage doivent être affectés dans des provinces autres que celles de l'Est de la RDcongo. Il en est de même de tous les officiers militaires et autorités politico-administratives issus du système 1+4, opérant encore dans
cette partie de la République;

- Interpellons le Gouvernement Congolais d'évaluer l'apport de la francophonie par rapport à la crise multiforme qui assujettit notre pays depuis des années et de donner conséquemment une position et des actions claires à la hauteur de la déclaration récente du Président Sarkozy que d'aucuns qualifient d'acte impérialiste et de haute trahison à l'endroit d'une nation alliée et du premier pays francophone.

Serait-il un Bismarck bis en 2009, soit 114 ans plus tard ? Un pot de vin à offrir au Rwanda pour refaire sa santé politique et diplomatique à l'endroit de Paul Kagame ? Bizarre ! Peut-il nous devancer en offrant une partie de la superficie française aux petites Suisse et Belgique ?

- Demandons au Gouvernement de Kinshasa de procéder, toute affaire cessante, à la fermeture des bureaux de représentations diplomatiques ouverts à Goma et de conditionner les mouvements des envoyés spéciaux et autres diplomates dans la partie orientale de la RDcongo à l'autorisation préalable des autorités de Kinshasa;

- Exigeons le renforcement du front diplomatique aux fins d'obtenir de la Communauté Internationale, la France particulièrement, le retour immédiat et sans condition des ex-FAR/Interahamwe largués en République Démocratique du Congo en 1994 par le biais de l'Opération
Turquoise;

- Recommandons l'organisation d'un dialogue inter-rwandais à l'instar de ce qui s'est passé au Burundi, en République Démocratique du Congo, en Ouganda, au Kenya, au Soudan, au Congo-Brazzaville et en Centrafrique dernièrement. Pourquoi le Rwanda doit-il, exceptionnellement échapper à la règle de l'arbre à palabre africain, narguant ainsi toute la Communauté
Internationale ?

- Mettons le Gouvernement Central de Kinshasa devant toutes ses responsabilités face à la détérioration de la situation sécuritaire à l'Est de la RDcongo;

- Invitons le Gouvernement à faire diligence pour saisir les institutions nationales et internationales aux fins de poursuivre tous les officiers militaires et personnalités politiques ayant joué un rôle néfaste dans le rétablissement et le maintien de la paix et la sécurité à l'Est de la RDcongo : scandale de corruption, tout acte démobilisant les militaires aux fronts frisant ainsi la complicité avec l'ennemi;

- Remercions la Communauté Internationale pour l'assistance apportée à la RDcongo dans l'organisation des élections législatives et présidentielles dont les acquis doivent absolument et à tout prix être sauvegardés. Aussi l'invitons-nous dans le cadre de sa mission d'imposer la paix,
de déployer sans atermoiement et sans complaisance des efforts en vue de rétablir et de garantir la paix, non seulement d'interdire au gouvernement rwandais d'envenimer la situation par le déploiement de ses troupes dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, mais aussi
par la neutralisation de toutes les bandes armées étrangères et autres milices qui sèment la désolation à l'Est de la RDcongo. Autrement, l'objet de sa présence ne se justifie plus;

- Tout en lui adressant plein succès au cours de son mandat, demandons au Président Barack OBAMA des Etats-Unis d'Amérique d'impliquer son administration dans la recherche objective de la
solution à la crise persistante dans la Région de Grands-Lacs africains comme il envisage l'entreprendre au Proche-Orient;

- Encourageons les vaillants soldats des FARDC pour leur bravoure qui n'a d'égal que l'amour patriotique mais souvent découragée toutes les fois qu'ils ont tenté de l'exprimer sur terrain aux fins de vaincre
l'ennemi;

- Invitons en définitive la population congolaise en général et la classe politique en particulier de s'unir et de demeurer vigilante et en état d'alerte permanente pour défendre la patrie menacée dans son existence et y faire échec;

Fait à Kinshasa, le 17 janvier 2009

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