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Réécrire impérativement l'histoire de l'indépendance de la Rdcongo  

Oh mon Congo, beaucoup de choses ont été relatées à propos de ton accession à la souveraineté nationale et internationale à la date du 30 Juin 1960 mais peu de vérités ont été enseignées à tes enfants qui n'ont pas vécu en os et en chair les étapes qui t'ont conduit à recouvrir la liberté jadis bafouée par les colons belges. Des héros nationaux sont nés de tes cendres pour t'avoir défendu, les uns ont été oubliés pour des raisons que personne ne connaît et les autres sont devenus les immortels personnages vénérés par toute la nation. Le jour de la célébration, le peuple congolais était joyeux de recouvrir la liberté d'expression, de mouvement, de pensée, de religion, en bref les droits fondamentaux humains. La cérémonie a été marquée par trois discours qui ont influé positivement ou négativement sur l'après indépendance : le discours du roi Baudouin, celui de Kasa-Vubu et enfin le mythique discours de Lumumba.

Mais avant d'arriver au jour « j », je vous inviterai, mes chers compatriotes et amis africains avertis, de bien vouloir jeter un coût d'il rétrospectif aux évènements qui nous ont conduits au 30 juin 1960. Quand je dis que l'histoire de l'indépendance de mon pays Congo a été délibérément mal racontée, je base mes convictions sur la lutte politique que certains politiciens de l'époque avaient emmenée contre le pouvoir colonial belge. Mais hélas, ceux qui ont combattu la chicotte et le bâton belges ont été idéologiquement écartés dans la mémoire des africains en général et des congolais en particulier. Je ne partirai pas de la lutte de Simon Kimbangu qui était le tout premier noir congolais avoir demandé la libération du peuple congolais. On connaît tous ce qui lui est arrivé.

Pour mieux comprendre l'histoire de l'indépendance, je prendrai en considération les années quarante qui sont riches en agitation politique. Au fait, dans ces années la capitale congolaise, Léopoldville, était l'embryonnaire centre des revendications politiques. Dès les années 1940, deux tendances indépendantistes importantes se manifestaient dans la capitale : celle des « gens d'en bas » (Bas-Congo et Bandundu) parlant le kikongo et celle des « gens d'en haut » parlant le lingala, venant de l'Équateur d'abord et finalement de tout l'intérieur du pays. Dans la première catégorie se forma en 1949 une association d'abord culturelle et finalement politique, l'Alliance des Bakongo (ABAKO), dont Joseph Kasa-Vubu devint président en 1954. Son rêve devint de rétablir l'ancien royaume Kongo de l'époque portugaise, en fait celui des Bakongo. Cette tendance se durcit très vite et réclama bientôt l'indépendance immédiate tout en demeurant fédéraliste lorsqu'il s'agit plus tard de discuter le problème du reste du Congo. Les évolués « d'en haut », venant de régions plus diversifiées et séduits par le « plan de 30 ans pour l'émancipation de l'Afrique» du Professeur belge Van Bilsen, publié en 1956, étaient aussi désireux de maintenir le grand Congo unitaire. Leur manifeste publié le 1 er  juillet 1956 fut vigoureusement combattu par l'ABAKO dès son assemblée générale du 23 août 1956. Le plan de 30 ans est déclaré utopique : « la nationalisation des grandes compagnies vivrières et agricoles comme des parastataux est souhaitable. De là ce sera le manifeste de l'Abako qui exigera l'indépendance immédiate. Puisque l'heure est venue, il faut accorder aujourd'hui même l'indépendance immédiate ! » C'est dans ce climat hâtif que les belges se laissent convaincre de la nécessité d'organiser les premières élections communales limitées aux grandes villes. C'est aussi à partir de ces élections que l'Abako triompha à Léopoldville et impressionna les unitaristes Lumumba qui ne tardèrent pas à créer leur parti politique, le MNC-Lumumba.. Nous savons tous qu'aux élections municipales de 1957, l'Abako remporta 130 des conseillers sur 170. C'est ainsi que Kasa-vubu devint maire de Dendale, l'actuelle commune de Kasa-Vubu. Le jour de son intronisation, une grande cérémonie est organisée à la place Gambela pour la circonstance et une marée humaine s'est ruée pour l'écouter. Le discours de Kasa-Vubu était un discours critique sur la colonisation. La foule était en liesse d'entendre le nouveau homme fort noir de la capitale et chose curieuse, les belges qui assistaient à la cérémonie se levèrent et partirent au bout de deux pieds. Kasa-Vubu était devenu l'homme à abattre. Nous savons tous qu'il refusa de hisser le drapeau belge devant la maison communale et autorisa les couleurs congolaises pour des raisons patriotiques. Jusque-là on ne voit nulle part Lumumba se manifestait dans la lutte contre les belges comme l'estiment certains politiciens congolais et africains. Petit à petit on s'achemine vers les émeutes de Léopoldville du 4-7 janvier 1959. Ces émeutes ont été provoquées par l'interdiction tardive, encore une fois, d'un meeting de l'Abako. La foule vint écouter Kasa-Vubu, mais elle fut contrainte de désister au rendez-vous mais celle-ci l'obligea de parler nonobstant l'interdiction. La force publique massacra plus de 300 congolais : des travailleurs, des chômeurs, des irréguliers car à l'époque pour se rendre à Léopoldville, tout congolais devait se munir d'une autorisation de déplacement. Beaucoup de congolais prirent part aux émeutes qui ont ouvert la voie vers l'indépendance. C'est ainsi que Kasa-Vubu est arrêté et emprisonné par l'administration coloniale mais libéré deux mois après ces dernières.

Voilà les évènements cruciaux qui ont marqué l'avant indépendance du Congo. L'unique politicien arrêté pour des raisons politiques fut Kasa-Vubu et des simples citoyens congolais. Beaucoup parlent de l'arrestation de Lumumba mais ils oublient que cette arrestation est intervenue dans le cadre de détournement des fonds en 1956 à Kisangani où il fut condamné à deux ans de prison mais bénéficiât en juin 1957 d'une amnistie coloniale. La carrière politique de Lumumba débute au fait en 1958 quand il a été embauché par la brasserie congolaise pour faire augmenter les ventes dans la capitale. Sa bravoure c'est celle d'avoir compris la création d'un parti politico aux couleurs nationales pendant que les autres étaient très régionalistes pour ne pas dire tribalistes. Même si aujourd'hui, la constitution de la troisième a donné raison à Kasa-Vubu sur la décentralisation du pouvoir.

Mes chers compatriotes si le 30 juin 1960 le Congo soufflera ses quarante-neuvième anniversaires d'indépendance, c'est grâce au courage des hommes et femmes qui ont donné leur âme et sang pour le Congo de Kasa-Vubu et Lumumba. Ce dernier est devenu un mite pour le fait d'avoir prononcé un discours provocateur et inattendu devant le roi Baudouin premier, après celui prononcé par Kasa-Vubu qui était d'une intelligence diplomatique équilibrée pour un avenir ouvertement engagé vers la coopération bilatérale entre les deux pays. Le discours de Lumumba plongea le pays dans l'anarchie totale et influença négativement le parcours démocratique du jeune Etat congolais. D'ici je me pose la question de savoir. Pourquoi Simon Kimbangu et Kasa-Vubu n'ont jamais été hissés au rang de héros nationaux malgré leur combat contre le colonialisme belge ? Bonnes Fêtes et joyeux anniversaire Congo.

Ecrit par Konde Nzuka
cercle66@yahoo.fr

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