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Le Congo mis aux enchères


Par Roger Buangi Puati, théologien

Ainsi donc les troupes rwandaises sont entrées officiellement sur le sol congolais, « en vue de traquer les rebelles hutu du FDLR » avec l’aval de Joseph Kabila. La Monuc parle de 3'500 à 4'000 hommes. Le but étant d’aider les forces armées congolaises à sécuriser le Rwanda qui souffrirait des attaques et autres incursions de la rébellion rwandaise présente en RDC. C’est du moins la version que l’on veut nous vendre à nous Congolais. Quelle est la réalité ?

Un mensonge cousu de fil blanc
Ce n’est un secret pour personne. Les accords de Nairobi prévoyaient cette disposition signée par le ministre Alexis Ntambwe Mwamba. La visite scandaleuse à Kinshasa de « l’ex. Congolais » James Kabarebe et ancien Chef d’état major de l’armée congolaise du temps de Laurent-Désiré, redevenu Rwandais, comme par enchantement et assumant aujourd’hui dans l’armée de Paul Kagame les mêmes fonctions qu’il avait auprès de L. D-. Kabila, s’inscrivait dans ce processus de balkanisation de notre pays, la République Démocratique du Congo. Dans son désir de revenir dans les grâces de Kigali ou tout simplement pour servir un plan que nous connaissons conçu d’avance, Joseph Kabila a consacré la partition de notre pays. Le « plan Cohen » et les propos tenus par Nicolas Sarkozy le 16 janvier dernier devant le corps diplomatique sont autant des signes qu’une diplomatie de l’ombre avait déjà achevé le travail et qu’il restait à préparer les esprits au scénario que nous voyons se déployer sous nos yeux. Malgré les protestations verbales et écrites des Congolais (je salue ici l’excellence de la lettre ouverte d’Honoré Ngbanda au Président Nicolas Sarkozy), le cynisme des ennemis de notre nation continue à vomir son venin mortel en RDC. Si nous ne réagissons pas, personne ne saura cerner cette présence massive rwandaise dans l’espace et dans le temps.

Lors de l’arrivée de L. D. Kabila de 1996, les troupes de Kagame et Museveni, soutenues par l’administration Clinton, avaient massacré plus de 200 mille personnes, des Hutu en majorité et des Congolais dans la jungle congolaise. Quelle est donc la menace réelle que représenterait pour le Rwanda l’infime minorité hutu ayant échappé au pogrom de 1996 ? Pourquoi depuis 8 ans Joseph Kabila n’a pas renvoyé chez eux les éléments rwandais qui font problème même chez nous ? Pourquoi le pouvoir de Kagame n’est pas sommé par la communauté internationale d’initier au Rwanda même un dialogue inter-rwandais permettant le retour rassurant des réfugiés hutu arrivés en RDC à la faveur de l’Opération Turquoise, menée par la France en 1997 ? Pourquoi la communauté internationale a-t-elle laissé pourrir cette situation ? Parce qu’il a été décidé que la population de Kagame est « une minorité dynamique », dixit N. Sarkozy. Nous sommes rentrés dans l’anthropologie du XIXe siècle, celle de la classification des races humaines. Les nez fins seraient les plus intelligents et donc bons pour être les pantins de l’Occident dans la région des grands Lacs, les nez épatés étant, eux, des brutes à asservir. C’est une des clés de lecture du génocide congolais du Kivu et l’indifférence de la communauté dite internationale face à ce qui révolterait toute conscience éprise d’humanité.

Joseph Kabila doit être démis de ses fonctions
L’entrée des troupes d’un pays étranger sur le sol congolais ne pouvait avoir lieu sans l’aval du Parlement congolais. Or, interrogé par la presse locale hier, Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale congolaise semblait étonné. Réalité ou comédie ? Toujours est-il que ce dernier a qualifié de « grave si ce que vous m’apprenez est vrai. » Il est donc clair qu’une armée étrangère est entrée en territoire congolais sans que le pouvoir représentatif de son peuple ne le sache ni n’en débatte. Ce qui revient à dire qu’en autorisant la présence des troupes rwandaises aux côtés de l’armée régulière congolaise, sans en avoir reçu le mandat auprès du Parlement, Joseph Kabila, Président de la République, a agi en dehors du cadre légal et viole ainsi la Constitution. Cette diplomatie de l’ombre traduit une volonté manifeste de la part de Kabila de nuire aux intérêts vitaux des Congolaises et des Congolais. Il traite avec l’ennemi comme si le Congo était son bien propre. La conséquence immédiate d’un tel acte c’est sa démission par la représentation nationale, son arrestation et sa traduction devant la Cour suprême de justice.

Si Kabila était Congolais, son souci premier ne serait pas la sécurité du Rwanda. Pourquoi accepterait-il le deal rwandais, alors que c’est le Congo qui est insécurisé depuis des années par le Rwanda ? Pourquoi Joseph Kabila vole-t-il au secours du voleur qui crie au voleur ? Trouvez la réponse dans la question. Car si la Suède et les Pays-Bas ont suspendu l’aide au développement allouée au Rwanda et à l’Ouganda, après la publication du rapport des experts de l’Onu, c’est parce que ces deux pays ont été reconnus comme les foyers, les laboratoires de déstabilisation de notre pays. Alors, de qui se moque t-on, lorsqu’on crie à l’insécurité du Rwanda ? La RDC a perdu 6 millions de ses filles et fils depuis 1996. Des femmes, des enfants, des vielles sont violées et mutilées chaque jour depuis plus de 10 ans. Alors, que le Rwanda nous prouve les pertes en vies humaines qu’il a enregistrées ces dernières années du fait des Congolais.

Que fait la classe politique congolaise ?
Face aux pertes colossales et inestimables que nous subissons, entre autres, la souveraineté et l’inviolabilité des frontières, que font les acteurs politiques congolais ? A quoi assistons-nous ? A un silence que je qualifierai de coupable et de complice de la part de la classe politique de Kinshasa. On a beau appartenir au parti de Joseph Kabila, mais lorsque des actes de haute trahison comme ceux à quoi nous assistons quotidiennement, des actes posés par celui-là même qui le premier devrait être le garant de la souveraineté nationale et de l’intégrité de notre territoire, c’est qu’il y a péril en la demeure. La seule attitude responsable, le réflexe de tout patriote c’est la défense de notre pays. Au contraire, les collaborateurs de Kabila, même des filles et des fils du Congo, perçoivent la rançon de la vente aux enchères de leur propre patrie de la part d’un étranger mis à la tête de notre pays. Mesdames et Messieurs les politiciens du Congo, que répondrez-vous aux Congolaises et aux Congolais, quand demain nous récupérerons notre pays ? Diriez-vous que vous aviez peur d’être tués ? Non, le peuple congolais trouvera votre raison insuffisante et vous jugera de la manière la plus sévère !

Appel à un sursaut patriotique
Chers Compatriotes, l’heure est grave. L’heure n’est plus à la fête. Musiciens, amuseurs et autres prédicateurs lénifiants, cessez d’endormir le peuple congolais. Les commentaires, les écrits, les protestations orales ne suffisent plus. Nous devons agir… vite. Peuple congolais, soulevons-nous ! Kinshasa mets-toi debout et boute dehors ceux qui veulent nous arracher la terre de nos ancêtres ! Provinces, secouez le cocotier ! Eglises, écoles, universités, associations, organisations de quartier, levez-vous ! Hommes et femmes politiques congolais, réhabilitez-vous aux yeux de votre peuple en vous dressant contre la trahison de Kabila, galvanisez la population, organisez la résistance. Militaires congolais de l’armée nationale, soyez braves ! Le peuple congolais est derrière vous, il vous soutient et saura reconnaître votre courage et votre abnégation. Protégez les étrangers contre Kabila qui risquerait de les utiliser pour faire venir des forces négatives, organisez vous-mêmes le rapatriement de ces derniers lorsqu’ils en expriment l’envie et résistez à toute puissance étrangère qui invoquerait ce motif pour casser la révolte nationale au profit de leur filleul Kabila. N’attendons plus, agissons maintenant.

Congolaises et Congolais de l’étranger, mobilisons-nous et donnons les moyens à ceux de l’intérieur qui s’engageraient à changer la donne. Récupérons le Congo, reprenons notre destin en main. Montrons au monde que nous sommes un peuple qui n’acceptera jamais que d’autres décident de notre sort et de l’avenir de notre pays. Restera esclave quiconque a peur !

Avec mes salutations patriotiques.
Que vive le Congo de nos aïeux !

Roger Buangi Puati

 

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