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Vient de paraître

Tremblements & Bâtardises de Charles DJUNGU-SIMBA K.



Ce sont les éditions Médiaspaul de Kinshasa qui ont eu le privilège de publier le dernier roman en date de Charles DJUNGU-SIMBA K., écrivain congolais résidant en Belgique. Ce récit de 140 pages nous plonge dans un cauchemar qui s'est abattu en février 2008 sur la ville congolaise de Bukavu et la préfecture rwandaise de Cyangugu. Le tremblement de terre fait fi de frontières nationales et choisit ses victimes où il veut, comme il veut. Comment les autorités de part et d'autre de la rivière Ruzizi vont-elles gérer ce drame? Il s'avère que le séisme fait trembler non seulement la terre mais également les mauvaises consciences...

UNE ÉCRITURE DE MÉMOIRE

Les textes rassemblés dans ce volume ont été sélectionnés dans le cadre d'un concours littéraire. Celui-ci consistait à rédiger une nouvelle en langue française, de vingt pages au maximum, où, d'une manière ou d'une autre , il devait être question de la ville de Bukavu. C'est, en dehors de l'exigence de brièveté inhérente au genre, l'unique contrainte imposée aux participants. Et pour qu'il n'y ait point de malentendu sur l'exercice, un atelier fut organisé dans le but d'expliquer ce qu'est la nouvelle, ce qu'elle n'est pas et en quoi elle se distingue d'autres formes d'écriture.

Le concours a suscité un grand intérêt, lequel s'est traduit par une participation considérable. Nous aurions bien voulu publier toutes les contributions recueillies, mais il aurait fallu, pour certaines, renoncer absolument à parler de « nouvelle littéraire ». Est-ce à dire que la littérarité des textes retenus est indiscutable ? On se posera nécessairement ce genre de question si l'on s'accorde sur une définition minimaliste de la nouvelle, à savoir une œuvre avant tout de fiction, inspirée ou non d'un fait vécu, qui cherche à produire l'impression de vie réelle.

C'est ici l'occasion d'interroger l'école congolaise sur ce qu'elle enseigne exactement à propos de la littérature. De même, il y a lieu de s'enquérir sur la culture littéraire du Congolais, en général, et de ces auteurs, en particulier. Qu'ont-ils lu, que peuvent-ils trouver à lire au Congo, eux qui en sont ici, pour la plupart, à leurs premiers essais d'écriture ? La plus belle fille du monde, on le sait, ne peut donner que ce qu'elle a.

Ces préoccupations sur l'identité générique de ces écrits et sur la performance esthétique de leurs auteurs seront vite éclipsées par le discours qui arrive, au travers parfois des gangues d'insignifiance, à transpirer de bout en bout de ces nouvelles. Ce qui était supposé constituer leur dénominateur thématique commun n'aura été finalement qu'un beau prétexte. Prétexte pour revisiter une histoire, non pas en posture de victimes mais d'acteurs, de héros. Prétexte pour se réapproprier une mémoire et, au besoin, se réconcilier avec sous l'effet réparateur de l'écriture. Histoire de sang, de larmes et d'impostures. Mémoire traumatisante, certes, mais histoire et mémoire en tant que creuset et moule d'une nouvelle identité collective à assumer. Pour les auteurs, la difficile parturition de ces textes aura servi d'exutoire à bien de souffrances et de ressentiments. Ils attendent sans doute des effets cathartiques semblables de leur lectorat cible, à savoir leurs compatriotes du Kivu.

D'aucuns pourraient penser que ce concours n'a été qu'une occasion de plus pour les Congolais, par l'entremise de ces auteurs, de régler trop facilement leurs comptes à ceux qui, presque jamais dans ces textes, ne sont désignés autrement que par des circonlocutions, entendez les Rwandais. Réponse d'un des auteurs :

- La fiction n'est rien par rapport à ce qu'ils nous ont fait, par rapport à ce qu'ils nous ont fait voir ! Si nous nous étions contentés de rédiger de simples nouvelles, ces choses-là seraient restées coincées à travers notre gorge… Mais nous n'en voulons pas à tous les Rwandais, la grande majorité d'entre eux n'y est pour rien. Ce sont nos voisins et nous devons apprendre à vivre avec eux. L'écriture nous en offre peut-être cette opportunité.

Prof. Dr Charles DJUNGU-SIMBA K.

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