KINSHASA, 5 oct 2007 (AFP) - La Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monuc) a condamné l'arrestation "illégale" de trois magistrats militaires à Kisangani, capitale de la Province Orientale (nord-est), sur ordre du chef de l'armée dans cette région, dans un communiqué reçu vendredi à l'AFP.
La Monuc "condamne avec la plus grande fermeté l'arrestation illégale et les mauvais traitements subis par trois magistrats de l'auditorat militaire de garnison de Kisangani entre le 30 septembre et le 1er octobre 2007".
Les trois magistrats ont été arrêtés à leur domicile par le commandant de la 9è région militaire, le général Jean-Claude Kifwa, escorté d'une vingtaine de soldats, selon la Monuc.
Les magistrats "ont été ligotés et violemment battus devant les membres de leur famille. L'un d'eux a réussi à prendre la fuite tandis que les deux autres ont été conduits presque nus à la 9è Région Militaire où ils ont subi des mauvais traitements pendant une grande partie de la nuit", selon le communiqué.
La Monuc, qui "a rencontré le 1er octobre les victimes à l'hôpital de Kisangani et constaté des traces de lésions graves", "recommande l'ouverture d'une instruction à charge du commandant de la région militaire et de ses subordonnés et sollicite leur suspension immédiate".
Le général Kifwa, cité par la radio Okapi (parrainée par l'ONU), a accusé les trois magistrats militaires d'avoir utilisé "abusivement" des militaires dans une affaire civile. Il leur a reproché aussi d'avoir "manqué de respect" à son endroit.
"L'un d'eux a même tenté de porter la main sur moi alors que je lui faisais part de mon indignation devant son comportement irrévérencieux" , a-t-il expliqué au micro de la radio.
Le syndicat des magistrats congolais a décrété jeudi un arrêt de travail de deux jours sur l'ensemble du territoire, pour protester contre le traitement "inhumain" infligé aux magistrats militaires, a-t-on appris vendredi auprès de l'organisation syndicale.

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Florimond Muteba
Président du GAT/OCAP