RDC: Bemba accepte sa défaite à la présidentielle remportée par Kabila
KINSHASA (AFP) - 28/11/2006 19h53 - Jean-Pierre Bemba, vaincu au second tour de la présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), a accepté sa défaite et s'est engagé à conduire une "opposition républicaine", mardi soir, au lendemain de la proclamation officielle de la victoire de Joseph Kabila.
Cette déclaration intervient alors que la situation reste très tendue dans la capitale Kinshasa, acquise à l'ex-chef rebelle Bemba et théâtre de trois flambées de violences post-électorales qui ont fait une trentaine de morts depuis le mois d'août.
"J'éprouve (...) une grande déception et de la frustration par rapport à la manière dont la Cour suprême de justice (CSJ) a traité le contentieux électoral du deuxième tour de la présidentielle. Ce procès n'a été ni équitable ni juste", a dit M. Bemba dans un "message à la Nation" lu sur ses chaînes de télévision.
Cependant, "dans le souci de préserver la paix et d'épargner au pays de sombrer dans le chaos et la violence, je prends aujourd'hui (...) l'engagement et la responsabilité de conduire désormais (...) ce combat pour le changement dans le cadre d'une opposition forte et républicaine", a-t-il ajouté.
Le ministre de l'Information de la RDC, Henri Mova Sakanyi, proche de M. Kabila, a espéré que l'engagement de M. Bemba était "sincère" et qu'il irait "jusqu'au bout de la logique démocratique".
Lundi soir, la CSJ avait proclamé la victoire, avec 58,05% des suffrages exprimés, du chef de l'Etat sortant Kabila au second tour de la présidentielle du 29 octobre, après avoir rejeté le recours du vice-président Bemba.
M. Kabila, premier président élu au suffrage universel direct en RDC, n'avait toujours pas réagi mardi soir à sa victoire.
Les ambassadeurs à Kinshasa de 14 pays et organisations ont félicité M. Kabila et appelé les deux candidats à "respecter" leurs engagements de "renoncer" à la violence.
Mardi, un imposant dispositif militaire et policier était toujours déployé dans la capitale Kinshasa.
Des Casques bleus ont monté de nouvelles positions avec des sacs de sable dans le quartier de la Gombe, où se sont déroulés les incidents de ces dernières semaines.
Des militaires de l'armée congolaise sont restés positionnés à proximité de la résidence officielle de M. Bemba, qui dispose dans la capitale d'environ un millier d'hommes, considérés comme la principale source de crispation.
Pour M. Mova, le vice-président doit désormais "faire une déclaration supplémentaire pour que les militaires qui se reconnaissent encore en lui renoncent à cette allégeance et se soumettent aux autorités militaires établies".
Mardi, près du palais présidentiel, on s'activait à réparer les nids de poules et à couper l'herbe sur les bas-côtés des rues, en vue de la prestation de serment de M. Kabila prévue le 6 décembre.
Le gouvernement devrait être formé d'ici début 2007, après la nomination par le président élu du Premier ministre au sein de la majorité parlementaire.
En vertu d'un accord électoral avec le camp Kabila, le poste de chef de gouvernement doit revenir au Parti lumumbiste unifié (Palu) et très probablement à son chef, Antoine Gizenga, ancien bras droit du premier chef de gouvernement du Congo indépendant Patrice Lumumba.
A peine élu, le président est confronté à une crise sécuritaire dans l'est, région la plus instable de cet immense pays d'Afrique centrale qui sort de cinq années de guerre (1998-2003).
Depuis samedi, des combats opposent armée régulière, appuyée par l'ONU, et soldats dissidents, fidèles au général déchu Laurent Nkunda, près de Goma, le chef-lieu de la province du Nord-Kivu.
La Mission de l'ONU en RDC a demandé aux soldats dissidents de se rallier au processus de réforme de l'armée auquel ils sont réfractaires. L'armée congolaise est en effet en pleine restructuration: les adversaires d'hier doivent être démobilisés, formés puis intégrés dans de nouvelles brigades.
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Kabila hérite d'un pays pauvre regorgeant de ressources naturelles
KINSHASA (AFP) - 28/11/2006 11h14 - Joseph Kabila, élu président de la République démocratique du Congo (RDC), hérite d'un pays potentiellement riche mais ruiné par des années de guerre, gangrené par la corruption et asphyxié par une gestion désastreuse de son secteur minier.
L'ex-Zaïre, volontiers défini comme un "scandale géologique", recèle 34% des réserves mondiales connues de cobalt, 10% des réserves de cuivre, mais aussi de l'uranium, de l'or et du pétrole. Il abrite la deuxième forêt tropicale primaire de la planète, traversée par le Congo, dont le débit en fait le second fleuve du monde après l'Amazone.
Ces ressources, peu ou mal exploitées, ne parviennent pas à faire vivre les 60 millions d'habitants qui peuplent un territoire grand comme l'Europe de l'ouest. Plus de 75% de la population vit avec moins d'un dollar par jour, moins de 20% des habitants ont un accès régulier à l'eau et à l'électricité. Le taux de mortalité infantile est de 205 pour 1.000, et plus d'un million d'enfants sont orphelins d'un ou deux parents morts du sida, selon l'ONU.
La dernière guerre sur le sol congolais (1998-2003), qui a englouti 80% des ressources du pays, n'a fait qu'aggraver une pauvreté qu'aucun des gouvernements congolais n'est parvenu à éradiquer depuis l'indépendance en 1960. Les élections générales de 2006, financées quasi-entièrement par la communauté internationale, doivent mettre fin à une difficile transition politique entamée en 2003 et remettre le pays sur les rails d'une croissance renaissante (6% en 2005) mais encore faible au regard des défis.
Trois ans après la fin du dernier conflit, pour un opérateur économique du secteur privé, "tout reste à faire: l'Etat est corrompu, les fonctionnaires mal payés. Pour attirer les investisseurs, il faudrait commencer par assainir les services de l'Etat, rationaliser les taxes et encourager les entrepreneurs". Peu avant son élection, Joseph Kabila a déclaré à la presse que les "changements ne seraient pas que cosmétiques", se disant décidé à s'attaquer "en profondeur" à la réforme de l'Etat, à la restructuration de l'armée et au secteur des ressources naturelles.
Mais le mal est profond et les réformes seront difficiles.
Le secteur minier est "la parfaite illustration de l'économie de pillage qui s'est développée à la fin du règne de (Joseph-Désiré) Mobutu (dictateur zaïrois, 1965-1997) et s'est accélérée pendant la guerre puis la transition" politique, estime un spécialiste du secteur, basé au Katanga, riche province cuprifère du sud-est.
Joyau d'un secteur minier autrefois florissant, la société publique Gécamines a vu sa production de cuivre s'écrouler, passant de 470.000 tonnes dans les années 1980 à 9.000 tonnes en 2003, avant d'être dépossédée de ses plus riches gisements octroyés à de voraces investisseurs privés.
Dans son rapport en juillet sur la RDC, l'ONG Global Witness estimait que "le pillage des ressources naturelles de la RDC continue de mettre en péril les opportunités de paix, de stabilité et de développement du pays". L'ONG dénonçait le fait que "plusieurs gros contrats" aient été "conclus à la va-vite en 2005 par un gouvernement de transition (...) qui a lui-même été responsable du pillage des ressources naturelles à grande échelle".
Outre l'opacité de l'attribution des contrats, où l'entourage de M. Kabila était clairement montré du doigt, l'ONG décrivait "l'exportation illicite de minéraux par la frontière entre la RDC et la Zambie" voisine, avec la complicité des autorités. Ecrasée par une dette multilatérale de 14 milliards de dollars, la RDC a été rappelée à l'ordre en octobre par le Fonds monétaire international (FMI) après un nouveau dérapage des dépenses publiques, qui pourrait à terme remettre en cause l'allègement de sa dette prévu mi-2007.
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RDC: la communauté internationale félicite Joseph Kabila pour son élection
AFP
28 nov. 06 - 17h03
KINSHASA, 28 nov 2006 (AFP) - Le Comité international d'accompagnement de la transition (Ciat) a félicité mardi Joseph Kabila pour son élection à la présidence de la République démocratique du Congo (RDC) et appelé le vainqueur et le vaincu à "respecter" leurs engagements de "renoncer" à la violence.
Dans un communiqué, le Ciat, qui regroupe notamment les ambassadeurs à Kinshasa des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, "adresse ses vives félicitations à Monsieur Joseph Kabila Kabange qui a été élu démocratiquement président de la République démocratique du Congo".
Il félicite également son adversaire, le vice-président Jean-Pierre Bemba, "qui a réalisé un score électoral significatif et respectable".
Il appelle "tous les acteurs politiques à privilégier l'Etat de droit, la concorde nationale et l'intérêt supérieur de la Nation".
Il réclame également le "respect" des engagements post-électoraux pris par les mandataires des deux candidats, à savoir "respecter la loi, leurs adversaires ainsi qu'appeler la population et leurs militants au calme, à renoncer à tout recours, direct ou indirect, à la violence".
La capitale Kinshasa a été secouée par trois flambées de violences post-électorales en août et novembre, qui ont fait une trentaine de morts.
Depuis l'annonce lundi soir des résultats définitifs du second tour de la présidentielle du 29 octobre, aucun incident grave lié aux élections n'a été enregistré.
Le chef de l'Etat sortant Kabila a été élu président avec 58,05% des suffrages exprimés, devant M. Bemba, selon les résultats définitifs proclamés par la Cour suprême de justice.
M. Kabila, désigné à la tête de l'Etat en 2001 après l'assassinat de son père, le président Laurent-Désiré Kabila, devient ainsi le premier président élu au suffrage universel direct en RDC, pays qui sort de cinq années de guerre (1998-2003).
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RDC: l'armée régulière dans Sake (est), les combats continuent aux alentours
AFP
28 nov. 06 - 14h10
SAKE (RDC), 28 nov 2006 (AFP) - L'armée régulière a repris le contrôle de la ville de Sake, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), tandis que des combats se poursuivaient mardi matin pour la quatrième journée consécutive dans les environs de la ville, a-t-on appris auprès de l'ONU.
"La brigade intégrée (de l'armée régulière) a repris le contrôle de Sake" et des trois collines environnantes lundi soir, a déclaré à l'AFP le major Ajay Dalal, porte-parole militaire de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc) dans la province du Nord-Kivu, théâtre d'affrontements depuis samedi.
Dimanche matin, la 11e brigade des Forces armées de RDC (FARDC) avait abandonné cette ville, située à 27 km au nord-ouest de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, devant l'avancée de soldats dissidents, fidèles au général déchu Laurent Nkunda.
La Monuc avait finalement repris le contrôle de toute la ville dans la nuit de dimanche à lundi, avant que l'armée régulière n'entre de nouveau dans Sake lundi soir.
Les hostilités ont repris mardi matin, pour la quatrième journée consécutive, autour de Sake. Elles se déroulaient dans les collines situées à quelques kilomètres de la ville, a constaté un photographe de l'AFP.
Un hélicoptère de combat de la Monuc a tiré sur les positions des insurgés à proximité de Sake, selon la même source.
Les combats, qui opposent l'armée régulière, appuyée par l'ONU, à des soldats dissidents des 81e et 83e brigades des FARDC, ont éclaté après la mort vendredi à Sake d'un Tutsi congolais, tué par un policier lors d'un contrôle.
L'ex-général Nkunda, lui-même tutsi, avait prévenu qu'il défendrait ses "frères" tutsis congolais s'ils étaient, selon lui, "menacés". Il est visé par un mandat d'arrêt pour crimes de guerre lors de la brève prise en 2004 de Bukavu (Sud-Kivu, est), où il était intervenu pour défendre la communauté tutsie minoritaire qui y était, selon lui, en danger. Il n'a pas exprimé ces derniers jours de revendication.
Mardi matin, Sake était quasiment déserte. Seuls quelques civils osaient s'aventurer dans les rues où patrouillaient des Casques bleus. Aucun corps n'était visible dans la ville.
Le dernier bilan disponible des affrontements, qui remonte à dimanche, fait état de huit morts.
La Monuc n'avait enregistré aucune victime jusqu'à mardi matin, selon le major Dalal.
Ces affrontements ont provoqué le déplacement d'au moins 15.000 personnes depuis samedi, selon les humanitaires.
Le Comité international d'accompagnement de la transition (Ciat) en RDC - qui regroupe notamment les ambassadeurs à Kinshasa des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies - a condamné ces combats, appelé à un cessez-le-feu immédiat et demandé aux soldats dissidents de se rallier au processus de réforme de l'armée.
L'armée de RDC, pays qui sort de cinq années de guerre (1998-2003), est en pleine restructuration: les adversaires d'hier doivent être démobilisés, formés puis intégrés dans de nouvelles brigades. Des éléments des 81e et 83e brigades sont réfractaires à cette réforme.
Il était impossible d'établir un lien quelconque entre les combats dans l'est et l'annonce lundi soir des résultats définitifs de la présidentielle, qui ont donné vainqueur le chef de l'Etat sortant Joseph Kabila.
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