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Conférence sur la paix, la sécurité et la développement du Kivu

Goma : dernier verrou d'une paix totale

Par  Le Potentiel

L'option militaire est définitivement écartée. L'heure est au dialogue pour en finir avec la dernière « poche de résistance », après l' Ituri, et aller vers une paix totale et durable en République démocratique du Congo. Goma se présente donc comme le dernier verrou avec l'organisation de cette Table ronde sur la paix, la sécurité et le développement des deux Kivu. Une fois de plus, la Communauté internationale a apporté sa caution. Mais que sera exactement la Rdc après Goma ? Quel est ce problème que Sun City n'a pas pu résoudre et que Goma apporterait la solution tant attendue ? Enigme.

Du 27 décembre 2007 au 5 janvier 2008, sauf changement de dernière minute, sera organisée à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, la «Conférence pour la paix, la sécurité et le développement des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu». Conférence placée sous le haut patronage du président de la République et qui a pour objectif de mettre un terme «au climat de violence, de guerre et d'insécurité qui engendre une situation humanitaire catastrophique de nature à entraver le démarrage de la reconstruction de deux provinces », au-delà de toute la République démocratique du Congo.

Décision qui intervient en même temps que la situation demeure préoccupante dans cette partie de la République et que les combats continuent toujours à faire rage. Mais conscientes de cette « responsabilité collective dans cet élan de recherche des solutions définitives aux problèmes de paix, de sécurité et de développement », toutes les parties congolaises ont convenu de l'organisation de cette conférence, privilégiant ainsi la voie politique.

Initiative qui vient de recevoir l'appui des partenaires extérieurs, lesquels manifestent des élans d'accompagner le peuple congolais vers la stabilité. Aussi, dans sa Résolution 1794 du 21 décembre 2007, le Conseil de sécurité «encourage vivement le Gouvernement de la République démocratique du Congo à régler la crise dans les Kivu de façon globale, notamment en organisant rapidement la table ronde sur la paix, la sécurité et le développement dans ces provinces».

ATTENTION A L'ESPRIT DE SUN CITY

Bien avant le Conseil de sécurité, les ambassadeurs, particulièrement occidentaux, accrédités en République démocratique du Congo avaient apporté leur appui moral et politique à l'organisation de cette conférence. Il s'agit maintenant de matérialiser cette démarche qui se présente désormais comme le dernier verrou pour accéder à une paix totale et durable en République démocratique du Congo. Si tel est le prix à payer.

De ce qui précède, et compte tenu de cette guerre qui s'enlise chaque jour au risque d'engendrer des conséquences incalculables, on ne peut que saluer l'organisation de cette table ronde.

Mais il faut s'empresser d'attirer l'attention de tout le monde pour ne point entretenir « l'Esprit de Sun City » qui consiste à tirer les choses en longueur, à vouloir passer à côté de l'essentiel et à donner la « prime de guerre » à ceux qui ont pris des armes.

Déjà des voix s'élèvent pour fustiger l'organisation. Il y aura 500 participants. Si l'on s'appuie sur le principe de la dynamique du groupe, est-on sûr de produire des résultats attendus ? Ensuite, peut-on se fier à la qualité des personnes retenues ? A Sun City, il y a eu un trop plein d'opportunistes à telle enseigne que l'on ressent aujourd'hui les effets négatifs de cette mauvaise représentation. Pour preuve, cette guerre du Kivu n'est que la résultante du côté négatif de Sun City, avec son goût d'inachevé.

Deuxième fait : les premiers couacs sont là. La Société civile du Nord-Kivu, par la voix de son président Flavien Chiza, refuse de participer à cette conférence. Elle estime qu'il ne s'agit point d'une priorité ; que les conditions de sécurité ne sont pas remplies pour autant que les combats continuent ; et enfin débloquer près de deux millions de dollars américains ne serait que du gaspillage.

Au fond, s'il ne le dit pas clairement, il met en doute la capacité des participants à maîtriser le fond du problème alors qu'eux qui sont sur le «terrain» ont été en quelque sorte négligés dans cette phase préparatoire.

Léon Bariyanga, président de l'Assemblée provinciale du Nord-Kivu abonde quasiment dans le même sens en mettant un «accent particulier sur la sincérité» qui doit entourer tous ces travaux. Il ne fait aucun mystère d'«un échec programmé» si les participants ne font pas preuve d'une réelle sincérité.

Mgr Laurent Monsengwo, nouvel archevêque de Kinshasa et président de la Conférence épiscopale nationale du Congo, CENCO, enfonce le clou en soulignant qu'il faut que « tout se passe dans la transparence, le dialogue et la prise en compte des droits des Etats, du respect de l'intégrité territoriale et la souveraineté nationale. Que des questions de fond soient traitées dans toutes leurs dimensions ».

D'où cette question fondamentale de savoir quelle est la question qui n'a pas été résolue à Sun City pour obliger Nkunda à prendre les armes, à être soutenu par le Rwanda comme le RCD jusqu'à obliger Kinshasa à accepter à organiser cette table ronde ? Si les organisateurs, les participants s'imposaient cette exigence pour reprendre cette interrogation, ils auront effectué un grand pas en avant.

Dans ce cas, il importe d'interpeller tous les principaux animateurs de la transition afin qu'ils dégagent les vrais obstacles qui ont surgi et empêché d'atteindre cet objectif de « paix totale et durable ».

PAS DE POLITIQUE D'AUTRUCHE

La réussite des assises de Goma ne dépend pas seulement des Congolais. Mais également des partenaires extérieurs. Si cette situation est considérée comme un «problème kivutien», ce serait fausser les calculs et soutenir le complot de la balkanisation de la RDC. Or, cette vision de choses a été à la base de premières divergences quant à l'organisation de cette table ronde. Les «kivutiens» voulaient en faire « leur problème » alors que c'est tout le pays qui souffre de cette guerre du Kivu.

Deuxièmement, le Conseil de sécurité invite le gouvernement de Kinshasa à « régler la crise dans les Kivus de façon globale ». C'est-à-dire, en tenant compte des causes endogènes et exogènes. Mais, le Conseil de sécurité ne peut se disculper pour autant que le problème des Interahamwe est avant tout une question rwandaise et non une invention congolaise. En plus, c'est la communauté internationale qui a créé cette situation en voulant transformer le Kivu en Palestine avec l'opération Turquoise. Le Conseil de sécurité ne peut pas par conséquent demander au gouvernement congolais seul de régler cette crise. Le mieux aurait été, au moment où s'ouvre cette table ronde, que le Conseil de sécurité requalifier le mandat de la Monuc. Ce qui n'a pas été fait. Quels sont «tous les moyens nécessaires» que doit utiliser la Monuc pour désarmer les groupes armés si la Révolution 1794 ne se limite qu'à proroger le mandat de la mission de l'Onu en RDC ? Le Conseil de sécurité a l'obligation morale et politique de cesser de faire la politique d'autruche.

En fait, le Kivu est au centre des enjeux régionaux et internationaux. Certains minerais du coin intéressent les grandes nations industrialisées qui disposent maintenant des alliés dans la région afin de fragiliser la République démocratique du Congo en faisant du Kivu le ventre mou du Congo. Au finish, balkaniser le Congo(Kinshasa. Tel est le véritable objectif de toutes ces guerres au Kivu. Ce sont là les vraies questions de fond. La cohabitation, pacifique inter -ethnique ne devient une réalité que lorsque l'on voudrait calquer certaines réalités inter-ethniques dans la région des Grands Lacs à la République démocratique du Congo.

Or, même s'il en était ainsi, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs a déjà circonscrit le problème, tracer des pistes de solutions. Avec l'aide de ces mêmes partenaires extérieurs.

Il revient donc aux Congolais de maîtriser les vrais enjeux de cette spirale de conférences depuis Lusaka jusqu'à Goma en passant par Sun City. Ils éviteront ainsi d'être tournés en dérision. Ce n'est que dans ces conditions que Goma serait réellement le dernier verrou vers une paix totale et durable en République démocratique du Congo.

Liste des invités internes

Les interrogations persistent tant que la finalité de cette table ronde n'aura pas livré son secret. Ainsi, les avis demeurent partagés. Même au sein du gouvernement, certains membres estiment qu'inviter Nkunda équivaut à « une véritable tragédie nationale » et le pays risque de voler en éclats. Ils sont convaincus que la guerre actuelle est le prolongement de l'agression de 1996. D'autres relèvent qu'il s'agit d'une chance unique pour aller vers une paix totale et durable dans la mesure où l'ordonnance portant création de cette conférence stipule en son article 2 que « la Conférence a pour objet de réfléchir et de faire des propositions au gouvernement de la République sur les voies et moyens de jeter les bases d'une paix durable et d'un développement intégral dans les provinces du Nord et Sud-Kivu.

Une chance à saisir parce que la communauté internationale est là. Cette conférence coûtera, dit-on, 140 millions de dollars et les Pays-Bas auraient déjà souscrit pour 25 millions de dollars. Présence et appui qui soulignent la volonté de la communauté internationale de voir la RDC se stabiliser une fois pour toutes.

Sur le plan interne, il y aura une forte représentation nationale : groupes et organisations confessionnelles, mouvements associatifs, politiques ; représentants politiques des mouvements armés. Et à ce propos, le CNDP de Laurent Nkunda figure, jusqu'à preuve du contraire, parmi les invités. En ce qui concerne les missions diplomatiques, on fait état des Etats-Unis d'Amérique, de la Chine et de l'Angola. Quant à la facilitation, il est fort probable qu'il y ait une co-facilitation, impliquant plusieurs personnes. Ci-après la liste des invités externes :

1. Facilitation externe

Un délégué des organisations des Nations unies ;

Un délégué de l'Union africaine ;

Un délégué de l'Union européenne ;

Un délégué de la SADC ;

Un délégué de la CEEAC ; Un délégué de la CEPGL.

2. Invités spéciaux

Envoyés spéciaux dans les Grands Lacs des pays et organisations internationales ; Les ambassadeurs accrédités en République démocratique du Congo ; Monsieur Masino Tosci, ministre provincial Toscane (Italie).

3. Expertise externe

Experts venants du Système des nations unies ; Experts venant du Système bilatéral et mutilatéral impliqués dans la résolution :

- Howard Wolpe ;

- Sans Egidio ;

- International Crisis Group ;

- Carter center ;

- Accord ;

- Search for Common Group : Madame Lena Sundh ;

- Fondation Konrad Adenauer ;

- Electoral Institute of Southern Africa (EISA) ;

- Beati Constructore di Pace : Madame Liza Clarck.

Experts venant des ONG internationals.

© Congo Vision


Conférence sur les Kivu, une question nationale ou provinciale ?

Par Willy Kabwe

Autant l'initiative est appréciée à sa juste valeur, autant d'autres personnes trouvent à redire sur la Conférence pour la paix, la sécurité et le développement des provinces du Nord et du Sud-Kivu. Cela par rapport aux enjeux géostratégiques qui commandent le monde. La prudence recommande de marcher avec les grandes puissances plutôt que de les contrarier. D'où la nécessité de faire de cette conférence une affaire nationale et non provinciale.

« Conférence pour la paix, la sécurité et le développement des provinces du Nord et du Sud-Kivu ». Ce sera du 27 décembre 2007 au 5 janvier 2008 à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu . L'initiative a été confirmée le 17 décembre dernier à Kinshasa au cours d'une assemblée plénière de préparation tenue au Grand Hôtel Kinshasa. Selon le communiqué final ayant sanctionné cette rencontre, les originaires de deux provinces se sont dit préoccupés par la persistance dans leurs milieux d'origine d'un climat de violence, de guerre et d'insécurité qui engendre une situation humanitaire catastrophique. Ils ont estimé que ce climat était de nature à entraver le démarrage de la reconstruction de leurs provinces. Aussi, ont-ils pris conscience de la responsabilité collective qui leur incombe pour rechercher des solutions définitives aux problèmes de paix, de sécurité et de développement du Nord et du Sud-Kivu. Il s'agit, en réalité, de jeter des bases d'une paix et d'un développement durable dans les deux provinces du Kivu.

Seulement voilà. Tout en appréciant à sa juste valeur l'initiative courageuse, d'aucuns y décèlent une restriction qui est aussi dangereuse que la menace persistante de guerre elle-même. Ces derniers estiment que la situation qui prévaut dans les provinces du Kivu est éminemment nationale pour que la recherche des solutions, voulues durables, soit réservée aux seuls ressortissants du Nord et Sud-Kivu.

Ils notent qu'il n'est pas assez prudent de répéter l'expérience de la Conférence pour la paix en Ituri (CPI). Elle a eu ses mérites, mais aussi ses limites, sinon ses défauts. Point n'est besoin d'y revenir.

DEJOUER LE SPECTRE DE LA CPI

Et même alors, il ne peut pas être fait abstraction des contingences extérieures qui ont pesé et influencé les participants aux travaux. L'Ituri était l'une des parties de la République la plus touchée par un conflit armé aux tentacules internationales. Ce qui a été prouvé, par ailleurs, en son temps. Au point que la puissance occupante, en l'occurrence l'Ouganda, a pris une part active à la CPI.

Bien plus, la CPI s'est tenue dans le contexte de la non restauration de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire national. La situation de l'Ituri à l'époque, c'était un conflit dans un conflit. Raison pour laquelle la plupart des protagonistes ont été de grands absents de Sun City. Ils n'avaient pas été jugés dignes de participer au Dialogue intercongolais d'Afrique du Sud. Une négligence qui a coûté des vies humaines supplémentaires. Elle a mis en errance des centaines d'Ituriens. Elle a coûté cher, en termes de temps, d'argent et d'énergie.

La situation des deux Kivu diffère en ceci que le pays est doté depuis 2006 de dirigeants légitimes issus des élections générales au suffrage universel. Malgré ces poches de résistance, tenues par les hommes à Nkunda et d'autres groupes armés, aussi bien nationaux qu'étrangers, le pays divisé par la guerre a retrouvé son unité qu'il y a trois ou quatre ans. Des autorités à tous les niveaux de la territoriale ont été installées et répondent du pouvoir central de Kinshasa. Résultat du processus politique et démocratique entamé depuis la période de transition.

C'est pour cette raison et, d'autres encore qui tiennent des enjeux géostratégiques sur le plan international, que certains observateurs estiment qu'il n'est pas indiqué de répéter l'expérience de la CPI.

La situation dans les deux Kivu est une question nationale. Elle touche et influe sur la bonne marche de la République. Preuve ? Le gouvernement en a fait sa priorité au point de concentrer le gros des moyens à l'éradication de l'insurrection entretenue par le général déchu Laurent Nkunda et ses insurgés. Il serait fallacieux, voire très risqué de vouloir en faire un fait divers ou un sujet qui se réduirait aux seuls ressortissants de deux Kivu.

NE PAS OCCULTER LES ENJEUX GEOSTRATEGIQUES

A cet instant précis où les institutions de la République issues des urnes ont été démocratiquement mises en place, il serait souhaitable que la question des Kivu soit traitée au niveau de la représentation nationale que de vouloir réduire les prérogatives dévolues aux entités décentralisées, de manière à éviter le danger d'une sécession éventuelle, et de vouloir en même temps «provincialiser» une question qui touche à l'intégrité territoriale et à la souveraineté du pays. Ne serait-ce pas laisser les provinces échapper au contrôle du pouvoir central ?

Par ailleurs, les initiateurs de cette conférence sur la paix et le développement de deux provinces du Kivu semblent occulter les enjeux géostratégiques des grandes puissances qui, selon la plupart des spécialistes, subissent le diktat des puissances d'argent, autrement dit les multinationales. Celles-ci ont été citées dans tous les conflits dans le monde. Le panel des Nations Unies sur le pillage des ressources naturelles de la RDC ne les a pas épargnées.

Ignorer aujourd'hui qui est derrière Laurent Nkunda et son CNDP serait faire de la pure fiction. Des discussions devraient être engagées de manière directe, au niveau des institutions responsables, avec toutes ces puissances d'argent et les grandes puissances politiques de ce monde afin de concilier les intérêts. La conférence sur les Kivu en est une opportunité.

C'est à cette condition qu'elles pourraient nous « foutre la paix » une bonne fois pour toutes. En cas de dissimilation de cette réalité, des plans de balkanisation de la RDC qui ont fait le tour du monde, pourraient être mis à exécution. Et l'on reprendrait en choeur le chapelet connu de «la guerre nous imposée par la coalition x, y ».

Le Potentiel

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A la suite de l'appel de Washington

Des interrogations autour de l'exil volontaire ou forcé de Laurent Nkunda

Par Angelo Mobateli

Partira ou ne partira pas ? Ainsi s'interroge la classe politique congolaise à la suite du message de Washington appelant Laurent Nkunda, dont les éléments combattent les FARDC au Nord-Kivu, à « partir en exil ».

L'adjointe de la secrétaire d'Etat américaine en charge des questions africaines, Jendayi Frazier citée par BBC, a indiqué avoir appelé le général dissident à « se rendre, partir en exil et permettre à ses troupes de rejoindre l'armée nationale ou d'être démobilisées par la Monuc ».

Son émissaire spécial pour la résolution des conflits, Tim Shortley, s'est entretenu plusieurs fois avec Nkunda, lui passant le message « d'une manière claire », a-t-elle signalé.

Mais, « Nkunda n'a pas été désireux jusqu'à présent de partir en exil, et il se peut donc qu'il soit nécessaire pour le président Kabila d'exercer plus de pression sur lui, y compris une pression militaire », a relevé pour sa part Condoleezza Rice, selon BBC.

« En tant que président d'un Etat souverain, le président Kabila a le droit d'utiliser son armée contre quelqu'un qui est essentiellement un général rebelle issu de ses rangs », a-t-elle affirmé.

Quelques jours plus tard, les FARDC lançaient effectivement une grande offensive contre les insurgés.

A ce jour, aucun cessez-le-feu n'a été décrété, quoique les Etats-Unis aient exprimé le « souhait » de voir le conflit au Nord-Kivu être réglé par la « négociation ».

« Notre préoccupation est que la population civile ne soit pas prise entre deux feux » en cas de reprise des combats, avait déclaré Jendayi Frazier.

LE SORT DE NKUNDA SCELLE

En même temps qu'elle appelait Nkunda à « se rendre et à s'exiler », l'Administration Bush demandait au président Joseph Kabila de résoudre le conflit au Nord-Kivu par la « négociation », tout en n'excluant pas la « possibilité » d'une offensive des FARDC.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a également invité Nkunda et ses hommes à « déposer les armes », instruisant dans la foulée la Monuc de continuer d'appuyer les efforts de Kinshasa « pour rétablir l'autorité légitime de l'Etat dans l'Est du pays ».

Mais, rapporte la presse internationale, « le général Nkunda affirme qu'il ne va pas désarmer tant que les rebelles hutu rwandais auront une capacité de nuisance ». De son côté, René Abandi, porte-parole du mouvement politico-militaire du général dissident, a déclaré sur BBC que « l'issue des problèmes est politique et non militaire. Nous voulons discuter sur la base de nos revendications ».

D'abord, il apparaît que Laurent Nkunda, se sentant lâché par Washington, chercherait à « négocier » son sort et celui de ses officiers avant de « déposer les armes ».

Ensuite, le gouvernement congolais tient à rétablir l'autorité de l'Etat au Nord et au Sud-Kivu, fort de la promesse faite au sommet d'Addis-Abeba par les Etats-Unis, le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi de « renforcer les capacités de l'armée congolaise » dans sa lutte contre les forces négatives.

Enfin, le Conseil des ministres ayant adopté vendredi l'ordonnance présidentielle portant création d'une Cour militaire opérationnelle dans le Nord-Kivu, il est évident que Kinshasa ne veut pas faire les choses dans la dentelle.

A plus ou moins brève échéance, le sort de Laurent Nkunda paraît scellé, étant délesté du parapluie américain.

Le Potentiel

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Conférence sur la paix au Kivu

Goma : L'heure de toutes les vérités !

lundi 24 décembre 2007, NUMERO

* La condition de succès de la Conférence est connue : se dire la vérité. Mieux, des vérités, de sorte qu'à son issue, on réussisse les trois objectifs suivants : remettre chacun à sa place, mettre fin à la manipulation et instaurer un véritable climat de paix qui soit durable… * Ces assises doivent être ouvertes à toutes les forces politiques et sociales. Tout doit y être dit, même les choses les plus désagréables. Là où il y a nécessité d'obtenir des éclaircissements de la part des partenaires extérieurs, il faut absolument que les préoccupations soient soulevées et ces derniers répondent. C'est pour cette raison que la Rtnc doit assurer la retransmission en direct des travaux ; *Joseph Kabila jouerait sa meilleure carte politique en amenant tous les protagonistes, nationaux comme étrangers, à jouer à découvert à la faveur de la Conférence de Goma. Une conférence qui vient certes avec un retard de 47 ans. Mais au moins une conférence qui arrive sous son mandat issu des urnes ! Ce n'est donc pas un fait du hasard…

Réunis vendredi 21 décembre 2007, les activistes de la Société civile du Nord-Kivu ont pris une décision lourde de conséquences ; celle de ne pas participer à la Conférence sur la Paix, la Sécurité et le Développement au Kivu frontalier. Déplorant, en effet, la précipitation avec laquelle ces assises sont convoquées, ils se demandent si les délégués sont sûrs de leur sécurité alors que les balles continuent de crépiter dans cette partie de la République. « Si le gouvernement se trouve dans l'incapacité de mettre les insurgés hors d'état de nuire, eh bien, ils doivent organiser leur dialogue politique sans la société civile », ont-ils déclaré en se demandant si après avoir drainé la masse ainsi que les députés et le gouvernement provinciaux, les organisateurs ne tentent-ils pas de « drainer » également la Société civile « pour que demain on dise qu'on l'a cautionné aussi ». Ils se disent surpris de constater que le Gouvernement s'apprête à débloquer « 2 millions de dollars pour la conférence » alors qu'un pareil montant n'a pas été mis à la disposition des déplacés de guerre. Cette décision, on s'en doute, fait peser de sérieuses hypothèques sur l'organisation de la conférence même, donc sur ses résolutions et recommandations éventuelles au cas où les assises se tenaient malgré tout, surtout maintenant que le soutien de la Communauté internationale est acquis.

Se dire des vérités

Il est évident qu'au cas où la Société civile du Kivu persiste et signe, Laurent Nkunda ne se fera pas prier deux fois pour boycotter à son tour l'initiative, tant il est vrai que ses quatre revendications fondamentales, en l'occurrence le rapatriement des réfugiés tutsi congolais, la neutralisation et le rapatriement des ex-Far et Interahamwe, le brassage et le mandat d'arrêt ne relèvent pas de la compétence des provinces mais du Gouvernement central et des individus. Certes, à Bukavu – par exemple – l'honorable Baleke, président de l'Assemblée provinciale, a procédé samedi dernier à la restitution des travaux préparatoires. Son collègue du Nord-Kivu estime que « si chacun s'investit dans cette conférence, en se disant la vérité, en s'ouvrant aux autres », la conférence pourra bien se dérouler. « Quand les hommes se parlent franchement, il n'y aura absolument aucune contrainte. Mais si les gens ne se disent pas la vérité, ou si certaines personnes ont des agendas cachés qu'ils veulent brandir au lieu de voir l'intérêt général, au lieu de voir la souffrance des déplacés dans les camps, au lieu de voir la misère de ces réfugiés qui sont dans les pays voisins, et projeter l'avenir pour que tout le monde sente que nous sommes des être humains et que nous devons vivre dignement sur notre colline, je pense que si tout le monde a cette vision, il n'y aura pas de contrainte », ajoute-t-il. La condition de succès est dès lors connue : se dire la vérité. Mieux, des vérités !

Quelles sont les vérités à se dire ?

Effectivement, la Conférence de Goma est le rendez-vous de toutes les vérités, de sorte qu'à son issue, on réussisse les trois objectifs suivants : remettre chacun à sa place, mettre fin à la manipulation et instaurer un véritable climat de paix qui soit durable. Il ne faudrait pas que « Avant Goma = Après Goma ».

Quelles sont alors les vérités à se dire ? 1ère vérité : depuis l'Indépendance, le Kivu n'a toujours pas résolu le problème identitaire par rapport aux ethnies des protectorats Burundi et Rwanda qui constituaient, sous la colonisation, le « Congo-Belge, Rwanda et Urundi » ! Résultat : en 47 ans d'existence en tant qu'Etat souverain, le Kivu aura connu toutes les infortunes : 1964 avec le maquis de Laurent-Désiré Kabila, 1967 avec l'aventure Schramme et Denard ainsi que l'enrôlement d'office, dans le cadre du référendum constitutionnel, des Rwandais qui s'y trouvaient, 1972 avec l'octroi collectif de la nationalité congolaise à ces Rwandais, 1981 avec le retrait tout aussi collectif de la même nationalité, entre 1981 et 1990 les opérations « Mbata » et « Kimia », 1996 avec l'Afdl, 1998 avec le Rcd, 2004 avec l'aventure Mutebusi-Nkunda à Bukavu et 2006 avec celle de Nkunda avec son Cndp !

2ème vérité : les mouvements migratoires. Le Congo a la chance de n'avoir que 122 ans d'âge. Il en est à la 5ème génération de ses citoyens pris par tranche de 25 ans. En clair, la 3ème génération (75 ans au minimum) est capable de dire aux Congolais qui étaient dans le Kivu au 30 juin 1960, qui n'y étaient pas. D'ailleurs, dans ce contexte, la Belgique – qui vient d'aider les Congolais et les Angolais à régler le problème Kahemba à partir des archives – est bien placée pour produire la nomenclature des tribus et ethnies congolaises recensées sous la colonisation. Il n'y a pas-là remise en cause des acquis du Dialogue intercongolais. Cette vérité permet de mettre fin à la manipulation de l'opinion.

3ème vérité : la question foncière par rapport à l'ethnologie et à l'ethnographie. La spécificité négro-africaine est qu'il n'existe pas de terre sans tribu ou de tribu sans terre. Dans le Kivu, la crise est essentiellement au niveau de la gestion des terres par les communautés locales. La « bataille » entre éleveurs et cultivateurs naît du fait que les premiers n'ont aucune notion de frontière ; ce qui n'est pas le cas des seconds. Les premiers pensent qu'ils peuvent, derrière leur cheptel, s'en aller partout où l'herbe est tendre, même chez le voisin dont ils ignorent d'ailleurs les revendications. Or, en Suisse ou en Hollande où l'on a du gros cheptel, les fermiers ne pratiquent pas le « nomadisme » ; ils nourrissent leurs bêtes avec du foin ! Si l'on adopte cette formule, c'est sûr qu'un pan entier des crises du Kivu disparaîtra ! 4ème vérité : la cohabitation des ethnies. Il est de notoriété publique que les ethnies ou tribus congolaises ne se battent pas entre elles au Kivu. C'est le leadership malveillant qui entretient la conflictualité. C'est à ce niveau que se pose le vrai problème, celui d'identification des leaders.

Pas un fait du hasard

Bien entendu, il y a d'autres vérités qu'il serait fastidieux d'étaler dans cet article. C'est pour cela que la Conférence de Goma ne doit pas se limiter aux thèmes choisis à Kinshasa ou planifiés de l'extérieur. Ces assises doivent être ouvertes à toutes les forces politiques et sociales. Tout doit y être dit, même les choses les plus désagréables. Là où il y a nécessité d'obtenir des éclaircissements de la part des partenaires extérieurs, il faut absolument que les préoccupations soient soulevées et que ces derniers répondent. Après tout, c'est pour cela que ces partenaires font le déplacement de Goma. On est loin de les imaginer présents rien que pour la figuration. Y aurait-il, en plus, implication des multinationales dans les crises récurrentes du Kivu ? Il n'y a pas de raison que l'on se taise. Ces multinationales doivent répondrent également. C'est pour cette raison que la Rtnc doit assurer la retransmission en direct des travaux ; comme ce fut le cas lors de la Cns. Les Congolais ont droit à l'information, à des vérités. D'autant plus que si, comme le craignent bien des analystes, le Kivu venait à « tomber », on ne voit pas comment les autres provinces ne saisiraient-elles pas l'opportunité pour en tirer toutes les conséquences ! Joseph Kabila en est sûrement conscient. Dès lors, il jouerait sa meilleure carte politique en amenant tous les protagonistes, nationaux comme étrangers, à jouer à découvert à la faveur de la Conférence de Goma. Une conférence qui vient certes avec un retard de 47 ans. Mais au moins une conférence qui a attendu son avènement ! Et ça n'est pas un fait du hasard…

Omer Nsongo die Lema

L'Avenir

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Goma accueille une rencontre entre Congolais et Rwandais

De hauts responsables de la République démocratique du Congo (RDC) et du Rwanda se sont réunis dimanche à Goma (est de la RDC) pour établir un "groupe permanent de suivi" des engagements pris récemment par les deux voisins en faveur de la stabilité régionale. "Le gouvernement congolais réaffirme son engagement sur les points arrêtés (lors de la rencontre du 9 novembre) à Nairobi", a déclaré le ministre congolais des Affaires étrangères Antipas Mbusa Nyamwisi, en ouvrant les débats. Le Rwanda est représenté par Richard Sezibera, l'envoyé spécial de Kigali pour la région des Grands Lacs africains, qui a souligné le "réchauffement" des relations avec Kinshasa tout en indiquant que cette rencontre intervenait à un "moment critique" pour la sécurité régionale.

Cette rencontre, qui se tient en présence de représentants des Etats-Unis, de l'Union européenne, de l'Union africaine, des Nations unies et d'ambassadeurs de plusieurs pays européens, doit rendre officielle la création d'un groupe de suivi des engagements pris récemment lors de réunions à Nairobi puis à Addis Abeba.

Au cours des précédentes rencontres, Kinshasa s'est engagé à traquer les rebelles hutus rwandais et a présenté un plan militaire pour les neutraliser, tandis que Kigali s'est engagé à s'abstenir de tout soutien à un groupe armé en RDC, en particulier celui "du chef de milice dissident" Laurent Nkunda.

La réunion de Goma, capitale du Nord-Kivu, se tient dans un contexte explosif: cette semaine, les troupes insurgées ralliées à l'ex-général tutsi congolais Nkunda ont infligé de cinglants revers à l'armée congolaise, reprenant le contrôle de toutes les positions qu'ils occupaient dans cette province il y a plus de trois mois.

Le front s'est stabilisé le 11 décembre autour de Sake (30 km au nord-ouest de Goma), une cité désormais défendue par des Casques bleus.

Publié le 16 décembre 2007.

Afrique Centrale

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