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Composition du gouvernement

Ordonnance n° 07/001 du 05 février 2007 portant nomination des ministres d'Etat, ministres et vice-ministres

Le président de la République,

Vu la Constitution, spécialement en ses articles 78, 79 et 90 ; Sur proposition du Premier Ministre;

ORDONNE: Article 1er : Sont nommés Ministres d'Etat, les personnes ci-après:

1) Ministre d'Etat chargé de l'Agriculture: Monsieur François Joseph MOBUTU NZANGA NGBANGAWE,

2) Ministre d'Etat chargé de l'Intérieur, Décentralisation et Sécurité: Monsieur Denis KALUME NUMBI

3) Ministre d'Etat chargé des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale : Monsieur Antipas MBUSA NYAMWISI

4) Ministre d'Etat chargé de l'Enseignement Supérieur et Universitaire: Monsieur Sylvain NGABU CHUMBU ;

5) Ministre d'Etat chargé des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction : Monsieur Pierre LUMBI OKONGO

6) Ministre d'Etat près le Président de la République: Monsieur NKULU MITUMBA KILOMBO

Article 2 : Sont nommées Ministres aux fonctions en regard de leurs noms, les personnes ci-après:

1) Ministre près le Premier Ministre: Monsieur Godefroid MAYOBO MPWENE NGANTIEN

2) Ministre de la Défense Nationale et des Anciens Combattants : Monsieur CHIKEZ DIEMU

3) Ministre de la Justice : Monsieur Georges MINSAY BOOKA

4) Ministre du Plan : Monsieur Olivier KAMITATU ETSU

5) Ministre de l'Intégration Régionale : Monsieur Ignace GATA MAVINGA

6) Ministre des Finances : Monsieur Athanase MATENDA KYELU

7) Ministre du Budget : Monsieur Adolphe MUZITO

8) Ministre du Portefeuille : Madame Jeannine MABUNDA LIOKO

9) Ministre de l'Economie Nationale : Monsieur Sylvain Joël BIFWILA TCHAMWALA

10) Ministre de l'Information, Presse et Communication Nationale: Monsieur Toussaint TSHILOMBO SEND

11) Ministre de l'Industrie : Monsieur Simon MBOSO KIAMPUTU

12) Ministre du Commerce Extérieur: Monsieur KASONGO ILUNGA

13) Ministre des Petites et Moyennes Entreprises : Monsieur Jean-François EKOFO PANZOKO

14) Ministre des Transports et Voies de Communication : Monsieur Remy Henri KUSEYO GATANGA

15) Ministre du Développement Rural : Monsieur Charles MWANDO NSIMBA

16) Ministre de l'Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel : Monsieur Maker MWANGU FAMBA

17) Ministre de la Recherche Scientifique : Monsieur Sylvanus MUSHI BONANE

18) Ministre de la Santé Publique: Monsieur Victor MAKWENGE KAPUT

19) Ministre des Mines: Monsieur Martin KABWELULU LABILO

20) Ministre de l'Energie : Monsieur Salomon BANAMUHERE BALIENE

21) Ministre des Hydrocarbures : Monsieur Lambert MENDE OMALANGA

22) Ministre du Travail et de la Prévoyance Sociale : Madame Marie-Ange LUKIANA MUFWANKOL

23) Ministre de la Fonction Publique : Monsieur Zéphyrin MUTU DIAMBU-di-LUSALA NIEVA

24) Ministre des Affaires Sociales et de la Solidarité Nationale : Monsieur Martin BITIJULA MAHIMBA

25) Ministre de la Condition Féminine : Madame Philomène OMATUKU ATSHAKAWO AKATSHI

26) Ministre de la Jeunesse et des Sports : Monsieur Pardonne KALIBA MULANGA

27) Ministre des Affaires Foncières : Madame Liliane PANDE MUABA

28) Ministre de l'Urbanisme et Habitat : Monsieur Laurent-Simon IKENGE LISAMBOLA

29) Ministre des Postes, Téléphones et Télécommunications : Monsieur KYAMUSOKE BAMUSULANGA NTA-BOTE

30) Ministre de l'Environnement : Monsieur Didace PEMBE BOKIAGA

31) Ministre du Tourisme : Monsieur Elias KAKULE MBAHINGANA

32) Ministre de la Culture et des Arts : Monsieur Marcel MALENSO NDODILA

33) Ministre des Droits Humains :Monsieur Eugène LOKWA ILWALOMA

34) Ministre des Affaires Humanitaires : Monsieur Jean-Claude MUYAMBO KYASSA

Article 3 Sont nommées Vice-Ministres aux fonctions en regard de leurs noms, les personnes ci-après:

1) Vice-Ministre de l'Intérieur : Monsieur Joseph- Dovel MPANGO OKUNDO

2) Vice-Ministre de la Sécurité : Monsieur DARUWEZI MOKOMBE

3) Vice-Ministre des Affaires Etrangères : Monsieur Alain LUBAMBA WA LUBAMBA

4) Vice-Ministre des Congolais de l'Etranger : Madame Colette TSHOMBA NTUNDU

5) Vice-Ministre de la Défense Nationale : Monsieur Nelson PALUKU SYAYIPUMA

6) Vice-Ministre des Anciens Combattants : Madame Yvonne IYAMULEMYE KABANO

7) Vice-Ministre de la Justice : Madame KAUNDA MITUMBALA ODIA

8) Vice-Ministre du Plan : Monsieur Ferdinand ESSAMBO LUKYE

9) Vice-Ministre des Finances : Monsieur HANGI BININI

10) Vice-Ministre du Budget : Monsieur Célestin MBUYU KABANGO

11) Vice-Ministre des Transports : Madame Laure Marie KAWANDA KAYENA

12) Vice-Ministre des Travaux Publics : Monsieur Gervais NTIRUMENYERWA KIMONYO

13) Vice-Ministre de l'Agriculture : Monsieur Gentiny NGOBILA MBAKA

14) Vice-Ministre de l'Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel: Monsieur Modeste OMBA SAKATOLO,

15) Vice-Ministre de l'Enseignement Supérieur et Universitaire : Madame Marie-Madeleine MIENZE KIAKU

16) Vice-Ministre de la Santé Publique : Monsieur Ferdinand NTUA OSIAMBA

17) Vice-Ministre des Mines : Monsieur Victor KASONGO SHOMARY

18) Vice-Ministre de l'Energie : Monsieur Arthur SEDEY A NGAMO ZABUSU

19) Vice-Ministre du Travail et de la Prévoyance Sociale : Monsieur Télésphore TSAKALA MUNIKENGI

20) Vice-Ministre de la Fonction Publique : Monsieur Vincent OKOYO NEMBE

Article 4 :

Sont abrogées toutes les dispositions antérieures contraires à la présente Ordonnance.

Article 5 :

Le Premier Ministre est chargé de l'exécution de la présente Ordonnance qui entre en vigueur à la date de sa signature. Fait à Kinshasa, le 05 février 2007

Président de la République,

Joseph KABILA

Le Premier Ministre,

Antoine GIZENGA

© Congo Vision


Formation du nouveau gouvernement en RDCongo

KINSHASA (AFP) - 05/02/2007 22h24 - La composition du nouveau gouvernement de République démocratique du Congo (RDC), attendu depuis plus d'un mois, a été annoncée lundi soir à la télévision nationale par la lecture à l'antenne d'une ordonnance du président Joseph Kabila.

Dirigé par Antoine Gizenga (81 ans), désigné Premier ministre le 30 décembre, ce gouvernement pléthorique compte 60 membres: 6 ministres d'Etat - dont l'un rattaché à la présidence -, 34 ministres - dont l'un rattaché à la primature -, et 20 vice-ministres.

Seules neuf femmes intègrent cette équipe qui aura pour tâche de lancer d'urgentes réformes de l'Etat, notamment du secteur de la sécurité, et d'entamer la reconstruction d'un pays sortant d'une longue et difficile transition, entamée en 2003 après une guerre régionale de près de cinq ans.

Pour cela, l'ancien opposant Gizenga, fidèle du héros de l'indépendance Patrice Lumumba, et le jeune président Kabila (35 ans) sont tombés d'accord pour la constitution d'un gouvernement de large coalition, dont les postes ont été âprement disputés.

L'Alliance de la majorité présidentielle (AMP), la vaste coalition politique de M. Kabila qui se taille logiquement la part du lion dans cette équipe, s'est réservé tous les postes liés à la sécurité et à la reconstruction.

Les ministères d'Etat sont répartis au sein des composantes politiques alliées.

Dans l'ordre protocolaire, le numéro 2 de cette équipe est François Joseph Nzanga Mobutu, président de l'Union des démocrates mobutistes (Udemo) et fils de l'ancien dictateur zaïrois, nommé ministre d'Etat à l'Agriculture. Il se voit récompensé, malgré le faible poids de son parti dans l'échiquier politique, de son ralliement à M. Kabila au second tour de la présidentielle d'octobre 2006.

L'Intérieur reste entre les mains du sortant, le général Denis Kalume Numbi, un proche du chef de l'Etat qui a géré d'une main de fer la répression des violences post-électorales depuis le mois d'août 2006.

Les Affaires étrangères reviennent à Antipas Mbusa Nyamwisi, président des Forces du renouveau (FR, alliées à l'AMP), ancien chef rebelle et ministre sortant de la Coopération régionale.

Le Parti lumumbiste unifié (Palu) de M. Gizenga obtient comme ministère d'Etat l'Enseignement supérieur, dirigé par Sylvain Ngabu, un universitaire.

Pierre Lumbi, président du Mouvement social pour le renouveau (MSR, un parti de l'AMP), décroche les Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction.

Enfin, Nkulu Mitumba, proche collaborateur de Joseph Kabila, est nommé ministre d'Etat près le président de la République.

L'actuel porte-parole de M. Gizenga, Godefroid Mayobo, est nommé ministre près le Premier ministre.

Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), fer de lance de l'AMP, emporte une quinzaine de postes, dont les ministères de la Défense (Chikez Diemu), de l'Information (Toussaint Tshilombo Send), de l'Energie (Salomon Banamuhere), du Commerce extérieur (Kasongo Ilunga), du Travail (Marie-Ange Lukiana).

Leurs alliés au sein de l'AMP obtiennent le Plan (Olivier Kamitatu), les Finances (Athanase Matenda), l'Economie (Sylvain Joël Bifwila) et l'Industrie (Simon Mboso).

Le Palu est parvenu à emporter le Budget, attribué à son n°2 Adolphe Muzito, ainsi que la Justice (Georges Minsay) et les Mines (Martin Kabwelulu), un poste clé dans un pays producteur d'or, de diamants et de minerais de cuivre.

Ce gouvernement est issu des élections présidentielle et législatives de 2006, premiers scrutins considérés comme libres et démocratiques en 41 ans dans l'ex-Zaïre, pays marqué par des crises successives depuis son indépendance obtenue en 1960 de la Belgique.

Le camp Kabila domine la totalité des institutions élues en 2006 et début 2007.

Les bailleurs internationaux se sont récemment dits prêts à appuyer le nouveau gouvernement, à la condition que d'importants efforts soient faits pour instaurer la bonne gouvernance et lutter contre la pauvreté.

La RDC figure au sixième rang mondial des pays les plus corrompus de la planète et 75% de ses 60 millions d'habitants vivent avec moins de un dollar par jour.

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L'équipe Gizenga

Un gouvernement non vertébré

Par  Le Potentiel

Nonobstant quelques individualités

Le voile est enfin levé. Le gouvernement du Premier ministre Antoine Gizenga a été rendu public hier lundi 5 février à 21 heures. Forte de 60 personnes, ce gouvernement, à première vue n'est pas composé de personnes vertébrées. Hormis certaines individualités. En plus, la question de la surreprésentation régionale et ethnique n'a pas été résolue de façon satisfaisante. Comme quoi, l'on aurait tendance à parler d'une certaine « exclusion ».

Par ordonnance n° 07 du 05 février 2007 portant nomination des ministres d'Etat, ministres et vice-ministres, le président de la République, Joseph Kabila Kabange, a rendu publique la liste des membres du gouvernement Antoine Gizenga. Cette décision intervient au 68ème jour de la désignation du Premier ministre chargé de former un gouvernement de coalition.

Au total, cette équipe est composée de 6o membres dont 6 ministres d'Etat, 34 ministres et 20 vice-ministres. La particularité de cette équipe gouvernementale est qu'elle est éléphantesque. En plus, la plupart de ses membres exerceront pour la première fois de hautes fonctions d'Etat. Si l'on prend en compte les grands défis auxquels le gouvernement devra faire face pour remettre rapidement la population au travail, restaurer le climat de confiance avec les partenaires extérieurs, il y a des doutes que cela puisse se faire dans un délai raisonnable dans la perspective de rétablir les équilibres fondamentaux.

Car, une fois de plus, de mémoire de journaliste, l'une de tares du gouvernement de transition est d'avoir fait appel à des éléments qui n'avaient pas connaissance de lourdes tâches d'Etat. L'amateurisme a influé sur l'action du gouvernement.

Toutefois, cette équipe dispose de certaines individualités qui ont déjà subi le baptême de feu. Allusion faite au responsable du ministère de l'Intérieur, Décentralisation et Sécurité actuel , le général Denis Kalume, élevé au rang de ministre d'Etat; de celui des Affaires étrangères, Mbusa Nyamwisi, jusque-là ministre en charge de la Coopération régionale, du Plan, Olivier Kamitatu ancien président de l'Assemblée nationale de la transition ; de Simon Mboso Kiamputu, de l' Industrie, ancien Directeur de cabinet de l' ancien Premier ministre Léon Kengo wa Dondo, de Charles Mwando Nsimba, au Développement rural, plusieurs fois gouverneur de province et ministre.

Parmi les nouveaux venus, il y a lieu de citer Adolphe Muzito, ancien Inspecteur régional de Finances affecté au Budget ; Marie-Ange Lukiana, qui a déjà occupé le même poste au Travail et Prévoyance sociale, Eugène Lokwa Ilwaloma et Jean-Claude Muyambo Kyassa, deux juristes, respectivement aux Droits humains et aux Affaires humanitaires. Sans oublier Madame Colette Tchomba, éditrice du journal Uhuru.

On espère que grâce à leur expertise, ils pourront s'adapter facilement à leurs nouvelles fonctions.

LE PPRD : LA PART DU LION

Autre constat : le PPRD a raflé la grosse mise. Ce parti dispose, sauf erreur de notre part, de 18 postes. Vient en deuxième position le Palu avec six ministères ; les Forces du renouveau 5 postes, l' Udemo 3 ; Codeco 2 ; CCU/AMP 1. Avec des noms encore inconnus, il est possible que le MSR ait plus d'un poste. Le reste des postes est à attribuer à d'autres alliés de l'AMP.

Il est un fait que cette répartition tient compte du poids politique de chaque personnalité et formation politique. Il est tout à fait normal que le Pprd se soit imposé pour disposer de la part du lion. Mais l'on vient de constater que l'un des alliés de l'AMP ne fait pas partie de l' équipe gouvernementale. Il s'agit particulièrement de José Endundo, leader du PDC. A-t-il été déçu ? Il en est de même de Me Kisimba Ngoy de l'Unafec. On le saura très prochainement. Cependant, jusqu'à preuve du contraire, il ne figure pas au sein de cette équipe gouvernementale, mais accuse des représentants dans le gouvernement.

SURREPRESENTATION REGIONALE

Autre point qui suscite déjà de nombreux commentaires libres à chaud demeure justement la question de la surreprésentation provinciale. Il se dégage de cette liste gouvernementale que le Kivu, le Maniema, le Bandundu sont surreprésentés. Cependant, le déséquilibre est flagrant dans la mesure où l'on s'est contenté à fixer le choix sur des ressortissants d'un même district. Tel le cas pour la représentation de Bandundu, du Kasaï oriental où une même ethnie compte plus de deux représentants, alors que l'on aurait dû recourir à d'autres compétences de la même province.

Serait-ce un oubli ? Une exclusion ? Un désistement ? Une sanction ? Il ne fait l'ombre d'aucun doute que devant l'Assemblée nationale le Premier ministre devra répondre à cette interrogation. Car, cette question de représentativité pour dégager un équilibre national dans cette démarche inclusive préoccupe au plus haut point les députés nationaux. Qu'adviendra-t-il s'ils ne seraient pas satisfaits des explications que fournirait le Premier ministre ?

Le premier survol nous donne des éléments suivants qui ne sont pas du tout exhaustifs :

- Bandundu : 13 membres ; Equateur et Katanga 8 ; Maniema et Bas-Congo, 8, Nord-Kivu 4 ; Kasaï Oriental (Sankuru) ; Sud-Kivu 2 ; Kasaï Occidental 1(Tshikapa). On aura constaté qu'en ce qui concerne l'ethnie dominante, pour les deus Kasaï, elle n'est pas représentée. Pourquoi cette absence ? Cela expliquerait-il tout le temps que l'on a mis pour harmoniser les listes ? Ou, au nom de la majorité, a-t-on tenu à récompenser certaines personnalités politiques ainsi que leurs regroupements politiques ?

Il est encore tôt de répondre à ces interrogations en attendant que le Premier ministre se présente devant l'Assemblée nationale pour l'investiture de son gouvernement. D'ores et déjà, il y a lieu de rappeler que les défis à relever sont grands. Et qu'il n'y aura pas de délai de grâce pour autant que la tâche est immense, connue de tous.

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Le 1er Gizenga est né, «le Soft International» est en mesure de le révéler en exclusivité

MISE EN LIGNE LE 5 FÉVRIER 2007 | LE SOFT INTERNATIONAL2 N°894 DATÉ 5 FÉVRIER I
Il était attendu depuis un mois, fin décembre, début janvier. Il est né début février. Farouchement disputé, le 1er Cabinet Gizenga est là. En chair et en os.
Ultime réunion - la énième - la nuit dernière «quelque part» à Kinshasa dans la ville haute. Le 1er Cabinet Gizenga est là. En chair et en os. Uniquement «le Soft».
Au moment où nous allions sous presses dimanche 4 février, le décret présidentiel sous signature n'était pas encore prêt. «Quelques problèmes» subsistaient encore. Et on parle des mêmes...».

La veille samedi 3 février, les «Négociateurs» avaient «travaillé» jusqu'aux petites heures du matin sans parvenir à trouver la «solution» miracle.

Selon toutes les sources, «l'ensemble du Décret» était quasi prêt. Il restait néanmoins «quelques réaménagements».

MINISTÈRE D'ÉTAT.
Les principaux problèmes provenaient du camp constituant désormais le CDR, Centre Démocrate pour le Renouveau (José Endundo Bononge-Olivier Kamitatu Etsu-Mbusa Nyamwisi). Chacun de ces ténors réclamait un «ministère d'État». Anciens partenaires de la quasi défunte CODÉCO qui conduisit le candidat Pierre Pay Pay Wa Syakassighe à la Bérézina, les Députés José Endundo Bononge et Jean-Claude Muyambo Kyassa avaient encore quelques comptes à régler.

Chacun d'eux se prévalait d'un «lot de Députés Nationaux» pour réclamer plus au Premier ministre mais que l'autre ex-partenaire ne reconnaissait pas. Il y a aussi, à en croire la ville haute, des récusations. Le Premier ministre Antoine Gizenga Funji a réclamé, par écrit, que chaque chef de «composante», après avoir été notifié du quota qui lui revenait (les portefeuilles) lui fasse parvenir une proposition comprenant chaque fois deux noms devant chaque portefeuille afin que ce soit lui, le Chef du gouvernement, qui, in fine, décide de qui va faire partie du Cabinet.

D'aucuns ont vu un piège et se sont abstenus de réserver une suite à cette demande. Ils estimaient qu'il n'appartenait pas au Premier ministre de se choisir des ministres mais bien aux partis membres de la coalition majoritaire de désigner leurs «ministres». C'est le débat.

S'il a été entendu qu'Antoine Gizenga Funji faussemment surnommé «yandi ve» (en langue kikongo), c'est-à-dire «pas lui», ce principe n'avait jamais été formellement établi comme érigé par le Premier ministre. Certes, celui-ci estime qu'il existe une catégorie de personnes «trop mouillées, trop sales, poursuivies par sinon citées dans des affaires sales» et souhaitent qu'elles clarifient au préalable leur position.

Mais on a aussi entendu celui qui passe comme son plus proche collaborateur, Godefroid Mayobo Mpwene Ngantient, déclarer, dans un communiqué lu par lui-même, en substance, que lorsqu'un parti estime que tel homme est une personne ressource pour lui, comment ne pas lui donner le gage?

MINISTRES PALU.
Il reste que l'équipe est connue.

«Le Soft International» est en mesure de dire avec précision que l'actuel ministre de la Coopération Régionale, le RCD-KisML Antipas Mbusa Nyamwisi, reçoit une promotion. C'est le prochain chef de la diplomatie r-dcongolaise. C'est aussi à lui que revient l'honneur d'être appelé ministre d'État.

Symbole de la réunification du pays du temps des «rébellion», il estime devoir mériter cette reconnaissance publique.

À José Endundo Bononge était proposé le ministère de l'Industrie, en plus d'un poste de vice-ministre. Mais Endundo estime «peser gros» et, négociateur coriace, la nuit dernière, il réclamait encore plus pour son parti... Dont son retour aux Travaux Publics et Infrastructures. Les dernières nouvelles du front faisaient état qu'il aurait réussi à faire céder la digue quoique le «gâteau» ne soit pas extensible...

À Olivier Kamitatu Etsu de l'ARC est offert le Plan. S'agissant d'un homme jadis symbole, qui avait été cité comme primaturable, qui avait jeté son dévolu sur les Finances, puis sur le perchoir, il aurait souhaité disposer aussi du domaine de l'énorme domaine de la «Reconstruction». Aux dernières nouvelles du front, les échanges étaient encore âpres... Quoique les dés paraissaient être jetés. François Mobutu Nzanga Ngbangawe a fini par se classer en bonne position en obtenant tout de même ce qu'il voulait, à savoir, le titre honorifique de ministre d'État. Mais devra se contenter de l'Agriculture. Se «contenter»?

Dans un pays à faire décoller, l'Agriculture reste un secteur clé. Il suffit de voir le Sénégal, l'Île Maurice, etc. Si les moyens financiers font défaut, le fonds qui manque le moins reste l'intelligence, que le fils Mobutu devra mettre en oeuvre après que le père ait tant méprisé ce secteur privilégiant le secteur minier. Outre cela, Nzanga s'octroie un ministère clé, PME/PMI qu'il offre au député Udemo Jean-François Ekofo Panzoko. L'Udemo à qui revient aussi le poste de vice-ministre aux Affaires étrangères a désigné l'un de ses permanents Guy Lubamba.

Le patron du PAREC, le pasteur Ngoy Mulunda, succédera au MPR Catherine Nzuzi wa Mbombo passée à l'UN de Jean-Pierre Bemba Gombo. Il dirigera la Solidarité et les Affaires humanitaires.

Quant au parti du patriarche, le PALU, au Gouvernement, le gros revient à ses deux lieutenants: Godefroid Mayobo Ngantient Mpwene, est côté PALU, ministre d'État. Selon la nomenclature à convenir, ce neveu de l'ex-PDSC Denis Tabiana, originaire du territoire de Bagata, Bandundu, ancien de l'Office des Routes, sera Délégué auprès du Premier ministre. Soit le Directeur de cabinet. L'autre poids lourd du PALU est Adolphe Muzitu. Originaire du territroire de Gungu, Bandundu, cet ancien inspecteur des Finances hérite du ministère des Finances après avoir lorgné vers le Budget laissé au PPRD. Déjà, il assiste aux réunions ÉCOFIN et représente le Premier ministre auprès de la communauté financière internationale.

Au PALU revient également le ministère des Mines, de la Justice et de l'ESURS. Gizenga y a placé respectivement Martin Kabwilulu (Katanga) qui a le mérite d'avoir fait gagner un poste de sénateur au PALU, un avocat du nom de Nissay, non autrement identifié, membre du CENAL, le Conseil Exécutif National du PALU et Sylvain Ngabu, originaire de la province Orientale.

Il faut ajouter pour le PALU deux autres postes: deux vice-ministres. Aux Transports et Communications. Ce sera Mme Laure Kamwanda, une femme originaire du territoire d'Idiofa, Bandundu, ex-compagne du professeur Munkeni Lakup Tier. À Intérieur, ce sera un Tetela du Kasaï Oriental, Joseph Pangu, jadis permanent du PALU en charge de Mobilisation.

À parcourir ces nominations, c'est patent: Gizenga a ratissé large, la «représentation nationale», de même que la femme, y prennent une place centrale. Dans son acte de nomination du Premier ministre, le Chef de l'État l'avait ainsi voulu. Il faut souligner qu'il y a deux semaines, au lendemain de sa nomination comme Premier ministre, le patriarche Gizenga a pris congé du PALU et désigné pour sa succession un homme de confiance, Robert Makina Malongi. Qui a la lourde charge de travailler à la modernisation du parti et à la conception de ce que le PALU sera demain...

T. MATOTU. lesoftonline.net 05/02/2007

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Un gouvernement de large coalition au Congo

lundi 05 février 2007, 23:07

La composition du gouvernement tant attendu en République démocratique du Congo (RDC) a été annoncée lundi soir à la radio-télévision nationale (RTNC) par la lecture à l'antenne d'une ordonnance du président Joseph Kabila.

irigé par le "patriarche" Antoine Gizenga Funji (81 ans), désigné Premier ministre le 30 décembre, ce gouvernement pléthorique compte 60 membres: six ministres d'Etat - dont un rattaché à la présidence -, 34 ministres et vingt vice-ministres.

Seules neuf femmes intègrent cette équipe qui aura pour tâche de lancer d'urgentes réformes de l'Etat, notamment du secteur de la sécurité, et d'entamer la reconstruction d'un pays sortant d'une longue et difficile transition, entamée en 2003 après une guerre régionale de près de cinq ans.

Pour cela, l'ancien opposant Gizenga, fidèle du héros de l'indépendance Patrice Lumumba, et le jeune président Joseph Kabila (35 ans), sont tombés d'accord pour la constitution d'un gouvernement de large coalition, dont les postes ont été âprement disputés.

L'Alliance pour la Majorité présidentielle (AMP), la vaste coalition politique de M. Kabila qui se taille logiquement la part du lion dans cette équipe, s'est réservé tous les postes liés à la sécurité et à la reconstruction.

Les autres grandes formations de la coalition gouvernementale sont le Parti lumumbiste unifié (PALU) de M. Gizenga et l'Union des Démocrates mobutistes (UDEMO) de François Joseph Nzanga Mobutu, fils de l'ex-dictateur zaïrois Mobutu Sese Seko, qui obtient le portefeuille de ministre d'Etat à l'Agriculture.

Les ministères d'Etat sont répartis au sein des composantes politiques alliées. Dans l'ordre protocolaire, le numéro 2 de cette équipe est donc Nzanga Mobutu Il se voit récompensé, malgré le faible poids de son parti dans l'échiquier politique, de son ralliement à M. Kabila au second tour de la présidentielle d'octobre 2006.

L'Intérieur reste entre les mains du sortant, le général Denis Kalume Numbi, un proche du chef de l'Etat qui a géré d'une main de fer la répression des violences post-électorales depuis le mois d'août 2006.

Les Affaires étrangères reviennent à sortant de la Coopération régionale, Antipas Mbusa Nyamwisi, président des Forces du renouveau (FR, alliées à l'AMP), ancien chef de la rébellion du RCD-KML.

L'ancien président de l'Assemblée nationale Olivier Kamitatu, un ancien proche de l'opposant Jean-Pierre Bemba lorsqu'il était vice-président durant la transition puis rallié au président Kabila, devient ministre du Plan et de la Reconstruction.

Le PALU a quant à lui obtenu le titre de ministre d'Etat pour un proche de M. Gizenga, Godefroid Mayobo Ngantient Mpwene, et le portefeuille des Finances pour un autre de ses poids lourds, Adolphe Muzitu. Il décroche aussi les ministères des Mines, de la Justice et de l'Enseignement supérieur, universitaire et recherche scientifique (ESURS) attribués respectivement àMartin Kabwilulu à un avocat du nom de Nissay et à Sylvain Ngabu.

Ce gouvernement est issu des élections présidentielle et législatives de 2006, premiers scrutins considérés comme libres et démocratiques en 41 ans dans l'ex-Zaïre, pays marqué par des crises successives depuis son indépendance obtenue en 1960 de la Belgique.

Le camp Kabila domine la totalité des institutions élues en 2006 et début 2007: l'Assemblé nationale, avec 322 sièges sur 500, le Sénat (55 sièges sur 108), les assemblées provinciales et les gouverneurs de provinces dans les neuf des onze provinces où ils ont été élus le 19 janvier dernier.

(Le Soir, D'après Belga, AFP)

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