Rwanda: le juge Bruguière recommande des poursuites contre le président Kagame
PARIS (AFP) - 20/11/2006 21h55 - Le juge Bruguière s'apprête à donner un coup d'accélérateur à l'enquête sur l'attentat en 1994 contre le président rwandais Habyarimana qui avait déclenché le génocide, en mettant en cause l'actuel président Kagame, dont l'entourage sera bientôt visé par des mandats d'arrêt internationaux.
Dans une ordonnance de soit-communiqué (document transmis au parquet) rédigée vendredi, le magistrat antiterroriste français Jean-Louis Bruguière a recommandé des poursuites contre le président rwandais Paul Kagame devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), pour sa "participation présumée" à l'attentat contre l'avion de son prédécesseur Juvenal Habyarimana.
L'attentat du 6 avril 1994 avait entraîné sur le terrain le début du génocide déclenché par les partisans hutus du président Habyarimana contre la minorité tutsie. Le génocide n'avait pris fin qu'après la victoire militaire du Front patriotique rwandais de Kagame, en juillet 1994.
Parallèlement, M. Bruguière a demandé, dans la même ordonnance, l'avis du parquet sur les arrestations de neuf membres de l'entourage du chef de l'Etat rwandais Paul Kagame dans le cadre de son enquête sur l'attentat, dont le chef d'état-major de l'armée rwandaise James Kabarebe ou Kabare.
Dès lundi soir, le parquet a requis l'émission de mandats d'arrêt internationaux contre ces neuf personnes, comme le demandait le juge. Il revient désormais à M. Bruguière de signer les demandes d'arrestation, ce qui devrait intervenir dans les prochains jours.
Outre M. Kabarebe, l'actuel ambassadeur rwandais en Inde Faustin Nyamwasa-Kayumba, le chef d'état-major de l'armée de terre rwandaise Charles Kayonga et plusieurs militaires ou hauts fonctionnaires figurent parmi les personnes visées.
Le parquet s'est prononcé sur les seules demandes de mandats d'arrêt. Il n'est pas saisi de la recommandation exprimée par le juge dans son ordonnance d'engager des poursuites contre M. Kagame.
Dans ce document, M. Bruguière affirme qu'il entend informer le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, des éléments de son enquête dans le but éventuel de saisir le TPIR pour la "participation présumée" de M. Kagame à l'attentat.
Au terme de son enquête ouverte en mars 1998 à Paris, le juge Bruguière souligne notamment que "Paul Kagame, avec les membres de son état-major, avait, après les accords d'Arusha d'août 1993, conçu cette opération qu'il devait soigneusement planifier".
Le juge souligne également que l'APR, bras armé du parti de Kagame, disposait de missiles SAM 14 et SAM 16 (utilisés lors de l'attentat) alors que l'armée régulière rwandaise (les forces armées rwandaises, FAR) d'alors n'avait de que faibles capacité anti-aériennes.
Le 6 avril 1994 à Kigali, vers 20H30, un Falcon 50 en phase d'atterrissage transportant notamment le président Habyarimana, son homologue burundais Cyprien Ntaryamira, plusieurs hauts responsables des deux pays et trois membres d'équipages français, avait été atteint des missiles sol-air à son arrivée sur Kigali.
Paul Kagame a toujours nié que lui-même ou le FPR aient joué le moindre rôle dans l'attentat.
Le génocide a fait entre 800.000 et un millions de morts, essentiellement au sein de la minorité tutsie mais aussi parmi les opposants hutus.
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Poursuites contre Kagame - 20/11/ 06
Le juge français Jean-Louis Bruguière a recommandé vendredi des poursuites contre le président rwandais Paul Kagame (photo) devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour sa "participation présumée" à l'attentat en 1994 contre l'avion de son prédécesseur Juvénal Habyarimana, a-t-on appris lundi de source judiciaire.
Parallèlement, le magistrat a demandé l'avis du ministère public sur les arrestations de neuf membres de l'entourage de Paul Kagame dans le cadre de l'enquête, dont l'actuel chef d'état-major de l'armée rwandaise James Kabarebe.
Dès lundi soir, le parquet a requis l'émission de mandats d'arrêt internationaux contre ces neuf personnes, comme le demandait le juge antiterroriste.
Il revient désormais à M. Bruguière de signer les demandes d'arrestations, ce qui devrait intervenir dans les prochains jours.
Le parquet s'est prononcé sur les seules demandes de mandats d'arrêt. Il n'est pas saisi de la recommandation exprimée par le juge dans son ordonnance d'engager des poursuites contre M. Kagame.
Dans ce document, M. Bruguière affirme qu'il entend informer le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, des éléments de son enquête dans le but éventuel de saisir le TPIR pour la "participation présumée" de M. Kagame à l'attentat du 6 avril 1994.
La mort du président Habyarimana avait déclenché le génocide de 800.000 tutsis commis par les partisans du régime hutu. Le massacre n'avait pris fin qu'après la victoire militaire du Front patriotique rwandais (FPR), en juillet 1994.
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Kagame, un autodidacte et redoutable tacticien
Le président rwandais Paul Kagame st un ancien chef rebelle devenu l'"homme fort" puis le président du Rwanda et un des personnages-clés de la région des Grands lacs.
Tutsi (ethnie minoritaire) anglophone de 49 ans, le président Kagame est l'ancien leader emblématique de la rébellion du Front patriotique rwandais (FPR, au pouvoir à Kigali depuis 1994), qui a mis un terme au génocide rwandais de 1994 qui a fait, selon l'ONU, environ 800.000 morts, essentiellement tutsis.
Né en octobre 1957 à Gitarama (centre du Rwanda), il quitte son pays encore enfant, quand sa famille, fuyant les premières persécutions anti-tutsies, s'installe dans l'Ouganda voisin en 1960. Paul Kagame a fait toute sa "carrière de guerillero" dans les mouvements de rébellion conduits par l'actuel président ougandais Yoweri Museveni.
Sous les ordres de ce dernier, il combat au sein du Front pour le salut national (Fronesa) et contribue, aux côtés de l'armée tanzanienne, à la chute du dictateur ougandais Idi Amin Dada.
En 1981, Paul Kagame fait partie du groupe des "27 héros-fondateurs" de l'Armée nationale de résistance (NRA) qui relance, toujours sous le commandement de Museveni, la lutte armée contre le régime du président ougandais Milton Obote.
Ses états de service le mènent au poste de numéro deux des services de renseignements militaires de ce mouvement.
Autodidacte, bon tacticien, M. Kagame est alors un lecteur assidu des grands classiques révolutionnaires, de Mao ou du Che.
Proche de son "aîné" le général Fred Rwigema, un autre Rwandais héros de la guerre civile ougandaise, Kagame rejoint en 1987 le FPR, rébellion créée la même année par des Tutsis réfugiés en Ouganda pour renverser le régime du président hutu rwandais Juvénal Habyarimana.
Rwigema tué en 1990, le jeune chef militaire prend le commandement du FPR et entre quatre ans plus tard dans la capitale rwandaise Kigali, mettant fin au génocide, dont l'élément déclencheur fut l'attendat du 6 avril 1994 qui coûta la vie au président hutu Habyarimana.
M. Kagame a toujours nié toute implication dans l'attentat contre l'avion de M. Habyarimana.
Fin politique, il conduit le mouvement rebelle au pouvoir après le génocide et devient, le 19 juillet 1994, vice-président de la République, ministre de la Défense et véritable "homme fort" du régime.
En avril 2000, il est élu par le Parlement nouveau président de la République et remplace à ce poste Pasteur Bizimungu, un Hutu, qui avait démissionné de ses fonctions.
En août 2003, il est réélu au suffrage universel, avec 95% des voix, lors la première élection présidentielle pluraliste depuis l'indépendance du pays, en 1962.
D'un naturel réservé, grand, mince, portant de fines lunettes dorées, M. Kagame a délaissé le treillis militaire de ses années de maquis pour d'élégants costumes sombres ou des chemises multicolores.
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| Tiébilé Dramé |
| RD CONGO - 12 novembre 2006 - par PROPOS RECUEILLIS PAR PHILIPPE PERDRIX |
Chef de la mission des observateurs de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF)
Jeune Afrique : Peut-on dire que le second tour s'est mieux déroulé que le premier ?
Tiébilé Dramé : Oui, la Commission électorale indépendante (CEI) a tiré les enseignements des insuffisances et dysfonctionnements relevés lors du premier tour, en juillet dernier. Il est incontestable que le scrutin du 29 octobre s'est déroulé dans de meilleures conditions, tant au niveau de son déroulement que sur les irrégularités constatées. Quant à la compilation des résultats, des dispositions ont été prises en accord avec les deux candidats pour éviter les cafouillages constatés en août.
On remarque une baisse de la participation par rapport au premier tour. Comment expliquez-vous cet essoufflement ?
Les Congolais ont voté pour le référendum constitutionnel en décembre 2005, puis pour la présidentielle et les législatives, le 30 juillet, et viennent une nouvelle fois de se rendre aux urnes. Là se trouve peut-être, sans oublier la pluie qui s'est abattue sur Kinshasa et dans le Bas-Congo le jour du scrutin, l'explication de cette baisse de la participation. Mais au-delà de celle-ci, il faut retenir que les Congolais ont perçu que quelque chose de décisif se jouait et qu'il était important de prendre part à l'histoire de leur pays.
Plus de 1 000 observateurs internationaux, présents le jour du scrutin, ont parlé d'une seule voix. Pourquoi cette démarche ?
La forte mobilisation autour du Congo s'est en effet exprimée en matière électorale sous la forme d'une mutualisation des moyens favorisée par les Nations unies à travers le Projet d'appui à la coordination des observateurs (Paco). Au plan politique, c'est l'OIF qui a pris cette initiative afin que nous puissions parler d'une seule voix. Cette démarche a permis de contribuer à la transparence et à la crédibilisation du scrutin. Au final, pour la première fois, je pense que l'observation internationale des élections a connu des avancées notoires.
Quel doit être le rôle de la communauté internationale dans l'après-scrutin ?
Les Congolais ne doivent pas oublier que le monde entier s'est mobilisé pour que leur pays sorte de la guerre. Ils doivent tout faire pour accompagner ces efforts. Voilà, d'abord, leur responsabilité. Mais, bien entendu, la communauté internationale ne doit pas abandonner la RDC. On ne peut pas s'engager durant tant d'années et tourner le dos, une fois le scrutin passé. Il faut stabiliser les acquis de la transition et du processus électoral afin de fonder une véritable démocratie et reconstruire ce pays. Sinon, ce serait un immense gâchis. La Monuc [Mission des Nations unies au Congo] doit donc rester sur une longue période en accord avec les futures autorités. Ces élections ne sont qu'un point de départ, dont la note finale pourrait être une leçon pour les autres pays africains.
Reste à savoir si on peut faire confiance aux dirigeants congolais ?
Bien sûr qu'on peut leur faire confiance. Ils se sont fait la guerre, se sont ensuite assis autour de la table des négociations. Après tout, ils se sont engagés sur un processus de transition avant d'aller aux élections. Mieux que quiconque ils perçoivent que leur peuple est fatigué de la guerre.
Jeune Afrique |
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Rwandan leader 'should be tried'
A French judge says Rwandan President Paul Kagame should stand trial over the killing of a former Rwandan leader, an act that led to genocide.
Jean-Louis Bruguiere, who is investigating the death of President Juvenal Habyarimana, also said nine of Mr Kagame's aides should be arrested.
Habyarimana's plane was shot down in 1994, igniting fighting in which some 800,000 people were killed.
An international criminal court is trying suspects in the killings.
French legal authorities are investigating the case because the aircraft had a French crew.
Rampage
Judge Bruguiere is expected to sign international arrest warrants in the coming days, the Associated Press news agency reported.
Under French law, a warrant cannot be issued for Mr Kagame because he has immunity as a head of state, AP said.
Rwanda's two most senior generals - armed forces chief James Kabarebe and army chief-of-staff Charles Kayonga - are among the nine aides suspected of involvement in the downing of Habyarimana's plane.
Some 800,000 minority Tutsis and moderate Hutus were slaughtered when Hutu extremists went on the rampage following Habyarimana's death.
The International Criminal Tribunal for Rwanda in Tanzania has tried 31 suspects since it began in 1997.
Twenty-six people have been convicted and five acquitted.
The court is due to be disbanded in 2008.
BBC
Le juge Bruguière recommande des poursuites contre le président rwandais Paul Kagamé
LEMONDE.FR avec AFP | 20.11.06 | 21h38 • Mis à jour le 20.11.06 | 21h43
Des proches de Kagame accusés
Rédaction en ligne
lundi 20 novembre 2006, 22:33
Le parquet de Paris a requis ce lundi l'émission de mandats d'arrêt internationaux contre neuf proches du président rwandais Paul Kagame dans le cadre de l'enquête française sur l'attentat contre l'avion de son prédécesseur Juvénal Habyarimana en 1994.
Le juge d'instruction Jean-Louis Bruguière avait recommandé vendredi des poursuites contre M. Kagame devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour sa "participation présumée" à l'attentat en 1994 contre l'avion de son prédécesseur Juvenal Habyarimana.
Parallèlement, le magistrat a demandé le même jour dans une ordonnance de soit-communiqué (document transmis au parquet) l'avis du ministère public sur les arrestations de neuf membres de l'entourage du chef de l'Etat rwandais Paul Kagame dans le cadre de son enquête sur l'attentat, dont le chef d'état-major de l'armée rwandaise James Kabarebe ou Kabare.
Dès lundi soir, le parquet a requis l'émission de mandats d'arrêt internationaux contre ces neuf personnes, comme le demandait le juge antiterroriste. Il revient désormais à M. Bruguière de signer les demandes d'arrestation, ce qui devrait intervenir dans les prochains jours. Le parquet s'est prononcé sur les seules demandes de mandats d'arrêt.
Il n'est pas saisi de la recommandation exprimée par le juge dans son ordonnance d'engager des poursuites contre M. Kagame. Dans ce document, M. Bruguière affirme qu'il entend informer le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, des éléments de son enquête dans le but éventuel de saisir le TPIR pour la "participation présumée" de M. Kagame à l'attentat du 6 avril 1994.
L'attentat avait entraîné sur le terrain le début du génocide déclenché par les partisans hutus du président Habyarimana contre la minorité tutsie. Il avait aussi précédé la mort de dix Casques bleus belges, assassinés le lendemain de la chute de l'avion, un Falcon 50 gouvernemental rwandais. Le génocide n'avait pris fin qu'après la victoire militaire du Front patriotique rwandais (FPR, dont M. Kagame était l'un des principaux dirigenats), en juillet 1994. Il avait fait quelque 800.000 morts selon l'ONU.
(D'après AFP-Belga)
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