RDCongo: l'ex-mobutiste Kengo, nouveau président du Sénat, appelle à l'unité
KINSHASA (AFP) - 14/05/2007 18h38 Léon Kengo wa Dondo, ancien Premier ministre du dictateur zaïrois Mobutu, élu vendredi président du Sénat de la République démocratique du Congo (RDC), a appelé lundi à l'unité pour bâtir une "nouvelle République" au coeur de l'Afrique, a constaté un journaliste de l'AFP.
"Tous ensemble, unissons-nous pour bâtir la nouvelle République, une République de droit et de développement", a déclaré M. Kengo du haut de la tribune du Sénat, peu après l'installation du bureau définitif de la chambre haute du parlement.
La cérémonie s'est déroulée dans la salle des conférences internationales du parlement, en présence notamment du président de l'Assemblée nationale Vital Kamerhe, de plusieurs membres du gouvernement ainsi que de représentants de la communauté internationale.
L'élection à la tête du Sénat de M. Kengo, opposant au régime du président Joseph Kabila, a constitué une surprise au sein d'une chambre dominée par le camp présidentiel. Il a battu dès le premier tour le candidat du pouvoir, Léonard She Okitundu, ancien directeur de cabinet du président.
"La charge que vous venez de me confier est nouvelle et lourde. Je vais m'en acquitter avec humilité", a déclaré M. Kengo, juriste de 71 ans originaire de l'Equateur (nord-ouest), avant d'affirmer qu'il serait "à l'écoute de tous et de chacun".
Le président du Sénat est le second personnage du pays et remplace provisoirement le chef de l'Etat "en cas de vacance pour cause de décès, démission ou tout autre empêchement définitif", selon la Constitution congolaise.
"Je suis élu président du Sénat et non vice-président de la République avec droit de succession", a tenu à préciser M. Kengo, mettant en garde "ceux qui véhiculent de rumeurs" tendant à "déstabiliser le fonctionnement harmonieux des institutions".
Pour M. Kengo, son élection doit être comprise comme "le triomphe de la démocratie", où chacun des 108 sénateurs a pu s'exprimer librement dans le secret de l'isoloir, et "non la victoire d'un camp contre un autre".
Mais, a-t-il prévenu, "la démocratie ne peut se concevoir sans l'opposition".
"Elle (l'opposition) doit disposer des droits liés à son existence. Sinon, elle serait tentée de s'exprimer hors du parlement, avec toutes les conséquences que cela comporte", a-t-il poursuivi.
"Notre pays aspire à la paix, sans laquelle il ne peut y avoir de développement, qui exige de grandes réformes", a-t-il affirmé, citant notamment le chantier de la décentralisation, la justice "sans laquelle il n'y pas d'investissements" et l'armée, qui doit être un "gage de la stabilité".
Il a enfin déploré les violences qui ont marqué le processus électoral et post-électoral en RDC - et qui ont notamment secoué Kinshasa en mars lors de combats entre l'armée régulière et la garde rapprochée de Jean-Pierre Bemba, l'adversaire malheureux de Joseph Kabila à la présidentielle de 2006.
"La cérémonie de ce jour ne peut nous faire oublier les violences, les morts (...) qui ont endeuillé ce processus. Plus jamais ça", a-t-il lancé, avant d'appeler à une minute de silence.
© 2007 AFP
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Installation du bureau définitif du Sénat
Kengo : « Je ne suis pas vice-président de la République… »
Par Le Potentiel
La première phase du processus électoral en RDC a pris fin avec l'installation officielle du bureau définitif du Sénat. Magnifique cérémonie marquée par le premier discours très attendu de Léon Kengo wa Dondo, président élu du Sénat de la IIIè République et honorée de la présence des membres du gouvernement, du Corps judiciaire et des ambassadeurs accrédités en RDC. Un discours rassembleur, d'ouverture, encourageant, plein de réalisme politique, balayant ainsi d'un revers de la main toutes les rumeurs véhiculées par les faiseurs des « incidents politiques » au risque de déstabiliser les institutions de la République. Kengo a tenu à préciser là où il se situe : au Centre.
Le bureau définitif du Sénat a été installé officiellement hier lundi 14 mai en milieu d'après –midi dans la salle des conférences internationales du Palais du peuple. Cette cérémonie marque ainsi la fin de la première étape du processus électoral avec la mise en place des institutions de la IIIè République.
Le fait marquant de cette cérémonie a été sans conteste le discours prononcé par le président élu, Léon Kengo wa Dondo. Un discours rassembleur qui a permis au nouveau président du Sénat de dissiper tout malentendu et de circonscrire son approche politique. « Vous pouvez me faire confiance. Je m'emploierais à œuvrer avec dévouement et loyauté en restant à l'écoute de tous pour le triomphe de la démocratie. Il ne peut y avoir d'inquiétudes. Candidat indépendant, je me place au Centre pour rapprocher les contraires. Au besoin, je serai capable de me réajuster », a dit le président du Sénat.
Pour anticiper sur tout malentendu, comme s'il voulait répondre à tous les « vieux démons », Léon Kengo wa Dondo a tenu à circonscrire la portée politique de l' Article 75 de la Constitution sur une éventuelle « vacance à la présidence de la République »: « Je suis élu Président du Sénat et non vice-président de la République avec droit de succession », a-t-il martelé pour mieux se faire comprendre.
Ce passage du discours du président du Sénat a retenu l'attention de nombreux observateurs. Ils voient là un signal fort d'ouverture politique pour travailler dans la sérénité. En se plaçant au centre, Kengo wa Dondo s'inscrit dans une logique positive qui éloigne toute polémique qui pourrait déboucher sur une crise politique.
LE VER DANS LE FRUIT
Il s'agit aussi d'un message clair à l'endroit des « faiseurs d'opinions politiques » dans le seul but de déstabiliser les institutions de la République. « Pour qui travaillent-ils ? Est-ce pour le pays ou pour eux-mêmes », s'est il interrogé.
S'appuyant donc sur un adage de chez nous, il a souligné que « le ver est dans le fruit », et qu'il est temps que ces personnages de mauvais augure « cessent de distraire les gouvernants ». Evoquant l'article 105 de la Constitution, il s'est attardé sur l'unité du pouvoir en précisant que le pouvoir est un et indivisible, mais que son exercice est différent. Aussi, en sa qualité du président de Sénat, il s'engage à travailler de concert avec les autres animateurs des institutions avant d'appeler tout le monde à oeuvrer à l'unisson au regard de grands défis que la République démocratique du Congo est appelé à relever. Car, avait-il insisté tout au début de son intervention que la RDC aspire à la paix sans laquelle aucun développement n'est possible. Avant de souligner l'importance des réformes qui doivent être entreprises dans l'administration avec la Loi sur la Décentralisation, la Justice, l'Armée sans oublier les domaines de la santé et de l'éducation, ainsi que des Infrastructures. Il a insisté sur l' administration efficace du Sénat qui doit répondre aux exigences modernes.
L'INTERET DU SENAT
Auparavant, le nouveau président du Sénat s'est attardé sur la mission du Sénat qui demeure le « garant de l'unité dans la diversité et doit servir de trait d'union entre le pouvoir et la base ». Il a évoqué également la mission du Sénat qui est celle de légiférer et de contrôler l'Exécutif sans oublier son indispensable méditation dans les conflits politiques. Mais au-delà des frontières nationales, lors des rencontres inter - parlementaires, là où le gouvernement aurait difficile à s'imposer, le Sénat, grâce à la diplomatie parlementaire, devra jouer un rôle efficace. Saisissant cette opportunité, il a déclaré close la session extraordinaire du Sénat qui a conduit à l'élection de son bureau définitif.
MISSION ACCOMPLIE DU BUREAU PROVISOIRE
Mais avant toute chose, les sénateurs ont tenu à féliciter les membres du bureau provisoire du Sénat qui a accompli avec succès sa mission. Un succès que l'on doit à son président, le doyen d'âge, le sénateur André Mbweshi. Le sénateur Thomas Lokondo, dans son mot de circonstance, a tenu à exprimer la satisfaction des sénateurs pour sa doigté, sa sagesse durant les cinq mois d'exercice de son mandat.
Parlant de l'élection du bureau définitif, il a salué cet événement de début d'une nouvelle ère politique qui se veut optimiste. Et le choix porté sur la personne de Léon Kengo wa Dondo, une personnalité éprouvée, ne fait que renforcer les convictions politiques des sénateurs dans la perspective de rencontrer les préoccupations du peuple congolais.
Moment d'émotion pour le président du bureau provisoire quand il s'apprêtait à passer le « marteau » de la police des débats au président élu du Sénat. Il a saisi cette opportunité pour remercier le président de la République pour sa disponibilité, et saluer le dévouement de tout le personnel administratif du Sénat dans l'exercice de leurs fonctions. Il s'est attardé quelques instants sur les tâches préliminaires exécutées par le bureau provisoire conformément au calendrier de la session extraordinaire du Sénat ouverte le 3 février 2007. S'adressant, au bureau élu et à tous les sénateurs, il a fait un certain nombre de recommandations au regard des objectifs du Sénat. Il les a invités à observer les lois et la Constitution de la République, à œuvrer pour des contacts réguliers avec les autres institutions, les provinces pour l'éclosion de la démocratie, renforcer les capacités structurelles du Sénat et celles du personnel, et enfin mettre à la disposition des sénateurs et des agents administratifs les moyens adéquats de travail… Ceci dit, l'installation du bureau définitif du Sénat marque une nouvelle étape du processus politique de la IIIème République.
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Kengo wa Dondo pour la paix et la justice, supports de développement
| 14 May 2007 à 19:13:55
C'est la quintessence du discours prononcé par le tout nouveau président du Sénat ce lundi 14 mai, à l'occasion de l'installation officielle du bureau définitif de cette institution. Léon Kengo wa Dondo a mis l'accent sur la paix et la justice, supports, selon lui, de tout développement, rapporte radiookapi.net
« La charge que vous venez de me confier est nouvelle. Je vais m'en acquitter avec humilité. Je serai donc à l'écoute de tous et de chacun… », a déclaré Kengo wa Dondo. Pour lui, sa victoire est le triomphe de la démocratie. Elle n'est pas la victoire d'un camp contre un autre. Auquel cas elle ne doit pas susciter d'inquiétude. Elu indépendant, le nouveau président du Sénat se dit centriste. Cette position lui permet, poursuit-il, de rapprocher voire de concilier le contraire et pas de diviser. Kengo wa Dongo reconnaît la place et le rôle de l'opposition : « Conformément à l'article 8 de la constitution, la démocratie ne se conçoit pas sans l'opposition. Par conséquent, elle (Ndlr : l'opposition) doit disposer de droits liés à son existence. Sinon, elle serait tentée de s'exprimer hors du parlement avec toutes les conséquences que cela comporte » Quant à l'article 75 de la même constitution, la rumeur publique lui confère une portée politique, alors qu'il s'agit d'une disposition éminemment mécanique, a indiqué M. Kengo. « Je suis élu président du Sénat et non vice-président de la République avec droit de succession », a-t-il conclu.
Par Radiookapi.net
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