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A L'OMBRE DE LA MEDITATION SUR LE 4 JANVIER 1959 !

CHERS COMPATRIOTES,

Depuis vendredi 4 janvier Jusqu'à ce  7 janvier 2008,  je m'étais donné 4 jours de ne penser qu'aux Martyrs de l'Indépendance du Congo, du 4 janvier 1959.

Et voilà qu'après mon petit-déjeuner, en "surfant" sur le net, je reçois cette information sur le fauchage des cinq personnes dans le Bas-Congo, par un camion militaire,  dans une manifestation de la commémoration en 2008, du 4 janvier 1959.

En outre, j'ai  lu la réaction du Président KIMASI à la déclaration d'un Historien congolais, le Professeur  NDAYWEL sur  le sens qu'il  accorde aux événements du 4 janvier 1959 en y réservant à PE. LUMUMBA une contribution de choix.

En clair, d'emblée l'on peut imaginer  que l'arrestation, aux lendemains du 4 janvier 1959, de Kasa-Vubu, de Diomi, de Pinzi et des 13 autres dirigeants de l'ABAKO n'était que pure diversion de la part des autorités coloniales belges pour épargner PE LUMUMBA ?

Bout de petit garçon éveillé, j' y étais, pas avec l'âge convenu, mais en curieux intrépide !

Quand les militants ABAKISTES attendaient les leaders  Bakongo notamment Kasa-Vubu et Nzeza-N'landu à YMCA, non loin  de la Rue Inzia n°1, domicile familial de  Kasa-Vubu, Bourgmestre de la commune de Dendale et President de l'ABAKO, PE Lumumba qui venait de créer son parti MNC bien après l'ABAKO, il était venu à YMCA, profitant de cette réunion convoquée par l'ABAKO, pour vendre les cartes de son parti. Il y était,   en compagnie, au restaurant de l'YMCA, du journaliste de l'Avenir, Joseph-Désiré MOBUTU.

La révolution commença après un court  discours de Kasa-Vubu annonçant l'annulation de la réunion par les autorités de  Léopoldville.

KASA-VUBU (disparu un moment), DIOMI  et PINZI respectivement Bourgmestres de DENDALE (actuelles communes de Kasa-Vubu, Ngiri-Ngiri et Kalamu) et 13 autres dirigeants de l'ABAKO furent arrêtés.

Maître CROQUEZ (Français) et Maître JABOT (Belge) défendirent Kasa-Vubu et tous les leaders de l'ABAKO.

Les morts  du 4 janvier  1959 se compta pour la plupart parmi les Bakongo. Ce qui était  normal, car en cette décennie 1950, surtout dans sa  seconde moitié, en termes de personnes et d'ethnies du Congo-Belge, les Bakongo étaient les seuls acquis à l'idée de "l'Indépendance Immédiate et Inconditionnelle" (1956).

 Et Kinsasa comptait plus ou moins 350 000 habitants dont 70 à 80 % étaient Bakongo.

Nos compatriotes d'autres ethnies, servis par la propagande anti-Bakongo depuis l'avènement de Simon KIMBNGU devaient savoir que la plupart d'assimilés ou évolués congolais non Bakongo se moquaient des dirigeants d'ABAKO et des Bakongo de réclamer l'Indépendance du Congo. Ces évolués et assimilés étaient contre l'Indépendance.

La conscience politique des  Bakongo en ébullition depuis la présence des Portugais dans le Royaume du Kongo s'est évidemment étendue tout au long de la colonisation belge. De  la colonie belge, cette conscience politique est partie donc de la   campagne du Kongo Central (Bas-Congo) pour atteindre les centres urbains du Congo Belge, de l'AEF et de l'Angola.

Depuis l'avènement de KIMBANGU, des révoltes par-ci et par là, ont émaillé l'histoire du Congo Belge, chez les Kongo, les pende comme chez les tetela..

Et ensuite le Congo-Belge s'offrait petit à petit ses évolués, et en cette seconde moitié des années 1950, les Belges avaient réussi à inculquer dans l'esprit de certains autres Congolais évolués que KASA-VUBU, l'ABAKO et les Bakongo voulaient la renaissance du Royaume du Kongo.

Ce qui était irréaliste parce que ce Royaume était depuis  longtemps charcuté et écartelé entre les colonies portugaise (Angola), belge (Congo Belge) et française (Afrique Équatoriale Française) . Mais ça marchait.

Curieusement, ça marchait avec la même naïveté et avec la même facilité que les Ruandais ont réussi à imposer comme Congolaise une ethnie en RDC actuellement et qui  s'acharne à amputer la RDC de ses provinces des KIVUS, selon la crainte exprimée ci et là. 

Cette mauvaise publicité faite par les Belges contre les Bakongo fut un début d'un véritable malentendu qui continue, jusqu'aujourd'hui à jeter la suspicion de toutes sortes sur les Bakongo et qui empoisonne le moindre contexte de la demande de certains droits normaux de la part des Bakongo en matière de partage de responsabilités au niveau national.

Que Le Kongo Central n'ait qu'un seul Ministre, cela peut se comprendre en démocratie, puisque la Province a voté JP BEMBA. Mais priver aux ressortissants de cette province des postes d'administration des entreprises nationales par exemple, si cela ne peut s'expliquer rationnellement ou politiquement, l'on peut comprendre que les ressortissants du Bas-Congo ressentent cela comme le règne de l'iniquité de traitement les frappant expressément..

Non, dans les années 1950, le Bakongo n'ont jamais  demandé l'Indépendance uniquement pour les Bakongo; mais pour tous les Congolais dans la lignée de libération de l'Homme Noir initiée par Simon KIMBANGU.

C'est exaspérés devant cette incompréhension d'autres Congolais qui firent foi à la propagande coloniale, que l'idée de conduire le Congo-Belge vers un Congo Indépendant et Fédéral et que s'il le fallait, province par province,  quitte à se fédérer au fur et à mesure. Une idée réaliste ou irréaliste, , mais le contexte c'était ça !

Et en cela les événements du 4 janvier 1959 furent pour tous les Congolais un véritable électrochoc qui les transforma presque tous en Indépendantistes, plus  pour certains par l'idée d'accéder au pouvoir en remplaçant l'homme blanc que de chercher à savoir vraiment ce qu'il fallait en faire.

Et tous d'un coup, tout au long de l'année 1959, autorisés, les partis politiques sortaient de toute part là où l'ABAKO fonctionnait comme parti politique déjà des 1950 avec paravent culturel et à partir de  1956 avec positionnement politique clair : l'indépendance du Congo..."immédiate et Inconditionnelle".

Les partis politiques créés étaient pour la plupart d'obédience ethnique, sauf le MNC qui ne pouvait pour mieux se positionner au niveau national et  surtout dans Léopoldville (Kinsasa)  qu'en se distinguant nettement de l'ABAKO en contrant le fédéralisme prôné par ce  dernier pour l'unitarisme.

Cependant tout politologue pourrait aisément observer que ces partis qu'on a tendance à qualifier de "tribalistes" ne l'étaient vraiment que pour la   facilité d'entrer sur la scène politique nationale par la porte et l'ancrage régionaux. Les  programmes politiques  de ces partis prétendaient tous à être nationaux, quitte à les faire accepter aux autres.

L'on pourrait également observer aussi que tel parti se disant d'obédience nationale dans son discours n'être occupé dans sa direction que par les gens  d'une même région. Et cela était dû à la structuration administrative coloniale et de contrôle de déplacement interne des indigènes du Congo-Belge.

Il est regrettable que la date du 4 janvier soit NEGLIGEE aussi bien à l'époque de MOBUTU qu'aujourd'hui (ce 4 janvier 2008, l 'on a parlé beaucoup plus de la Conférence des Kivus que du 4 janvier..)

Cependant,  il n'appartient pas   à tout citoyen congolais redevable à cet événement du 4 janvier dans l'éclosion de sa conscience politique vers l'adhésion de l'idée de « l'indépendance immédiate et inconditionnelle » du Congo, de négliger cette date du 4 janvier 1959.

Il y a dans notre pays des individus qui n'auraient pour  repères historiques de notre pays que des  jours précis  où eux-mêmes ou leurs proches   auront accédé au pouvoir en RDC.

Après le 4 janvier 1959, la lutte pour l'indépendance de notre pays appartenait à tous ses fils et filles, mais ce n'est nullement faire injure à qui que ce soit de noter que bien avant cette date, ce sont les Bakongo et l'ABAKO qui étaient à la pointe du combat de lutte pour l'indépendance.

Quant aux   Bakongo, ils n'ont pas à attendre pour honorer cette date du 4 janvier 1959  ce que les  les autorités et  les savants de la RDC  auront  choisi de dire,  de raconter et de faire pour commémorer le 4 janvier 1959.

Les Bakongo ont le devoir d'honorer la mémoire des leurs tués ce jour-là  et de se souvenir de leurs aînés Kasa-Vubu, Diomi, Pinzi et les 13 autres dirigeants de l'ABAKO qui croupirent dans les geôles de la colonie pour avoir été les instigateurs d'un processus qui conduit à de l'indépendance de la RDC ,en 1960 et en passant par le 4 janvier 1959.

Et voilà que ce 4 janvier 2008, dans le Bas-Congo, 5 personnes, certainement 5 Bakongo, auraient été fauchés en voulant commémorer le 4 janvier 1959, par un camion militaire fonçant et roulant sur les personnes rassemblées.

Et pendant ce temps à Goma l'on s'affairait à trouver une solution de paix et de sécurité que les mêmes militaires auraient  du mal à apporter au pays. 

Retenons également ce fait de l'Histoire que si Kasa-Vubu; invité à la Conférence d'ACCRA au Ghana chez N'krumah (fin décembre 1958) ne fut pas du voyage avec PE LUMUMBA, DIOMI et NGALULA, c'est tout simplement parce que les autorités coloniales refusèrent le visa, non pas au Bourgmestre de DENDALE, mais au Président de l'ABAKO, jugé plus RADICAL que tous les autres invités.

Feu PE. MUMUMBA  avait   émis le souhait de voir  l'Histoire du Congo ne plus être écrite à Bruxelles, à Paris, à Washington.... ...".ou à... MONUC  (c'est nous qui ajoutons) !

Que dirait-il s'il voyait qu'en RDC, certains fils et filles  de ce pays  s'amusassent à tordre l'Histoire de l'indépendance de la RDC et souvent par élan purement alimentaire....

Et encore l'on ne saura jamais, bien qu'il fut panafricaniste, si LUMUMBA aurait souhaité que cette Histoire aujourd'hui s'écrivît  à Kigali, à Kampala... sous les armes ?

A force de tordre l'histoire nationale du pays et surtout, celle de son indépendance, le citoyen congolais de la RDC a du mal à grandir et à mûrir.

Mais attention, mentir sur l'Histoire de son pays ça peut se traduire par donner à n'importe quel intrus venu, plus malin et plus fort que soi, la tentation de prendre la direction du pays, avec conséquence ultime possible, la perte de sa souveraineté.

Les Etats et Nations non encore bien consolidés n'ont pas droit de faire du bricolage de leur Histoire, car cela n'aide pas à l'affermissement du sentiment national. 

Bonne année à tous et paix à tous nos compatriotes en général et aux Kivutiens en particulier.

Avec l'espoir que nos compatriotes du KIVU se souviennent qu'à leur Conférence, un compatriote Ne Kongo du nom de VANGU MAMBUENI, aurait pu tout aussi bien que n'importe quel autre citoyen de la RDC y prendre sa part et y apporter sa contribution pour le bien de tous les Kivutiens et de tous les Congolais vivant dans les KIVUS.

Fraternité et patriotisme

Albert KISUKIDI
Nambokiay7@aol.com

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