La flamme du désespoir
LE 05 OCTOBRE UNE FEMME D'ORIGINE AFRICAINE POUSSE UN CRI POUR "PROTESTER CONTRE LE RACISME"
Publication: dimanche 12 décembre 2004

Le 05 octobre 2004, lors d'une manifestation écologique, photographes, rédacteurs et cameramen étaient au rendez-vous pour couvrir un sujet tout banal. Subitement, une femme d'origine congolaise, attire l'attention des photographes, en les prévenant: « Je vais m'immoler pour protester contre le racisme! » Devant le cercle municipal de Luxembourg, la femme craque une allumette et met le feu à ses vêtements déjà trompés d'essence.
A l'origine la femme avait prévu de s'immoler place des Martyrs à 12h45. Puis en voyant de l'animation à la Place d'Arme, les photographes et les cameramen, la femme a exécuté sa menace plus tôt. Elle était accompagnée de son mari. Sous le regard effrayé des photographes, la femme se transforme aussitôt en torche humaine!
Son mari qui n'était pas loin d'elle, fait son possible pour éteindre les flammes avec l'aide des passants qui lui prêtent main-forte. Les personnes enlevaient leurs vêtements pour éteindre la victime. Du jamais vu dans ce pays calme et feutré.
Cette femme a transformé une souffrance morale en souffrance physique. Quel traumatisme pour ceux qui passaient par là et chez qui les cris de douleur vont resonnner longtemps encore.
«Mais pourquoi?», a crié une femme qui s'est précipitée sur la victime pour lui venir en aide. Un passant témoin de la scène n'a pas pu se retenir de vomir quand la femme s'est relevée, brûlée sur tout le corps. «Est-ce la seule façon qu'elle a trouvée pour s'exprimer?» questionne une brave dame d'un âge avancé, puis elle tape sur l'épaule d'un photographe en lui disant: «Nous n'avons jamais vu pareille détresse dans ce pays».
Après ce drame, nous avons su qu'il s'agissait d'un problème «économico-financier», selon les déclarations des représentants de la force de l'ordre. La victime a été transférée au service des brûlés de l'hôpital Bon Secours à Metz.
Genèse d'un acte désespéré Les problèmes de cette mère de famille de 44 ans ont débuté, semble-t-il, le jour où son mari et elle-même décident d'acheter un garage automobile à Oberwampach, où ils vivent. A peine acquis, le couple apprend qu'il ne peut tenir un tel commerce au Grand-Duché car le mari ne dispose pas du diplôme de maître-artisan nécessaire. Pourtant, celui-ci possède un diplôme universitaire, mais absolument inutile si l'on tient compte de la législation luxembourgeoise pour pouvoir ouvrir un commerce. Résultat, le garage reste fermé à double tour. Sans ressource, les soucis d'argent commencent à apparaître. Les dettes s'accumulent et la situation va de mal en pis. Jusqu'à ce jour fatidique où cette Belge d'origine congolaise a commis l'impensable. Déboussolée, sans recours, un peu au hasard, elle s'était rendue mardi matin (05/10) au ministère d'État afin que l'on vienne au secours de sa famille. Malheureusement, le ministère de l'État n'est absolument pas compétent pour traiter son cas et ne peut rien pour elle. À sa sortie, elle menace de s'immoler sur la place des Martyrs. Elle semble si déterminée et désespérée à la fois que le fonctionnaire décroche immédiatement son téléphone pour prévenir la police. Rapidement, les forces de l'ordre se mettent en alerte et un important dispositif est déployé place des Martyrs.
La femme qui s'est incendiée, Mme Delvaux-Mufu, avait expliqué toute sa situation dans une lettre qu'elle avait envoyée une semaine avant au journal «Le Jeudi».
Madame, Monsieur,
Comme convenu au téléphone, je vous envoie ci-joint les copies de documents pouvant démontrer la discrimination de l'administration du gouvernement de M. Juncker à l'égard de ma famille. Cette attitude conduit à la faillite trois adolescents innocents(...). Nous vivons au Luxembourg depuis sept ans: Olivier Delvaux, 45 ans, ingénieur en mécanique et électricité, son épouse Maggy Mufu mpia, 44 ans, comptable, et leurs trois enfants. Ayant quitté la banque où il travaillait à Luxembourg pour raison économique en décembre 2002, mon mari et moi décidons de nous associer pour créer une société. Nous avons l'opportunité de racheter un garage Citroën à Oberwampach où nous résidons depuis ces sept années. Renseignements pris, le diplôme de mon mari reconnu par le ministère de l'Éducation lui donnait l'accés à la profession de garagiste. Nous entamons les démarches auprès des banques pour acheter le bien et demander l'autorisation de commerce aux Classes moyennes dès mars 2003. Au mois de juin 2003, nous recevons la réponse négative des Classes moyennes disant que M. Delvaux ne serait pas capable de gérer le garage. Étonnés par cette réponse, nous introduisons un recours gracieux avec nombreux documents à l'appui pour préciser que M. Delvaux a toutes les capacités pour reprendre le garage. Silence complet aux Classes moyennes. Nous insistons car, M. H. (...) le vendeur ainsi que les banques s'impatientent. Là, commence le parcours du combattant: les Classes moyennes attendent la réponse de la Chambre des métiers qui nous renvoie au ministère de l'Éducation. En septembre 2003, nous demandons à Mme R. (...) d'introduire une requête auprès du tribunal administratif de Luxembourg. Depuis ce moment, nous sommes sur la liste noire de l'administration, obtenir le moindre renseignement devient impossible: on nous raccroche au nez, on nous dit de rentrer chez nous si nous ne sommes pas contents de vivre au Luxembourg... . En janvier 2004, le tribunal administratif annule la décision du ministère des Classes moyennes et mon mari reçoit l'autorisation d'établissement.
Ayant perdu l'agrément de Citroën, mon mari s'investit pour le récupérer: engager un technicien, lui payer des formations, etc. Il introduit une demande de subvention auprès du ministère des Classes moyennes dès qu'il reçoit l'autorisation officielle d'exercer. Pas de réponse, ni positive ni négative, alors que l'État a étendu les catégories d'investissements éligibles... La SNCI et les banques nous refusent les crédits sous des prétextes fallacieux: la Mutualité d'aide aux artisans nous refuse son cautionnement sans explications. Il introduit en février 2004 la demande pour engager un stagiaire à l'ADEM et à la Chambre des métiers car Citroën exige deux techniciens dans la garage. En juillet 2004, un stagiaire habitant Derenbach, le village voisin, se présente pour une embauche. Mon mari lui demande de se présenter le 4 août pour signer son contrat. À la date prévue, le stagiaire ne vient pas. Le sieur Delvaux téléphone à la mère du jeune homme, celle-ci lui apprend que la Chambre des métiers (CDM) estime que le garage Delvaux n'est pas capable de former un stagiaire. Rappelant la CDM pour avoir des explications, on lui rigole au nez en lui disant qu'il peut encore porter plainte ou s'en aller, etc. En juin 2004, notre avocat avait introduit une requête en dommages et intérêts, l'avocat du ministère ne se donne même pas la peine de répondre. Aujourd'hui, ma famille et moi sommes dépendants du RMG pour vivre, nous ne sommes plus capables de rembourser nos dettes, toutes nos économies sont englouties par les dépenses que l'État luxembourgeois nous a obligées à engager sans autre raison que la discrimination. Aussi, chaque fois que je vois dans les journaux que le Grand-Duché de Luxembourg est un bon élève de l'Union européenne, que M. Juncker est le premier Ministre Euro, que je vois ce pays se préparer à présider à destinée de l'UE, je deviens positivement malade. Je suis contre toute forme de violence mais chaque jour, ma famille et moi subissons cette violance morale de la part de l'administration de M. Juncker, harcèlement, injures et j'en passe. Dans quelques jours, nous allons probablement devoir déposer le bilan et toute notre dignité simplement pour avoir voulu travailler au Luxembourg(...).Doit-on en arriver à s'immoler sur la place publique ou à prendre en otages des enfants innoncents pour se faire entendre en plein cœur de l'Europe? Les miens sont en otages depuis décembre 2002 et seront bientôt des SDF.(...).Mme Delvaux-Mufu
Pour les témoins de la terrifiante et traumatisante scène, un numéro de la Protection civile, le 112. Pourtant l'opérateur a révélé au Quotidien qu'un suivi psychologique avait été mis en place pour la famille de la victime, mais personne n'a appelé.
La Grande-Dchesse a rendu visite à Mme Delvaux-Mufu dans un geste de compassion à l'égard d'une femme, de son mari et de ses trois enfants. Elle s'est rendu le 06/10 dans l'après-midi à l'hôpital où elle a recontré les membres de la famille Delvaux et l'équipe médicale en charge des soins.
Maggy Delvaux-Mufu n'a pas survécu à ses brûlures. Elle est morte le samedi 09/10 dans le service des brûlés à l'hôpital Bon Secours à Metz.
Source: CEO FIPF Pour protester contre le racisme : Une Congolaise s'est brûlée vive au Luxembourg !
 Kinshasa, 10/11/2007 / Politique Pour protester contre le racisme, Mary Delvaux Fumu, une Congolaise de 40 ans mariée à un sujet belge avec lequel elle a trois enfants s'est immolée par le feu au Grand-duché de Luxembourg. Elle s'appelle Maggy Delvaux Mufu. Agée de 40 ans et mère de 3 trois enfants, elle est mariée à un Belge. Elle a décidé de mettre fin à sa vie pour protester contre le racisme.
Les témoins et son mari sur place ont tenté d'éteindre un corps en feu quand les sapeurs pompiers sont arrivés. Gravement brûlée, elle a été conduite dans hôpital spécialisé.
La Grande Duchesse Maria Teresa a rendu visite à la victime et aux membres de sa famille.
Le Palmarès
© Congo Vision
AFRICAN WOMAN SETS HERSELF ON FIRE TO PROTEST AGAINST RACISM

The horrifying sight which traumatized shoppers and office workers in the centre of Luxembourg City last week has now been labelled as a protest against racism. The Belgian woman of Congolese origin who set herself alight in the middle of Place d'Armes told witnesses that she was doing it to protest against racism, moments before she carried out the desperate act which has left her in hospital fighting for her life.
Maggy Delvaux-Mufu, a mother of three in her forties, alerted several national newspapers late on Tuesday morning last week that she would be burning herself alive on place des Martyrs at 12.45 am, before setting out accompanied by her husband to walk through the centre of town to her macabre rendezvous. The police were alerted and officers were deployed to the Rousegärtchen.
But the woman changed her plan when she came across a group of journalists gathered to cover an event organised by the ‘Mouvement écologique' on Place d'Armes, opposite the Cercle municipal. She soaked herself in petrol before confronting the members of the press, announcing that she was about to sacrifice her life to protest against racism. Moments later, she struck a match, turning herself into a human torch in front of hundreds of people.
Delvaux-Mufu' s husband and passers-by jumped on the burning body, attempting to stifle the flames with coats and jackets. The scene made several people feel unwell and many witnesses who filled the square at lunchtime were traumatised by the woman's shrieking screams of unimaginable pain. The flames were already extinguished when police, rescue services and the fire brigade arrived at the scene. One person is reported to have vomited after seeing the woman being transported into an ambulance. The events in Place d'Armes have also started a controversy regarding the authorities' lack of psychological support for witnesses.
Delvaux-Mufu was taken to the Bon Secours hospital in Metz, where she is being treated in a specialised ward for burns and is fighting for her life. Grand Duchess Maria Teresa visited the woman and her family at the hospital last week.
RTL television was the first to run a news flash about the incident on its website on Tuesday afternoon last week. 352 reported the bulletin in its news in brief section, shortly before going to print. Events preceding the incident only came to light later on in the week.
 
© Congo Vision
Maggy Delvaux, victime d'un licenciement abusif ?
Nov 23, 2004
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En 2001, Maggy Delvaux, cette jeune femme d'origine congolaise qui s'est immolée par le feu place d'Armes à Luxembourg, travaille pour Lux interim. Des différends l'opposent à son employeur. Le 18 octobre 2001, l'Inspection du Travail et des Mines avait retenu, sur demande de Maggy Delvaux du 11 septembre 2001, que Lux interim lui devait encore 151,71 euros d'arriérés de salaire. Le 30 octobre 2001, elle tombe malade. Elle va voir un médecin, le docteur B, qui lui certifie un congé de maladie de quinze jours. Son mari, Olivier Delvaux, envoie, par courrier recommandé, les différents volets du constat d'incapacité de travail aux personnes concernées. A savoir à l'employeur Lux interim, au client de Lux interim et aux Assurances Sociales. Le 6 novembre 2001, la société Lux intérim licence Maggy Delvaux-Mufu sans préavis ni indemnités au motif que cette dernière ne se serait plus présentée au travail depuis le 30 octobre 2001 et n'aurait pas justifié cette absence. Maggy Delvaux conteste ce licenciement. Par jugement du 24 janvier 2003, le tribunal déboute Maggy Delvaux et déclare le licenciement régulier. Lux interim affirme n'avoir jamais reçu de certificat de maladie de Maggy Delvaux. Tout en considérant comme établi qu'Oliver Delvaux avait bien envoyé un certificat de maladie et que l'employeur l'avait bien reçu, le tribunal estime que l'absence du nom de Maggy Delvaux sur sa copie du volet du constat d'incapacité de travail ne confirme pas que le certificat signé par le docteur B la concernait elle, Maggy.
Cette dernière se fait confirmer par une attestation du docteur B que le certificat du 30 octobre 2001 était bien un constat d'incapacité de travail établi à son attention. Le docteur B relève ne pas avoir collé l'étiquette avec le nom et la matricule de Madame Delvaux sur le 4ème volet destiné à la mémoire du patient. Or, le tribunal ne cite nullement cette attestation de témoin du docteur B. Attestation que le couple Delvaux avait pourtant bien remise comme pièce à conviction à son avocat. Par contre, le tribunal accepte le témoignage d'une employée de bureau de Lux interim qui témoigne avoir été présente à la réception par son employeur du courrier recommandé d'Olivier Delvaux et que ce courrier ne contenait pas de certificat de maladie. Le jugement en appel confirme le jugement en première instance.
Est-il surprenant que Maggy Delvaux-Mufu ait fait le lien entre le licenciement pour faute grave du 6 novembre 2001 et sa protestation auprès de l'Inspection du Travail et des Mines ? Est-il surprenant que la confiance de Maggy Delvaux-Mufu dans l'État de droit luxembourgeois ait été négativement affectée par le fait que le témoignage en sa faveur par son médecin traitant n'avait pas été pris en considération par le tribunal ?Comme nous l'avions déjà écrit, il s'avère que le couple Delvaux n'en était pas à sa première expérience décourageante avec l'État luxembourgeois. L'enquête en cours en relèvera-t-elle d'autres ?
Investigateur
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La RDC s'engage à élaborer un plan contre les rebelles hutus rwandais
NAIROBI (AFP) - 10/11/2007 11h24
La République démocratique du Congo (RDC) s'est engagée samedi à Nairobi à élaborer pour début décembre un "plan pour éliminer la menace" constituée par les rebelles hutus rwandais basés dans l'est du pays et à lancer "d'urgence" des opérations militaires contre ces groupes.
Kinshasa "s'engage à préparer pour le 1er décembre 2007 un plan détaillé pour désarmer les ex-FAR/Interahamwe et éliminer la menace qu'elles constituent", affirme un document adopté dans la nuit de vendredi à samedi à l'issue d'une réunion entre les gouvernements congolais et rwandais destinée à adopter une "approche commune" pour ramener la stabilité dans la région des Grands Lacs.
Ce document a été signé conjointement par les ministres congolais et rwandais des Affaires étrangères, Antipas Mbusa Nyamwisi et Charles Murigande.
Des représentants des Nations Unies, de l'Union européenne et des Etats-Unis ont ajouté leurs signatures en tant que témoins.
"Il sera demandé à la Monuc (Mission de l'ONU en RDC) de fournir un soutien pour la planification et la mise en oeuvre" de ce plan "en accord avec son mandat et ses moyens", précise le texte.
En outre, la RDC s'est engagée "à lancer d'urgence des opérations militaires pour démanteler les ex-FAR/Interahamwe" qualifiés dans le document d'"organisation génocidaire-militaire".
Le terme ex-FAR/Interahamwe désigne des rebelles hutus rwandais essentiellement regroupés au sein des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), créées en 2001.
Certains des rebelles des FDLR, estimés à environ 6.000 par l'ONU, ont participé au génocide rwandais de 1994, essentiellement dirigé contre les Tutsis, et qui a fait selon l'ONU environ 800.000 morts.
"Ces opérations devraient être conduites simultanément avec les opérations de démantèlement des autres groupes armés illégaux au Nord et au Sud-Kivu", provinces de l'est de la RDC ravagées par les violences, ajoute le communiqué.
Les gouvernements rwandais et congolais appellent également le Conseil de sécurité de l'ONU à "adopter d'urgence une résolution mettant en place des sanctions contre les ex-FAR/Interahamwe et appelant tous les Etats Membres à s'opposer aux collectes de fonds, à la mobilisation et aux activités de propagande" de ces groupes.
De son côté, le Rwanda s'est engagé à prendre "les mesures nécessaires pour sécuriser sa frontière et empêcher l'entrée ou la sortie de membres de tout groupe armé, en particulier de celui du chef de milice dissident (Laurent) Nkunda, et d'empêcher que toute forme de soutien - militaire, matériel ou humain - soit fourni à aucun groupe armé en RDC".
Depuis la fin août, le Nord-Kivu est le théâtre de violents affrontements entre l'armée congolaise, qui y a massé quelque 20.000 hommes, et quelque 4.000 soldats insurgés ralliés au général déchu tutsi congolais Nkunda, considéré par plusieurs responsables congolais comme le cheval de Troie du Rwanda.
L'engagement signé à Nairobi a été conclu à l'issue de discussions engagées après une réunion ministérielle de la Conférence Internationale pour la Région des Grands Lacs qui s'est tenue jeudi et vendredi dans la capitale kenyane.
© 2007 AFP
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