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Général Likulia : « Je suis prêt à travailler avec Joseph Kabila ... »

(Afriqu'Echos Magazine 20/07/2006)

Candidat à l'élection présidentielle en République Démocratique du Congo, Général Likulia Bolongo Norbert, ancien premier ministre de Mobutu et professeur de droit, a commencé sa campagne électorale par une campagne médiatique soutenue en Europe, principalement en France et en Belgique.

A cette occasion, notre confrère Botowamungu Kalome « Bokal » l'a interviewé dans son émission "Chemins d'Afrique" qu'il anime tous les jeudis à Nantes sur la radio Jet FM* . Dans un souci de précision, Bokal nous livre ci-dessous la transcription écrite de cette interview réalisée par téléphone afin de garder tels quels les mots et les phrases du candidat Likulia.

Dans cette deuxième partie de l'entretien, Likulia se déclare notamment prêt, pour le bien du pays, à collaborer avec Joseph Kabila, si ce dernier et son parti gagnaient les élections.

Evoquons à présent la compétition politique et électorale avec un sujet polémique et non moins important sur les origines controversées de Joseph Kabila. Quel jugement portez-vous sur cette question ?

On ne peut pas demander aux Congolais de ne pas exiger que celui ou celle qui sera élu ait des origines congolaises compte tenu de ce que nous voyons à travers le monde. Vous savez ce qui s'est passé en Amérique latine où un président japonais et un autre d'origine allemande ont abandonné leurs pays dans les conditions que tout le monde connaît. Et si nous voudrions, le problème ce n'est pas tellement d'être Congolais ou pas, le problème c'est d'avoir quelqu'un qui a l'amour du pays, quelqu'un qui veille sur les intérêts du pays, qui veille au développement du pays, au bien-être de la population.

Si je comprends bien, la question sur les origines de Joseph Kabila ne va pas faire partie de votre discours de campagne électorale ?

Ce n'est pas à mon sens une priorité. S'il s'estime Congolais, il n'y a pas de problème. S'il n'est pas Congolais, c'est là où se poserait un problème ! On pourra alors lui poser la question de prouver sa nationalité, car tout Congolais a le droit de prétendre à la magistrature suprême. Les différentes enquêtes d'opinion donnent Kabila largement favori et la seule incertitude qui reste serait de savoir s'il gagnera au premier tour ou au second ? Dans ce cas de figure, seriez-vous prêt pour une alliance avec lui ?

Le problème de sondages c'est une question fort controversée partout. Il y a des hommes politiques qui manipulent les sondages. Il y a des gens qui organisent ces sondages là pour se positionner...

Vous voulez faire allusion notamment à Kin Kiey Mulumba responsable d'un journal et qui avait été ministre de l'information du dernier gouvernement de Mobutu dont vous étiez le premier ministre. Lequel Kin Kiey Mulumba était dans le RCD avant de se rapprocher ostensiblement de Kabila...

Effectivement c'est un ancien collaborateur qui a son journal et qui a écrit que Kabila réunissait 26 % des intentions de vote, ça c'est son point de vue ! On verra la réalité, on verra si les Congolais lui font confiance. Mais si jamais, il gagnait les élections, il faut reconstruire le pays et si on demande ma contribution, je verrais dans quelle mesure je pourrais apporter cette contribution pour le bien du pays. Pourquoi ne faites-vous pas partie d'un parti politique ? pourquoi ne travaillez-vous pas avec les autres anciens collaborateurs de Mobutu ? Ils ne sont pas très fréquentables ?

Compte tenu des divisions et de ce qui se passe au pays, je ne voudrais pas créer un parti qui accentuerait encore les divisions qui existent dans le pays. Il y a plusieurs partis, des composantes chez nous... tout ça le pays est très divisé entre tendances entre partis, cela ne permet pas d'unifier le pays. Mon souci est d'unifier le peuple congolais, comment assurer l'unité du pays, comment mobiliser le peuple congolais. Tant que nous n'allons pas rassembler le peuple congolais, tant que nous n'allons pas mobiliser le peuple congolais, il n'y aura rien, le pays ne marchera pas.

Sur le déroulement des élections, pensez-vous qu'elles auront lieu dans le calme ? Non je ne le pense pas dans la mesure où il y a beaucoup de contestations, beaucoup d'exclusions, beaucoup de fraudes, il y beaucoup de tricheries. Et ça, beaucoup de Congolais en sont conscients. Au Katanga, par exemple, on a découvert que 60.000 Angolais s'étaient enrôlés et c'est le consul angolais qui l'avait dénoncé. A Kinshasa 50.000, à Kisangani dans toute la province il y a de cas fraude. Vous vous rendez compte qu'aller aux élections avec de tels drames, je ne vois pas comment on peut espérer la paix. Nous risquons de verser le pays dans une crise très grave.
Le général Likulia aux côtés du Maréchal Mobutu en 1997 (photo d'archives)
Nous étions à l'époque onze candidats qui avions dénoncé le comportement de Malu Malu le président de la commission électorale parce qu'il y avait de nombreux cas de fraude. On a enregistré n'importe qui comme électeur. Nous avions dit tant que nous ne verrions pas la liste complète des électeurs, nous continuerons à contester la présidence de la commission par Malu Malu.

Evoquons à présent votre parcours. Vous êtes officier supérieur et l'opinion se moque de notre armée avec sa pléthore d'officiers qui n'ont jamais gagné une guerre, une bataille sans l'appui d'une armée amie.

Vous savez ceux qui disent cela ne connaissent pas la réalité militaire. Vous savez ici en Europe, dans les pays développés, on a été obligé de créer l'Otan. Pendant la deuxième guerre mondiale, il y a eu des alliances qui ont permis la victoire d'un camp. En Somalie, par exemple, en Corée, les Etats-unis n'ont pas réussi à gagner la guerre. Ce sont les alliances qui font qu'on puisse gagner la guerre. Notre armée est une armée efficace qui a formé beaucoup d'armées africaines, mais une armée qui vers la fin n'avait plus les moyens logistiques nécessaires parce que le pays n'avait plus d'argent. On avait, par exemple, une flotte des avions Mirage, mais il n'y avait plus moyen de les entretenir, de les maintenir. Il n'y avait plus de munitions. Alors dans ces conditions, l'échec était probable, était presque certain.

Notre armée, au point de vue organisationnel, était une armée efficace, une armée qui comportait des unités fortes, qui sont intervenues efficacement au Nigeria, au Tchad, un peu partout. Mais vers la fin compte tenu du fait qu'il n'y avait pas de suivi au niveau de la maintenance, au niveau de moyens, au niveau des équipements, ça s'est effrité. En plus la guerre, on ne l'a pas gagnée parce qu'il y a eu beaucoup de trahisons, même au plus haut niveau, beaucoup de gens ont trahi Mobutu, ils ont vendu des renseignements et même des équipements militaires à l'ennemi. En plus là, le contexte était national, beaucoup de pays ne voulaient plus de Mobutu, ils voulaient finir avec son régime, ce qui explique l'échec de notre armée.

Dernière question Général, que répondez-vous à ceux qui disent que les anciens collaborateurs de Mobutu sont entrain de s'offrir une virginité à peu de frais, sans un vrai repentir ?
Le général Likulia, sur cette photo d'archives avec Etienne Tshisekedi

Le repentir est quelque chose de normal. Moi-même le 22 avril à la Nsele et à la Fikin lors de ma déclaration politique, j'ai demandé pardon au peuple congolais, parce que dans ce monde il n'y a personne qui puisse se dire vierge et qui n'ait jamais commis de péché. Mobutu comme les anciens mobutistes ont certainement commis des erreurs, ils ne sont pas saints. Il y en a beaucoup qui demandent pardon, qui cherchent à redresser le pays. Ils ne sont pas revenus pour s'offrir une virginité, ils veulent tout simplement contribuer au développement de leur pays.

Merci d'avoir, Général. répondu à nos questions, bonne chance pour l'élection.

Merci à vous.

| Propos recueillis par Botowamungu Kalome (AEM /Jet FM)
Interview réalisée par Botowamungu Kalome (AEM /Jet FM)
jeudi 20 juillet 2006
* www.jetfm.asso.fr

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Six chaînes de télévision suspendues pour"les violations et manquements"

(CRI 20/07/2006)

La Haute autorité des médias (HAM) de la RDCongo a décidé de suspendre, pendant 72 heures, six chaînes de télévision à Kinshasa, y compris une publique, de participation à la campagne électorale en cours, selon un communiqué de la HAM parvenu mardi à Xinhua.

Ces chaînes de télévision sont montrées du doigt pour "la violation de la réglementation sur les médias" en matière d'équilibre entre les candidats aux premières élections démocratiques du pays depuis plus de 40 ans.

La RDCongo doit tenir le premier tour de la présidentielle et les législatives le 30 juillet.


Il s'agit de la Radio télévision nationale congolaise (RTNC, publique), du Canal Congo télévision (CCTV) et du Canal Kin télévision (CKTV) sous contrôle du vice-président Jean-Pierre Bemba issu de l'ancienne rébellion du Mouvement de libération du Congo (MLC), du Digital Congo proche du chef de l'Etat Joseph Kabila, ainsi que Global Télévision et Afrika Télévision privées.

"Les six chaînes dont il est question sont parmi les 38 que compte la ville de Kinshasa qui persistent dans les violations et manquements malgré une série d'observations, mises en garde et mises en demeure qui leur ont été adressées par la HAM", explique la HAM dans le communiqué.

Mais l'exécution de la décision de la HAM est au procureur général de la République.

La HAM chargée de la régulation du secteur des médias, est l'une des commissions d'appui à la Transition congolaise initiée le 30 juin 2003 et qui prendra fin après la mise en place des institutions démocratiquement élues.

La Mission d'observation électorale de l'Union européenne en RDCongo avait exprimé mardi sa préoccupation sur le déséquilibre existant dans la campagne électorale en cours, dont le monopole de certains acteurs politiques sur des médias, donc l'accès aux électeurs.

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Visiter le site de: CRI


Hommage à Mpudi Zi Nza Decca dit "Mamou", un des dieux de la musique congolaise

(Congolite 20/07/2006)

20 juillet 2006 - Si les dieux sont immortels, les dieux de la musique congolaise qui, chaque année, décèdent sans pour autant mourir, ne nous quittent, en réalité, que pour rentrer dans le panthéon des immortels, qui hantent chaque jour nos souvenirs au travers de leurs oeuvres. Après Kalle Jeef "Kabasele", Empompo Lowai, Mpongo Landu dit Mpongo Love, Franco Luambo Makiadi, Rondo, Pajos, Aime Kiwakana, Pépé Kalle pour ne citer que ceux-là, voici aujourd'hui venu le tour de Mpudi Zi Nza Decca de nous quitter. Après avoir gravé son noms en lettre d'or dans nos souvenirs comme l'ont fait ses aînés et cadets (ci-haut cité), par des oeuvres d'une grande qualité artistique tel que "Bange","Badjekate","Ndona" et autres avec l'OK Jazz du grand maître Luambo Makiadi "Franco" et plus récent, "Le jour le plus long", et "Anifa" avec son dernier groupe dont il avait créé avec Seigneur Lokombe, Diatho Lukoki, Fayila Boendi et les autres.

Qui est au fait Mpudi Zi Nza Decca dit "Mamou"?

pour vous rafraîchir la mémoire, Mpudi Decca a vu le jour un certain 01 septembre 1941 à Léopoldville au Congo Belge. Très tôt il découvre la musique. A 14 ans il est batteur dans un petit orchestre du quartier. On le retrouve a 18 ans dans l'orchestre "Rumbanella". le groupe qu'il quitte en 1963 pour intégrer le groupe "Nova Rock" aux coté du grand "Wendo Kolosoy et Honore Lyongo, comme chanteur et bassiste. Lequel groupe qu'il quitte quelques années plus tard pour se lancer dans un long périple qui mène dans plusieurs pays d'Afrique australe, Rodhesie du Nord, (l'actuelle Zambie), Rodhesie du Sud (l'actuel Zimbabwe), Malawi, Swaziland, Namibie, Botswana, Lesotho et le Mozambique. Il rentre au pays et rejoint dans la foulée le groupe "Vedette Jazz " En 1971, il est aux cotés de Bolhen dans " Négro Succès". Et en 1971, c'est le sacre, il intègre le T.P. OK Jazz du grand maître "Franco De Mi Amor" C'est au sein de ce groupe qu'il a connu le plus grand moment de sa longue et brillante carrière musicale, celui d'évoluer aux cotés de l'un des plus grands de la musique africaine. j'ai cité " Lokaga Lua Djo Pene Luambo Makiadi Franco de Mi Amor" (que son âme repose en paix). Mais c'est aussi aux cotés de ce dernier, qu'il est resté fidèle jusqu'à la mort de celui qu'il appelait "Yorgho". Celui-là même qui disait de lui qu'il était le meilleur bassiste de son époque et qui le baptisa du nom de " Kilo Ya Kinshasa". Outre ses chansons, le feu Mpudi Decca s'était fait connaître surtout par la célèbre chanson "Mamou" de Luambo dans laquelle il donne réplique à Luambo imitant la voix d'une femme. D'où son sobriquet de "Mamou". Comme vous avez put le constater à travers ces quelques lignes, il était comme tous les autres cités ci-haut, un dieu. Un dieu qui comme ses prédécesseurs décèdent sans mourir, pour aller prendre place dans le panthéon de la pléiade des immortels. Merci pour tout "Ya'Mpudi " Bon sejour au panthéon.

Maufranc Muamba Bossinga

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