RDC: l'Assemblée adopte une loi sur la décentralisation
AFP
14 jan. 08 - 12h38
KINSHASA, (AFP) - L'Assemblée nationale de la République démocratique du Congo (RDC) a adopté vendredi soir une loi sur la décentralisation définissant le "fonctionnement des entités territoriales" et leurs "rapports" à l'Etat, a constaté un journaliste de l'AFP.
Le texte a été adopté à une très large majorité par 341 voix (2 contre, 5 abstentions) par les députés présents (348 sur un total de 500 élus), dont ceux des principaux partis d'opposition.
"Avec l'adoption de ce texte, le processus de décentralisation devient non seulement effectif, mais aussi irréversible", s'est félicité Vital Kamerhe, président de l'Assemblée nationale.
Cette loi organique, qui doit désormais être examinée par le Sénat, définit l'organisation et le fonctionnement des entités territoriales et administratives décentralisées, de la chefferie à la province, en passant par les villages, communes, municipalités et territoires.
Elle fixe "les règles régissant les rapports des entités territoriales décentralisées avec l'Etat et les provinces", et détermine les ressources humaines et financières imparties aux entités.
Conformément à la Constitution congolaise, le pays est divisé en 26 provinces, dont la ville-province et capitale du pays, Kinshasa (au lieu des onze actuelles). Ce découpage devra être effectif dans les 36 mois suivant la promulgation de cette loi.
Les provinces conserveront désormais 40% des recettes qu'elles génèrent, alors que jusqu'à présent ces revenus partaient directement à l'Etat qui devait ensuite les redistribuer.
Une caisse de péréquation est prévue pour maintenir un équilibre entre les régions pauvres et les autres.
Chaque entité territoriale décentralisée "dispose d'un budget propre, distinct des budgets de l'Etat et des provinces", est autorisée "à disposer de ressources exceptionnelles", mais n'a pas le droit de "recourir à l'emprunt extérieur".
"L'autonomie de gestion ne se traduit nullement par leur indépendance", souligne le texte.
L'Etat conserve ainsi les compétences régaliennes (Affaires étrangères, armée, monnaie, budget national), tandis que les provinces sont chargées notamment de "la fonction publique provinciale et locale", de "l'élaboration des programmes miniers (...) et forestiers", et d'une partie des routes.
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Conférence de paix au Kivu (RDC): les groupes armés posent leurs conditions
AFP
14 jan. 08 - 11h16
GOMA, 13 jan 2008 (AFP) - Les groupes armés actifs au Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), ont commencé dimanche à exprimer leurs revendications, révélant de profonds désaccords mais aussi leur volonté commune de voir rapatriés les rebelles hutus rwandais dans leur
pays.
Le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), mouvement politico-militaire de l'ex-général tutsi congolais Laurent Nkunda, a affirmé se battre en réponse aux "cris de détresse" des populations des Kivu contre "la politique de discrimination, d'exclusion et de marginalisation" de certains groupes par le gouvernement congolais.
"Presque toutes les tribus se trouvent au sein du CNDP", a déclaré son chef de délégation Kambasu Ngeze, premier des représentants de groupes armés à s'exprimer en plénière de la Conférence sur la paix, ouverte le 6 janvier à Goma (capitale du Nord-Kivu).
Laurent Nkunda, dont quelque 4.000 hommes combattent l'armée régulière depuis la fin août au Nord-Kivu, se pose depuis des années en défenseur de la minorité tutsie congolaise, notamment contre les rebelles hutus rwandais basés dans l'est du pays.
Son mouvement continuera son combat "sans remord ni regret" tant que ses revendications ne sont pas entendues, a prévenu M. Ngeze.
Le CNDP demande au gouvernement qu'il "reconnaisse la menace (que constituent) les ex-FAR (forces armées rwandaises)/Interahamwe (miliciens extrémistes hutus) pour les populations du Nord et Sud-Kivu" et qu'il affiche sa détermination à rapatrier au Rwanda "les forces génocidaires".
Ces rebelles hutus rwandais, regroupés au sein des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), sont estimés à environ 6.000 par l'ONU au Kivu.
Certains de ces rebelles ont participé au génocide rwandais de 1994, qui a fait 800.000 morts selon l'ONU, essentiellement au sein de la minorité tutsie.
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Les groupes armés du Nord-Kivu, le CNDP, le PARECO-FAC et deux ailes Maï-Maï, ont éventré le boa sur les raisons de leur belligérance
Goma, 14/01/2008 / Politique La conférence de Goma sur la paix au Kivu est parvenu dimanche à l'étape des auditions des déclarations générales des groupes armés dont le premier à prendre la parole après les communautés locales était le délégué du CNDP de Laurent Nkunda attentivement suivi par les participants. Le moment très attendu aux travaux de la conférence qui se tient depuis le 6 janvier à Goma sur la paix, la sécurité et le développement des provinces du Nord et du Sud-Kivu, à savoir la phase des auditions des déclarations générales des représentés des groupes armés, est arrivé dimanche. Tous les participants répartis dans trois salles de plénière reliées avec des écrans de télévision étaient tout yeux et tout oreilles pour suivre avec une attention et un intérêt soutenus les communications de ceux qui mènent la guerre déplorée au Kivu.
Le président du bureau de la conférence, M. l'Abbé Apollinaire Malu Malu venait aussitôt de céder au président du Comité des sages Vital Kamerhe la modération sur les déclarations des délégués des groupes armés du Nord-Kivu prévus d'intervenir cette journée de dimanche que le président de l'Assemblée nationale prendra la parole pour introduire les orateurs attendus dans les termes ci-après.
« Mesdames et messieurs les conférenciers, chers frères et sœurs, distingués invités représentants de la communauté internationale à ces assises, je voudrais rapidement vous rappeler que nous sommes venus ici, comme l'a dit M. l'Abbé président, pour trouver les voies et moyens nous permettant de mettre un terme à la situation de guerre et à l'insécurité. Au début nous étions un peu hésitants quant à l'aboutissement heureux de nos travaux. Après avoir suivi les déclarations des communautés locales, nous allons maintenant écouter ceux-là qui ont choisi le chemin des armes pour faire la paix, ne serait-ce que pour nous dire, chacun en ce qui le concerne, les motivations ou les mobiles qui les ont poussés sur cette voie. Nous pensons que la vérité, l'humilité et la sincérité avec lesquelles les différentes communautés se sont exprimées jusqu'ici, c'est déjà une demi-réussite de notre conférence ».
Le délégué du NDP, un rebelle pour Christ ?
M. Kamerhe invitera alors le chef de la délégation et porte-parole du groupe CNDP pour présenter son message ou sa déclaration. C'est dans la curiosité générale que les participants observeront la montée à la tribune le délégué de Nkunda à qui était revenu l'honneur d'inaugurer la série des interventions des protagonistes armés. Les membres du bureau de la conférence parmi lesquels siégeait le modérateur et président du Comité des sages Vital Kamerhe , les officiels positionnés devant eux avec à leurs côtés les représentants de la communauté internationale et des institutions humanitaires, et le reste des participants prêtèrent une oreille particulièrement attentive au discours du premier des délégués des groupes armés ayant pris la parole à la plénière de la conférence.
L'homme que Nkunda a dépêché aux assises de Goma tiendra le crachoir sous ce suivi attentif de l'assistance dans toutes les salles où sont répartis les conférenciers, et même aux fenêtres où se sont agglutinés ceux qui n'avaient pas trouvé de siège dans ces auditoires. L'orateur qui avait ainsi réussi à cristalliser l'attention se présentera d'abord. Il s'agit de M. Kambasu Ngeve, le chef même de la délégation du groupe armé concerné. L'homme est courtaud avec un faciès de véritable congolais au teint bruni par les cosmétiques de soin de peau. Sa veste affiche un insigne dans lequel on peut lire « Rebels for Christ. Protecteur des orphelins et des opprimés », ainsi que des caractères d'écriture judaïque.
Après les protocolaires salutations de l'assistance, Kambasu entamera sa déclaration par la présentation de son mouvement. Il clamera d'entrée de jeu dans cette introduction que : « Le Congrès National pour la Défense du Peuple, CNDP en sigle, est heureux d'avoir été invité aux présentes assises et de se retrouver parmi vous. Il est venu prendre part, et toute sa part, au déroulement des travaux de cette Conférence dont l'ambition est d'apporter la paix et la sécurité dans notre région, le Kivu, et d'y créer les conditions propices au développement intégral et intégré.
La délégation que je conduis est animée, à l'égard de chacune et de chacun d'entre les participants sans exception, de sentiments de respect et de fraternité, et partage avec tous l'espoir d'une paix durable dans notre pays, ici et maintenant. C'est le moment de saluer chaleureusement nos compatriotes venus d'autres provinces du pays pour marquer leur solidarité avec leurs frères et sœurs du Kivu. Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue. Nous savons que vous êtes de ceux que l'extrémisme a abusés pendant longtemps sur les réalités kivutiennes et nus espérons que votre présence à ces assises vous permettra d'aborder ces réalités sans passion, dans le seul et unique souci de nous aider à surmonter nos querelles intestines.
Le Congrès National pour la Défense du Peuple est un Mouvement politico-militaire congolais, authentiquement national et même nationaliste, au sens noble du terme, c'est-à-dire patriote sans être xénophobe, soucieux de la souveraineté nationale et de l'intégrité du territoire, sans avoir l'obsession de l'encerclement et fier de vouloir pour son pays et pour son peuple un destin de grandeur et de dignité, sans arrogance ni mépris envers qui que ce soit.
Des torts avoués par Kambasu !
Nous sommes donc loin d'être ce qu'une propagande malveillante, calomnieuse et extrémiste répand contre nous dans l'opinion, à savoir une organisation mono-ethnique qui agirait sous influence au détriment de l'intérêt national. Comme vous nous avez vus alignés devant vous, nous provenons de plusieurs communautés ethniques et de plusieurs provinces de notre pays. Alignés devant vous, nous sommes par ordre alphabétique : Hunde, Hutu, Kongo, Lega, Luba, Nande, Ngbandi, Nyanga, Shi, Tetela, Tutsi, etc. ».
Ces affirmations ne manquèrent pas de susciter de plus belle la curiosité de l'assistance qui n'imaginait pas que le groupe armé CNDP pouvait comprendre dans ses rangs des membres venus de tous les horizons du pays. Les assertions restent à vérifier, mais chacun était intéressé à apprendre plus que cela, notamment les raisons et les prétentions de ce mouvement. La plaidoirie développée à ce sujet par M. Kambasu n'a pas manqué de retenir l'attention. Notamment quand cet émissaire de Nkunda avance que : « Le seul et unique tort du CNDP, c'est d'agir afin que l'on entende les cris de détresse et la souffrance d'une partie de notre peuple qu'une politique irrationnelle et discriminatoire laisse au bord de la route sans aucun espoir à l'horizon. Mais cette détresse et cette souffrance, nous en sommes les premiers convaincus, ne sont pas le lot d'une seule communauté ni d'une seule ethnie congolaise. Au niveau de la communication, il nous est simplement arrivé souvent de mettre en exergue le sort insupportable réservée à l'une d'entre elles, pour la bonne et simple raison qu'elle nous paraissait emblématique de la faillite de l'Etat en matière de réconciliation et de cohésion nationales.
Nous avons entendu dans ce forum deux éminentes personnalités politiques rappeler que lorsqu'une partie du corps est malade, le reste des organes ne son nullement à l'abri. Concernant la santé de notre nation, nous partageons entièrement cette conception des choses. C'est pourquoi nous ne cessons de mettre l'Etat et l'opinion en garde contre la menace mortelle qu'une milice criminelle étrangère fait peser en permanence, depuis plus de 15 ans, sur l'ensemble des communautés congolaises vivant à l'Est de la République et particulièrement sur une composante de la communauté nationale dont l'existence est incompatible avec l'idéologie génocidaire distillée au sein de son organisation ».
« Notre tort, poursuivra-t- il, serait donc d'avoir décidé, selon lui, devant la complaisance ou l'impuissance des pouvoirs publics d'enrayer cette menace, en entreprenant de débarrasser notre pays, quoiqu'il arrive ou quoiqu'il en coûte, de ce fléau qui gangrène mortellement notre nation et qui porte un nom, à savoir : ex-FAR/Interahamwe, déguisés en FDLR, ADF/NALU, FNL/palipéhutu, etc. Ce serait aussi de prôner la réconciliation nationale dans un pays déchiré par des haines injustifiées et des divisions insensées ». Il énuméra une série d'autres torts à son corps défendant non sans distiller une critique des animateurs des institutions accusés de ne pas prendre les dispositions qui s'imposent concernant le rapatriement des réfugiés rwandais Interahamwe et ex-FAR.
« Eh bien, Mesdames et Messieurs, soutiendra le porte-parole du CNDP, ces torts-là, nous les assumerons jusqu'au bout, sans remord et sans regret. Et nous ne comptons pas en rester là. Bien entendu nous aurions préféré agir sous l'autorité de notre gouvernement. Nous reconnaissons, en effet, la légitimité des institutions issues des récentes élections générales que, par ailleurs, nous avons sécurisées dans la partie du territoire national sous le contrôle de notre mouvement. Mais nous disons aussi haut et fort que la légitimité n'est pas acquise pour l'éternité. Elle n'est pas un chèque à blanc que l'on remplit discrétionnairement et à volonté. Elle se mérite tous les jours par la capacité de ses détenteurs à répondre aux aspirations tout aussi légitimes de leurs concitoyens ».
« Faute d'y parvenir, les gouvernants prennent le risque d'être remis en cause d'une manière ou d'une autre, à un moment ou à un autre. Ainsi courant 2004, nous avons été au regret de devoir constater qu'en dépit des avertissements répétés, le gouvernement de transition ne prenait aucune initiative pour régler quant au fond les questions restées sans réponse depuis les Accords de Sun City.
Le chef de la délégation du CNDP fustigera évidemment ce qu'il a considéré comme une collusion du pouvoir avec les réfugiés Interahamwe et ex-FAR pour la simple raison qu'ils n'ont pas été entièrement rapatriés dans leur pays le Rwanda, et cela selon le CNDP, par faute du gouvernement de Kinshasa. Après avoir présenté ces acrimonies de son groupe armé vis-à-vis du pouvoir central, il en viendra à indiquer ses aspirations pour un nouvel ordre bénéfique à tout le monde. « Nous voudrions tant croire, déclarera-t-l, que la tenue de cette conférence soit le prélude à ce nouvel ordre. Nous avons donc décidé d'accorder au Gouvernement le bénéfice du doute ».
« Il est vrai, fera remarquer M. Kambasu, que les propos entendus du Président de l'Assemblée nationale, par exemple, ou du ministre des Affaires étrangères, ou encore de l'ambassadeur itinérant du Chef de l'Etat, vont dans le bon sens et, à défaut de susciter notre adhésion définitive, ils sont susceptibles de créer un climat propice à l'écoute et à l'échange. Malheureusement, nous ne pouvons en dire autant concernant d'autres discours de certains officiels qui nous ont donné l'impression de fermer toutes les issues et de faire de cette conférence une pièce de théâtre dont toutes les scènes ont été écrites et la fin connue par avance.
Cependant le CNDP se déclare solennellement prêt à apporter une contribution significative, ici et maintenant, dans la recherche de solutions pour une paix durable dans notre pays en général et au Kivu en particulier. Il se réjouit de constater que la majorité des participants entend également s'inscrire dans la dynamique de la paix, même si les voies et moyens pour y parvenir diffèrent d'u n groupe à l'autre et que des positions extrémistes demeurent et sont encore entendues dans ce forum. Aussi, nul n'est besoin de rappeler que l'originalité de l'idée de la tenue d'un tel forum revient à la Synergie nationale pour la Paix et la Concorde, allusion faite à sa publication de décembre 2004 intitulée « Nécessité d'un dialogue au Kivu ».
Le CNDP regrette qu'il ait été affirmé à cette tribune que les présentes assises n'auraient pas le mandat d'apporter des solutions durables aux questions qui se posent au pays, mais qu'elles se contenteraient de faire des propositions aux institutions de la République qui jugeraient de la nécessité ou non de leur mise en œuvre.
Quant à nous, nous réaffirmons la nécessité de dialoguer, sans figer les positions des uns et des autres et sans exclure des engagements novateurs qui lieraient les pouvoirs publics, parce qu'ils s'inscriraient dans la consolidation des valeurs fondamentales propres à toute démocratie digne de ce nom.
Le CNDP, en effet, appelle de tous ses vœux l'éclosion dans notre pays d'une culture des droits. Non pas uniquement tels qu'alignés mécaniquement dans la Constitution, mais tels que chaque congolaise et chaque congolais devraient les ressentir dans leur vie quotidienne, délivrés des peurs, des discriminations, des tracasseries, des exactions, des menaces de mort, des entraves à la libre circulation, à la libre expression, à la libre entreprise et au libre établissement, etc. Nous appelons de tous nos vœux l'avènement d'une société congolaise au sein de laquelle les valeurs essentielles telles que la solidarité, la justice, l'égalité, la fraternité, la liberté, la tolérance, le respect mutuel et la cohésion nationale ne sont pas des slogans comme aujourd'hui, mais d'authentiques réalités.
Revendications formulées par le CNDP
Le CNDP demande au Président de la République, garant constitutionnel de l'unité et de la cohésion nationale ainsi qu'au Gouvernement de s'investir totalement dans la promotion au sein du peuple congolais, de la culture de réconciliation nationale et interethnique, de paix, de tolérance et d'acceptation mutuelle. Il demande le rétablissement de la Commission « Vérité et Réconciliation », de le doter d'un leadership à la hauteur de sa tâche ainsi que des ressources humaines, matérielles et financières conséquentes.
Le CNDP demande expressément et fermement que les autorités de notre pays, mais aussi notre peuple dans son ensemble et dans toute sa diversité, prennent l'exacte mesure de la menace FDLR /ex-FAR/Interahamwe , ADF/NALU, LRA, FNL/palipehutu et ne capitulent pas devant elles. Les autorités de notre pays doivent faire montre d'une détermination sans faille pour débarrasser le Kivu en particulier et notre pays en général de ces forces génocidaires. Au stade actuel, elles doivent spécialement veiller à ce que le plan convenu à leur sujet à Nairobi ne soit pas une occasion pour leur permettre de reprendre des forces, de se réorganiser et de se renforcer.
. Le CNDP demande instamment au Gouvernement que, plus que jamais, il soit aujourd'hui permis à tous les congolais exilés et/ou expatriés contre leur volonté de rentrer au pays, surtout s'ils n'ont pas eu la chance de participer au processus électoral, mais tout au moins, qu'il leur soit donnée celle de participer à l'ouvre de la reconstruction nationale. Ici, nous pensons tout spécialement à la nécessité de permettre le rapatriement et la réinsertion de nos compatriotes réfugiés dans les pays voisins, mais aussi au retour sans condition et dans la sécurité de notre compatriote Jean-Pierre Bemba Gombo, ancien vice-président de la République et leader naturel de l'opposition parlementaire.
. Le CNDP demande au Gouvernement de favoriser le retour des déplacés internes dans leurs foyers, de leur apporter une assistance en vivre et non-vivres nécessaires à la soudure entre les saisons culturales.
. Le CNDP demande la formation d'une armée nationale et républicaine capable de rassurer et de protéger tous les congolais, sans discrimination aucune. Une telle armée, pensons-nous, ne peut sortir que d'un processus de brassage complètement revisité, parce que la formule actuelle a plus que montré ses limites, elle a malheureusement échoué.
. Le CNDP exige la restauration de la dignité du Congo et des Congolais. En effet, nous condamnons sans réserve les pratiques actuellement en vigueur consistant à soustraire des concitoyens, contre leur gré au juge que les lois nationales leur assignent, en les extradant vers des juridictions supranationales. En agissant de la sorte, on prive notre Etat de ses fonctions régaliennes d'administration et de distribution de la justice. De tells pratiques sont incompatibles avec la notion e souveraineté nationale.
. Le CNDP apprend par des médias que des mandats d'arrêt auraient été émis contre certains parmi ses chefs militaires. Elle les déclare sans fondements et demande leur retrait pur et simple. Il exige, en outre, la libération sans conditions de tous les prisonniers politiques et de toutes les personnalités arrêtées et détenues illégalement dans des conditions inhumaines et soumises à des traitements cruels et dégradants au simple motif de collaboration et/ou de sympathie envers le CNDP.
. Le CNDP demande au gouvernement de mettre fin à ses pratiques qui consistent à créer des milices supplétives à son armée et qui sont l'expression illégale de sa volonté. C'est dans ce cadre qu'il faut situer l'activité de la nébuleuse Maï-Maï , du PARECO, et des autres.
En conclusion de la déclaration, M. Kambasu indiquera que son groupe armé le CNDP « demande solennellement aux présentes assises de prendre toutes leurs responsabilité s, en recommandant au Gouvernement des négociations directes entre belligérants par le biais d'une médiation neutre et selon des modalités acceptables par tous, afin que les requêtes exprimées ci-dessus trouvent des réponses adéquates dans les plus brefs délais, et que, dans la foulée, la paix et la sécurité reviennent vite dans nos deux provinces. Que vive la Patrie ! »
A la fin de cette déclaration, le modérateur et président du Comité des sages reprendra la parole pour résumer l'intervention. « Merci beaucoup, dira M. Kamerhe à l'intention de l'orateur Kambasu, porte-parole du CNDP qui vient de nous livrer le contenu du message du CNDP à ces assises. Nous avons tous ensemble relevé le message qui a commencé par affirmer la présence du CNDP au processus par les travaux des présentes assises, mais aussi les raisons qui ont poussé le CNDP à prendre le chemin des armes. Nous avons enfin tous ensemble suivi les revendications que le CNDP demande à la fois au président de la République, au gouvernement et à la Conférence.
Le deuxième intervenant des groupes armés sera le délégué du mouvement appelé par ses partisans de PARECO-FAC, M. Sikuli qui livrera un message particulièrement virulent contre et la partie gouvernementale et, surtout, le CNDP de Nkunda, en invoquant, d'une part ce qu'il qualifiera « d'indifférence du gouvernement congolais face aux exactions subies par la population civile de la part des hommes de Nkunda soutenus par les forces rwandaises. C'est, soutiendra M. Sikuli, face à cette indifférence qualifiée de notoire interprétée comme une complicité que le sentiment d'auto-défense et d'auto prise en charge a gagné toute la population.
« Il fallait survivre contre les tueries nous imposées par cette sale opération de mixage à travers laquelle les troupes du CNDP de Laurent Nkunda venaient d'obtenir de la part du gouvernement congolais une carte blanche au risque de tuer tout Congolais qui n'accepte pas le plan de la partition du pays qui va de la création de la République unie du Kivu sous l'appellation de République du Volcan. Entre la vie et la mort certaine que nous réservaient les troupes mixées de Nkunda, nous avons choisi la vie. Il fallait vivre, il fallait résister. C'est ce que la PARECO-FAC a fait et continue de faire avec détermination.
Le PARECO-FAC, poursuivra M. Sikuli, est constituée de :
1° : la majorité des populations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu victimes des tueries et des viols perpétrés par les hommes de Nkunda ;
2° : officiers et hommes de troupes ex-FARDC avertis originaires des provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu ayant rejoint notre mouvement dans le but de libérer leurs parents et leurs familles contre les brigades mixées ;
3° : éléments ayant fait défection dans les rangs de Nkunda après avoir compris que le mixage était une opération dangereuse pour la survie des peuples du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
La PARECO-FAC ne combat personne. Elle n'est pas opposée non plus à la paix et à la sécurité au Congo. Elle ne combat que pour libérer le peuple congolais contre la partition de son pays. Nous sommes tous favorables à la cohabitation pacifique des communautés de nos provinces. Cependant, notre peuple s'oppose au comportement belliqueux des membres de la communauté tutsi qui, instrumentés par le Rwanda, fait de notre territoire un champ de bataille des Rwandais qui n'arrivent pas à régler leurs problèmes chez eux. Nous disons haut et fort que nous n'accepterons jamais une telle situation. Nul n'ignore que les Congolais en général, et les Kivutiens en particulier, n'ont pas de problème entre eux. Les guerres récurrentes qui ravagent nos provinces sont l'œuvre du régime rwandais et de leurs complices congolais qui, pour des positionnements, recourent à des arguments non fondées pour semer morts et désolations en République démocratique du Congo ».
Frères et sœurs congolais, la PARECO-FAC a pris position dans les zones de combat, à savoir : les territoires de Masisi, Walikale, Rutshuru et Lubero en province du Nord-Kivu et à Kalehe dans le Sud-Kivu, aires opérationnelles des troupes du CNDP de Laurent Nkunda composées à majorité par des soldats recrutés dans les rangs de l'armée rwandaise, cfr rapports de la Monuc. Nous prenons à témoin la communauté internationale ici représentée par la Monuc, organisation à qui nous remettions les militaires rwandais capturés sur le champ de bataille, cfr décharge du Major Kunda de la Monuc, secteur Nyabiondo en notre possession. Néanmoins la Monuc et le gouvernement congolais ne veulent pas dénoncer qu'il s'agit d'une agression du gouvernement rwandais.
Les communautés Nyanga, Hunde, Hutu, Tembo et Nande n'ont jamais renié leurs frères tutsi qui se disent congolais. Pourquoi alors ceux qui se prétendent congolais peuvent-ils faire recours aux troupes rwandaises pour venir tuer le peuple congolais sur le sol congolais ? Nous vous demandons de cesser de servir les intérêts du Rwanda au Congo ! Revenez à la raison. Nous devons profiter de cette conférence pour faire la paix face à notre développement. Nous vous disons en toute sincérité et du fond de nous-mêmes que nous voulons que la paix revienne dans notre région.
Quant au troisième et groupe s'identifiant en Maï Maï opérant toujours dans le Nord-Kivu et dont les orateurs respectifs seront MM. Didier et Félicien, c'est à de virulentes attaques qu'ils se livreront une fois de plus contre aussi bien le CNDP accusé surtout pour sa collusion avec le Rwanda que le gouvernement non désavoué mais reproché de manque de stratégie efficace pour endiguer les assauts des hordes soutenues par les forces étrangères. Le premier groupe Maï Maï expliquera la révolte de ses membres se proclamant patriotes et nationalistes ayant hérité la défense de la population dont ils se sont chargés d'assurer la protection devant l'ennemi. Il sera évoqué à cet effet ce que ces Maï Maï ont qualifié d'erreurs dans le processus de libération nationale menée par le Libérateur feu M'zee Laurent-Désuré Kabila abusé par les alliés rwandais. L'ancien mouvement rebelle RCD était continuellement fustigé dans ce contexte avec des vérités crues révélés sur les perfidies dénoncées de ses leaders nommément cités, les Ruberwa et Bizima Karaha en l'occurrence.
Qu'à cela ne tienne, les Maï Maï des deux tendances proclamaient leur détermination à en finir avec la guerre en s'impliquant dans le conférence sur la paix dans laquelle ils espèrent trouver des dispositions propice à ce retour de la paix. Le modérateur et président du Comité des sages devant conclure sur cette première prestation des groupes armés aux travaux de Goma exprimera une satisfaction non voilée pour l'affirmation par ces groupes armés de leur disposition à œuvrer avec tous les frères réunis au forum pour qu'ensemble l'on parvienne aux solutions de la paix appelée de tous les vœux des Congolais dans leur ensemble. L'espoir de l'heureux aboutissement de la conférence s'esquissait dès lors au regard des contenus, sans doute sans complaisance des groupes armés, des messages que ces derniers ont apportés à la conférence. Les déclarations des autres groupes armés du Sud-Kivu sont attendues ce lundi.
Depuis Goma, Daniel Nzuzi/MMC
Last edited: 14/01/2008 18:11:55
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