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Nord-Kivu: les déplacés dans une situation "intolérable" (Holmes)

AFP

08 sep. 07 - 11h19

MUGUNGA (RDCongo), 7 sept 2007   - Le coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, John Holmes, a déploré vendredi la situation "intolérable" de milliers de déplacés ayant fui les récents combats au Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Nous devons travailler avec le gouvernement de RDC, les Nations unies et les pays voisins pour trouver une solution pacifique à cette crise et mettre fin aux conditions intolérables dans lesquelles vous êtes ici", a déclaré M. Holmes aux déplacés d'un camp de Mugunga, à 15 km au nord-ouest de la capitale provinciale Goma.

"Je ne vous promets pas de miracles (...), mais nous allons faire de notre mieux", a-t-il ajouté.

Plus de 5000 personnes vivent entassées dans des huttes de paille et de feuilles de bananier dans ce camp de Mugunga, certaines depuis des mois, d'autres depuis quelques jours.

A quelques kilomètres, un autre camp de fortune est sorti de terre en quatre jours, à mesure que les déplacés affluaient de la zone de Sake (à environ 15 km au nord-ouest) où des violents combats ont opposé l'armée congolaise et des soldats insurgés ralliés au général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda.

"Nous avons fui la guerre, les violences sexuelles, nous avons abandonné nos champs pour nous retrouver ici et vivre sans rien. Nous avons besoin de vivres, mais notre première préoccupation, c'est la sécurité", explique un déplacé d'une trentaine d'années, mandaté par la foule rassemblée autour de John Holmes.

"J'ai bien reçu votre message et je vous assure que c'est également notre préoccupation. Nous allons continuer à vous aider, avec des vivres, des bâches, etc. et quand le moment arrivera, nous vous aiderons à rentrer chez vous", répond alors le coordonnateur.

Interrogé par la presse sur la lenteur du déploiement de l'aide humanitaire au Nord-Kivu, il a expliqué que la situation était difficile, avec l'afflux de "dizaines de milliers de déplacés" dans une zone encore très instable où les flambées de violences ne permettent pas toujours immédiatement l'accès des humanitaires au terrain.

Il s'est par ailleurs félicité de la bonne collaboration des agences humanitaires sur place et du début, vendredi, du recensement des déplacés de Mugunga.

Depuis la fin 2006, plus de 224.OOO déplacés ont été recensés par les agences de l'ONU au Nord-Kivu, région qui compte plus de la moitié du million de déplacés congolais.
Depuis janvier, plus de 350.000 personnes ont reçu une assistance humanitaire dans cette province, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) en RDC.

© Congo Vision


RDCongo: accalmie précaire au Nord-Kivu sous forte pression de l'ONU

GOMA (AFP) - 07/09/2007 18h37


Un soldat partisan de l'ex-général Laurent Nkunda, le 4 mars 2007 à Kirolirwe

Les combats ont cessé vendredi après-midi au Nord-Kivu, province de l'est de la République démocratique du Congo (RDC) où la Mission de l'ONU (Monuc) a multiplié les pressions sur les insurgés et l'armée, plaidant pour une solution pacifique au conflit.

Des combats avaient repris tôt vendredi dans le territoire de Rutshuru, dans des collines situées à environ 30 km au nord de Goma, la capitale provinciale.

"Nous avons été attaqués à 07H15 (05H15 GMT) par les hommes fidèles à (l'ex-général tutsi congolais Laurent) Nkunda" dans les collines de Kokwe et Ruvuru", avait déclaré à l'AFP un officier de la 9e brigade des Forces armées de RDC (FARDC), joint à Rumangabo (à 10 km du front).

Vendredi soir, cet officier a affirmé que ses hommes avaient repris leurs positions, avant une trêve facilitée par la Monuc.

De premiers accrochages avaient opposé mardi loyalistes et insurgés dans ces collines, avant une accalmie. Les hommes de Nkunda dans ce secteur sont commandés par le colonel Sultani Makenga, dont les troupes sont concentrées dans les villes frontalières de Runyoni (voisine du Rwanda) et Bunagana (voisine de l'Ouganda).

Dans le territoire voisin de Masisi (ouest de Goma), le cessez-le-feu imposé jeudi par l'ONU à Sake, à 30 km au nord-ouest de Goma, était respecté vendredi matin et la ville était toujours sous le contrôle des Casques bleus, a déclaré à l'AFP le commandant Gabriel de Brosses, porte-parole militaire de la Monuc.

Les troupes de Nkunda, qui ont tenté jeudi de s'emparer de Sake, étaient toujours sur les collines environnantes.

Sake était déjà tombée fin novembre 2006 aux mains de troupes ralliées au dissident Nkunda. Elles en avaient été chassées par des Casques bleus, appuyés par des hélicoptères de combat.

La Monuc, qui a déployé 4.300 de ses 17.600 Casques bleus au Nord-Kivu, a prévenu jeudi qu'elle "ne tolèrerait aucune nouvelle tentative de prise de Sake" et a multiplié les survols de cette zone en hélicoptère.

Jeudi soir, Patient Mwendanga, proche conseiller de Nkunda, avait assuré à l'AFP que le général dissident souhaitait "le dialogue".

Mais en dépit du cessez-le-feu imposé à Sake, aucune discussion n'a été entamée au niveau politique entre les autorités congolaises et Nkunda, visé depuis fin 2005 par un mandat d'arrêt pour des "crimes de guerre" commis par ses hommes lors de la brève prise de la ville de Bukavu (Sud-Kivu) en juin 2004.

Depuis Arusha (Tanzanie), le ministre congolais des Affaires étrangères, Antipas Mbusa Nyamwisi a déclaré vendredi que son gouvernement était "confronté à une réelle situation de guerre" au Nord-Kivu.

Ce conflit est, a-t-il ajouté, le fait "de l'activisme d'une milice réfractaire au processus de formation d'une armée unitaire en RDC qui ne devrait pas bénéficier du soutien de quelque membre de la +tripartite plus+", organisation regroupant, outre la RDC et l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi.

A Goma, des députés et membres de la société civile ont dénoncé, sous couvert d'anonymat, un "appui direct" du Rwanda aux insurgés de Nkunda.

Les combats des derniers jours dans la région de Sake ont pratiquement vidé la ville (environ 30.000 habitants) de sa population, qui a afflué vers Goma.

Vendredi, le coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, John Holmes, a déploré la situation "intolérable" de milliers de déplacés, lors d'une visite de camps de fortune à Mugunga, à environ 15 km de Goma.

"Nous devons travailler avec le gouvernement de RDC, les Nations unies et les pays voisins pour trouver une solution pacifique à cette crise et mettre fin aux conditions intolérables dans lesquelles vous êtes ici", a déclaré M. Holmes aux déplacés.

Depuis les combats de la fin 2006 dans cette région, plus de 224.OOO déplacés ont été recensés par les agences de l'ONU au Nord-Kivu, région qui compte plus de la moitié du million de déplacés congolais.

© 2007 AFP

© Congo Vision


Le chef d'état-major général des FARDC se rend à Sake

Nord-Kivu | 08 Septembre 2007

Le général Kayembe Mbandankulu est arrivé ce samedi à Goma, chef-lieu de la province du Nord Kivu. Il s'est ensuite rendu à Sake, théâtre des affrontements entre les forces loyalistes et les éléments fidèles à Laurent Nkunda. Object de sa mission : se rendre compte de la situation sur le sur terrain, rapporte radiookapi.net Le général Kayembe est accompagné dans sa mission par le général major Bikram Singh, commandant ad. intérim des forces de la Monuc. C'est vers 11 heures locales que l'avion qui les amenait a atterri à l'aéroport international de Goma. Le général Kayembe et sa suite ont été accueillis par le commandant des forces terrestres des FARDC, le général Gabriel Amisi et le Commandant de la 8e région militaire, le général Mayala Nkiama.

Le chef d'état-major général des FARDC a déclaré qu'il était envoyé par le chef de l'Etat pour évaluer la situation militaire et humanitaire dans la région. Il s'est rendu avec sa suite à Sake, à 27 kilomètres au nord-ouest de Goma, lieu, il y a deux jours, des affrontements entre les FARDC et les éléments fidèles à Laurent Nkunda.

C'est depuis le début de cette semaine que la situation est tendue dans la localité de Sake. La majorité de la population a déjà fui cette localité, rappelle radiookapi.net


Un soldat de Kunda à Kitchanga

Okapi

© Congo Vision


RDC-RWANDA: Des relations de bon voisinage qui tardent encore à s'établir

KINSHASA, 6 septembre (IRIN) - La rencontre récente entre hauts responsables rwandais et congolais a permis de parvenir à une certaine entente sur les stratégies à adopter pour réduire les tensions entre les deux pays, mais aucune solution n'a été trouvée pour traiter de manière radicale le problème de la rébellion dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), selon un analyste.

« Les deux gouvernements ont plus ou moins répété ce qu'ils avaient déclaré lors de précédentes rencontres, mais leurs déclarations ne permettent pas vraiment de comprendre ce que chacun attend de la part de l'autre, en vue d'un rétablissement d'une paix durable », a expliqué Philippe Biyoya, professeur de science politique et de droit à l'université protestante de Kinshasa, capitale de la RDC.

Selon le professeur Biyoya, le Rwanda doit expliquer clairement au gouvernement de la RDC qu'il souhaite obtenir son soutien et ne veut pas faire de propositions aux miliciens Interahamwe ni aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Quant à la RDC, elle doit avoir une position cohérente vis-à-vis du commandant tutsi prétendument soutenu par le Rwanda. Le général Laurent Nkunda a repris ses attaques contre l'armée congolaise, obligeant des milliers de personnes à fuir son bastion de l'est de la RDC. M. Nkunda prétend protéger les Tutsis de la région du Kivu des extrémistes hutus du FDLR.

Charles Murigande, le ministre rwandais des Affaires étrangères, a rencontré Mbusa Nyamwisi, son homologue congolais, à Kinshasa le 3 septembre au cours d'une visite de trois jours. Les deux ministres ont abordé la consolidation des relations entre leurs pays respectifs, la présence en RDC des ex-FAR (Forces armées du Rwanda, impliquées dans le génocide de 1994), et le problème du général M. Nkunda.

« Les ex-FAR et Interahamwe posent un problème, d'abord pour les Congolais, parce qu'ils tuent, violent et volent chaque jour, mais ils représentent également une menace permanente pour le Rwanda », a déclaré M. Nyamwisi à la presse. « Ces rencontres nous permettront de trouver une réponse pour le peuple et le gouvernement. Nous devons empêcher que le problème ne s'aggrave, car il est possible qu'il s'aggrave ».

« Les ex-FAR et Interahamwe, alias les FDLR, sont en grande partie responsables de l'insécurité et de l'instabilité dans la région ; ils restent militairement et politiquement très actifs en RDC, et représentent aujourd'hui encore une menace grave pour nous tous. Leur campagne a créé un environnement propice à l'émergence de facteurs aggravants comme le problème du général Nkunda », a noté M. Murigande.

Ouvrer pour le désarmement

Les deux ministres ont effectivement annoncé leur volonté de redonner un coup de fouet aux programmes destinés à pacifier et à normaliser les relations entre leurs deux pays. En particulier, « les deux parties ont dit qu'elles mettraient tout en ouvre pour désarmer les ex-FAR et Interahamwe et les renvoyer au Rwanda », peut-on lire dans le communiqué publié conjointement à la clôture de la session.

Ils ont également réitéré leur adhésion aux principes du Pacte sur la paix, la stabilité et le développement dans la région des Grands lacs. Ils se sont référés à l'article cinq du traité, qui stipule que « les parties doivent s'abstenir de déployer ou de soutenir des groupes d'opposition armés ou des groupes rebelles impliqués dans des conflits armés ou se livrant à des actes de violence ou de subversion contre le gouvernement d'un autre Etat ».

Le communiqué évoque également l'établissement d'une commission tripartite (RDC, Rwanda, Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés) chargée d'organiser le rapatriement des Congolais réfugiés au Rwanda.

Les deux ministres ont également déclaré que la réouverture de la frontière entre leurs deux pays dépendrait des dernières évolutions de la situation de sécurité dans l'est de la RDC.

« Nous sommes convaincus que le problème de M. Nkunda est avant tout un problème congolais qui doit être résolu par le Congo, mais qui a des conséquences pour le Rwanda », a expliqué M. Nyamwisi. « La plupart de nos discussions ont porté sur cette question et [sur la manière de] réduire le spectre de la déstabilisation dans la région [est de la RDC] ».

M. Murigande dirigeait une mission de quatre hauts responsables, première délégation de ce type depuis 1998. La RDC accuse le Rwanda de soutenir les rebelles qui opèrent sur son territoire, tandis que, selon le Rwanda, le Congo servirait de refuge aux forces Interahamwe qui s'étaient rendues coupables d'actes de génocide au Rwanda en 1994.

IRIN

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Hémorragie chez Laurent Nkunda

Cent cinq soldats insurgés ont déserté les rangs du général déchu Laurent Nkunda ces dernières semaines dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), affichant leur volonté d'intégrer l'armée régulière, a-t-on appris mercredi auprès de l'ONU et de l'armée. "Ces 105 +déserteurs+ nkundistes se sont rendus aux autorités militaires congolaises au Nord-Kivu. Ils ont exprimé leur volonté de partir au +brassage+ (processus national de réforme de l'armée en RDC)", a déclaré Sylvie van den Wildenberg, porte-parole de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc) au Nord-Kivu.

Ces hommes sont venus de différentes localités du Nord-Kivu. Certains d'entre eux ont participé aux récents combats opposant les troupes insurgées de Nkunda aux Forces armées de RDC (FARDC), d'autres avaient déserté avant le début des affrontements le 27 août, a indiqué un responsable de la Structure militaire d'intégration (SMI), chargée du "brassage" des troupes.

"Nous les avons regroupés à Goma (capitale du Nord-Kivu) et nous les envoyons à Kitona (province du Bas-Congo, ouest)", a expliqué ce responsable ayant requis l'anonymat.

Ces 105 soldats ont quitté Goma mardi soir, a-t-on précisé à la Monuc.

Il y a une semaine, Kinshasa a annoncé l'envoi de brigades "intégrées" (passées par le processus de "brassage") au Nord-Kivu, pour prendre la relève de toutes les troupes non encore passées dans des camps de brassage, dont celles répondant au dissident Nkunda, lui-même visé par un mandat d'arrêt pour "crimes de guerre".

Mercredi, la Monuc a une nouvelle fois relayé l'appel de Kinshasa, enjoignant les troupes insurgées à se rendre dans des camps de brassage de la région, pour mettre fin aux violences dont "la première victime est la population civile", a souligné Mme van den Wildenberg.

Publié le 5 septembre 2007.

Afrique Centrale

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