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L'INVALIDATION ANTICONSTITUTIONNELLE DU MANDAT DU PASTEUR THEODORE NGOY : PREUVE DE PLUS D'UNE DICTATURE AU CONGO-KINSHASA 

Depuis la mise en place du processus ayant conduit aux élections en RDC et surtout avec l'élection de Joseph Kabila, la grande crainte fut de voir le nouveau pouvoir glisser tout droit vers un Etat qui est tout sauf une démocratie. D'ailleurs, la fusillade de la résidence de Jean-Pierre Bemba, le président du MLC, parti d'opposition, son exil au Portugal et surtout la volonté exprimée par les ouailles à Kabila de ne plus le voir rentrer au pays, poussant l'opprobre jusqu'à réclamer l'invalidation de son mandat de sénateur - Dieu merci que les honorables sénateurs n'ont pas mordu cet appât dangereux - sont des preuves d'un manque de démocratie et de respect des droits humains dans le chef du régime Joseph Kabila. Il faudra relire le dernier rapport d'Amnesty International pour s'en convaincre. Par rapport au chemin parcouru depuis la démocratisation du Congo en 1990 et la Conférence Nationale Souveraine, la gestion de l'Etat par l'actuel régime est un vrai recul, surtout si l'on y ajoute les dossiers des contrats léonins, les violations des droits humains et surtout le clientélisme et la corruption qui inquiète plus d'un observateur averti. On s'est vite rendu compte s'être trompé en pensant que le régime allait s'arrêter en si bon chemin vers ce que nous avions qualifié alors d'une bonne dictature au Congo-Kinshasa . L'assassinat du journaliste travaillant pour les Nations Unies, Serge Maheshe, et surtout de la parodie judiciaire qui s'en est suivie, le passage à tabac des magistrats dans la province orientale, le bastonnade des journalistes dans un cabinet ministériel, la motion pour la révision de la constitution par le parti présidentiel, l'arrestation et la libération de Madame Marie-Thérèse Nlandu avec ses déclarations du type « la prison de Kin Mazière et les méthodes employées sont proches de la Gestapo Nazi» , la dernière mauvaise sortie du président de la Cours Suprême de Justice voulant déifier la personne du chef de l'Etat et d'autres faits encore sont autant des preuves d'une telle dérive du régime. D'ailleurs, les dernières critiques formulées par Lunda Bululu, sénateur et ancien premier ministre, interviewé alors par Radio France Internationale, sont autant d'éléments appuyant cette crainte.

Mais, voilà qu'un autre fait s'ajoute à ce palmarès déshonorant : le pasteur Théodore Ngoy, député du Katanga, aujourd'hui en exil forcé en Grande-Bretagne, vient de voir son mandat de député invalider de la façon la plus rocambolesque et la plus anticonstitutionnelle qui soit sur initiative du président de l'assemblée du Katanga le sieur Kyungu wa Kumwanza , à l'heure où d'ailleurs ce dernier, comme un vrai roitelet de brousse, revient dans l'actualité en remuant, comme jadis du temps de Mobutu, la haine interethnique au Katanga . Il faudra d'abord se rappeler que le cas Pasteur Théodore Ngoy est tout à fait particulier car l'individu, avec ses positions, n'est plus homme à passer inaperçu. Tous les derniers rapports des droits humains ont épinglé ses atroces séquestrations. Sa vie politique devient un vrai feuilleton incroyable avec plusieurs épisodes. Ayant été membre de la délégation gouvernementale aux Accords de Sun-City en Afrique du Sud, Maitre Théodore Ngoy s'était vite illustré par son argumentation sur la question rwandaise et celle des rwandophones congolais appelés banyamulenge . Car, à ce sujet précis, sa position et les résultats de ses recherches sont catégori ques : il n'y a jamais eu de tribu Banyamulenge au Congo-Kinshasa. Tous les documents historiques et coloniaux témoignent plutôt des migrations dirigées des banyarwanda au Congo pendant la période coloniale . De là, passer à une tribu banyamulenge, est tout simplement une grande tricherie qu'il faudra dénoncer avec la dernière énergie. D'ailleurs, ce flou artistique orchestré a conditionné l'acceptation de la nationalité congolaise aux individus qui ne le sont pas. Un grand dommage pour le pays. Hélas, assure-t-il, tout l'entourage du chef de l'Etat est imbibé de ces messieurs aux origines douteuses, voilà tout le Congo pris en otage.

Puis, lors de la campagne référendaire et surtout de l'élection présidentielle, Pasteur Ngoy, candidat déclaré aux élections présidentielles lui-même, avait alors choisi le camp anti-Kabila, d'abord en battant campagne pour le « non » à la constitution, puis en se ralliant à Jean-Pierre Bemba qu'il a soutenu et d'ailleurs il devint son porte-parole dans l' Union pour la Nation , la coalition ayant soutenue Jean-Pierre Bemba. Cet engagement fut qualifié d'un vrai crime de lèse majesté par le camp Kabila qui n'hésita pas à le lui faire payer chère. «  En effet , comme il l'explique dans une lettre aux autorités britanniques, le 23 mars 2007, ma résidence située à côté de l'Eglise de la Gombe et de mon cabinet, était déserte. L'Eglise seule était en activité par le fait des deux sœurs qui y priaient. Un char de combat a été amené devant le portail de la concession. Les gardes du général John Numbi et les éléments de la Garde Présidentielle, ont escaladé les murs. Ils ont aspergé d'essence l'intérieur de l'Eglise avant d'y mettre le feu. Le feu s'est propagé jusqu'à ma résidence. Il a tout détruit, épargnant uniquement la partie du bureau de l'Eglise et le garage. Les hommes en armes ont cassé les murs et les portes de l'Eglise. Ils ont tout emporté. Se servant de la clef de contact qui s'y trouvait, ils ont emporté ma jeep neuve de marque SUZUKI Grand Vitara.»

Mais, cet acte, assure Pasteur Ngoy, ne fut pas un acte isolé. Il l'a expliqué aussi dans la lettre adressée, ironie du sort, au président du parlement du Katanga avec copie aux autres députés. « En effet, écrit -il, il y a lieu de vous signaler que le 11 novembre 2006, les gardes du général John Numbi, avait froidement assassiné une fidèle de l'Eglise de la Gombe, Mme Néné Mutshipayi. Le lendemain, les mêmes gardes se sont attaqués à son mari, Christophe Mutshipayi, à qui ils ont brisé le bras droit, au moyen d'une barre de mine. Me trouvant à l'entrée de la concession le même jour, j'ai été menacé par un des gardes du général John Numbi, en présence de ses compagnons au nombre de 5. Ils ont braqués leurs armes directement sur ma face, tout près de mes yeux, en en disant : « Nous te tuerons, idiot ! Comment, en tant que Mulubakat, tu as pu faire alliance avec Jean-Pierre Bemba ? » Aussi, pour pasteur Ngoy, avec cet acte méchant de la destruction de sa concession le 23 mars, le général John Numbi, voulant plaire au Président de la République, est allé jusqu'au bout de ses mauvais desseins préparés depuis de longues dates, avec comme objectif principal sa vie. C'est cette destruction méchante de son patrimoine et cette atteinte à sa vie qui le força, le député de son état, de pouvoir demander et obtenir la protection internationale des autorités britanniques. Les faits pouvant se vérifier et parler d'eux-mêmes.

Curieusement, contrairement aux déclarations de monsieur Kyungu wa Kumwanza notamment diffusées par Radio Okapi, disant avoir épuisé des voies de contacts avec le député Ngoy, homme de droit, ce dernier avait vite informé dans le moindre détails le président du parlement du Katanga, respectivement par la lettre numéro H/TNIWNS/P/A/DP/AM/ 014 /07 du 11 septembre 2007, lettre réceptionnée par le cabinet du président de l'assemblée provinciale le 19 septembre 2007 sous le numéro 484, comme l'atteste les documents attachés, subsidiairement à la lettre numéro H/TNIWNS/P/A/DP/AM/012/07 du 12 avril 2007. D'ailleurs, aussi curieux que cela puisse paraître, sur décision de la plénière, son dossier avait été confié au comité des sages selon les usages du parlement. Ce comité l'avait donc contacté à travers les honorables Mpete et Madame Tumba . Puis, en vue d'éclairer leur religion, quelques membres de ce comité ont entendu, en séance de travail, le mandataire de Théodore Ngoy, Tina Kabanga . Et, madame Tumba, lors de son séjour à Kinshasa, s'est même rendue à ladite concession et a pu se rendre compte de l'ampleur des dégâts. A cet égard, à la lumière de la lettre réceptionnée par le bureau du président de l'Assemblée provinciale du Katanga et des procédures amorcées, l'Assemblée a été induite en erreur à la fois par le non respect de la procédure qui, in specie casu , devrait consister en l'examen, par la plénière, de l'existence ou non, des faits justificatifs de son absence après avoir entendu le rapport du comité des sages, avec à l'appui la lettre de justification de l'intéressé. Dès lors, la question qui aurait du être posée aux honorables députés aurait été celle de savoir si l'absence du pasteur Ngoy était justifiée ou non. Et la décision qui aurait du être prise serait de déclarer, non son invalidation, mais la fin de son mandat, pour absence non justifiée éventuellement, et non pas pour absence prolongée. C'est ainsi que les choses auraient pu se passer dans une république de droit et des lois opposables à tous et non taillées sur mesure des individus mafieux.

Hélas, contre toute attente, lors de la dernière séance de l'assemblée provinciale, au lieu de demander aux honorables saisis du dossier de pouvoir exposer à l'Assemblée les conclusions de leurs enquêtes, contacts et travaux, monsieur Kyungu wa Kumwanza préféra passer la question au vote et, contre toute usage en la matière, proclama l'invalidation du mandat du pasteur Théodore Ngoy en le remplacent, illico presto, par son suppléant, après un vote tout aussi rocambolesque. Ceci est une fragrante entorse et une abrogation illégale de la Constitution. Pasteur Ngoy s'en explique longuement dans une lettre de recours adressée, une fois de plus et noblesse oblige, au président du parlement, avec une fois encore copies aux autres honorables, en espérant que cette fois-ci au moins le président ne bloquera pas la distribution de cette lettre de recours comme il l'a fait avec la première lettre, dont copies avaient été réservées aux honorables députés du Katanga.

Puis, cette invalidation rapide soulève plus d'une question pour tout observateur averti. Elle a été voté par 32 députés contre 40, dont 20 se sont abstenus, sur les 72 membres présents, alors que l'Assemblée compte 102 membres. En plus, comme un chacun peut bien le vérifier, l'article 110 de la constitution dispose notamment que le mandat d'un député peut prendre fin pour « absence non justifiée et non-autorisée » et non « pour absence prolongée » comme le soutient le président Kyungu. En effet, au regard de la disposition constitutionnelle susvisée, le constituant congolais ne sanctionne pas l'absence d'un député, qu'elle soit prolongée ou non. Il sanctionne plutôt l'absence non justifiée et non-autorisée.

Dans le cas d'espèce, l'Assemblée Provinciale, puisque saisie par les lettres susmentionnées, avait plutôt l'obligation de se prononcer quant à l'exactitude et à la validité des raisons avancées par Pasteur Ngoy pour justifier son absence prolongée et solliciter l'autorisation de ne se présenter qu'à la prochaine session de l'assemblée. L'article 110 de la Constitution, spécialement en son point 6, rendu applicable aux Assemblées Provinciales, par l'alinéa 6 de l'article 197 de la Constitution, ne traite pas de l'invalidation du mandat des députés par une Assemblée Provinciale et même par l'Assemblée Nationale. L'absence en effet d'un député ne figure pas parmi les causes d'invalidation, mais de fin d'un mandat déjà invalidé. Il ne s'agit même pas de perte de mandat mais de fin de mandat dont il est question. Il sied malheureusement que ces considérations juridiques ont échappé à Kyungu wa Kumwanza qui, en agissant sûrement sur injonction d'une tierce personne, est allé très vite en besogne et discrédite ainsi, non pas seulement sa fonction, mais aussi son camp politique.

Mais, la question qu'on est en droit de se poser est celle de savoir, pourquoi subitement ce retour de la manivelle macabre contre Pasteur Ngoy dans ce bras de fer qui l'oppose au régime Kabila ? Pasteur Théodore Ngoy subirait-il la même animosité du pouvoir de Kinshasa contre tous les opposants et libre penseurs se trouvant à l'extérieur du pays et surtout ayant soutenu Jean-Pierre Bemba et comme lui-même aussi, sont déclarés personae non gratae sous l'empire Joseph Kabila selon la logique qui voudrait qu'on soit cancrelat ou grillon on doit se savoir réserver le sort de tous les insectes . Hélas, aussi épidermiques que sont ces décisions comme celles maintes fois exprimées et souhaitées de l'arrestation et de l'invalidation du mandat de Jean-Pierre Bemba, les hommes de Kabila, une fois de plus, ont procédé d'irrégularités en irrégularités . Ce qui ne fait que ternir l'image du camp Joseph Kabila au pouvoir et prouvent bel et bien que le Congo-Kinshasa va droit vers une dictature qui ne se cache plus.

Pour Théodore Ngoy, selon toute vraisemblance, c'est son approche de la question rwandaise et des banyamulenge qui lui vaut ces actes anticonstitutionnels, en plus de son alliance avec Jean-Pierre Bemba. Mais, à la lumière des autres déclarations, est-ce que Pasteur Ngoy en connaît-il plus sur l'entourage Joseph Kabila, sur Joseph Kabila lui-même, sur les recoins et les méandres des relations multiples, sur les accords et autres trous noirs dont l'opinion voudrait sans doute un jour en savoir la véracité ? Pour preuve par exemple, ainsi que Pasteur Ngoy le dit souvent, le jeudi 2 août 2001, soit 18 jours avant le début de la rencontre de Gaborone préparant le dialogue inter-congolais, après un entretien de deux heures avec She Okitundu, il avait été reçu par le Joseph Kabila qui lui proposa alors d'être le commissaire général au dialogue en conduisant la délégation du gouvernement à Gaborone, offre qu'il avait décliné. Plus tard d'ailleurs, il lui proposera de diriger la communication du gouvernement avant de lui proposer le poste tant convoité de gouverneur de la Banque Centrale du Congo . En âme et conscience, il avait rejeté tous ces offres d'abord à cause de ses propres convictions chrétiennes, de son engagement avec Dieu et surtout de son combat pour la justice, assurant à cette époque-là défense des 315 magistrats révoqués et des agents de l'ex. Petro-Congo injustement mis à la porte, puis il émettait aussi trop de réserves sur les relations floues entre Joseph Kabila et les rwandais.

D'ailleurs, certaines indiscrétions aident à comprendre la procédure anticonstitutionnelle de Kyungu wa Kumwaza qui s'apparente à une colère vive. C'est après un voyage à Kinshasa que Gabriel Kyungu wa Kumwanza aurait reçu des injonctions de mettre dehors, sous n'importe quel prétexte, Pasteur Théodore Ngoy, au motif tout aussi rocambolesque que le fiasco du dernier voyage de Joseph Kabila à Bruxelles avait pour cause une campagne qu'aurait menée Pasteur Théodore Ngoy de son exil britannique. Une chose est vraie, député élu, bénéficiant de toute l'immunité parlementaire que lui reconnaît la constitution et les usages parlementaires universels, l'exil de Pasteur Théodore Ngoy et la protection internationale lui accordée par le gouvernement britannique, deviennent en eux-mêmes une contre-propagande pour le régime de Kinshasa. Hélas, son retour à Kinshasa, qu'il souhaite de tout son vœu, pour poursuivre son mandat, ne peut se faire qu'aux conditions de sécurité et d'indemnisation assurées, comme l'exigent aussi les mêmes conventions internationales d'usage. Et, les preuves matérielles de la destruction méchante de son patrimoine par les hommes au général John Numbi, un ancien de la fameuse Juferi de la triste époque ayant eu Kyungu comme leader, les preuves de la réception des correspondances par le président de l'assemblée provinciale du Katanga, sont des éléments qui feront voir à plus d'un observateur encore la dérive du régime Joseph Kabila. Car, tout comme Jean-Pierre Bemba, dont l'exil est accepté par le sénat aux mêmes conditions de sécurité demandées aussi par Pasteur Ngoy, après la destruction tout aussi méchante de son patrimoine, ne pas réhabiliter le Pasteur Théodore Ngoy dans son droit constitutionnel feront voir, même aux aveugles et aux hésitants, comment le pouvoir de Kinshasa sombre alors dans l'application de la loi despotique de deux poids, deux mesures.

Tout en espérant que le recours trouvera échos favorable, ce qui étonnera vu les options affichées par le pouvoir de Kinshasa et ses ouailles, puis comme le ridicule juridique est loin de tuer, la bataille risque d'être longue pour l'avènement d'un Etat de droit au pays de Lumumba. Seules des pressions exercées de l'extérieures, peuvent aider à assouplir la machine anticonstitutionnelle amorcée. Les leaders et acteurs congolais de la diaspora devenue une vraie force, ont un devoir de se réunir et de se concerter pour des stratégies claires. Mais, pour le régime de Kinshasa, alors que le président, le premier ministre et plusieurs acteurs sont issus de la diaspora, est-ce sage de pouvoir ainsi occasionner que nombreux opposants puissent ne plus retourner au bercail ? Hélas, il est de la nature des pouvoirs africains de ne jamais tirer des leçons de l'histoire immédiate.

Quant à nous autres, nous réaliserons une interview exclusive afin de léguer à l'histoire les récits des fois où pasteur Théodore Ngoy fut acteur et/ou témoins de l'histoire du Congo. A suivre.

Norbert X MBU-MPUTU

Congo vision, Pays de Galles

© Congo Vision


ACTUALITES CONGOLAISES: Mes commentaires

•  Les combats au Nord Kivu . D'après ce que j'ai lu sur le Net, la majorité des Congolais semblent avoir compris que M. Nkundabatware n'est qu'un paravent derrière lequel se cache le Rwanda. Je m'en réjouis. En effet, pour peu qu'on veuille réfléchir, on peut bien comprendre que l'individu Nkunda n'a pas les moyens financiers et matériels pour équiper en armes, en tenues, nourrir, soigner, pourvoir en minutions une armée dont on dit qu'elle serait de 4.000 hommes, ce chiffre pouvant être le tiers des effectifs réels des combattants alignés par les Rwandais. Ils disposent d'une artillerie nombreuse et de qualité, servie par des techniciens compétents, avec des moyens de communication très modernes pour coordonner les opérations des troupes, ce qui nécessite beaucoup d'argent et des moyens logistiques.

Par ailleurs, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, l'armée congolaise connaît une véritable métamorphose. Les soldats ne sont plus ces soudards à la triste réputation qui se dérobaient au combat et pillaient leurs compatriotes. Aujourd'hui, les Congolais se battent. La réputation de la « supériorité » du soldat tutsi a fondu comme beurre au soleil, dès lors que l'armée congolaise s'est dotée d'un commandement de qualité.

Pour autant, le Congo est loin d'avoir gagné la partie. Car, en effet, même si l'armée congolaise parvenait à contrôler les postes frontaliers, l'armée rwandaise parviendrait toujours à infiltrer ses éléments au Kivu via l'Ouganda, voire le Burundi. Tant que la guerre n'est pas portée au Rwanda même, il n'y aura jamais la paix.

En 1991, l'armée rwandaise du régime Habyarimana avait totalement vaincu le Fpr, dont les éléments avaient dû regagner l'Ouganda. Mais Habyarimana n'eut pas le courage d'autoriser son armée, malgré plusieurs demandes, d'aller détruire les bases du Fpr en territoire ougandais à Mbarara. La conséquence est le Fpr se réorganisa et revint à la charge, victorieusement.

En plus, on ne peut espérer gagner la guerre contre le Rwanda sans la mobilisation totale du pays. Le discours politique doit être clair, tout comme notre diplomatie. Le gouvernement doit travailler à l'élargissement et à la consolidation du front de la patrie. Il faudrait que toutes les provinces et leurs composantes se retrouvent en proportions comparables dans les institutions nationales. C'est l'unique moyen de renforcer la cohésion nationale. Mais, contrairement à ce que préconise notre compatriote Ntumba Mujinga, dont je salue l'objectivité des analyses, je ne crois pas qu'il soit possible à MM. Bemba et Tshisekedi de rallier le front de la partie. M. Bemba est une créature politique de M. Museveni. Il est probable qu'il ait conservé avec le président ougandais des liens étroits. Quant à M. Tshisekedi, d'abord c'est quelqu'un qui ne croit pas à la thèse de l'agression contre la Rdc et ensuite c'est quelqu'un qui ne voit la politique qu'à travers son pouvoir. En d'autres termes, il serait étonnant qu'il abandonne sa vision manichéenne de s'opposer à tout pouvoir autre que le sien.

•  Le sommet d'Addis Abeba . Pourquoi le Chef de l'Etat congolais a-t-il séché le sommet avec Condoleeza Rice spécialement consacré au Congo? Aurait-il craint de finir comme Habyarimana dont l'avion fut abattu au retour d'un sommet à Arusha ? En tout cas, une chose est sûre : ceux qui résistent au TIP se savent en danger. Si à Kinshasa, on en prend conscience, c'est tant mieux. Aussi, il faudra réaliser que les visites du Chef de l'Etat au Kivu l'exposent particulièrement. Un avion qui attérit ou décolle de Goma peut très facilement être abattu par un simple canon anti-aérien à partir de Gisenyi, ou plus au sud encore. Or, on a à faire à un ennemi dont la détermination n'a jamais été prise à défaut.

•  D'après un internaute, JoKa aurait demandé à Bush : Que vous donne le Rwanda et que le Congo ne saurait vous offrir? ». La réponse à cette question devrait être : les femmes ! On aurait absolument tort d'en rire. L'efficacité de la politique de communication de Kigali repose beaucoup sur les femmes. Des jeunes filles bien formées, choisies en fonction de leur beauté et de leurs aptitudes intellectuelles ont infiltré des centres de décisions dans le monde occidental tant et si bien que beaucoup de décideurs sympathisent à leur cause. A plus forte raison que les Tutsi ont réussi à convaincre certains israéliens qu'ils seraient de descendance juive, comme les Falachas. Les alliances tissées sur l'oreiller paraissent d'une redoutable efficacité. Pensez seulement qu'Américains et Anglais ont empêché, le plus officiellement du monde, le TPI d'enquêter sur les crimes du Fpr dont les preuves ont pourtant été réunies.

Les Etats-Unis avaient non seulement soutenu le Fpr dans sa marche pour la conquête du pouvoir mais avaient laissé se commettre le génocide pour ne pas gêner tant soit peu le plan de leurs protégés pour prendre le pouvoir. Le Président Clinton était allé au-delà de l'objectif de faciliter la victoire du Fpr. Il avait publiquement annoncé son intention d'instaurer un nouveau leadership en Afrique, confié aux Tutsi et apparentés. Certes, l'administration Bush n'a pas continué cette étroite collaboration avec Kigali et Kampala, phagocytée par l'éclatement des conflits Ethiopie-Erythrée d'une part et Rwanda-Ouganda d'autre part. Mais les lobbys pro tusti demeurent très actifs aux Usa. C'est ce qui explique le surprenant silence américain sur les fosses communes découvertes dernièrement au Nord Kivu, attribuées aux troupes de Nkunda.

Cependant, depuis le dernier voyage du Président Kabila aux Etats-Unis, il semble que Washington ait décidé de s'investir dans la sécurisation du Congo, ce qui implique de dire au Rwanda de cesser son jeu de déstabilisation. Il se pourrait que la décision de la Chine d'investir massivement au Congo ne soit pas étrangère à la nouvelle politique américaine.

Mais la partie demeure difficile pour notre pays. Une information de source généralement crédible parle de la réactivation du plan de la création d'un Tutsiland au Kivu en raison de la nécessité de trouver un territoire aux Fallachas dont l'intégration en Israël aurait échoué.

•  Concernant l'Udps . Certains m'ont accusé de haïr les Baluba. C'est une rengaine usée, plusieurs fois entendue. Un compatriote qui hait particulièrement les Swahilophones a déjà tenu à mon endroit des propos similaires. Quelqu'un m'avait fait observer que lors de la construction du chemin de fer Kin Matadi, Stanley avait recruté de la main d'œuvre dans le monde entier, y compris à Zanzibar. Ces gens venaient naturellement sans femmes et auraient pu commettre des exactions dont le souvenir aurait survécu jusqu'à notre époque. Ce qui expliquerait la haine de ce compatriote contre le Swahili, une langue venue de Zanzibar. D'autres m'ont déjà accusé d'être anti-Mongo, d'autres encore anti-Bambala, sans parler des Tutsi.

Je ne puis donc pas m'attarder sur de telles accusations infondées. Mon fils aîné est de mère kasaïenne. Parmi mes meilleurs amis, il y a des Kasaïens. Même ici où je vis en Belgique, j'ai des amis kasaïens que je fréquente quasi-journellement.

Au lieu de se perdre dans un discours oiseux, mes contradicteurs (dont l'un dit que mes réflexions n'en seraient pas), auraient pu démentir de façon sérieuse les arguments qu'ils estiment inexacts. Par exemple :

Le doctorat de M. Tshisekedi  : ils auraient pu démontrer que ce dernier aurait été admis à Lovanium en telle année et aurait terminé en telle autre année. Il paraît que ce débat soit déjà clos. Que mon contradicteur pardonne mon ignorance. Je n'ai pas été informé de la manière dont il a été clos. Publiez, svp, le palmarès que Lovanium que vous auriez lu.

Si MM. Tshisekedi et Lihau auraient été diplômés en même temps, M. Tshisekedi ne serait donc pas le seul premier docteur en droit de Lovanium ? Quel est ce contemporain de M. Tshisekedi qui aurait témoigné en sa faveur ?

Je ne demande qu'à être informé.

La maison de M. Tshiesekedi  : Je n'ai pas lu le moindre argument indiquant les conditions dans lesquelles cette maison avait été acquise par son propriétaire.

Si on pense me faire un procès, qu'on n'hésite pas, pour l'intérêt de la manifestation de la vérité. Je suis prêt à assumer les conséquences de ma curiosité. Je ne cherche qu'à savoir.

Pour terminer sur M. Tshisekedi, je suis encore étonné de voir qu'il y ait des Congolais adultes au moment des faits et qui vivaient au pays, qui puissent ignorer ou faire semblant d'ignorer l'histoire de la proposition de 9 milliards $ de la Banque mondiale. La réunion avait eu lieu au Pnud et c'est Umba di Lutete qui avait pris la parole au nom de l'Union sacrée radicale. De la même manière, je rappelle que le leader de l'Udps avait été accusé d'avoir signé des bons de trésor dans une tentative d'enrichissement personnel au détriment de l'Etat et qu'un mandat d'arrêt avait été établi à sa charge mais dont Mobutu avait refusé l'exécution. L'ancien Procureur général Mongulu Tapagame peut mieux éclairer l'opinion sur ce sujet. Il est actuellement sénateur Mlc.

L'épuration ethnique anti-kasaïenne au Katanga  : les chiens cravatés n'auraient-ils jamais existé et ne seraient que l'invention d'un esprit anti-luba ? Si cette histoire de chiens n'aurait pas été l'élément déclencheur comme je l'avais appris, quel rôle aurait-il joué ? L'apaisement ?

Le million de Di Rupo  : je n'ai toujours pas compris la réaction de l'Udps. Une fois encore, cette histoire serait une pure invention pour salir M. Tshisekedi ?

Enfin, un peu d'honnêteté ne ferait du mal à personne. La déclaration de M. Tshisekedi à la télé de Kigali n'aurait donc jamais existé ? N'y aurait-il pas eu plusieurs réunions tenues à Kigali entre dirigeants lubas et tutsi dans le cadre d'un leadership commun ? Pour ce qui me concerne, un des participants m'en avait parlé, m'avouant que c'est alors qu'il avait découvert « le mépris » des autres.

•  Je constate que certains de nos compatriotes demeurent tributaires de leur conscience tribale, au point de négliger complètement les problèmes pouvant relever de l'intérêt national, en tout cas extra tribal. Ainsi, il n'y pas une seule ligne de la part de mes contradicteurs sur la question du père fouettard. Pour eux, ce n'est pas une question qui pose problème. Il y en a même qui ne pensent pas que pactiser avec l'ennemi de son propre pays soit une trahison. Enfin, c'est cela la réalité de notre pays. Certains d'entre nous n'ont pas pleinement conscience d'être congolais.

Il y en a qui suggèrent qu'on me trouve vite du travail, au risque de me voir proposer la solution finale ! Oui, je préconise la solution finale :  abandonnez tribalisme, haine et mensonge  ! Oeuvrons ensemble à consolider la conscience nationale congolaise.

Enfin, je ne puis terminer ces lignes sans dire toute ma satisfaction à lire les écrits de notre frère Tuambeku Tuambeku. Sa maîtrise des problèmes actuels du pays mérite qu'on l'en félicite.

Albert Kisonga Mazakala
akisonga@hotmail.com

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