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Edition n°9-438 du mercredi 7 novembre 2007
POLITICS
Constitution
Les Kabilistes veulent tricher
Des députés de l'Alliance de la majorité présidentielle (AMP) veulent faire de Kabila un dictateur. Lundi 5 novembre, à l'initiative du député indépendant'' Tshibangu Kalala Kalala, 310 élus ont apposé leurs signatures sur une proposition de révision constitutionnelle pour permettre au chef de l'Etat ainsi qu'au ministre de la Justice de siéger au sein du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Cette proposition suicidaire pour l'indépendance du pouvoir judiciaire a été déposée au bureau de l'Assemblée nationale qui venait d'adopter, au cours d'une plénière conjointe avec le Sénat, le règlement intérieur du Congrès. La procédure de révision de la Constitution figure bien parmi les matières relevant de la compétence du Congrès. Nous avons déposé au bureau de l'Assemblée une proposition pour obtenir la révision de l'article 152 de la Constitution et permettre que le président de la République et le ministre de la Justice fassent partie du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) '', a confié Me Tshibangu. L'initiateur de la proposition a expliqué qu'il souhaitait voir aussi entrer au CSM des représentants de la société civile (avocats, universitaires, militants des droits de l'Homme). Nous devons moderniser cette institution, comme c'est le cas dans d'autres pays comme la France ou la Belgique. Le CSM ne doit pas être un simple syndicat de la magistrature '', explique le député sans toutefois convaincre. Avocat de son état, Tshibangu ignore qu'en France le président Nicolas Sarkozy plaide pour son exclusion du Conseil supérieur de la magistrature justement pour réaffirmer le sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs. Pire, il ignore aussi que la Belgique sur laquelle il se cache pour exécuter son monstrueux hold up juridique contre le pouvoir judiciaire n'a rien d'une République. Chose grave, les initiateurs de la proposition de révision font fi de l'article 220 de la Constitution de février 2006 qui aligne l'indépendance du pouvoir judiciaire parmi les matières ne pouvant faire l'objet d'aucune révision constitutionnelle. Aucun député de l'opposition n'a apposé sa signature au bas de ce document.
Selon la Constitution congolaise, le CSM n'est constitué que de magistrats. Il propose nominations, révocations et éventuelles sanctions des magistrats du siège, qui sont inamovibles et dont l'indépendance est garantie par la Constitution. La loi organique devant déterminer l'organisation et le fonctionnement du CSM n'a pas encore été adoptée. La tentative de nos collègues s'inscrit dans une logique de violation de la Constitution. Revoir ce texte de loi dans ce sens serait remettre en cause l'indépendance du pouvoir judiciaire par rapport au pouvoir exécutif '', a estimé le MLC Fidèle Babala.
Les députés signataires demandent aussi la révision de l'article 110 de la Constitution, pour permettre à un député de récupérer son mandat après avoir exercé d'autres fonctions, ainsi que de l'article 197, pour faire bénéficier aux députés provinciaux, eux aussi élus au suffrage universel, d'une immunité au même titre que les députés nationaux pendant la durée de leur mandat. La révision constitutionnelle peut être proposée par le chef de l'Etat, le gouvernement après délibération en Conseil des ministres, chacune des chambres du Parlement à l'initiative de la moitié de ses membres, ou par une fraction du peuple congolais '' (100.000 personnes) s'exprimant par une pétition adressée à l'une des deux chambres.
La révision n'est définitive que si la proposition ou pétition est approuvée par référendum ou si l'Assemblée (500 élus) et le Sénat (108 élus), réunis en Congrès, l'approuvent à la majorité des trois cinquième.
Réagissant à cette tentative de tricherie, le Syndicat national de magistrats du Congo (SYNAMAC) a soutenu que la présence des membres de l'exécutif au sein du CSM serait ni plus ni moins une grave violation de la Constitution et remettrait en cause l'indépendance du pouvoir judiciaire. Le magistrat Nsambayi Mutenda, président du SYNAMAC a mis en garde contre les risques de mise sous tutelle de la magistrature congolaise. Ce principal syndicat de magistrats congolais estime que le président a déjà trop de pouvoirs et n'a plus besoin d'en avoir d'autres qui feraient de lui le Mobutu de la RD Congo.
georges tamba.
Barème-Mbudi:
l'exécutif est pris au collet
La grève est à nouveau déclenchée. Les agents de l'Etat exigent l'application du barème salarial de Mbudi négocié en 2004. Ils demandent au gouvernement de tenir parole. Les syndicats, qui estiment à plus de 500.000 les agents de l'administration publique, exigent aussi l'uniformisation des salaires.
SOCIETY
Prostitution: les filières africaines décortiquées
Le premier livre du journaliste et réalisateur Olivier Enogo, aux allures de pastiche de son propre documentaire, montre les réalités d'une filière méconnue, sordide, insidieuse et brutale. Sauf à vivre coupé du monde, impossible de ne pas être au courant de l'existence de ces silhouettes féminines qui s'alignent toutes les nuits le long des chaussées bitumées des grandes agglomérations. Avec pour objectif une expéditive consommation charnelle moyennant finance. De ces jeunes filles, on ne sait finalement que peu de choses. Le décor du livre Les filières africaines de la prostitution -Mémoires d'une enquête'' (éditions Ccinia Communication) est posé.
Dès la première ligne, le ton est donné avec la préface de Me Danielle Babin Kololo, avocate et présidente de Volte-Face '', association fortement engagée dans la sensibilisation contre la prostitution. De suite, une seconde voie est ouverte. L'histoire d'Adèle, cette jeune femme ivoirienne en quête du Graal, qui semblait un peu banale de prime abord, se mue en cauchemar, poignardée en plein Paris par son proxénète. Sa maman retrouvée quelques temps après grâce à des appels lancés sur les ondes de RFI, dira: Dans son malheur, ma fille a eu la chance de vous croiser ; je ne veux pas un film sur elle, faites-le pour toutes les autres''. Faire vivre le symbole Adèle en mémoire de toutes les prostituées sans-papiers assassinées dont on entendra jamais parler. Puis le livre enchaîne les témoignages sous forme de dépositions récoltées. Claire Quidet, Rapporteuse à l'Onu sur la prostitution infantile parle de cercle vicieux. On veut absolument protéger les victimes de trafic mais on ne veut certainement pas que parce qu'on donnerait un statut aux victimes du trafic, qu'il y ait encore plus d'afflux de personnes qui arrivent à la prostitution ''. Ce en quoi Me Constant Roger Mbongo, avocat au barreau de Paris et défenseur de proxénètes ajoute: O n a beau critiquer le G7, les pays occidentaux, nous avons maintenant une mentalité qui est d'une médiocrité qu'il faut dire ''.
L'Afrique pas en reste. Suzanne Mbomback, ministre camerounaise de la Promotion de la Femme et de la Famille esquisse une réponse embarrassée Nous voulons avoir un ministère de la Femme, nous sommes capables de représenter notre pays à tous les niveaux, capables d'aller parler des autres femmes, capables de porter au loin les efforts que le chef de l'État fait, de les rendre visibles sur la scène internationale''.
L'ouvrage est découpé en deux parties. La première relate ses 5 années d'enquête, les contacts qu'il a noués avec les prostituées, proxénètes, clients, policiers rencontrés. Comment il a été affecté, ainsi que ses proches par ce travail de longue haleine. L'envers du décor également, toutes les péripéties non filmées ou coupées au montage. Sous le ton de la confidence, en reprenant ses notes intimes, le journaliste d'investigation flagelle son récit, déconcerte les dialogues. Son obsession: déblayer les voies et les chemins menant à la prostitution, des gros réseaux calqués sur les modèles des filières de l'Est aux micro- structures gérées par les Mamas'', ces femmes proxénètes. Il y a des Mamas peut-être qui continuent, mais le boss là-haut, ça doit être un plus fort. Les Mamans c'est de l'intendance. Elles peuvent jouer les stars. Elles ont de gros salaires. C'est pour cela qu'elles élèvent des villas en moins d'une semaine. Bien sûr c'est l'arbre qui cache la forêt '', précise Claude Boucher, présidente du Bus des Femmes'', association de défense créée en 1990 à l'initiative d'anciennes prostituées. Quand un père ou une mère dit à son enfant débrouillez-vous, vous pensez à quoi ? Débrouillez-vous, vous n'avez pas les moyens, vous pensez à quoi ? Comment allez-vous faire pour faire venir la richesse ? La prostitution a beaucoup de degrés '', se défend un étudiant doctorant en Droit.Sexe business, cybermarché du mariage, sortilèges décochés, zoophilie , laxisme politique, connivences administratives
Comme un chien profondément éclopé par ses découvertes, l'auteur n'a jamais autant montré les crocs et aboyé contre ce qu'il qualifie de nouvelle traite des Noirs ''. Des révélations enrichies par Carole Bartoli du Réseau international de lutte contre la prostitution. Un trafic vient également des pays lointains, d'Afrique, et là c'est lié aux conditions politiques, aux difficultés de contextes de guerre de ces enfants-là. Ça continue encore et là, ce qui est constaté, c'est une prostitution qui est cachée ''. Olivier Enogo entend placarder ce combat qui s'annonce selon lui, comme l'un des plus grands défis de la prochaine décennie. Les candidats à l'aventure, attirés par le mirage européen sont de plus en plus nombreux. Au lieu d'attiser la polémique inutile, pour ma part, je préfère dépenser mon énergie aux côtés de ceux qui tentent de mettre le feu à la poudrière de l'exploitation sexuelle des êtres humains. Je ne peux pas croire qu'il n'existe aucun moyen pour remédier aux drames qui peuvent survenir de l'émigration des Blackettes' ''. Une vérité déclinée en allitérations martelées dans les 150 pages du livre qui se lisent presque d'une traite. Un combat qui dépasse largement son ouvrage. Non seulement par la complexité de l'univers de la traite des Êtres humains à des fins d'exploitation sexuelle, mais aussi à travers les liens que cette pandémie a créés entre victimes et bourreaux.
Illustration sur le terrain: Je suis tombée enceinte à deux reprises. Monsieur X m'a avorté lui-même en me donnant des pilules et lorsque l'avortement commençait, il prenait une lampe torche, me demandait d'écarter les jambes et il finissait de m'avorter avec des piques de brochettes''. Extrait du Procès verbal d'une affaire contre X au motif de viol, séquestration et vol. L'objet de la plainte : victime d'un avortement et de proxénétisme. Moi j'ai des cas où on prend des effets souillés de la personne, on la rase, et quand on a la jeune fille dans le service, quand on l'entend, elle dit : Mais moi je ne peux rien vous dire, vous ne savez pas ce que c'est le maraboutage, je risque de mourir et si je ne meurs pas, je vais devenir folle '', intercale le Commissaire divisionnaire J. M. Colombani, de la Direction de la police nationale française. Au niveau de l'Union Européenne, ils commencent à trouver des termes Trafic des Êtres humains à des fins d'exploitation sexuelle. C'est de la prostitution, point barre. Qu'on arrête de nous entourlouper !'', conclut Amely-James Koh Bela, présidente de l'association de lutte et de sensibilisation, Mayina.Avec sa plume, le néo-écrivain ne prend aucun risque, mais déploie avec une grande facilité son style précis. Sous le brillant des reparties, malgré les commentaires acides des antagonistes, on découvrira entre les lignes la fêlure de l'auteur: Les filières africaines de la prostitution resteront pour moi une enquête qui ne ressemble à aucune de celles que j'ai connues par le passé. Elle me pourchasse jusqu'à ce jour, harcelant la vie des miens. Je souhaite donc que ce livre, tout comme le film, soit un contrepoison pour susciter non pas de la compassion, mais l'éveil des consciences sur un fléau qui gangrène l'avenir de plusieurs générations ''.
L'enquête avait donné lieu à un documentaire, diffusé depuis sur Planète notamment et dans plusieurs festivals, dont la retranscription fait figure de seconde partie du livre. Au fond, sous couvert de confidences, Olivier Enogo installe le lecteur dans sa propre conscience avec la projection de toutes ses pensées tout au long de ses investigations.La séance vaut le détour, une expérience littéraire qui se révèle passionnante à condition d'être prêt à affronter des univers quasiment insoupçonnables mais bien réels.
a.mbono.
NEWS
La décentralisation vue par Kiakwama
Le projet de loi sur la décentralisation est sous examen au niveau de la commission PAJ (politique, administrative et juridique) de l'Assemblée nationale. Ce texte proposé par le ministère de l'Intérieur sera débattu en plénière à partir de mardi 13 novembre. Après avoir déclaré ce projet recevable, le bureau de la chambre avait donné 20 jours à la commission pour un toilettage approfondi. Lors de son examen, les députés ont eu droit à des interventions enrichissantes au nombre desquelles celle développée par Gilbert Kiakwama Kia Kiziki. Le président du groupe parlementaire des chrétiens démocrates a sa petite idée de la décentralisation et tient mordicus à voir cette forme de gestion être d'application en RD Congo. Dans les années 50 déjà, à des degrés divers selon les provinces, le peuple Congolais réclamait le rapprochement des instances de décision afin qu'il exerce mieux son contrôle sur elles, mais aussi afin que ces instances répondent le mieux et de la manière la plus efficiente à ses problèmes socio-économiques'', a-t-il tenu à rappeler. Elu de Mbanza-Ngungu, Kiakwama estime que, en escamotant le fédéralisme et l'autonomie locale, l'on a faussé la démarche car le produit final du processus de la décentralisation est l'autonomie dans la disposition des moyens financiers des entités locales afin de répondre à la demande des populations.
Partisan de la décentralisation hic et nunc , l'ex-ministre Mobutu des Finances fustige les tergiversations et les faux-fuyants des politiciens congolais qui exigent du temps pour la mise en uvre de la décentralisation. Mettons-nous à l'uvre sans atermoiement funeste. Nous avons reçu mandat du peuple de fournir dans un temps assez limité certes, les instruments de l'exercice réel par le peuple congolais de son pouvoir primaire ''. Pour le leader de la Convention des démocrates chrétiens, il n'y a ni G3 ni G8, c'est-à-dire, groupe des trois provinces viables et celui des huit provinces plus pauvres. Le développement, c'est l'ouverture de nouvelles sources de richesses ; ce n'est pas la consommation des richesses taries d'hier. A qui voudrait-on faire croire que le Sankuru n'a pas d'avenir, que la Mongala, la Tshopo ou la Tshuapa sont condamnées à demeurer des régions sous-développées, que l'on ne peut rien y cultiver, rien tirer de leur sol et sous-sol dont tout le monde dit pourtant qu'il est un scandale? De quelles richesses parle-t-on à Kinshasa, dans les Bas-Congo et Katanga ? La proportion des personnes vivant sous le seuil de la pauvreté en 2004-2005 a été estimée par le Ministère du Plan à 70,3 pc. Elle est de 73,9 pc dans le Katanga ; 69,8 pc dans le Bas-Congo. Le taux net de scolarisation primaire (des enfants de 6 à 11 ans) est de 47,2 pc ; 49,5 pc au Maniema ; 60,6 pc au Bas-Congo ; 76,3 pc à Kinshasa. Au Katanga, 31,8 pc d'enfants âgés de 6 à 14 ans n'ont jamais fréquenté l'école. Pour l'ensemble du pays, cette proportion est estimée à 31,3 pc. Elle est de 47,1 pc au Nord-Kivu ; 25 pc au Kasai Oriental ; 32 pc dans la Province Orientale et 9 pc à Kinshasa. Dans de telles conditions, il est indécent et irresponsable de parler de provinces riches'', constate-il.
Tirant la sonnette d'alarme sur la lenteur observée dans l'examen et l'adoption des lois essentielles pour le pays, le député national pense que le respect des principes qui fondent les nations, notamment la confiance des gouvernés envers les gouvernants, la gestion du temps, le bon sens et la décentralisation, est une nécessité pour réussir le pari du développement. Il nous faut aérer la maison Congo. Ouvrez les fenêtres. N'ayez pas peur. Nous devons tous ensemble adopter un comportement et un état d'esprit nouveaux pour être en mesure de gérer notre pays selon les défis qui l'attendent pour les 25 ans à venir. Il y faut de la vision et de l'imagination, mais surtout du courage. Le courage de vaincre les préjugés, de combattre les tabous, d'aplanir les différends en tentant d'aller vers le plus large consensus'', conseille Gilbert Kiakwama .
EDOUARDIN M'PUTU .
Masumu jubile pour ses 40 ans d'art dramatique
Jeudi 29 novembre, le Salon Congo du Grand Hôtel Kinshasa accueillera le spectacle Diallo contre Sans Souci'' au cours de la soirée de gala qui sera organisée en l'honneur de Ndungi Mambimbi dit Masumu Debrindet Yala Kayala ''. Dramaturge, metteur en scène, auteur et producteur des uvres théâtrales, cinématographiques et musicales, Masumu aligne quatre décennies de pratique de l'art de Molière. L'annonce de l'organisation des festivités marquant les 40 ans de carrière artistique du maestro de Théâtre Plus '' a été faite lundi 5 novembre au cours d'un point de presse animé par l'artiste au Foyer Lubumbashi du GHK.
Le jubilaire projette de couvrir les mois de décembre 2007 et janvier 2008 en tournées provinciales (Kinshasa, Matadi, Boma, Bandundu, Kisangani, Goma, Bukavu et Lubumbashi) et africaine (Brazzaville). L'étape européenne (France, Belgique, Pays-Bas, Grande-Bretagne et Suisse) sera franchie en mars et avril 2008. Une journée de témoignages sur la carrière de Masumu est prévue le samedi 24 novembre à l'Institut national des arts (INA), commune de la Gombe.
Artiste talentueux, Ndungi Mambimbi fait partie des icônes du théâtre congolais. Ses innombrables prestations au sein du célèbre Groupe Salongo dont les mémorables Diallo contre Sans Souci'', Mwana Nsusu'', L'enfant de mon chauffeur'' et Libala to Bomengo'' où il se distingua à travers le rôle de De la Pente'' font de lui une référence de l'art dramatique en RD Congo. Président de l'Association nationale de théâtre populaire et de cinéma (ANTPC), anciennement Association des troupes indépendantes de théâtre populaire (ATITP), une structure qui lutte contre la piraterie et la vente illicite des uvres d'auteurs dramatiques congolais, et de Zénith africain de production et de promotion culturelle et artistique, Masumu est un artiste engagé. Sous Mobutu, son passage à la Conférence nationale souveraine (CNS) et au Front patriotique avec le feu Me Kinkela, Drs Sondji et Kabamba a laissé des traces indélébiles pour ses prises de position hostiles au régime dictatorial. Lors de la campagne électorale des présidentielles en 2006, son apport aux côtés de Mgr Pierre Stewart Keya de l'Eglise luthérienne pour l'élection de Joseph Kabila, au Bas-Congo, a été déterminant. Organisateur du Festival interscolaire d'éloquence et du civisme, du Grand Prix Ebale Mondial et du Festival du jumelage Kinshasa-Brazza, le jubilaire est gradué en art et licencié en administration et gestion des entreprises culturelles et touristiques à l'INA. Musicien, il est le fondateur de l'orchestre OVOZA'' qui fit la pluie et le beau temps à la Voix du Zaïre. En quatre décennies de pratique théâtrale, Masumu a contribué de manière positive à la transformation de la population congolaise à travers des spectacles didactiques et d'éducation civique tels que Cadeau empoisonné'', Lopango ya koteka te'', Ainsi va la vie'', Makisosila''
Cinéaste, il a joué notamment dans les films La vie est belle '' de Ngangura et demi-siècle ''. Actuellement, il prépare Il était une fois Simon Kimbangu '', un long métrage écrit en français.
EDOUARDIN M'PUTU.
Exécutif et partenaires débattent sur la micro-finance au GHK
Partenaires nationaux et internationaux ont entamé lundi 6 novembre une série de réflexions sur la micro-finance. Prévus jusqu'à samedi 10 novembre, ces travaux qui se tiennent au Grand Hôtel se proposent d'appuyer et de renforcer les structures locales de la micro-finance congolaise. Organisées par le ministère des Petites et Moyennes Entreprises, ces assises ont pour finalité de créer un fonds de la promotion de la micro-finance locale. Avec l'appui logistique du PNUD, le gouvernement veut offrir à la population une gamme variée de produits financiers avec comme soubassement les institutions de micro-finance décentralisées et de proximité. Le gouvernement envisage la mise en place d'un secteur financier qui soit accessible à toutes les couches de la population. Ce séminaire entend contribuer à la réalisation des objectifs énoncés dans la Déclaration du millénaire pour le développement. Pour le ministre des PME, Jean-François Ekofo Panzoko, la semaine de micro-finance offre une opportunité de construire le développement à la base. Nous voulons créer une capacité nationale de mobilisation de l'épargne populaire et d'accès aux micro crédits '', a-t-il déclaré à l'ouverture des travaux. Il a rappelé que l'amélioration de la situation économique et sociale passe par la micro-finance notamment à travers ses activités d'octroi des crédits, collectes de la petite épargne, transferts de fonds, bref de services financiers de proximité. Nous voulons également montrer l'exemple en tant que gouvernant par le geste symbolique d'ouverture des comptes dans les coopératives de la place '', a poursuivi Ekofo. Cette volonté du gouvernement se manifestera dans sa participation au Fonds de promotion de la micro-finance. Il a souligné le rôle de la micro-finance dans la lutte contre la pauvreté dans les pays en voie de développement.
blaise ndongala.
La Terre est tombée par terre '' sur les planches
Texte du ponténegrin, Jean-Jules Koukou, décédé en 2005, La Terre est tombée par terre'' est revue et corrigée par la Compagnie Tam Tam Théâtre (CTTT), qui l'a adaptée au contexte rd congolais. La répétition générale organisée en fin de semaine au Centre culturel congolais Le Zoo'' a permis à Valentin Kuamba Kuka, directeur de Tam Tam et metteur en scène, de mettre les dernières retouches à ce spectacle qui dénonce les avatars d'un monarque aux allures despotiques.
En attendant la grande première qui intervient le vendredi 9 novembre au Zoo, la CTTT a participé à Matadi, au Bas-Congo, aux Journées culturelles des arts de spectacle (J ourcas ).
Pour Valentin Kuamba, le texte a été choisi suite à l'écriture engagée de son auteur qui refuse l'injustice''. Interprétée par Mubiay Isa (dans le rôle du monarque Melchior Banda), Luvungadio (commandant Carjo Baka), Robert Malundu (Nzahou-Nzaka) et Nadine Kimbolo (Ilona), la scène a pour cadre l'empire Bilmayo où règne sans partage un chef sanguinaire. La concentration du pouvoir entre les mains d'un homme a plongé l'empire dans le chaos, suite aux pires exactions et autres violations manifestes des droits humains. Décidée d'en finir avec un pouvoir décadent incarné par son père, la princesse Ilona défiera l'autorité royale en proclamant la liberté et la libération de l'empire du joug dictatorial.
Créée dans les années 90 notamment par Valentin Kuamba Kuka, Benjamin Nsimba et Hubert Mahela, la Compagnie Tam Tam s'est illustrée ces dernières années par la création des uvres associant les marionnettes. Depuis une décennie, elle organise un festival de conte dénommé Rencontre des conteurs et des griots '', RCG.
Grâce à la perspicacité de son directeur, la CTTT participe à de nombreuses rencontres artistiques à travers le monde et figure sur la liste très restreinte des troupes congolaises du théâtre classique encore bénéficiaires de la confiance des partenaires extérieurs.
EM.
Est du Congo: la pire crise humanitaire au monde
La situation humanitaire au Nord-Kivu est comparable à celle du Darfour. Les agences des Nations-unies tentent d'apporter une réponse mais sont débordées par la nature de cette crise. Plusieurs milliers de déplacés se voient priver de l'aide du fait des combats dans leurs zones. La Mission de l'ONU en RDC (MONUC), la plus importante opération de maintien de paix dans le monde avec plus de 17.000 hommes déployés sur le terrain, sécurise les populations à sa manière. Elle ne peut pas être partout au même moment, affirme-t-on à Kinshasa. Le monde doit avoir honte de ce qui se passe au Congo. L'ONU a déployé depuis sept ans sa plus importante mission chez nous, avec 21.000 membres et plus de un milliard de dollars par an. Mais la guerre y fait toujours rage et la plus grave crise humanitaire au monde nous massacre chaque jour un peu plus ''.
Ainsi parlait Julienne Lusenge, d'une voix souvent étranglée par des sanglots, devant des représentants d'ONG dans les locaux de Droits et Démocratie, à Montréal, partenaire, avec d'autres, de son ONG congolaise. Mme Lusenge est coordonnatrice de la SOFEPADI (Solidarité féminine pour la paix et le développement intégral), à Bunia, dans la région de l'Ituri. Celle-ci et les provinces voisines du Nord et du Sud-Kivu sont au cur de guerres, pillages, viols, exactions, tortures et massacres horribles et indescriptibles '', a-t-elle dit. L'émissaire européen a vu que la crise chez nous est comparable à celle du Darfour. La vérité, c'est que la crise est pire au Congo, c'est la pire crise humanitaire au monde, avec un demi-million de victimes chaque année selon l'ONU '', a souligné Mme Lusenge.
Sur le dos des femmes. La guerre se fait sur le dos des femmes et des filles. Les hommes aussi sont violés. Les miliciens les obligent ensuite à violer leurs propres familles. Les garçons sont violés et enrôlés de force dans les milices qui ont droit de vie et de mort sur les populations, a raconté Mme Lusenge. La guerre y oppose les rebelles du général déchu Laurent Nkunda et les forces armées congolaises (FARDC), mais elle implique aussi des miliciens locaux Maï Mai, des soldats rwandais et ougandais, et des Hutus des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). La MONUC veut que les Maï Maï et le FDLR désarment, mais quand les rebelles de Nkunda sont coincés, elle s'interpose pour les protéger '', a-t-elle dit, qualifiant d' échec total '' le programme DDR de l'ONU (Désarmement, Démobilisation et Réinsertion). Nkunda dit défendre son ethnie, les Tutsis du Congo. Mais le Congo a 252 ethnies, toutes minoritaires. Il reçoit l'aide du Rwanda, qui ne veut pas que les Hutus rentrent. Le Rwanda préfère les cantonner au Congo même si cela détruit nos vies. Et le monde le laisse faire '', a-t-elle affirmé. Ils gardent les démobilisés dans des camps pour quatre ou cinq jours, avant de les libérer dans la nature. Ces jeunes, qui ont tué, torturé, violé et pillé, retournent s'enrôler chez les rebelles car, pour eux, une arme est un visa pour sortir de la misère '', a-t-elle expliqué.
Ses pires frustrations sont liées au travail inlassable qu'elle et ses collègues font sur le terrain depuis cinq ans pour documenter les violences contre les femmes à l'intention de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye. Concernant le Canada, qui a octroyé 15 millions de dollars sur quatre ans pour les victimes de violences sexuelles au Congo, Mme Lusenge a déclaré qu'après deux ans, son ONG et les autres sur le terrain n'ont pas vu un seul cent ''. L'argent va aux agences de l'ONU, dont les frais d'administration et de logistique en dévorent la majeure partie '', selon elle. Le responsable du programme à l'ACDI n'a pas rappelé La Presse.
Jooneed Khan.
Sida: le calvaire des petits pays
Pour empêcher la propagation du VIH/sida, de la tuberculose et d'autres maladies et soigner ces affections, il est essentiel de procéder à des dépistages fiables, mais les pays en développement manquent souvent pour ce faire des ressources nécessaires, de personnel qualifié et de possibilités, pour les techniciens, de recevoir une formation adéquate. C'est la raison pour laquelle l'objectif que se donne un nouveau partenariat entre le gouvernement des USA et le secteur privé est d'améliorer le réseau de laboratoires et les services liés à la santé dans les huit pays d'Afrique les plus durement touchés par le VIH/sida et la tuberculose. Portant sur cinq ans et 18 millions de dollars, le projet a été lancé le 31 octobre et associe le Plan d'urgence du président Bush en matière de lutte contre le VIH/sida (PEPFAR) et la société Becton, Dickinson et Company (BD) qui veillera à la formation du personnel et à l'amélioration des capacités de diagnostic qui sont essentielles pour soigner les personnes affectées par le VIH/sida ou la tuberculose. La société BD, entreprise internationale spécialisée dans la technologie médicale, est implantée dans 50 pays et compte 28.000 employés. En collaboration avec les ministères nationaux de la santé, des ONG et des organes du gouvernement américain, elle a déjà organisé plus de 300 séances de formation dans 55 pays en développement qui ont aidé quelque 3.000 techniciens de laboratoire.
Les USA structurent leur centre de commandement pour l'Afrique
Une ambassadrice et un amiral de la marine des États-Unis seront les adjoints du commandant du Centre de commandement des États-Unis pour l'Afrique (Africom). Il s'agit là d'un arrangement exceptionnel visant à renforcer le soutien militaire aux programmes du gouvernement américain dans l'ensemble de l'Afrique. Diplomate chevronnée ayant rang d'ambassadrice, Mary Carlin Yates sera l'adjointe du commandant pour les activités civiles et militaires de l'Africom. L'amiral Robert Moeller sera l'adjoint du commandant pour les opérations militaires (DCMO). Mary Carlin Yates est la première fonctionnaire de haut rang qui ne relève pas du ministère de la Défense à être intégrée dans la hiérarchie d'un commandement militaire régional des États-Unis. En qualité de DCMA, elle supervisera la coordination militaire avec d'autres organismes du gouvernement des États-Unis à pied d'uvre en Afrique. Mary Carlin Yates a été ambassadrice au Ghana et au Burundi, puis conseillère en politique étrangère auprès du Centre de commandement européen des États-Unis de septembre 2005 à octobre 2007. Robert Moeller a été directeur général de l'équipe de transition de l'Africom de février à septembre 2007. D'août 2004 à janvier 2007, il a été directeur de la stratégie, de la planification et de la politique, puis assistant spécial auprès du commandant du Centre de commandement central des États-Unis. L'Africom a commencé ses premières activités en octobre 2007.
BUSINESS
Partenariat Hewa Bora Airways-Brussels Airlines
Les premiers vols de airDC'' prévus dès 2008
Kinshasa/Bruxelles - Du nouveau dans le ciel congolais. La nouvelle compagnie aérienne congolaise créée par Hewa Bora Airways et Brussels Airlines, via sa filiale mauricienne Pan African Airlines, sera baptisée airDC ''. Ses premiers vols commerciaux pour les passagers sont prévus pour début 2008. La nouvelle de la création de la compagnie qui deviendra une référence en termes de sécurité, de ponctualité et de fiabilité a été très bien accueillie par le public en RDC et par la communauté congolaise à l'étranger. Le nom airDC '' a été retenu en référence à la RD Congo pour mettre l'accent sur l'identité congolaise de la nouvelle compagnie. Elle devient donc une compagnie aérienne pour tous les Congolais qui offrira des lignes régulières entre la capitale Kinshasa et le vaste territoire intérieur du Congo. airDC '' opérera également des vols internationaux et offrira, grâce à une étroite collaboration avec Brussels Airlines, un lien aérien avec l'Europe et le réseau étendu de Brussels Airlines. Les destinations desservies par airDC ainsi que les fréquences seront annoncées sous peu. Les préparatifs opérationnels et organisationnels sont en cours. La date de lancement des vols sera définitivement arrêtée dès la mise en place, à l'aéroport de N'Djili, d'installations et d'une organisation de maintenance qui répondent aux normes internationales en la matière à l'instar - pour les initiés - des règles dites certifiées JAR 145. airDC opérera selon les normes internationales une flotte composée d'avions de type Boeing 737 et BAE 146 depuis sa base à l'aéroport de Kinshasa N'Djili. La sécurité, la ponctualité, la fiabilité et le confort seront au coeur de ses opérations. La compagnie opérera elle-même les services au sol et la manutention dans tous les aéroports congolais où elle aura des opérations. Philippe de Moerloose de Hewa Bora Airways et Michel Meyfroidt de Brussels Airlines ont tous deux été nommés Co-présidents du Conseil d'administration.
La gestion journalière de la compagnie est confiée à Johan Maertens qui est appointé directeur général d'airDC. Jusqu'il y a peu, Johan Maertens était directeur des projets africains pour Brussels Airlines. Stavros Papaioannou, CEO d'Hewa Bora, est nommé administrateur-général et mettra dans cette capacité sa vaste expertise dans le domaine aérien à disposition d'airDC, en particulier dans les relations avec les autorités congolaises. La nouvelle compagnie aérienne a été fondée par la compagnie congolaise Hewa Bora Airways et par le groupe Brussels Airlines. Hewa Bora Airways détient 51 pc des parts et Brussels Airlines les 49 pc restants via sa filiale Pan African Airlines basée à l'Ile Maurice. airDC a l'ambition de devenir une référence pour l'aviation congolaise et africaine. Ses dirigeants continueront leur collaboration active avec les autorités aéronautiques de la République dans les efforts entrepris pour rendre à l'aviation congolaise une place enviée sur l'échiquier continental et mondial.
La nouvelle compagnie opèrera depuis Kinshasa des vols nationaux et internationaux avec des appareils de type Boeing 737 et BAe 146. Hewa Bora Airways, basée à Kinshasa, est la seule compagnie aérienne congolaise autorisée pour l'instant à desservir l'Europe. Brussels Airlines, basée à Bruxelles, est née des cendres de la Sabena, la compagnie belge tombée en faillite fin 2001 et de la société à bas coûts Virgin Express.
Commerce: l'écart Nord-Sud se resserre
L'écart se resserre entre pays riches et pays pauvres en matière d'accès au commerce international, selon un classement de 123 pays publié mardi par la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced). Selon la deuxième édition de son indice du commerce et du développement '' publié tous les deux ans, la Cnuced juge remarquables '' les résultats de plusieurs pays en développement ou en transition ainsi que leur capacité à rattraper les pays les plus riches ''. La Cnuced souligne la performance de sept grands pays émergents (Brésil, Inde, Chine, Corée du Sud, Mexique, Russie, Afrique du Sud) dont l'écart avec le score des nouveaux pays membres de l'Union européenne n'est pas important ''. La Chine s'est ainsi classée à la 25 e place, gagnant deux places par rapport au classement 2005, à l'instar de l'Inde qui s'est hissée au 86 e rang. Comme en 2005, les Etats-Unis, l'Allemagne, le Danemark et le Royaume-Uni occupent les premières places du classement qui évalue la capacité des pays à profiter du commerce mondial. Le Japon est 6 e ex-aequo avec la Suède, devant la France (8 e ). Parmi les pays considérés en développement '' selon la définition officielle des Nations unies, Singapour arrive en tête à la 5e position, gagnant deux places, la Corée du Sud est 21 e (-1), le Chili (premier latino-américain) est 37 e (-1) et l'Afrique du Sud 47 e (+3), en tête de son continent. Le Mexique gagne trois places (47 e ) et le Brésil six (54 e ). Les nouveaux pays membres de l'UE se classent pour huit d'entre eux entre la 24 e et la 35 e place, emmenés par la Slovénie, seule de ce groupe à avoir déjà adopté l'euro. Suivent les autres pays en transition d'Europe de l'Est, avec en tête l'Ukraine (37 e , +4 places), loin devant la Russie (58 e , -8 places). L'indice a été calculé à partir de critères tels que l'ouverture au commerce (mesuré en fonction du niveau des droits de douane), le développement humain (santé, éducation...), l'environnement (accès à l'eau potable...), les infrastructures (routes, transport aérien, télécommunications...), le système financier (crédit au secteur privé rapporté au PIB) ou encore la part de l'agriculture dans l'économie. Si les pays en développement restent à la traîne en termes de capital humain, d'infrastructures et de bien-être social, la situation évolue positivement '', selon la Cnuced.
Les contrats miniers revisités en RD Congo
Bradage du patrimoine minier national, déséquilibres flagrants en défaveur des entreprises publiques et au détriment de l'intérêt général, clientélisme, complicité et injonctions des autorités politiques dans la conclusion des partenariats aux contours douteux et manifestement léonins, absence de vérification de l'existence juridique des partenaires, sous évaluation des biens cédés ou amodiés, faible capacité de négociation ou complaisance entraînant la conclusion de contrats léonins avec des partenaires spéculateurs, absence de clause de résiliation des contrats en cas de faible performance, délits d'initiés.
Les observations et recommandations formulées par la Commission de re-visitation des contrats miniers, dont le pré-rapport circule déjà, sont accablantes et se résument en quelques mots : l'Etat congolais a été spolié, le patrimoine minier a été bradé à des sociétés étrangères, avec la complicité des plus hautes autorités du pays, c'est à dire de ceux qui se partageaient le pouvoir durant les quatre années de la transition.
Durant plusieurs mois, mise sur pied à l'initiative du gouvernement une commission d'experts nationaux a examiné les contrats miniers, avec l'aide de la Fondation Carter et du groupe Rotschild. Pour éviter de faire l'objet de pressions ou de menaces, les 35 experts ont travaillé dans une grande discrétion et à l'heure actuelle, ils se préparent à soumettre leurs conclusions aux autorités.
Le premier chapitre censé énumérer les contrats jugés viables, est désespérément vide: aucun des contrats analysés n'a réuni les critères nécessaires! Dans la deuxième catégorie, celle des contrats à renégocier, les experts citent 37 sociétés, qui sont entrées en partenariat avec d'anciennes sociétés d'Etat, privatisées ou vendues par appartements: la G ecamines , la M iba (Minière de Bakwanga), l'Office des Mines d'or de Kilo Moto, la S akima (or du Maniéma), la S odimico ou la minière de Kisenge.
De grands noms de l'industrie minière mondiale se font épingler : le groupe Lundin Holdings, présent dans la joint venture de Tenke Fungurume est accusé (comme la plupart des autres) d'avoir injustement rabattu les droits de la G ecamines , et d'avoir violé la loi minière en ne se limitant pas aux zones exclusives de recherche, Anvil Mining est accusé de s'être acquitté d'un pas de porte trop faible (5 millions de dollars) par rapport à la valeur des réserves estimées, (2 milliards de dollars), le Groupement pour le traitement du terril de Lumumbashi, est prié de produire un alliage d'une teneur plus riche et de récupérer le germanium contenu dans les scories, la East China Corporation est accusée de fixation arbitraire des parts sociales, la KCC (Kamoto Copper Company) où se retrouvent la Gecamines pour 25 pc et le groupe Kinross Forrest se voit reprocher d'avoir sous évalué les installations et infrastructures de la G ecamines . En ce qui concerne le diamant, de Beers est également mise sur la sellette, de même que la société BHP Billiton. Dans le cas de l'or, la société d'Etat Okimo, partenaire du groupe Mindev, a subi le rabattement injustifié de sa quote part dans le capital social, passant de 51 à 13,8 pc.
Pour tous ces contrats, la commission, émet des recommandations, suggérant, par exemple que les royalties promises soient payées et que les apports réels des partenaires dûment réexaminés. A propos d'une trentaine de contrats, la commission propose leur résiliation pure et simple. Reste à savoir si l'Etat congolais aura la capacité de renégocier des accords léonins, conclus avec des poids lourds de l'industrie minière mondiale et la complicité de personnalités politiques dont certaines sont toujours en fonction.
Colette Braeckman.
Les Chinois passent à la vitesse supérieure
La CDB- China Development Bank- a dépêché Madame Gan Hai Yan à Kinshasa pour démontrer à la partie congolaise tout le sérieux que les Chinois accordent à l'Accord signé le 12 octobre dernier au Grand Hôtel Kinshasa sur le financement et l'exécution de grands travaux. Les Chinois, a dit Madame Gan Hai Yan, ont hâte de commencer les travaux comme la construction de l'autoroute devant relier l'aéroport international de N'Djili au centre-ville de Kinshasa. Trois entreprises chinoises sont prêtes avec des moyens humains, matériels et financiers pour donner le premier coup de pioche dès le début du mois de janvier prochain. Dans les propos de la Chinoise, on a senti comme une certaine impatience. C'est comme si quelque chose bloquait. Mais c'est quoi au juste ? Et si blocage il y a, qui en est l'auteur ? Gan Hai Yan a beaucoup insisté sur le fait que la Chine tenait à respecter sa signature. Pour ce faire, il appartient à la partie congolaise de faciliter la tâche aux entreprises chinoises. L'émissaire de la CDB a parlé de formalités administratives et juridiques qui ne doivent plus retarder l'arrivée massive des milliards chinois. Elle a épinglé la lourdeur administrative côté congolais. C'est de cela seulement qu'il s'agit ? Pas certainement. Les Chinois aimeraient aussi être fixés sur les gisements miniers à exploiter en échange des routes. Ce vendredi 2 novembre, la délégation conduite par Madame Gan Hai Yan se rend à Lubumbashi, chef-lieu de la province du Katanga. Elle devait avoir des entretiens avec les autorités provinciales avant de visiter les gisements riches en minerais de cuivre, de cobalt, etc. Est-ce une façon pour les Chinois de prendre le contrôle de leurs carrés miniers ? C'est ici où les choses deviennent sérieuses. Tous les détracteurs du contrat signé entre la Chine et la RD Congo attendaient voir si les Chinois vont récupérer les gisements repris par l'Etat congolais à la suite de la révisitation des contrats léonins. Beaucoup d'exploitants miniers occidentaux, détenteurs de contrats léonins pour la plupart, avaient dénoncé le manque de transparence dans l'opération de révisitation engagée par le ministère des Mines. Ils auraient voulu que les critères de sélection fussent publiés. Nombreux ont crié à un éventuel surendettement de la RDC. Pourtant, il n'en est rien, selon les officiels congolais. Les Congolais eux, dans leur grande majorité, n'aspirent qu'à une chose: faire jouer la concurrence entre les Occidentaux et les Chinois. Que les meilleurs gagnent. Surtout que les besoins en infrastructures de la RDC sont reconnus de tous. Tout de même, on se demande si les pressions exercées par les multinationales occidentales n'expliquent pas en partie les propos de Madame Gan Hai Yan qui demande aux Congolais d'être sérieux. Quoiqu'on dise, quoiqu'il arrive, toutes ces gesticulations font partie de ce qu'on appelle à La Prospérité le grain de sable qu'il faut ôter.
Au stade où les choses sont arrivées, il n'est pas question de reculer. Les exploitants miniers occidentaux qui s'agitent n'ont pas les moyens d'empêcher les Chinois d'agir. Les Occidentaux eux-mêmes travaillent avec les Chinois. Divers accords de coopération sont signés. C'est le cas, par exemple, d'un contrat de vente à la Chine de 20 Air Bus avec l'engagement pris par les Européens d'implanter en Chine l'usine de fabrication de ces avions à la dernière livraison. Oter donc le grain de sable et laisser les Chinois construire les routes tout en respectant la clause sociale incluse dans le Code d'investissement congolais.
Alfred Mwari.
Le titre est de notre rédaction.
SPORTS&MUSIC
Belgique: racisme contre Matumona qui rompt son contrat à FC Brussels
L'international congolais Zola Matumona alias Room a décidé de résilier son contrat avec le FC Brussels, après les propos racistes prononcés à son encontre par Johan Vermeersch, président de ce club. Nous venons, mon avocat et moi, de porter plainte contre Johan Vermeersch, président du club. J'ai reçu depuis beaucoup de messages de soutien des autres joueurs africains '', a laissé entendre Matumona. Pour la petite histoire, Johan Vermeersch n'a pas digéré la défaite de son équipe face à Charleroi, 1-2 et surtout le penalty raté par le Congolais. Je vais te couper les pieds pour que tu ailles manger les bananes sur un arbre '', avait-il crument lancé l'ex-sociétaire de l'AS V. Club. La décision de Matumona est justifiée par les propos racistes et xénophobes prononcés à son encontre par Johan Vermeersch, en sa qualité de président du club du FC Molenbeek Brussels Strombeek, devant les joueurs de l'équipe première et en présence du staff technique ce mardi 30 octobre '', a déclaré l'avocat de Matumona. Sur le site du club, Johan Vermeerch a tenté une fois de plus d'atténuer les propos tenus le 30 octobre dans les vestiaires du club. J'ai essayé mardi de rappeler à tout le monde qu'ils étaient des footballeurs professionnels et qu'ils devaient donc prendre leurs responsabilités comme des professionnels. J'ai eu un échange vif avec entres autres, Julien Gorius, Matumona Zola et Flavien Le Postollec car j'attends d'eux bien davantage. Pas seulement sur le terrain mais aussi en dehors du terrain. Je déments formellement avoir tenu des propos racistes envers Zola. Et si quelqu'un devait s'être senti offensé et blessé par mes propos, je tiens à présenter mes excuses ici même, car jamais cela n'a été mon intention '', a-t-il confessé.
Alfred Raoul, le manager du joueur congolais qui a résilié son contrat avec le FC Brussels, devrait arriver lundi 5 novembre à Bruxelles pour s'expliquer sur l'affaire avec Johan Vermeersch, le président du club de D1 belge de football, dont les propos à caractère raciste ont provoqué la rupture de contrat de Matumona, conseillé par l'avocat Me Laurent Denis.
Alfred Raoul a déclaré dernièrement à tvbrussel que Laurent Denis n'est pas le seul à avoir le droit de s'exprimer sur ce dossier pour le compte de Matumona. J'ai toujours parlé du joueur avec Johan Vermeersch. Aujourd'hui, qu'un avocat vienne et dise qu'il est le seul à pouvoir s'exprimer au nom du joueur, c'est un peu fort de café. Qu'il parle. Mais attention, le terrain va maintenant passer sur le terrain juridique '', a déclaré Alfred Raoul dans un entretien téléphonique à la chaîne de télévision bruxelloise néerlandophone. Alfred Raoul estime que cette affaire n'est qu'une tempête dans un verre d'eau. Je ne vois pas pourquoi il faut rompre son contrat parce qu'un dirigeant a fait une déclaration. Une déclaration que nous condamnons fermement, mais qui commence à être mal interprétée '', a dit Raoul. Il y a des gens qui se sont engouffrés dans la brêche car ils manquent de notoriété et ils veulent rejaillier comme des chevaliers blancs. J'ai horreur de cela '', a dit Raoul.
Tatu Hilaire Lumbaie: Je ne peux laisser l'uvre ...s'écrouler ''
Depuis qu'il a annoncé son intention de reprendre la direction du DCMP, après avoir annoncé lui-même il y a quelques mois qu'il ne pourra revenir à la tête du DCMP qu'en 2013. Hilaire Lumbaie dit Tatu Hilaire a annoncé dans une interview à Irisfootball.com les raisons qui lui ont poussées à revenir sur sa décision après trois ans de présidence au DCMP. Des nouvelles structures, une nouvelle politique sportive, faire du DCMP un grand club moderne et suivre l'exemple de TP Mazembe sont des propos tenus par Hilaire Lumbaie.
Q.- On ne vous attendait pas revenir au DCMP avant 2013 comme vous l'avez dit vous-même ; qu'est-ce qui vous a poussé à revenir sur votre décision?
R.- Je suis parti parce que j'étais fin mandat et j'ai voulu laisser la place à d'autres Daringmen de pouvoir diriger le club mais curieusement 75 jours après, l'équipe est dans la rue, abandonnée, personne ne sait s'occuper d'elle. Touché par ces faits, je ne peux laisser l'uvre que nous avons construite s'écrouler de la sorte et surtout que la situation qu'a connue l'As V. Club cette dernière saison puisse aussi arriver au sein du DCMP.
Q.- Comment pouvez-vous dire que l'équipe est abandonnée alors qu'il y a eu élection et Didi Kinuani a été élu président de la coordination?
R.- Jamais le DCMP n'a connu de telle élection, je suis président sortant de l'équipe, je devais présenter mon bilan à la tête de l'équipe au cours de cette assemblée et passer le pouvoir au président élu, chose qui n'a pas été faite car j'étais arrêté comme vous le saviez pour ne pas participer à cette assemblée et jamais mon bilan n'a été présenté chose grave on a jamais vu ni attendu un seul mot du président élu au cours de cette assemblée. Si aujourd'hui Didi Kinuani se manifeste, je lui laisserai l'étendard. Mais je ne peux laisser Daring sombrer de mon vivant. Voilà pourquoi je suis venu solliciter le suffrage des Daringmen.
Q.- Qu'avez-vous apporté au club et que pensez-vous apporter une fois réélu?
R.- Depuis que je suis au DCMP, on a toujours gagné au moins un titre chaque année, nous avons amené du semi-professionnalisme au club en octroyant des salaires aux joueurs, nous avons doté l'équipe d'un terrain qui est en construction à Kinkole pour ne citer que ceux-là. Je ne peux pas dévoiler ce que je veux amener de nouveau, mais Sachez qu'il y a un stage prévu pour la Turquie, nous allons moderniser le club, recruter les meilleurs joueurs dans tout le pays.
Q.- Si vous êtes réélu, quelles seront vos stratégies pour la saison africaine ?
R.- Notre objectif a toujours été celui d'arriver en quart des finales de champion's league et pour cette saison, si je suis réélu, nous allons tirer les leçons des années précédentes. Voilà pourquoi il est temps que l'équipe commence la préparation dès maintenant, trouver des joueurs performants et ambitieux.
Q.- Avez-vous les moyens d'atteindre vos objectifs?
R.- Le Daring n'a jamais manqué les moyens mais seulement il faut savoir comment trouver et mobiliser les ressources.
Q.- Nos clubs sont gérés comme des boutiques, pas des structures, pas d'infrastructures et cela fait que nous ne sommes pas performants sur le plan africain. Quel remède pour que le football congolais reprenne sa place?
R.- Il faut tout simplement copier l'exemple de Mazembe. C'est le modèle du football congolais. Ici chez nous, à Kinshasa, on ne laisse pas le temps au comité de gérer l'équipe. Comité de sages, co-fondateurs et j'en passe, tous veulent avoir une mainmise sur la gestion de l'équipe. Cela a toujours été à la base de plusieurs conflits et ne peut pas permettre aux dirigeants d'atteindre leurs objectifs. Moi, je crois qu'il faut bannir toutes ces structures informelles et faire comme Mazembe. Vous verrez que les choses iront mieux...
Q.- DCMP va-t- il rayonner?
R.- Les Daringmen me connaissent. Je veux leur faire plaisir...
V. Club : Chris O'Lounghlin rejoint Bibey Mutombo
L'Irlandais Chris O'Lounghlin, ancien adjoint de Bibey Mutombo à Orlando Pirates, est attendu à Kinshasa la semaine prochaine pour seconder le coach de l'Association sportive Vita Club. O'Lounghlin aura pour mission d'apporter ses services techniques à l'entraîneur des Dauphins Noirs. On rapporte dans les milieux de V. Club que Lounghlin amenera l'équipe à Brazzaville pour un séjour de quatre dans le cadre des préparatifs de la prochaine saison. Il y a quatre ans, lors de son premier passage à la tête du staff technique de V.Club, Bibey avait souhaité préparer la saison 2007-2008 à Brazza. Trente joueurs effectueront ce déplacement la semaine prochaine. L'effectif de la saison dernière a connu plusieurs départs.
A travers la vie des Chrétiens'', Matope exalte la puissance de Dieu
Il est déjà dans le bac chez les disquaires, le nouvel album de Kool Matope. Des informations reçues des milieux des distributeurs révèlent que le premier lot de cassettes disponibles au marché depuis près d'une semaine, est en passe d'être épuisé tant les mélomanes et les revendeurs à la criée se les sont disputées comme de petits pains. Intitulé Explosion '', cet album de 14 titres, compositions du talentueux Kool Matope, offre à ceux qui auront à l'écouter une diversité des styles, comme sait le faire l'artiste. Le fonds est, comme dans les habitudes du géniteur de Danger de mort '' ou Papa telema osala '', suffisamment tamisé pour affermir -mieux révolutionner- la foi des chrétiens ou amener au salut et à la délivrance ceux qui ne croient pas encore en Christ. L'album contient en effet de grandes révélations que bon nombre de chrétiens ignorent. Un titre comme Nzambe na Elonga '' chanté sur un rythme saccadé où le zouk se mêle à la rumba et au sebene, constitue une affirmation de la puissance du Dieu Tout-puissant dans la vie de ses enfants. Un enfant de Dieu est dieu comme un lionceau - petit du lion- est en fait un Lion '', chante Kool. Il explique que tout est possible à celui qui croit en Christ. Et que comme son Père (Dieu), le chrétien a pouvoir sur toute chose, la vie et la mort sont au pouvoir de ta langue, psalmodie-t-il. Quelle parole affermissant! Tout comme Yo !'', une interpellation comme on peut le comprendre en lingala. Yo !'' est encore une exaltation plus forte de la magnificence de la gloire divine dans la vie de ceux qui croient en Jésus-Christ, des chrétiens. Tenez. Outre la réaffirmation de ce que les chrétiens sont des dieux, Kool s'appuie sur la sainte Bible d'où il puise le verset clé de sa chanson. Dans le même registre, s'inscrivent d'autres chansons comme Tout est à toi '' ou Jamais vu '' ou encore Je vis ton amour '' dans lesquels Kool rappelle l'omnipotence de l'Eternel et sa prescience par lesquelles Il tire l'homme de la boue et le sauve par la rédemption en Christ Jésus.
Eddy ISANGO.
***the end***
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