Cinq chantiers : la polémique !
Le Phare 10/04/2008
Virulente et frontale, l'attaque est venue de là où on l'attendait le moins. Mais qui a dit que Franck Diongo n'avait pas quelques petits comptes à régler avec le régime congolais ? Pourtant, le leader du parti lumumbiste progressiste, député honoraire n'a pas du tout l'air de s'amuser, renouant avec ces accents, quelque peu perdus dans le brouhaha d'une scène politique fragmentée, de ce que furent jadis les enfants terribles de l'opposition politique congolaise.
Ni plus ni moins, Franck Diongo critique les choix annoncés mardi par le ministre des Travaux Publics et Infrastructures Pierre Lumbi, dans lesquels le député honoraire trouve que l'Est de la RDC a été privilégié par rapport aux autres provinces et régions. « On a exactement investi là où la majorité et le président (de la république, Ndlr) ont été votés. Et à l'Ouest et au Centre où la majorité et le président n'ont pas été votés, on n'a pas investi », déclare Franck Diongo cité par Okapi. Avant de préciser : « Prenons le cas des routes. Pour la seule ville de Lubumbashi, on a investi dans les fonds chinois 1,6 milliards de dollars (…) Il n'y a pas seulement disparité, mais le choix politique a sacrifié. Donc, la politique du gouvernement fragilise la République. J'aurai souhaité une politique de solidarité nationale, pas le clivage Est-Ouest . Je vous l'ai dit, aucune route de l'Ouest n'a été choisie. Alors, réfléchissez-y ! »
Polémique
Le leader du parti lumumbiste progressiste fait allusion au programme de reconstruction annoncé mardi par le ministre Pierre Lumbi, avec un volet routes tellement fourni qu'on peut se demander à juste titre s'il sera effectivement exécuté. Ce ne sont pas les tâches qui manquent : reconstruction du tronçon Lufumi-Kwango sur la nationale n°1 au Bandundu ; reconstruction du tronçon Nsele-Lufumi sur la nationale n°1 à Kinshasa et au Bandundu ; reconstruction du tronçon Kwango-Kenge sur la nationale n°1 au Bandundu ; construction de l'autoroute Lubumbashi-Kasumbal esa au Katanga ; construction de la route Kolwezi au Katanga ; construction de la route Lubumbashi-Kasumeno -Kasenga au Katanga ; construction de la route Likasi-Kolwezi au Katanga ; construction et bitumage de la route Kasindi-Beni- Bunia-Niania au Nord-Kivu et Province Orientale ; construction de la route Boma-Matadi au Bas-Congo ; réhabilitation de la route Muanda-Boma au Bas-Congo ; réhabilitation de la route Bukavu-Kavumu au Sud-kivu ; réouverture de la route Uvira-Kalemie au Sud-Kivu ; réouverture de la route Kalemie-Nyunzu- Kabalo-Manono- Mituaba-Likasi au Katanga ; réhabilitation de la route Bukavu-Kasongo au Sud-Kivu et au Maniema ; réhabilitation de la route Kananga-Mbuji- Mayi-Kabinda- Kasongo au Maniema et Kasaï Oriental ; réhabilitation de la route Kasongo-Kindu au Maniema ; réouverture de la route Kisangani-Banalia- Buta-Aketi- Bunduki-Bumba et Bulia-Bondo dans les provinces Orientale et Equateur ; réouverture de la route Akula-Gemena- Mbari et Boyabo-Zongo dans la province de l'Equateur ; réouverture de la route Mongata-Bandundu- Nioiki-Bikoro dans les provinces de l'Equateur et Bandundu ; réhabilitation de la route Batshamba-riviè re Loange plus construction pont ; réouverture de la route Kananga-Benadibele- Lodja ; réhabilitation de la route Niania-Isiro.
A priori, le volet routes touche donc toutes les provinces, au point de soulever des interrogations légitimes sur le sens de la déclaration du député honoraire. Pour les uns, la question se pose en termes de déséquilibre à résorber, tandis que pour d'autres le choix des ouvrages à réaliser n'a pas du tout été fait au hasard .
C'est du reste sur un air de polémique que Pierre Lumbi a réagi à la déclaration de Franck Diongo . «L'Est n'est pas du tout privilégié. Je vous renvoie à tout ce que je dis aujourd'hui. Si vous voulez faire le calcul des détails, cela est rendu public. Essayez de faire le calcul et de voir ce qui revient à l'Est, à l'Ouest et au Centre. Je vous dis, pour la seule province-ville de Kinshasa, sur les 350 millions de dollars, il y a 150 millions consacrés à la voirie urbaine et à d'autres projets, tels que les centres de formation aux métiers de travaux publics qui, en fait, nous préparent à tous ces chantiers. Vous savez, il y a longtemps que nos ouvriers n'ont pas été spécialisés. C'est la première chose. Deuxième chose, lorsque vous dites que la seule ville de Lubumbashi va consommer 1,5 milliards, où avez-vous trouvé ces chiffres ? Ce que nous venons d'annoncer, et je l'ai dit, les 750 millions, c'est la planification que nous avons faite pour la première année ».
Il faut le débat
La preuve est donc de nouveau faite : la confiance n'existe toujours pas, avec le terrible risque de diviser davantage les Congolais sur fond d'un clivage imaginaire Est-Ouest. Les élections générales de 2006 sont certes passées par là. Les affaires Nkunda avec la conférence sur la paix et la sécurité dans les deux Kivu, Kyungu dans le Katanga et BDK dans le Bas-Congo, en introduisant imprudemment des traitements sélectifs par rapport aux provinces, aux leaders politiques et aux événements que ces derniers ont suscités, n'ont pas toujours contribué à ce que les choses aillent nécessairement dans le sens de la cohésion et de la solidarité. Il faut en plus y ajouter l'opacité qui continuer de présider à la gestion des contrats chinois pour déboucher sur un climat lourd fait de méfiance et de suspicion.
Ce n'est pas tout. La dette extérieure qui continue aujourd'hui de peser lourdement sur les efforts engagés par la RDC pour retrouver les voies de la croissance et de la prospérité n'est pas l'apanage, le privilège ou l'exclusivité de telle ou telle province ayant accueilli tel ou tel projet – l'exemple du barrage d'Inga dans le Bas-Congo - mais plutôt le lot de tous les Congolais qui en paient encore aujourd'hui le tribut le plus lourd. Voilà donc pourquoi, au lieu de laisser nos compatriotes s'entredéchirer, il faut commencer par leur donner l'information, la vraie, afin de renforcer leur citoyenneté. Il faut par la suite se convaincre que la transparence est un élément essentiel de la bonne gouvernance. Il faut ouvrir un véritable débat au niveau de la représentation nationale afin de permettre aux Congolais, en critiquant, en corrigeant tel ou tel aspect des projets, ou en les enrichissant, et de se les approprier.
En effet, ne pas se plier à cet exercice de simple bon sens, c'est non seulement amplifier la suspicion et la méfiance, mais aussi et surtout fournir des arguments à ceux qui pensent qu'il y a une sorte de grand secret, mais aussi des choses pas toujours avouables qu'on cherche à cacher aux Congolais.
Enfin, il faut se rendre à l'évidence que ce dont le programme de reconstruction de la RDC a le plus besoin, c'est que les cinq chantiers ne soient pas l'affaire du seul Président de la République qu'on féliciterait en cas de succès et qu'on s'empresserait de blâmer en cas d'échec, pour devenir le projet de tous les Congolais engagés dans la voie de la reconstruction.
Pour cela, il n'y a pas d'autre recette miraculeuse que d'impliquer ces derniers en leur donnant la bonne information, en leur expliquant les tenants et les aboutissants des projets mis en oeuvre, en les convaincant, par une transparence tous azimuts, non seulement qu'il n'y a rien à cacher, qu'il n'y a aucun avantage indu que certains responsables chercheraient à arracher, qu'ils ont enfin comme acteurs et bénéficiaires le droit, le devoir et la capacité d'interpeller les dirigeants et d'évaluer, étape par étape, l'évolution des projets.
2008-04-10
(KGM) Les cinq chantiers du Chef de l'Etat requièrent 14 milliards Usd
(Digitalcongo. net 10/04/2008)
Les cinq chantiers du Chef de l'Etat Joseph Kabila Kabange requièrent 14 milliards de dollars américains, a révélé Olivier Kamitatu, ministre du Plan, à l'occasion du lancement officiel des grands travaux d'infrastructures à travers la République démocratique du Congo.
Les cinq chantiers du Chef de l'Etat Joseph Kabila Kabange requièrent 14 milliards de dollars américains, a relevé Olivier Kamitatu, ministre du Plan, à l'occasion du lancement officiel de grands travaux d'infrastructures à travers la République Démocratique du Congo.
Le gouvernement a déjà mobilisé 9 millions dans le cadre de la coopération entre la Chine et la RDC. L'Afrique du Sud dans le cadre de la coopération a consenti 600 millions et l'Inde va pour son compte débourser 750 millions soit un montant de près de 11 milliards USD.
Le gouvernement par les efforts propres va compléter la différence en vue de réaliser le programme du Chef de l'Etat. A ce titre, le ministre Olivier Kamitatu a fait remarquer que le budget 2008 connaît une allure exponentielle dans le sens de la croissance.
Répondant à la question de l'immobilisme du Premier ministre Antoine Ginzenga, le ministre près le Premier ministre, Mayobo a indiqué que le Premier ministre a une tâche de coordonner l'action du gouvernement. Dans le cadre de ses attributions, il a signé 300 ordres de mission et participe au Conseil des ministres et pousse les membres du gouvernement à aller vers les coopérants et la population. Toutefois, comme le gouvernement bouge, donc c'est le Premier ministre qui bouge, a-t-il conclu.
(Ern.)
Acp Ce vendredi à Kasumbalesa, Kabila pose la première pierre de l'autoroute !
(La Prospérité 10/04/2008)
Une forte délégation gouvernementale est arrivée hier mercredi 9 avril à Lubumbashi. Martin Kabwelulu, Maker Mwangu, Godefroid Mayobo, Simon Mboso, Charles Mwando Nsimba et Pierre Lumbi attendent le Président Joseph Kabila qui va donner, demain vendredi, le coup d'envoi des travaux de l'autoroute Lubumbashi- Kasumbalesa.
C'est la course à la montre dans l'exécution de cinq chantiers du Président Kabila. Juste un jour après le point de presse du ministre des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction, Pierre Lumbi, c'était le mardi 8 avril au Grand Hôtel Kinshasa, une forte délégation gouvernementale est descendue à Lubumbashi au Katanga pour donner le coup d'envoi des travaux de l'autoroute devant relier la capitale du cuivre à Kasumbalesa. Kasumbalesa est situé à 96 Km de Lubum. A l'aéroport international de N'Djili, en route pour Lubum, les reporters ont aperçu, hier mercredi 9 avril, le ministre des Mines Martin Kabwelulu, celui de l'Energie Salomon Banamuhere, Godefroid Mayobo l'homme de main du Premier ministre, Simon Mboso de l'Industrie, Charles Mwando Nsimba des Transports et Voies de Communication, Maker Mwangu de l'EPSP et, bien sûr, Pierre Lumbi lui-même. A leur descente d'avion à l'aéroport de Lubumbashi, les membres du Gouvernement central ont été reçus par le Gouverneur Moïse Katumbi du Katanga. Dans la soirée d'hier, la Gecamines a organisé un dîner-débat. Ce qui a permis aux officiels d'échanger sérieusement. Ce jeudi 10 avril, il est prévu une visite d'inspection à Tenke Fungurume où des américains exploitent le cuivre. Le ministre de l'Industrie devait prendre la tête de la délégation.
Certaines indiscrétions ont laissé entendre que le Chef de l'Etat, Joseph Kabila, présidera demain vendredi 11 avril la cérémonie de lancement des travaux. Joseph Kabila proviendra de New Delly (Inde) où il a participé au Sommet Inde –Afrique. A New Delly, le cabinet de Mbusa Nyamuisi, ministre congolais des Affaires Etrangères, a négocié pour que l'Inde augmente son appui à la réalisation des chantiers du Gouvernement. Notamment, dans les domaines des infrastructures, de l'agriculture, des chemins de fer et celui de la coopération militaire. Si l'Inde s'engage, elle sera la deuxième nation asiatique, après la Chine à le faire. L'affaire de la reconstruction du Congo n'est pas q'une affaire des asiatiques. Le Gouvernement a dernièrement déclaré que tous les partenaires traditionnels étaient en lice. La Banque Mondiale, le FMI, l'Union Européenne, les Agences des Nations Unies, etc. Ce détail a toute son importance dans la mesure où l'accord passé avec la Chine avait soulevé les vagues en Occident. Le fait pour le Royaume Uni de s'associer à la réalisation des infrastructures en prenant l'aspect environnemental a été très bien apprécié par les Congolais. Dans l'entourage du Chef de l'Etat, on indique que le déplacement de New Delly est à inscrire dans le cadre de la mobilisation des ressources en vue de transformer le Congo et de lutter contre la pauvreté.
Après Kasumbalesa, il est prévu que dans ce courant avril la délégation gouvernementale aille à Bukavu au Sud-Kivu . Il sera alors question de lancer les travaux de reconstruction de la route bitumée entre Bukavu et l'aéroport de Kavumu. On ne va s'arrêter en si bon chemin. Dans les dix prochains mois, Pierre Lumbi, encore et toujours lui, devra faire pratiquement le tour du pays. Il sera au Bandundu pour la reconstruction du tronçon Lufumi- Kwango sur la route nationale n°1 au Bandundu ; la reconstruction du tronçon Kwango –Kenge. En Province Orientale , le Gouvernement va construire et bitumer la route Kasindi –Beni-Bunia-Niania. Une route d'une importance stratégique qui reliera la Province Orientale au Nord Kivu.
Au Bas-Congo , on annonce la construction de la route Boma-Matadi et la réhabilitation de la route Muanda- Boma. Au Kasaï, la réhabilitation de la route Kananga- Mbujimayi-Kabinda- Kasongo.
Pour l'Equateur , il est fait état de la réouverture de la route Akula-Gemena- Mbari et Boyabo- Zongo. Il y a aussi la route Lisala- Bumba à réhabiliter. Aucune province n'a été oubliée , précise-t-on. Surtout qu'il n'y a pas que de routes à construire ou à réhabiliter. Dans le volet bâtiment, il a été annoncé la construction de 1.000 premiers logements à Kinshasa; la construction de 1000 premiers logements en Provinces, la construction d'un hôpital moderne à Kinshasa (450 lits) ; la construction de deux hôpitaux au Bandundu et au Katanga (150 lits) ; la construction de deux centres de formation aux métiers BTP à Kinshasa et à Lubumbashi ; la construction d'un hôtel de 450 chambres à Kinshasa et la construction de 2 immeubles résidentiels de 26 étages chacun à Kinshasa.
C'est du jamais vu.
Il faudra peut-être remonté à l'époque coloniale pour voir pareils investissements.
La Prospérité
10-04-2008 - 11:30:27