South People's Projects-SoPPro 

 

 

 

 


Newport (Pays de Galles, Royaume-Uni)

Lundi 10 août 2009

COMMUNIQUE DE PRESSE

Ba MONIMAMBO : Sur les traces de Henry Morton STANLEY

 

La République Démocratique du Congo, ancien Zaïre, est le troisième plus grand pays d’Afrique. Sa superficie domine toute l’Afrique Centrale. A première vue, il peut sembler que ce pays n’a rien de commun avec le Pays de Galles et le Royaume-Uni, particulièrement parce qu’il n’a pas été une colonie britannique. Cependant, l’histoire nous apprend qu’un siècle passé, un célèbre explorateur britannique né gallois, Henry Morton Stanley (1841-1904) avait été le premier à explorer et à établir la première carte du Congo. Avec le projet « Ba MONIMAMBO », South People’s Projects-SoPPro, une ONG internationale basée à Newport au Pays de Galles, voudrait explorer, raconter, partager et faire connaître cet héritage commun aux Britanniques (et Galois) et aux Congolais habitant le Royaume-Uni et le Pays de Galles.

Le projet, d’une durée de dix mois, est entièrement financé par Heritage Lottery Fund Wales et coordonné par Norbert X Mbu-Mputu assisté de Deo Katya Kasereka, avec des experts, des spécialistes divers et des volontaires.

L’histoire et l’image de Stanley rencontrant Dr David Livingstone à Ujiji, une petite citée à l’est du Lac Tanganyika, à la seconde moitié du 19ème siècle et sa citation « Dr Livingstone, je présume ! » sont déjà très connues. Il semble, selon certains experts, que cette rencontre fut l’un des scoops les plus célèbres de toute l’histoire du journalisme. Malheureusement, une petite recherche et enquête privées ont montré que très peu de gallois et des congolais, même vivant en Grande-Bretagne et au Pays de Galles, savent que Stanley était en fait un Britannique né au Pays de Galles. Même Stanley lui-même, pendant sa vie et surtout pendant ces moments de gloire, avait toujours caché son identité galloise et était plus connu comme un journaliste américain ou simplement britannique, ayant d’ailleurs changé son nom de naissance gallois, John Rowlands, en Henry Morton Stanley, son nom d’adoption.

Le projet « Ba Monimambo » connaitra aussi la participation de 15 jeunes d’origine congolaise et autres, vivant essentiellement au Pays de Galles, à Newport, Cardiff et Swansea. Ils vont explorer, enquêter, questionner et participer aux conférences, interviews et recherches pour découvrir cet héritage historique commun entre les congolais et les gallois, entre le Pays de Galles et le Congo, et surtout les faits historiques importants, en se mettant sur les traces d’Henry Morton Stanley. Ils vont visiter les endroits où Stanley est né et a vécu au Nord du Pays de Galles, le lieu de sa tombe à Surrey, au Sud de Londres, et surtout découvrir et faire découvrir au sujet des Congo Boys, de la Congo Reform Association et de Kongo Institute of Wales.

Au sujet de ceux qu’on appela « Congo Boys of Cardiff », il s’agit des premiers congolais à s’installer au Pays de Galles en 1885. Ils furent ramenés par le Pasteur gallois protestant, un ami de Stanley, le Révérend William Hughes. Les « Congo Boys » contribuèrent grandement au lancement du « Congo Institute of Wales ». En effet, ils parcoururent le Pays de Galles, chantant des hymnes en gallois, en Anglais et dans l’une ou l’autre des langues congolaises qu’ils parlaient pour la collecte des fonds destinés au fonctionnement de l’institut. Connu aussi sous le nom de « African Training Institute », l’institut avait fut fondé en 1890 et basé à Nant y Glyn, Colwyn Bay, au nord du Pays de Galles. En effet, après son voyage au Congo, le pasteur Hughes était convaincu que la meilleure façon de penser offrir un avenir meilleur à l’Afrique fut de recruter quelques uns de ses enfants, de venir les former dans des métiers divers au Pays de Galles, de leur enseigner l’évangile et les renvoyer chez eux. Ces derniers deviendraient de vrais moteurs et agents de changement dans  communauté et leurs villages. Les jeunes ainsi recrutés étaient ainsi formés aux métiers de charpentier, cordonnier, tailleur, etc… L’institut forma nombreux jeunes du Congo et d’autres pays africains. Il ferma définitivement en 1911.

Comme l’écrit d’ailleurs Charlotte Williams dans son livre (Sugar and Slate, Planet Books) au sujet des « Congo Boys of Cardiff », morts et enterrés à Colwyn Bay, «leur cimetière racontent l’histoire d’un ambitieux projet qui a connecté l’Afrique au Pays de Galles, une histoire qui continue à somnoler dans ces tombes pour beaucoup d’années encore ». 

Puisque l’intégration constitue l’un des problèmes cruciaux des communautés venus habitées le Royaume-Uni, l’ambitieux projet “Ba Monimambo” voudrait aussi assister et aider les jeunes d’origine congolaise, vivant au Pays de Galles, à bien s’intégrer dans a société et la culture britannique, en les aidant à avoir des racines en leur apprenant à connaître l’histoire et la culture congolaise et africaine, puis en en les aidant à s’intéresser aussi à la culture et à l’histoire du Royaume-Uni et du Pays de Galles où ils vivent désormais.

Quelques activités seront organisées tout au long du projet : des visites sur ces endroits historiques communs entre le Congo, le Pays de Galles et le Royaume-Uni : le nord du Pays de Galles notamment Denbigh, le lieu de naissance de Stanley, et les sites autour, Liverpool, Cardiff, Bristol et London.

L’histoire de Stanley est, malheureusement connecté à celle du Roi Léopold II dont l’entreprise au Congo, voici un siècle, fut l’une de plus grandes atteintes aux droits humains. En effet, c’est de justesse que le Congo ne devint pas une colonie britannique. Après sa découverte par Stanley et son célèbre voyage de 999 jours de Zanzibar à Boma, et surtout après la publication de son ouvrage, « A travers le continent inconnu », ouvrage publié après son célèbre premier best seller « Comment j’ai rencontré Dr Livingstone », les britanniques qui étaient déjà présents dans nombreux pays africains ne s’intéressèrent pas aux récits de Stanley. Léopold II, jeune monarque Belge en quête d’une colonie pour sa petite Belgique, sauta sur l’occasion et signa un contrat avec Stanley qu’il renvoya au Congo travailler pour ses intérêts. Avec l’aide de Stanley et usant de sa ruse, le Roi réussit à fonder son Etat Indépendant du Congo, reconnu par tous les signataires de l’Acte général de la Conférence de Berlin en 1885. Comme le roi voulait tirer grand profit de « son » Congo et qu’il y avait une forte demande de caoutchouc notamment par la florissante industrie pneumatique basée à Liverpool, les agents au service du Roi transformèrent le Congo en un vrai mouroir. Pour augmenter la production du Caoutchouc exploité à partir des lianes sauvages, des populations périrent par millier, des villages brûlés, des hommes, femmes et enfants se retrouvèrent avec des membres amputés. Les profits tirés de l’exploitation du Congo firent du Roi l’un des hommes riches de la planète et l’aidèrent à concrétiser ses ambitions : bâtir de grandes édifices à Bruxelles, notamment le Palais Royal de Laeken.

Cette fois-là, ce sont les britanniques qui se levèrent contre cette exploitation abusive du Congo et ces atteintes aux droits humains par le Roi et ses agents. Edmund Morel créa ainsi la « Congo Reform Association » pour faire campagne contre les atrocités du Roi au Congo, Joseph Conrad écrivit son célèbre petit roman : « Au Cœur des ténèbres », tandis qu’Arthur Conan Doyle écrivit aussi son célèbre pamphlet « Le soliloque du Roi Léopold II ». C’est ainsi que « la question congolaise » fut inscrite dans les annales du parlement britannique et celle-ci, après avoir dépêché au Congo une commission spéciale, décida de faire pression sur le Roi et ce dernier fut obligé de stopper à ainsi maltraiter les populations congolaises.

Actuellement encore, pendant presque dix ans, le même Congo est devenu, une fois de plus, l’un des champs de batailles le plus meurtrier de la terre. Depuis 1996, plus de 12 armées nationales et une vingtaine de groupes armés se sont battus au Congo. Cette fois-ci, les ressources minières congolaises, spécialement le Coltan, utilisé dans la fabrication des téléphones portables et des ordinateurs, ont remplacé le caoutchouc exploité par Léopold II. Puis, malgré les élections financées à grand prix par la communauté internationale, une force de maintien de la paix de l’ONU avec la plus couteuse opération de paix des Nations Unies avec presque 20.000 casques bleus, les derniers rapports des organisations humanitaires montrent que beaucoup restent encore à faire au Congo et que le risque est grand de tomber dans une dictature semblable à celle de Léopold II au Congo. Tous les maux d’antan semblent refuser de quitter l’agir des gestionnaires actuels du Congo : la corruption, les atteintes aux droits humains et à la liberté de presse et d’opinion. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le projet « Ba Monimambo » veillera aussi à se connecter aux autres initiatives et actions pour un changement véritable au Congo, spécialement en devenant partenaire du « Congo now 2010 » organisé par la Commission Parlementaire pour la région des Grands Lacs du Parlement Britannique. « Congo now 2010» entend ainsi faire campagne et sensibiliser au sujet des nouvelles atrocités des guerres congolaises et la volonté réelle d’un changement au Congo.

Comme 21 autres pays africains, le Congo-Kinshasa fêtera et commémorera en 2010 son cinquantième anniversaire de son indépendance. Le projet va aussi saisir la même opportunité pour que les jeunes gens puissent interviewer les ainés et parents vivant au Pays de Galles et au Royaume-Uni au sujet de ces années des indépendances, au sujet des personnalités célèbres ou héros, histoire q-et personnalités qu’ils ignorent souvent.

A la fin du projet, ces interviews et voyages seront compilés et éditer sous forme d’ouvrage et de film documentaire. Le livre montrera aussi la contribution des congolais vivant au Pays de Galles dans la culture multiraciale britannique et galloise, avec tous les problèmes liés à l’intégration des congolais dans cette communauté nouvelle.

L’un des objectifs de South People’s Projects est de devenir une vraie organisation non gouvernementale, avec de bonnes pratiques en matière de gestion des ressources et de réponse aux problèmes spécifiques de la communauté, travaillant pour au Royaume-Uni et en Afrique. A travers ce projet et à travers Henry Morton Stanley, un personnage historique commun pour le Royaume-Uni et l’Afrique, la vision est que ce projet serve à jeter les bases d’un nouveau partenariat entre la République Démocratique du Congo et le Pays de Galles, à travers des projets divers, voire à travers des programme de jumelage des villes et cités. A long terme, South People’s Projects et son projet « Ba Monimambo » peuvent participer aux nouveaux défis mondiaux que sont le réchauffement climatique, en devenant par exemple partenaire de « The Prince’s Rainforest Project Awareness », en s’inscrivant à l’initiative du Premier Ministre Gordon Brown sur le Fonds pour « The Congo Basin Forest Fund », profitant pour cela de nouveaux concepts comme « le commerce équitable », « Le Pays de Galles pour l’Afrique » et, finalement, s’inspirer du dernier rapport du Département des Finances et Développement International du gouvernement britannique qui vient de publier son rapport-programme “Building our common future. White Paper 2009: Global action by the UK government to help make a fair, safe and sustainable world”

Le projet “Ba Monimambo” peut aussi inspirer une nouvelle initiative « Amitié Congo-Pays de Galles », partie prenante de l’ « Amitié Congo-Grande Bretagne», avec un accent spécial sur des échanges entre communautés, entre villages, villes et cités, partenariat entre ONG et associations de la société civile, pour des échanges divers et dans un respect mutuel des peuples.

Au Congo-Kinshasa, Henry Morton Stanley reste un personnage central dans tous les manuels d’histoire depuis l’école primaire. L’histoire orale est remplie de ses références surtout de son sobriquet tant aimé par lui-même de « Bula-Matari », le briseur des rochers. Le mot lui-même a fini par entrer dans la lexicologie congolaise et signifie, dans plusieurs langues et dialectes du Congo, l’Etat, le gouvernement, le pouvoir publique. Malheureusement, la seule ville congolaise à avoir portée le nom de Stanley, Stanleyville, a été longtemps débaptisée en Kisangani ; même le célèbre Stanley Pool, entre Kinshasa et Brazzaville porte le nom de Pool Malebo. Et, curieusement, il n’existe à ce jour aucun monument de Stanley, ni au Pays de Galles, ni au Congo-Kinshasa. Le seul qui s’y trouvait à Kinshasa a été déboulonné en 1971 et moisi dans un jardin d’un édifice public de Kinshasa. Démarrer une campagne au Pays de Galles et au Congo pour l’érection d’un monument pour Stanley peut aider à pérenniser sa mémoire et son œuvre.

Stanley a aussi exploré le Mai-Ndombe, célèbre dans ses expéditions pour ses eaux noires dont Stanley voulu percer le mystère. La région, avec son lac intérieur, reste l’un des plus beaux sites de la cuvette centrale. Le projet « Ba Monimambo » voudrait aussi encourager les gallois à visiter le Congo et à développer de nouveaux partenariats avec des communautés congolaises. En se mettant sur les traces de Stanley, les gallois peuvent ainsi devenir fiers de leur compatriote et fiers d’eux-mêmes, tandis que les congolais, surtout habitant le Pays de Galles, peuvent ainsi rendre hommage à un personne qui aura joué un rôle central dans leur histoire.

Comme le pense Norbert X MBU-MPUTU, le coordonateur du projet, « Ba Monimambo » peut devenir, pour emprunter les mots de l’ancien président sénégalais et poète Léopold Sédar Senghor, un rendez-vous du donner et du recevoir, conséquence de ce que le président Barack Obama appelle dans son livre « Rêve de mon père », le choc des cultures.

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