Revue de la presse du 29 juin 2010

La confirmation de l’arrivée, hier lundi à Kinshasa, du couple royal belge et les incertitudes du ministre congolais des Finances de la suite que le gouvernement de Kinshasa attend de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International de l’atteinte du point d’achèvement, barrent les Unes parus à Kinshasa. Revue de la presse.    

1.      Politique

«Albert II est arrivé à Kinshasa», confirme Radio Okapi sur son site. «Accompagné de son épouse la reine Paola et du Premier ministre belge démissionnaire Yves Leterme, Albert II est arrivé lundi 28 juin après-midi dans la capitale congolaise, relate la radio onusienne. Le roi des Belges a été accueilli à l’aéroport international de Ndjili par le Premier ministre congolais Adolphe Muzito». «Le roi a également eu des entretiens le soir avec le Chef de l’Etat congolais Joseph Kabila au Palais de la nation au cours d’un dîner privé, poursuit Radio Okapi. Il devra assister aux festivités des cinquante ans d’indépendance de la RDC le mercredi 30 juin, dans la capitale de la RDC». La radio onusienne rappelle qu’il y a vingt cinq ans qu’un roi de la Belgique n’a plus été en visite à Kinshasa. Le dernier voyage officiel étant celle du roi Baudouin en 1985.

A Kinshasa, rapporte le journal Le Figaro, «Albert II sera un invité muet». «La visite, hautement symbolique, sera d'une extrême discrétion, note le journal français. Une illustration claire que vingt-cinq ans après le dernier séjour royal au Congo, entre Bruxelles et Kinshasa l'histoire, faite de massacres, d'incompréhensions mutuelles et de défiance, ne s'est pas apaisée». Pour Le Figaro«l'invitation inattendue lancée début janvier par le président Joseph Kabila au souverain, tout en marquant un net rapprochement, a suffi à rallumer les polémiques». « En République Démocratique du Congo, on s'est étonné par avance de la présence à la fête de la Liberté du premier des anciens colonisateurs qui se distinguèrent par leur brutalité, fait remarquer l’auteur de l’article. En Belgique, des ONG ont protesté contre ce voyage qui cautionne à leurs yeux un pouvoir congolais peu démocratique et une armée plus familière des meurtres de civils que de la défense de la nation». Le gouvernement belge - qui autorise ou non les déplacements du roi - a pourtant fini par donner son blanc-seing. Sous condition. L'armée belge ne participera pas au défilé militaire. Albert II, tout chef des armées et général qu'il est, y assistera en civil. Mais, surtout, devant ses anciens sujets, le roi devra rester muet. Aucun discours n'est prévu.

Pour le journal L’Avenir, l’heure est au bilan. «Le cinquantenaire de la RDC est en effet celui de l’Afrique lorsqu’on sait que le gros des pays africains, à l’exception de la Lybie, du Liberia (jamais colonisé), de l’Ethiopie (jamais colonisée), du Ghana (1957) et de la Guinée (1957), ont eu leur indépendance en 1960, rappelle le quotidien kinois. Tous fêtent cette année le cinquantenaire de leur sortie de la colonisation». A en croire le journal du député PPRD Pius Muabilu, «tous ces pays n’ont pas fait de leur cinquantenaire un événement autant qu’en RDC». Pour L’Avenir, «il y a des raisons pour ce faire, même si tous les pays africains ont connu un après indépendance aussi troublée qu’en RDC. Mais en RDC, il y a une raison particulière de faire de ce cinquantenaire un événement qui marque la fin du système, la fin consciente de la descente aux enfers». Toutefois, le journal reconnaît que la RDC vient de loin. Et que, c’est pour la première fois que les autorités congolaises ont pris conscience pour dire que cette fois «il faut prendre le plus bel élan».

Dans une interview accordée au journal Le Potentiel, Mobutu Nzanga vice-Premier ministre et ministre du Travail et de la Prévoyance Sociale, et fils de feu maréchal Mobutu, estime que «la célébration du cinquantenaire devrait rassembler la Nation» et il préfère parler «d’évaluation». Pour le président national de l’Union des Démocrates Mobutistes, UDEMO, «la célébration du cinquantenaire de la RDC constitue une belle opportunité pour rassembler la Nation». Acteur politique actif, il dit se sentir  interpellé et saisit cette circonstance pour lancer un appel à tous les Congolais afin qu’ils s’inscrivent dans cette logique en vue de permettre à la RDC de retrouver sa place dans le concert des Nations.

Pendant ce temps, La Voix de l’Amérique annonce que Etienne Tshisekedi s’apprête à rentrer à Kinshasa pour préparer les élections de 2011. Dans une interview exclusive accordée à la VOA depuis Bruxelles où il reçoit des soins de santé, le leader historique de l’opposition congolaise «a confirmé qu’il se présenterait à l’élection présidentielle de l’an prochain». La VOA rappelle que «son parti, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), avait boycotté les premières élections libres du pays en 2006». Le président de l’UDPS a déclaré qu’il rentrerait en août ou septembre pour le congrès national de son parti. Pour ce qui est des festivités du 30 juin, Etienne Tshisekedi est d’avis qu’il n’y a pas grand'chose à célébrer, le pays n’ayant pas accédé à un véritable Etat de droit en cinquante ans d’indépendance.

 

2.      Economie

«Point d’achèvement en RDC : difficile choix pour les institutions de Bretton Woods», rapporte le quotidien Le Potentiel. Pour l’auteur de l’article, «l’atteinte du point d’achèvement en RDC suscite des questionnements sur le fonctionnement des institutions de Bretton Woods». Le journal rappelle que c’est le 29 et le 30 juin que les Conseil d’administration du FMI et de la Banque mondiale se réunissent, et la RDC s’attend, en guise de cadeau d’anniversaire, à la remise de sa dette, 9 milliards USD sur un total de 13 milliards. Cependant, Le Potentiel rapporte que dans une interview exclusive accordée au quotidien belge Le Soir, le ministre congolais des Finances, Matata Ponyo - très révolté - s’insurge contre les pressions exercées par le Canada sur les institutions de Bretton Woods (IBW) pour bloquer ce dossier. Toutefois, poursuit le quotidien kinois, «à la veille du cinquantenaire de l’indépendance de la RDC, le gouvernement garde encore un espoir sur l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative d’annulation de la dette en faveur des pays pauvres très endettés (I-PPTE)». « Les journées des 29 et 30 juin 2010 sont donc fatidiques pour la RDC, car elles coïncident, respectivement avec les Conseils d’administration de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international», écrit le journal, avant de relever «qu’entre espoir et incertitude, le ministre Matata Ponyo ne cache pas son exaspération et sa déception au possible blocage qui obstrue le chemin qui mène au point d’achèvement de l’initiative PPTE».

Revenant sur le même sujet, L’Avenir tranche avec cet éditorial : «Le Canada achève la République Démocratique du Congo». «Pendant que la RDC attendait le point d’achèvement, on était loin de penser que c’est plutôt un complot d’achèvement qui était ourdi. On était également loin de penser que tel coup au bas de la ceinture serait venu d’un pays où «tout est possible», commente le journal et de poursuivre : «Le Canada est un de ces pays très critique vis-à-vis de la RDC». Pour L’Avenir, «ce n’est pas par hasard que ce pays devenu le repère de tous ceux qui, pour telle ou telle autre raison – avérée ou non – se font antigouvernementaux de Kinshasa». Peut-on être le Canada, conseiller la bonne gouvernance à la RDC et ne pas la soutenir dans le dossier de la revisitation des contrats miniers ? s’interroge l’éditorialiste, avant de conclure que «le Canada avait déjà montré sa mauvaise humeur en se présentant comme le pire des ennemis de la RDC au Club de Paris».

 

 

Rombaut KASONGO

Chargé de communication au Conseil National des ONG de Développement au Congo (CNONGD)

(00243) 99 99 40 523

(00243) 89 96 19 355