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Les Nations Unies ferment les yeux sur les massacres en RDC

'' une trahison de ses responsabilités vis-à-vis du peuple congolais '' (HRW)

Il y a quelques jours , l'agence AFP nous informait que "Le Conseil des droits de l'homme de l'Onu a supprimé le mandat du rapporteur spécial pour la République démocratique du Congo, un geste dénoncé vendredi par des organisations de défense des droits de l'homme. Les 47 Etats membres ont adopté sans vote une proposition de l'Egypte qui s'abstient de renouveler le mandat de Titinga Frédéric Pacéré. La RDC ne souhaitait pas que le mandat de l'expert indépendant soit renouvelé. En septembre 2007, il avait déclaré devant le Conseil que des militaires et policiers continuaient de se livrer impunément à des exécutions arbitraires, viols et tortures à l'encontre de civils." (AFP)

Cette décision a fait l'objet d'un commentaire sans appel de Human Right Watch (HRW), une des plus importantes organisations internationales de défense des droits de l'homme, qui identifie ce volte face du Conseil des Droits de l'homme de l'ONU comme '' une trahison de ses responsabilités vis-à-vis du peuple congolais ''  : (« Le non-renouvellement du mandat de l'expert de la RDC suscite des critiques » http://www.africatime.com/rdc/nouvelle.asp?no_nouvelle=392378&no_categorie=PRESSE ).

Comment ne pas donner raison à HRW, dès lors que cette décision intervient simultanément à une violente vague de répression de la part des autorités congolaises vis-à-vis d'une soi-disant secte, le Bundu Dia Kongo, au Bas Congo, une province de la RDC largement réfractaire au régime de Kinshasa. Celui qui connaît les habitants de cette région sait qu'ils comptent parmi les plus pacifiques de l'Afrique…

La découverte récente d'une fosse commune à Manterne, une commune situé à près de 20 km de la ville de Boma, dans le Bas Congo, et divulguée par l'association de défense de droits de l'homme ' la Voix des Sans Voix ' confère à la décision du Conseil des Droits de l'homme un caractère d'injustice encore plus insupportable («  Bas-Congo : une fosse commune découverte à Manterne », http://www.lepharerdc.com/www/index_view.php?storyID=4969&rubriqueID=5 )

Manifestement l'entreprise de désagrégation de la RDC, appuyée par les puissances occidentales au prix de millions de vies humaines en Afrique centrale est une cruelle réalité pour tous les défenseurs crédibles des droits de l'homme que nous devons être.

Nul homme politique n'aura jamais le courage de reconnaître la réalité de cette triste et incompréhensible entreprise en raison de la cruauté et du cynisme qu'elle implique. Il y a à cet égard des signes qui ne trompent, comme le démontre la décision du Conseil (« Les capacités de la Monuc atteignent leurs limites, avertit Ban Ki-moon », http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP05508lescanoomik0 ).

Et pourtant tout se passe sous nos yeux !

- plus de 5,5 millions de morts au Congo de puis 1997 (selon le dernier rapport de International Rescue Committee) ;

- des centaines de milliers de personnes déplacées et soumises à l'humiliation et à la précarité.

-  spoliation économique de la population et de l'état au travers de l'octroi de 70% des richesses naturelles nationales par des contrats léonins à des sociétés étrangères ;

- génocide sexuel à l'encontre des femmes ;

- persistance de l'insécurité à l'Est de la RDC…

S'il est clair que le régime de Joseph Kabila, premier responsable, ne souhaitait pas que le mandat de l'expert indépendant de l'ONU soit renouvelé parce que ce dernier avait déclaré en septembre 2007 devant le Conseil que des militaires et policiers continuaient de se livrer impunément à des exécutions arbitraires, viols et tortures à l'encontre de civils, force est de constater que ce constat n'a pas plus, non plus, aux puissances occidentales. Pourquoi ?

Nous sommes tous convulsés de voir les Chinois réprimer les Tibétains ? Qu'est ce qui réveille chez nous l'indignation la plus vive et la plus virulente pour le sort réservé aux uns (asiatiques) et qui nous laisse indifférents vis-à-vis de celui réservé aux autres ?

Comment la situation a-t-elle pu en arriver là ?

Bien sûr la classe politique congolaise actuelle, tant au pouvoir que dans l'opposition, ne brille pas par ses qualités. Elle porte dans son ensemble une très lourde responsabilité dans la désaffection et l'indifférence qu'on porte à la nation congolaise, parfois inconsciemment d'ailleurs. Nul ne saurait comparer la sagesse et l'intelligence du Dalaï Lama à l'imbécilité profonde et pathétique de Kabila. Mais ce serait manqué de rigueur intellectuelle de ne s'en tenir que là.

La crise qui frappe la RDC n'affecte que les nègres. Des être humains hypocritement animalisés sous le couvert de la solidarité internationale, qui n'inspirent plus de pitié ni de compassion. On ne pleure pas un insecte que l'on foule du pied ou un chien écrasé par une caravane de chameaux.      

Pourtant l'homme a droit à la dignité et on ne saurait ôter celle-ci aux Congolais, sous le seul prétexte qu'une frange infime et non représentative d'hommes de médiocre envergure se complet dans l'opprobre. Penser autrement, n'est pas se retrancher derrière des prétextes pour éviter toute remise en question des préjugés si puissants qui nous habitent.

Preuve en est sans doute le silence avec lequel les médias internationaux ont accueilli la triste décision du Conseil des droits de l'homme.

© Congo Vision