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Déclaration politique de l'APARECO à l'occasion de la journée jubilaire du 30 Juin 2010

Le cours de cette année 2010 aura été jalonné en Afrique noire par des réjouissances populaires marquant le jubilé de 50 ans de souveraineté  de plusieurs pays africains dont les peuples souverains expriment leur joie dans la dignité. Mais tel n'est pas le cas de la République Démocratique du Congo, notre pays qui, contrairement à tous les autres pays africains, traverse la période la plus humiliante et la plus douloureuse de son histoire post coloniale, où son peuple est victime d'occupation, de nombreux crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Des crimes que le monde n'a plus jamais connu, tant  en ampleur qu'en cruauté, depuis la fin de la dernière guerre mondiale en 1945.

Il n'est un secret pour personne en effet, que ce 30 juin 2010, alors que «Joseph Kabila» et son gouvernement seront en train de festoyer au champagne et au caviar en compagnie de ses illustres invités, au même instant, à travers le pays, des pères de famille privés de leurs maigres salaires depuis des mois, des femmes et des enfants privées d'eau, de nourriture et d'électricité n'auront droit qu'aux larmes et aux gémissements.

Alors que des centaines de millions de dollars du Trésor public auront été dilapidés pour la folie des grandeurs et les extravagances d'un homme arrogant et indifférent aux misères d'un peuple il n'est un mystère pour personne qu'au même instant, à l'Est de la République Démocratique du Congo, des dizaines de femmes, de jeunes filles et de fillettes congolaises seront en train de pousser des cris de douleur à cause des viols et de toutes sortes d'exactions et d'humiliation que leur feront subir ce même jour  des occupants et autres criminels venus du Rwanda et de l'Ouganda. Personne n'ignore qu'au même instant, des millions de congolais chassés de leur terre seront en train d'errer dans la nature, au gré des intempéries,  à la recherche d'un abri hypothétique sur la terre de leurs ancêtres.    

Pendant que «Kabila» et ses invités se réjouiront sous les feux d'artifice, ses sbires et sa soldatesque seront entrain de boucler des quartiers des cités de Kinshasa plongées dans le noir pour traquer des congolais de certaines ethnies et régions jugées hostiles et dangereuses pour son pouvoir. Au même instant, des milliers de prisonniers d'opinions qui croupissent dans des prisons à travers le pays, n'auront même pas le droit de contempler la simple lueur du scintillement des étoiles sur leur tête.  

Et alors que justice n'a toujours pas été rendue pour les 7 millions de congolais victimes de l'occupation de la RDC, voilà qu'à la veille du jubilé cinquantenaire du 30 juin, le même pouvoir d'occupation vient de frapper durement  notre peuple par un acte odieux et ignoble du double assassinat de Floribert CHEBEYA et de son chauffeur Fidèle BAZANA. Et c'est dans cette atmosphère de deuil, de douleur, de colère et de consternation que « KABILA » invite, que dis-je, oblige le peuple congolais à aller applaudir ses agresseurs qui, depuis 13 ans, se sont transformés en véritables bourreaux.  

Depuis 13 ans, des forces armées régulières de 7 pays africains soutenues par des lobbies politiques et financiers occidentaux ont envahi notre territoire national et investi toutes nos institutions ; depuis 13 ans à ce jour, des forces étrangères de certains pays voisins de la RDC continuent impunément de tuer, de violer, de torturer et d'humilier des millions de Congolais; depuis 13 ans à ce jour, des lobbies politico-mafieux pillent les nombreuses richesses de notre sol et sous sol, malgré plusieurs dénonciations de routine de l'ONU qui n'ont jamais été suivies de sanction ; depuis 13 ans à ce jour, des forces armées de certains pays voisins envahissent et occupent de force nos terres, forçant ainsi les autochtones congolais à fuir leurs villages et leurs champs et à errer dans la nature, au gré des intempéries et des fauves. Ces centaines de milliers d'hommes et de femmes avec leurs enfants sont devenus comme des étrangers  sur la terre de leurs ancêtres.

Et comme si cette série d'horreurs ne suffisait pas, le régime politique de l'imposture et de l'occupation qui domine en République Démocratique du Congo, régime incarné par l'imposteur rwandais qui se fait appeler frauduleusement «Joseph KABILA», déploie et implante chaque jour sa machine infernale d'une dictature sanglante et sauvage dont l'objectif est d'écraser et de museler tout le peuple congolais, pour l'obliger à subir le joug de l'occupation et de la honte sans avoir ne fut ce que le droit de gémir ou de pleurer.

Tous les vrais descendants biologiques de Laurent Désiré Kabila sont soit sauvagement assassinés, soit forcés de fuir en exil, parce que leur présence en RDC, leur pays, constitue une menace capitale pour l'imposture et la fraude au sommet de l'État. Toutes les voix qui se sont élevées parmi les Congolais pour tenter de dénoncer ce vaste complot d'occupation et de balkanisation de la RDC en cours d'exécutions ont été systématiquement traquées et sauvagement éliminées. Des évêques, des abbés, des pasteurs, des officiers de l'armée et de la police nationale, des hommes politiques, des journalistes, des défenseurs des Droits de l'Homme, des jeunes étudiants, des artistes et j'en passe, ont été successivement traqués, arrêtés arbitrairement, torturés  ou sauvagement assassinés  sans qu'aucune enquête sérieuse, ni aucune voix dans le monde n'ose pointer du doigt le ou les commanditaires de ces actes odieux. En République Démocratique du Congo, l'impunité s'est érigée en règle d'or pour les ogres, et cela sous le regard impuissant de la mission la plus grande et la plus coûteuse de l'ONU (MONUC) depuis sa création.

Le dernier acte d'assassinat de Monsieur Floribert CHEBEYA, le président de la «Voix des Sans Voix», est comme une horrible cerise que la dictature d'occupation de « Joseph Kabila» vient de poser sur le gâteau d'anniversaire qu'il offre cyniquement au peuple congolais pour les 50 ans de ce qui aurait dû être sa souveraineté. Mais le monde doit savoir que le peuple congolais ne mangera pas ce gâteau au goût du sang de ses nombreux martyrs. Car ce peuple est mûr et sa mémoire n'est pas courte comme d'aucuns le croient. La jeunesse congolaise se souvient qu'en 1960, alors que leurs pères grisés par le goût de la liberté retrouvée dansaient au rythme de l'« indépendance tchatcha» devenu l'hymne de l'indépendance de toute l'Afrique noire, les puissances du mal elles, tapies dans l'ombre, planifiaient froidement l'assassinat de son héros national Patrice Emery LUMUMBA, aidés par quelques fils égarés de notre pays. Le peuple congolais n'a pas oublié qu'en 1990, alors que notre pays faisait ses premiers pas de tâtonnement vers la nouvelle voie de la démocratisation, les puissances du mal, toujours elles, ont orchestré une campagne sans précédent sur base d'un faux massacre au campus universitaire de Lubumbashi. Leur but était d'isoler et de boycotter militairement la République du Zaïre en vue de l'affaiblir, tandis qu'au même moment, elles surarmaient ses voisins de l'Est avec des stocks d'armes ayant servi en Somalie, en préparatifs de l'invasion de 1996.

C'est donc en élevant sa voix parmi celles très nombreuses des patriotes congolais déterminés à résister à ce plan secret d'occupation et de balkanisation de notre pays que Floribert  CHEBEYA a été sauvagement torturé et assassiné sur ordre personnel du dictateur occupant qui règne sans partage sur la République Démocratique du Congo. Des indices et des témoignages convergents et concordants conduisent tous vers lui comme principal commanditaire de l'assassinat du président de l'ONG la «Voix des Sans Voix».

C'est devant ce sombre et macabre tableau enveloppé d'un linceul de deuil, arrosé des larmes de la veuve CHEBEYA et de ses enfants désormais orphelins que «Joseph KABILA» s'apprête à festoyer avec ses invités dans l'indifférence et le mépris total! C'est au milieu des cris et des pleurs des centaines de femmes et des bébés que les forces militaires des pays voisins de la RDC violent chaque jour que le Roi des belges va débarquer à Kinshasa pour serrer la main ensanglantée du bourreau! Le monde se tait parce que le monde a peur de compromettre les intérêts des «grands de ce monde» dont «Kabila» est le gardien. Peu importe le sang sur ses mains.

Mais le sang des martyrs de la RDC n'est pas muet, il parle aux Congolais chaque nuit dans leur rêve, et chaque jour à chaque instant de leur vie . Il nous interpelle au coin de chaque rue, dans notre voiture, dans nos chambres, au milieu des brouhahas des « nganda » et des bars populaires…., leur sang nous parle. Leur sang crie vers nous. Et leur sang pleure de colère.

Que chaque congolais se souvienne que Lumumba était un homme comme chacun de nous. Il avait une femme et des enfants qu'il aimait par-dessus tout. Mais au-delà de son épouse Maman Pauline Opango, c'est à toutes les mamans congolaises que Lumumba pensait quand il écrivait sa dernière lettre qui sonne comme un testament à tout un peuple. En s'adressant à ses enfants, c'est à toutes les filles et fils de la RDC que Lumumba adressait ces paroles puissantes et prophétiques : «  A mes enfants que je laisse, que peut-être je ne verrai plus, je veux qu'on dise que l'avenir du Congo est beau et qu'il attend d'eux, comme il attend de chaque congolais d'accomplir la tache sacrée de la reconstruction de notre indépendance et de notre souveraineté, car sans dignité il n'y a pas de liberté, sans Justice il n'y a pas de dignité et sans indépendance il n'y a pas d'hommes libres  »

Que les hommes politiques congolais, membres du Parlement, du Gouvernement et dirigeants des entreprises qui vont festoyer, avec champagne, caviar et feux d'artifices, en compagnie de ceux-là même qui occupent, pillent et balkanisent notre pays, que chacun d'eux examine sa conscience pour savoir si l'indépendance dont ils prétendent fêter les 50 ans est celle-là même pour laquelle Lumumba et ses compagnons de combat ont versé leur sang. Car dans sa lettre testament Lumumba décrit en quelques mots le but sacré de leur combat en ces termes : « Mais ce que nous voulions pour notre pays, SON DROIT A UNE VIE HONORABLE, A UNE DIGNITE SANS TACHE, A UNE INDEPENDANCE SANS RESTRICTIONS… (c'est nous qui soulignons)» Quel genre d'indépendance de la RDC fêtons-nous donc ce 30 juin 2010 ?

Que chaque Congolaise et chaque congolais sache que Floribert CHEBEYA a laissé lui aussi une femme et des enfants désormais veuve et orphelins. Il les aimait comme chaque homme digne de ce nom. Comme LUMUMBA, MPOLO, OKITO et consort. Mais CHEBEYA entendait raisonner dans son esprit, le jour de son rendez-vous avec ses bourreaux, ces aveux que LUMUMBA avait fait peu de temps avant sa mort lorsqu'il a écrit: « Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m'ont jamais amené à demander grâce, car je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays, plutôt que vivre dans la soumission et le mépris des principes sacrés  ». Floribert Chebeya s'est certainement souvenu de ces propos de LUMUMBA lorsque cet après midi-là,  étant revenu sur ses pas, il a lancé à l'adresse de ses  compagnons de combat qui lui déconseillaient de répondre à la convocation de ses tortionnaires, ce mot d'ordre ultime d'un martyr qui va vers le bûcher : «  TENEZ BON, CAMARADES !  ». Les esprits martyrs pressentent souvent les derniers instants de l'épreuve finale.

Que chaque  congolais honore donc ce 30 juin 2010, la mémoire de ceux qui ont versé leur sang pour résister au plan diabolique de l'occupation, du pillage et de la balkanisation de notre beau et grand pays.

Que le monde se souvienne de SIMON KIMBANGU, le prophète de l'indépendance qui a subi toutes les humiliations et les tortures de la part du pouvoir colonial pour l'empêcher d'annoncer le message divin de la délivrance et de la libération du peuple congolais du joug du colonialisme.

Que tous les chrétiens commémorent ce 30 juin 2010, la mémoire de leurs martyrs qui se sont opposés à l'occupation. Nous pensons ici aux Archevêques MUNZIHIRWA, KATALIKO, Charles MBONGA, au Cardinal Fréderic ETSOU, au Pasteur LUKUSA, à Monsieur l'Abbé CHIZIMIA et à la Sœur  Denise du séminaire de Murhesa à Bukavu, pour ne citer que ceux-là.

Que les journalistes congolais se souviennent du sacrifice de Franck NGIKYE, Serge MAHESHE, Didace NAMUJIMBO, BAPWA MWAMBA et de tant d'autres chevaliers de la plume qui ont été sauvagement assassinés pour avoir courageusement résisté à la pression de la corruption et dénoncé le plan d'occupation de la RDC ainsi que  l'imposture au sommet de l'État dans notre pays.

Que les militaires honorent ce 30 juin 2010, le sacrifice suprême de leurs compagnons d'armes qui ont été exécutés lâchement et sauvagement par ceux qui ont violé l'intégrité du territoire nationale et qui occupent aujourd'hui nos terres par la force et la ruse. Qu'ils se  souviennent donc du général Anselme MASASU et des 8 officiers assassinés avec lui à Kantonia  près de Pweto; qu'ils se souviennent du Commandant TSHIMANGA MBIYE, du général MBUDJA MABE, du général de division MULIMBI MABILO, du général de brigade BEKAZWA BAKUNDULU, du général de brigade NGWALA, du colonel TSHEKE MUAKA MANKETE, du colonel NTONDELE MITHAY, du colonel KAJUBA SELENGE MADUWA, du colonel VONDI NZITA, du colonel NDOMA MUTEKE ; A cette longue liste s'ajoute celle des nombreux hommes de troupes ainsi que d'autres officiers tués en 2006, dont la plupart par empoisonnement. Il s'agit notamment des colonels : NZALE PAPEDOA, NYASWA, KATALIKO, MAZABA, MBELENGA et OANGO-DEKE, du Major GBONOBE et, du Capitaine SUMAILI. Il ne faudrait pas non plus oublier  près de 3000 soldats et officiers congolais massacrés à Mushake suite à la trahison de leur propre hiérarchie qui les a livrés en pâture à l'ennemi pour ouvrir la voie à l'occupation de notre pays. Que tous ces vaillants fils de notre pays ne soient donc pas morts pour rien. Que des générations futures se souviennent d'eux et de leur sacrifice comme étant le prix de la liberté et de la dignité du peuple congolais pour toutes les générations.

Que chaque congolais se souvienne ce 30 juin, de Monsieur Pascal KABUNGULU de l'ONG « Héritiers de la justice », d'Aimée et Espérance KABILA, assassinées parce qu'elles portaient le vrai sang de Laurent Désiré KABILA. Que chacun se souvienne aussi d'Hugo TANZAMBI et de  l'Honorable Daniel BOTHETI, Vice-président de l'Assemblée Provinciale de Kinshasa. Que chaque congolais se souvienne ce 30 juin 2010 de plusieurs centaines de victimes anonymes abattues par « KABILA» lors des tueries sauvages à l'encontre des adeptes de Bundu Dia Kongo et lors des affrontements qui ont eu lieu en plein Kinshasa en Mars 2007.

Que chaque congolais se souviennent enfin de ces martyrs vivants encore parmi nous, mais oubliés sous les griffes des bourreaux du peuple congolais. Il s'agit notamment de l'Archibishop KUTHINO, de Gabriel MOKIA et des milliers de prisonniers d'opinion qui jonchent aujourd'hui injustement les prisons fétides et des mouroirs secrets de «KABILA» à travers la RDC.

Devant ce tableau macabre, l'Alliance des Patriotes pour la Refondation du Congo (APARECO) exhorte donc chaque congolaise et chaque congolais à se joindre à l'initiative des ONG des droits humains et de la Société civile en République démocratique du Congo, pour faire de ce 30 juin 2010 UN JOUR DE DEUIL NATIONAL . Seule façon d'honorer  le sacrifice des vies de tant de nos compatriotes.  

Que ce 30 juin 2010 soit la nouvelle ligne d'une étape finale de notre lutte contre les forces d'occupation de notre pays. Qu'il soit la fin de la peur, la fin de l'égoïsme et de la cupidité morbide qui conduisent à l'asservissement. Qu'il soit le début d'une étape victorieuse d'un combat pour lesquels nos martyrs  n'auront pas versé leur sang en vain ! 

Que Dieu bénisse le peuple congolais et la République démocratique du Congo !

Je vous remercie.

Paris le 25 juin 2010,

Pour L'APARECO,

HONORE NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA

Président National

26 Juin 2010

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