Congo: Bemba va demander à l'ONU de suspendre son procès
BRUXELLES (AFP) - 01/07/2008 10h56
L'opposant congolais Jean-Pierre Bemba, recherché par la justice internationale pour des crimes commis par ses forces en Centrafrique, va demander au Conseil de sécurité de l'ONU de suspendre la procédure, a indiqué mardi à l'AFP l'un de ses avocats.
"Le Conseil de sécurité pourrait demander une suspension (de la procédure) envers une personne qui a beaucoup oeuvré pour la pacification" de la République démocratique du Congo (RDC), a déclaré Me Aimé Kilolo Musamba en marge d'une audience devant la Cour de cassation belge à laquelle n'assistait pas M. Bemba.
Jean-Pierre Bemba a été interpellé le 24 mai à Bruxelles et placé en détention provisoire à Bruxelles, sur la base d'un mandat d'arrêt délivré par la CPI. La Cour pénale internationale a ensuite demandé formellement son transfèrement à son siège de La Haye, une requête rendue "exécutoire" par une juridiction belge, la chambre du conseil.
Rival malheureux du président Joseph Kabila lors de l'élection présidentielle de 2006, M. Bemba "joue un rôle essentiel dans l'équilibre du pouvoir, sans lui le Congo est déséquilibré", a encore affirmé Me Kilolo.
"Des démarches en ce sens vont être faites dans les prochaines heures directement auprès du Conseil de sécurité, en vertu des statuts de la Cour pénale internationale", a précisé l'avocat.
Devant la Cour de cassation, la plus haute juridiction belge, un autre avocat de M. Bemba, Me Michel Mahieux, a plaidé pour la remise en liberté de l'ex-vice président de la transition en RDC, en avançant que la procédure suivie en Belgique était entachée d'irrégularités.
Les avocats de M. Bemba estiment que leur client aurait dû être entendu par la Chambre du conseil. L'avocat général de la Cour de cassation, Damien Vandermeersch, a en revanche plaidé que cette partie de la procédure était "unilatérale" et qu'elle "n'imposait donc pas une audition de l'inculpé". Il a donc réclamé le rejet du pourvoi.
La décision de la Cour de cassation est attendue plus tard dans la journée. En cas de rejet du pourvoi, la décision de transfèrement vers La Haye de M. Bemba, devrait être rapidement exécutée. Le transfèrement avait déjà été prévu il y a 10 jours.
Ex-chef rebelle et vice-président de la RDC durant la transition politique dans ce pays d'Afrique centrale, M. Bemba est poursuivi pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, dont des viols et des meurtres, commis par ses hommes en Centrafrique en 2002 et 2003.
"Jean-Pierre Bemba ne craint rien de la CPI, il est totalement sûr de son innocence", a assuré Me Kilolo. Selon l'avocat, le "lien de subordination" entre M. Bemba et les troupes responsables de ces crimes n'est pas établi, ces miliciens répondant à l'époque aux autorités centrafricaines.
Après des affrontements entre ses troupes et celles du président Joseph Kabila début 2007, M. Bemba avait été forcé à l'exil. Il vivait depuis entre la Belgique et le Portugal.
"Pour nous, l'affaire a été politisée, la plainte émanant de proches du président Kabila", a assuré à Bruxelles une responsable du Mouvement de libération du Congo (MLC - parti de M. Bemba), Fyfy Osambia. "On aimerait qu'il se présente en homme libre devant la CPI, car nous savons qu'il sera acquitté", a-t-elle ajouté.
© 2008 AFP
La mise en liberté provisoire de Jean-Pierre Bemba relève probablement de la CPI / Ecoutez Me Claude Bontinck, avocat de Bemba
( VOA News 02/07/2008)
L'ancien vice-président de la RDC Jean-Pierre Bemba devra probablement adresser sa demande de mise en liberté provisoire à la Cour pénale internationale de la Haye à la suite du dernier arrêt rendu mardi par la Cour de cassation belge, à Bruxelles, à l'issue d'une audience à laquelle n'assistait pas M. Bemba. Ce dernier avait été interpelé le 24 mai, dans la capitale belge, à la requête de la CPI, qui l'accuse de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité en rapport avec l'intervention, entre 2002 et 2003, en République centrafricaine des combattants de son groupe rebelle de l'époque, le Mouvement de libération du Congo.
Le dernier arrêt de la Cour de cassation belge signifie que, « sous-réserve d'encore un recours, qui est encore pendant, M. Bemba devra introduire une procédure de mise en liberté devant la Cour pénale internationale, à la Haye », a expliqué Me Claude Bontinck, un des avocats de l'ancien vice-président de la RDC.
Ecoutez Me Claude Bontinck, avocat de Jean_Pierre Bemba - (MP3)
http://www.voanews.com/french/2008-07-01-voa9.cfm
01/07/2008
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