TRAVAIL ET DIALOGUE
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Pour une démocratie apaisée en RDC ! 

Il n'est désir plus naturel que le désir de connaissance.

Le besoin d'une vie politique apaisée concerne, à des degrés variables, tous les Etats et gouvernements de notre planète.

Il traduit l'engagement des Etats, à faire en sorte que les textes fondamentaux régissant la vie démocratique résultent d'un large consensus national, tout en étant conformes aux normes internationales et soient l'objet d'une adaptation et d'une évaluation régulières.

Le chef de l'Etat, Joseph KABILA KABANGE, lors de son dernier discours à la nation, s'est engagé à promouvoir, une vie politique apaisée, qui reste l'objectif essentiel du déroulement et de la consolidation d'un jeu véritablement démocratique.

La mise en place ou la consolidation de la démocratie, implique une mobilisation de tous les acteurs pour la recherche des solutions innovantes, afin d'assurer les progrès de la démocratie, en vue de prévenir ou de régler, les crises et conflits surtout dans des périodes difficiles.

Sur les dynamiques constitutionnelles, il est à noter la multiplication des initiatives en vue d'élargir, l'espace démocratique et assurer une plus grande participation ainsi que des innovations, dans la recherche consensuelle de prévention ou de sortie de crise.

En revanche dans certains cas, les blocages peuvent conduire à la rupture même de la démocratie.

Toutefois, la mise en œuvre des dispositions constitutionnelles a été, dans certains Etats, marquée par des blocages institutionnels et parfois des crises.

La résolution de ceux-ci, par les mécanismes prévus par la loi fondamentale, serait un signe de la vitalité, de maturité et de la solidité du système politique.

En ce qui concerne, la République Démocratique du Congo, en dépit des progrès enregistrés dans plusieurs domaines de la société, de nombreux défis continuent de peser sur une vie politique apaisée, ou du moins réduisent l'objectif d'une vie politique pleinement atteinte.

L'identification de ces défis, permet de formuler des recommandations au parlement, ainsi qu'au gouvernement de notre pays.

La mise en œuvre des choix stratégiques, doit associer étroitement le Parlement, l'Exécutif, les Citoyens et l'administratif.

Nous devons donc, dépasser une lecture stricte de la conception, de notre Constitution sur le partage des pouvoirs.

Dans une démocratie digne de ce nom, le rôle central du Parlement est incontestable, et il ne peut être considéré, comme un simple (client) dans la conduite des affaires de la Nation.

Bien au contraire, il doit être un acteur moteur ; un acteur en tant qu'aiguillon de l'Exécutif, mais aussi un acteur parti prenant de l'élaboration des décisions stratégiques, en association avec l'Exécutif, c'est-à-dire le gouvernement, donc c'est bien sûr la responsabilité première.

Afin de répondre, aux exigences de vérification et de mise en légalité des comptes de la nation, cette institution idoine, dispose des nombreux outils adéquats de contrôle de la dépense publique. L'audit de performance, de la dépense publique est de plus frustres.

Au premier abord, cet aveu peut sembler insolite lorsque l'on sait, à quel point le sujet peut passionner, inquiéter. Il ne s'agit pas ici, de se préoccuper d'un supposé niveau optimal.

Certes, l'Etat Congolais consent, annuellement plusieurs milliards de dollars de crédits ; faut- il s'en émouvoir ? Ce qui importe manifestement, est le bon emploi des fonds publics que, nous voulons considérer comme des investissements productifs. L'anglo-saxon a une expression, pour désigner cette démarche qu'il pratique avec succès ; value-for-money. Quel est donc, le retour sur investissement ? Le citoyen doit être rassuré, que l'argent de la Nation, est dépensé à bon escient.

Sous cet angle, la pratique au quotidien des institutions peut, générer des situations de crise, et de tensions au sein des systèmes politiques.

Si les Constitutions ne sont pas forcément, à l'origine des crises, leur usage peut à la fois servir, d'éléments déclencheurs ou au contraire, faciliter l'apaisement.

L'observation de la situation actuelle, en République Démocratique du Congo, a permis d'identifier des cas de crise liées, d'une part, aux enjeux de la répartition et de partage du pouvoir, au sein de la coalition de l'Alliance pour la Majorité Présidentielle et alliés et, d'autre part, aux crispations autours de l'adoption du budget 2010 de l'Etat.

On s'accorde aujourd'hui largement, à dire qu'une meilleure utilisation du budget de l'Etat, fondée sur le principe, de la chasse au gaspillage et sur la correction des erreurs constatées…

Nul besoin de rappeler, les inconvénients et les dangers de sanction, que risque notre pays auprès des ses partenaires financiers.

En revanche, nous les membres, de la Coordination Générale des Congolais de l'Etranger, ont jugés utiles, de souligner tout l'intérêt, d'une meilleure utilisation du budget de l'Etat.

Il serait intolérable, que notre système politique s'accommode de folies dépensières injustifiées, qui passeraient pour des anomalies graves, voire délictueuses.

Il est temps, pourtant, que les contribuables Congolais sachent s'ils en ont pour leur argent et surtout, qu'ils aient la garantie que, là où ce ne pas le cas, il y sera remédié.

J'aimerais terminer par un élément de réflexion, celui des rapports entre l'Exécutif et l'opposition parlementaire.

Nous avons fait beaucoup des progrès au contrôle parlementaire, durant les dernières législatures. Le gouvernement précédent, a également pris des initiatives qui, en s'appliquant aussi au Sénat, intéressait l'opposition parlementaire.

Dans la configuration actuelle, où le Sénat et Assemblée nationale sont de la même couleur, l'opposition parlementaire est à l'écart d'une information, régulière et légitime sur les décisions stratégiques du pays.

Toutes les démocraties modernes, reconnaissent l'opposition en la matière, et il serait bien que la République Démocratique du Congo, soit aussi exemplaire de ce point de vue.

La Constitution de la troisième République est claire, en ce qui concerne les compétences respectives, du Parlement et du Gouvernement.

Mais les réflexions, sur les rapports entre l'exécutif et le législatif, ne s'arrêtent pas au principe de la séparation des pouvoirs.

Ce serait contre productif, car cela ouvrirait la voie à un conflit potentiel avec le Parlement, alors que notre pays, est affaibli et qu'il traverse, déjà une période difficile sur tout le plan.

C'est la raison pour la quelle, nous les membres, de la Coordination Générale des Congolais de l'Etranger appelons au dialogue entre l'Exécutif et le Législatif, pour face aux dangers imminent qui guettent notre pays.

Nous devons résister, face aux polémiques de deux camps, qui soufflent sur les braises, encore fumantes de notre jeune démocratie, afin d'attiser des tensions, qui seront bien nefastent aux intérêts de nos concitoyens.

Ce dialogue, ne doit être rompu sous aucun prétexte et qu'une crise institutionnelle, n'est pas utile surtout en ce temps, des récessions généralisée.

Bien au contraire, nous devons trouver des voies de sorties, par une réflexion sur l'action que doit conduire le Parlement, dans l'expression de sa volonté, de s'impliquer pleinement dans la conduite des affaires du pays.

Ce partage de responsabilité, doit servir de guide dans la définition des rapports, entre l'Exécutif et le Législatif, à propos de la mise en œuvre des décisions stratégiques concernant l'avenir notre pays.

Mais aussi et surtout, parce que l'honneur d'une démocratie, est de combattre l'arbitraire et de contraindre les gouvernants, à rendre des comptes aux gouvernés, ce que nous rappellent d'ailleurs, en termes impératifs nos textes les plus sacrés.

Votre bien dévoué.

Me Willy BESSA MOKONZI

Président de la Coordination Générale des Congolais de l'Etranger

bessawilly@yahoo.fr

01 février 2010

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