André Kimbuta : « Je fais confiance en la justice »
Kinshasa | 29 Juillet 2008 à 16:51:17
 « Je fais confiance en la justice et je demande à la justice de faire son travail eu égard au préjudice causé à ma personne et à ma famille dans cette affaire », a affirmé en substance le gouverneur de la ville province de Kinshasa lors de son audition par le tribunal militaire de garnison de Kinshasa Ngaliema ce mardi.
Répondant aux questions du ministère public notamment sur la nature de ses relations avec le prévenu Kady Lununga, André Kimbuta a déclaré ne pas le connaître et ne l'avoir jamais rencontré. De son coté, le prévenu Kady Lununga a dit n'avoir jamais rencontré le gouverneur Kimbuta, encore moins ses collaborateurs. Avant de le libérer, le tribunal a dit au gouverneur de Kinshasa qu'il aurait besoin de lui lors de la comparution prochaine du prévenu Patrick Mwewa, en vue de les confronter.
Pour rappel, l'audience de lundi 28 juillet a été consacrée à l'audition des témoins, appelés à comparaître par le ministère public. Parmi eux, certains détenus du Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa, CPRK. Il y avait aussi le président de l'assemblée provinciale de Kinshasa et le gouverneur de la ville province de Kinshasa, cité la semaine dernière par un prévenu, comme étant impliqué dans ce meurtre.
Les détenus du CPRK ont dans leur déposition présumé qu'un certain Kasongo détenu à la prison de Makala aurait incité Patrick Mwewa à citer André Kimbuta et aussi Vital Kamerhe afin que, selon eux, il bénéficie des soins médicaux pendant sa détention et le cours du procès.
Puis il est venu le tour du président de l'assemblée provinciale de Kinshasa. Roger Nsingi a nié toute implication de près ou de loin, dans ce meurtre. Il a affirmé avoir toujours entretenu de bonnes relations avec le disparu malgré quelques discussions et le fait qu'il ne savait pas exactement où résidait son adjoint dans la ville de Kinshasa.
De son côté, Godard Motemona, ministre provincial de la sécurité a été interrogé par rapport à son secteur. Il a précisé avoir été informé de ce meurtre par l'inspecteur provincial de la police.
Enfin, était venu le moment de la comparution du gouverneur de la ville de Kinshasa, tant entendu par le public venu plus nombreux que d'habitude à cette audience. C'est alors que la partie civile, à défaut d'interrogatoire va proposer la confrontation d'André Kimbuta avec Patrick Mwewa, absent à cette audience suite à une opération d'après le ministère public et le prévenu Kady Lununga déjà aux arrêts. Ce dernier qui était à sa première comparution, a affirmé ne pas être impliqué dans l'assassinat de Botheti. Pour les avocats de la défense, ils ne pouvaient pas assister le prévenu Kady Lununga d'autant plus qu'il n'y avait pas eu d'entretien au préalable. L'audience publique de ce mardi est prévue à 9 h au camp Kokolo où comparaîtront André Kimbuta ainsi que les autres témoins précités dans l'instruction de la prévention de meurtre.
Par Okapi
Procès Botethi : le suspense demeure
Par Le Potentiel
André Kimbuta sera entendu ce mardi, le prévenu Mwewa dans un état «critique», Kady nie tout…
Pas de révélations spectaculaires. Sauf des dénégations. Trois faits importants tout de même à retenir : la présence devant la Cour du gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta, l'audition du président de l'Assemblée provinciale de Kinshasa et celle du ministre provincial en charge de la Population et de la sécurité. Mais, c'est de la comparution de l'autre prévenu, arrêté tout récemment, Kady, qu'était attendu le grand tournant de ce procès. Fait inattendu : l'aggravation de l'état de santé du prévenu Patrick Mwewa, lui sur qui repose presque toute l'intelligence de l'assassinant du vice-président de l'Assemblée provinciale de Kinshasa. Tout se passe comme si les pistes étaient en train de se brouiller et que la vraie vérité s'éloignait.
Le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta s'est présenté hier lundi à la Cour militaire de garnison de Ngaliema, siégeant au Camp Kokolo. Il répondait ainsi à l'invitation de cette instance judiciaire statuant en matière répressive et en flagrance après que le prévenu Patrick Mwewa l'a cité en tant que présumé commanditaire de l'assassinat, le 6 juillet 2008, de l'assassinat de Daniel Botethi, vice-président de l'Assemblée provinciale de Kinshasa.
Malheureusement, le gouverneur de la ville de Kinshasa ne sera pas entendu dans la journée de lundi devant l'absence du prévenu Mwewa qui se trouverait dans un état de santé «critique». Face à cette situation, pour autant que la confrontation ne pouvait avoir lieu, la partie civile a sollicité et obtenu une remise. C'est ce mardi, sauf imprévu, que le gouverneur de la ville de Kinshasa pourrait être entendu.
Autres absences relevées par la Cour, celles du garde du corps de Botethi, du policier en fraction dans le périmètre où le crime a été commis. Des absences qui ont contribué au report de l'audience pour ce mardi.
Néanmoins, le président de l'Assemblée provinciale, Roger N'singi, a été appelé à la barre. Il a nié toute implication dans ce crime avant d'affirmer qu'il entretenait de bonnes relations avec l'illustre disparu.
Quant à celui qui passe pour la pièce maîtresse, Kady, il a été entendu. Du moins, il s'est plié à la phase de l'identification. Mais à la question de savoir s'il appartenait à la bande qui serait au service du gouverneur de la ville de Kinshasa, l'intéressé a tout nié en bloc. Il a affirmé qu'il n'avait aucun lien particulier avec le gouverneur urbain, André Kimbuta.
LE FLOU PERSISTE
A cette cinquième audience de la Cour militaire, il est encore prématuré de se faire une idée exacte des conditions qui ont entouré l'assassinat de Botethi.
S'il faudra saluer la disponibilité du gouverneur de la ville de Kinshasa de contribuer à la clarification des faits pour que lumière se fasse autour de l'assassinant du vice-président de l'Assemblée provinciale de Kinshasa, aucune avancée significative n'est encore enregistrée dans le procès traitant de ce cas de flagrance.
Déjà l'absence hier lundi au procès de l'une des pions majeurs de ce puzzle judiciaire - le prévenu Patrick Mwewa - suscite des interrogations en sens divers. L'aggravation de son état de santé, selon certaines indiscrétions, pourrait davantage retarder l'éclosion au grand jour de la vérité.
En effet, Mwewa est celui par qui le nom du gouverneur de la ville de Kinshasa a été cité, comme présumé commanditaire de cet odieux assassinat. Il avait même souligné qu'ils n'étaient pas à leur premier forfait. C'est toujours Mwewa qui, après avoir dénoncé tous ses complices, avait déclaré que c'est Kady qui servait de trait d'union entre lui, le reste de la bande et le gouverneur de la ville de Kinshasa.
C'est dire que la confrontation entre le gouverneur Kimbuta et Kady aiderait énormément la Cour à s'engager rapidement sur le chemin de la vérité. D'où des inquiétudes sur cette brusque aggravation de son état de santé alors que dans cette recherche de la vérité, des dispositions utiles devraient être prises pour qu'il soit en mesure de parler et d'aider la Cour à faire triompher la vérité en vue de permettre aux coupables de se soumettre à la rigueur de la loi.
Aussi, son indisponibilité prolongée - ce que personne ne souhaite, à ce stade du procès - rendrait la tâche encore complexe la tâche de la Cour militaire. Au pire, elle ouvrira une boite de Pandore qui risquera de ternir l'image de marque de la jeune démocratie congolaise.
Ceci dit, à ce stade du procès, il faut, une fois de plus, prendre son mal en patience. Le suspense demeure...
Procès du député Botethi
«Le gouverneur de Kinshasa, commanditaire de l'assassinat»
Par Le Potentiel
* Révélation du prévenu P. Mwewa au tribunal militaire
Oui, c'est un bruyant pavé dans la mare ! Faire porter au gouverneur de la ville de Kinshasa le chapeau du commanditaire de l'assassinat du député Daniel Botethi, revêt les allures d'une bombe à fragmentation sur la classe politique congolaise. Son téméraire accusateur, le soldat de 2ème classe Patrick Mwewa, se trouve dans le box des prévenus ayant perpétré, de sang froid, la tragédie qui, depuis le dimanche 6 juillet 2008, prive irrémédiablement l'Assemblée provinciale de Kinshasa de son vice-président.
Tiraillés entre scepticisme, à la suite de la surprenante accusation, et inquiétude, pour leur propre sécurité, les Congolais, toutes tendances politiques confondues, en sont encore à se demander si les révélations du soldat Mwewa, impliquant le No.1 de la Ville-province devant le tribunal militaire de la garnison de Kinshasa, ne sont pas du bluff. Serait-ce un grossier montage destiné à semer les enquêteurs, quitte à tourner le procès en eau de boudin ?
Quoi qu'il en soit, la personnalité citée comme commanditaire du guet-apens du 6 juillet jouit, jusqu'à preuve du contraire, de son droit à la présomption de l'innocence. Légalement, ce statut durera tant que la justice ne se sera pas prononcée sur son cas. Ça, c'est l'aspect juridique.
Le second aspect est d'ordre sociologique. En ce sens, le tollé soulevé dans l'opinion publique par l'accusation du soldat Mwewa contre le gouverneur de Kinshasa mérite l'attention des opérateurs politiques et le Pouvoir judiciaire. Car la collectivité nationale se trouve ébranlée. L'ordre public peut être perturbé. Pour preuve, les convictions des citoyens sont pêle-mêle partagées entre doute, émotion, imprécations et indignation. C'est la conséquence de la «bombe Mwewa» qui a explosé à un moment critique. Cette mauvaise nouvelle s'est aussitôt répandue sur le pays et vers l'extérieur, telle une traînée de poudre, véhiculée par l'important réseau national de téléphonie cellulaire.
Comment, par rapport à l'événement, faire face aux diverses réactions des masses et, ainsi, circonscrire d'éventuels débordements ? Honnêtement, il serait mieux indiqué que le gouverneur de la ville se mette temporairement en congé. En se rendant ainsi disponible, en justiciable ordinaire, il aiderait la justice à dire le droit sans interférences. Bien mieux, il aurait le loisir de se consacrer sereinement à sa défense en vue de réhabiliter et son honneur et sa dignité d'homme politique ou d'homme tout court.
Patrick Mwewa fait rebondir le procès

«Le commanditaire du meurtre, je le cite : c'est le gouverneur de la ville de Kinshasa». Soldat de deuxième classe, le prévenu Patrick Mwewa - l'homme qui a jeté le pavé dans la marre - a été blessé par balles au moment du meurtre du député provincial Daniel Botethi Loleke. Sa révélation a glacé toute l'assistance à l'audience d'hier vendredi 18 juillet, faisant du coup rebondir le procès.
Souffrant, mais lucide, le prévenu Mwewa, alias Kabutshungu (NDRL : manioc amer), a dit au tribunal qu'il y a aussi d'autres «vérités» à révéler sur cette personnalité. Auparavant, celle-ci leur aurait confié une première mission qui avait capoté. Toujours dans le but d'éliminer un adversaire gênant, a-t-il précisé.
A propos de l'entreprise macabre qui a arraché à la vie le regretté député, le prévenu a déclaré que pour son rôle à jouer, les émissaires du présumé commanditaire lui avaient remis – à lui Mwewa – une prime de 1300 dollars US en date du jeudi 3 juillet 2008.
Après le coup, il avait été promis à cette bande une vie en rose, sans oublier un voyage en Europe. Selon le prévenu, cela s'est passé à Mikonga, dans les environs de l'Efobanc, au niveau du camp PM. A part lui, Kady, Fidèle étaient également de la partie, ainsi que les trois envoyés du gouverneur venus à bord d'une Mercedes grise. Ensuite, 200 dollars ont été mis en jeu pour arroser l'opération.
A la question du président du tribunal de savoir pour quel motif cet argent lui a été remis, le prévenu a répondu que c'était pour éliminer un député. Un avocat de la partie civile intervient alors pour dire qu'étant en procédure de flagrance, quel que soit le rang du commanditaire, il doit être invité pour y être entendu. Mais le président Patty Sangwa a trouvé qu'il fallait d'abord vérifier.
EN VIE POUR AVOIR FEINT LE MORT
Quant au ministère public, il a trouvé que le lien n'était pas encore établi entre les assaillants et le gouverneur de la ville de Kinshasa. Donc, la démarche de la partie civile était prématurée Pour sa part, la défense a évoqué l'alinéa 2 du Code de procédure militaire pour réclamer le huis clos. Et voici son argumentation : «N'oublions pas que la personne citée est une personnalité politique, une autorité publique. J'ai peur que cela puisse avoir d'autres colorations». Mais le tribunal a rejeté cette demande, en faisant comprendre à l'intervenant que cet article s'applique pour l'ordre public militaire.
Quant à l'identité des hommes qui leur avaient donné cet argent, le prévenu Mwewa a déclaré que c'est Kady qui possédait leurs coordonnées. Et ces derniers lui dictaient les instructions par téléphone jusqu'au samedi 5 juillet, à quelques minutes de l'accomplissement du forfait. Selon le prévenu Mwewa, le téléphone de Kady était toujours chargé à distance par ces hommes.
Il a ajouté que le député était suivi depuis le lieu de la fête. Ils ont été avertis par téléphone dès que sa voiture a démarré du lieu de la réception à laquelle l'infortuné a été convié avant de regagner Kintambo.
Justifiant sa blessure, le prévenu a soutenu que ce n'est pas le garde du corps du député qui avait tiré sur lui. Il a argué qu'après que la voiture ait été criblée de balles, il a reproché cet acte à ses copains. Mécontent, un membre de la bande a tiré sur lui. L'autre a ordonné de l'achever. S'il est encore en vie, c'est pour avoir feint le mort.
C'est dans ces conditions que ses copains ont récupéré les 900 dollars qu'il avait encore sur lui. Il n'avait pas voulu laisser cette somme à la maison de peur d'attirer la curiosité de son épouse.
Donatien Ngandu Mupompa
Le gouvernement de Kinshasa réagit

Réagissant à cette «dénonciation», le gouvernement de la Ville de Kinshasa s'est réuni en séance extraordinaire hier vendredi à l'Hôtel de Ville.
Dans le compte rendu fait à la presse, la porte-parole du gouvernement urbain a réfuté l'accusation. La qualifiant de «sans fondement et de manipulation visant à perturber l'ordre public et à déstabiliser le gouvernement de la ville de Kinshasa». Le gouvernement urbain affirme tout mettre en œuvre pour aider la justice à bien mener sa mission pour que la vérité triomphe. Tant mieux.
© Congo Vision
Procès sur l'assassinat de Botheti : André Kimbuta cité comme commanditaire
Kinshasa | 18 Juillet 2008 à 17:26:29
Le gouverneur de la ville de Kinshasa a été cité comme commanditaire de l'assassinat du vice-président de l'assemblée provinciale de Kinshasa par l'un des prévenus, au cours de l'audience de ce vendredi, rapporte radiookapi.net
Rien n'est joué. Tout est encore à prouver. A l'annonce du nom du gouverneur par le prévenu Mwewa, les avocats de la partie civile ont exigé que le gouverneur André Kimbuta puisse comparaître, puisqu' « ayant été cité dans une affaire qui siège en procédure de flagrance ». Le président du tribunal militaire a quant à lui estimé qu'avant qu'il comparaisse, il faut vérifier si effectivement André Kinmbuta a des liens (et lesquels), avec l'assassin du vice-président de l'assemblée provinciale de Kinshasa.
Du côté de la défense, on attend encore que les propos du prévenu Patrick Mwewa, qui du reste avait reçu une balle lors de l'opération qui a conduit à la mort du député Daniel Botheti, soient prouvés. Outre ces révélations, le prévenu Kankondeke, garde du corps du défunt, a été entendu. Il s'agissait pour la cour de vérifier si la balle reçue par Patrick Mwewa a été bel et bien tirée par le garde du corps ou par l'un des complices.
Pour rappel, le vice-président de l'assemblée provinciale de Kinshasa a été abattu le 6 juillet dernier aux environ du palais de marbre à Kinshasa.
Par Okapi
© Congo Vision
Procès Botetsi : Kimbuta cité ; mais tout reste à prouver
19-07-2008
Pour une escalade, c'en est une. Le procès Botetsi prend la dimension que l'on craignait. En effet, plus d'un observateur craignaient qu'il y ait manipulation. On semblait avoir évité la politisation après que le Mlc ait fait preuve d'opposition réellement républicaine. En effet, il est du rôle de l'opposition de pousser le pouvoir à mieux faire pour le plus grand intérêt de la population. Le Mlc, après avoir constaté le nombre de crimes enregistrés dans le même quartier, a demandé au gouvernement de prendre des dispositions pour que la situation change. Pour en arriver là, et en vue de faire pression, il a suspendu sa participation aux institutions parlementaires nationales et provinciales pour la ville de Kinshasa. Après que le gouvernement ait réservé la suite attendue à cette requête, le Mlc est rentré dans les rangs. Et le parti cher au sénateur JP Bemba, s'est constitué partie civile dans le procès qui se déroulait au camp Kokolo dans lequel six personnes dont trois éléments de la garde républicaine comparaissaient. Le Mlc avait donc pris l'option judiciaire. Ce qui est appréciable dans un Etat de droit. Pour certains milieux, c'était trop beau pour y croire. Cela se vérifie dans moins de soixante-douze heures. L'un des accusés ramène le procès sur les méandres de la politisation.
Une révélation qui laisse sceptique
Tout était parti de l'audience de jeudi 17 juillet 2008. Le prévenu Patrick Mwewa avait promis de révéler le nom d'une autorité politique qui aurait commandité le crime. Il a promis de le faire au cours de l'audience de vendredi, malgré l'insistance des juges. Comme on devrait s'y attendre, c'était la stupéfaction dans les milieux politiques et même dans l'opinion des Congolais. Si pour la rue, ce que cet homme pourrait dire était une parole d'Evangile, pour les observateurs attentifs, la révélation était rocambolesque. On se voyait cheminer vers une manipulation de l'accusé afin de justifier certaines positions politiques. Déjà, le jeudi, on se demandait dans l'assistance si le prévenu ne cherchait pas une façon de se mettre dans un service commandé pour justifier le crime. Si on accepte la thèse d'un crime commandité, il faudrait que l'on pousse la logique jusqu'à accepter qu'il y aurait eu des commanditaires dans les attentats contre les députés nationaux Matadi Nenga et Adolphe Onusumba ainsi que contre le footballeur Shabani Nonda dont la montre et le téléphone portable étaient retrouvés sur un des criminels. Le prévenu, pour justifier le temps qu'il demandait avant de dire le nom du commanditaire, avait exigé des préalables sécuritaires. Quelle sécurité pouvait exiger un prisonnier au point d'attendre des dispositions particulières 24 heures après ?
André Kimbuta cité
Au cours de l'audience d'hier vendredi, Patrick Mwewa a finalement délié sa langue. Pour lui, c'est le gouverneur de Kinshasa, André Kimbuta qui aurait commandité le crime du vice-président de l'Assemblée provinciale de Kinshasa. Cette dénonciation, au lieu de faire l'effet de bombe que d'aucuns attendaient, est plutôt accueillie avec scepticisme. Car, c'est trop facile de faire telle déclaration lorsqu'on part de la logique difficile à tenir, selon laquelle, un gouverneur Pprd ne pouvait qu'être opposé ou ennemi d'un vice-président de l'Assemblée provinciale qui est du Mlc. On verse donc facilement dans les affabulations qui n'ont rien de juridique. Une chose est de citer quelqu'un, une autre est de donner des preuves. L'effet politique estimé peut être atteint, mais, cela n'est pas certain que la justice suivra la même voie. C'est d'ailleurs pour produire rapidement l'effet politique attendu, que les avocats de la partie civile ont exigé que le gouverneur André Kimbuta puisse comparaître aussitôt après que son nom ait été cité. Ils évoquaient la procédure d'urgence. Mais, le président du tribunal militaire est resté lucide. C'est cela la différence entre le droit et la politique politicienne. Il a promis qu'avant que le gouverneur de Kinshasa comparaisse ou non, les liens entre les criminels et lui soient établis. Sinon, ce serait complaisant de croire que le gouverneur pourrait faire appel au premier criminel venu pour lui confier un crime aussi odieux que celui sur la personne d'un vice-président d'une Assemblée provinciale. Le prévenu Patrick Mwewa devra pour ce faire dire où qu'il avait rencontré le gouverneur, directement ou par personne interposée. Quelle est cette personne et quelles sont ses relations avec le gouverneur ? La défense a également demandé que les propos de Patrick Mwewa soient prouvés.
Le difficile vient de commencer
Le boulot commence pour les avocats. Il faudra que les mobiles du crime soient dégagés. Que la reconstitution des faits étaie effectivement la thèse d'un crime organisé. Car, pour démontrer que les assaillants n'avaient pas tendu leur piège comme d'habitude et que le jeune Botetsi y serait tombé par hasard, il faudra remonter la filière pour savoir comment les assaillants connaissaient aux moindres détails le programme du jeune député kinois pour cette journée.
Dans quelle mesure les criminels étaient-ils entrés en connaissance de l'agenda du vice-président de l'Assemblée provinciale cette soirée du 6 juillet 2008 ? Il faudra également remonter jusqu'à la personne qui, à distance ou aux côtés de Botetsi, orientait les criminels en leur donnant des informations sur ses déplacements. Il va de soi que telles informations ne pouvaient pas venir de ceux qui étaient au lieu du crime. De même que ces derniers ne pouvaient pas se poster au lieu du crime attendant au hasard le passage de leur victime. C'est donc étonnant que depuis le début du procès, les prévenus n'aient pas encore cité cette personne clé dans le crime.
Kimbuta serait-il imprudent à ce point ?
Enfin, il faudrait, pour croire à la thèse de Patrick Mwewa, se dire que le gouverneur Kimbuta serait vraiment imprudent pour qu'il s'affiche directement dans un crime. S'il est passé par une personne interposée, le fameux Kadi, pour quelle raison cette personne aurait-elle, aussi facilement révélé à son sous-traitant qu'est Patrick Mwewa, le nom du commanditaire du crime ? Avait-il besoin de le convaincre à ce point ? On craint que Kadi reste la personne importante dont on ne retrouvera jamais la trace comme dans un film fiction. Tant que l'énigme ne sera pas dénouée, on s'attend à ce que le discrédit s'installe sur le gouverneur de Kinshasa. Comme on le voit, et les avocats de la partie civile et les prévenus eux-mêmes, n'ont pas la tâche facile. Les observateurs avertis ont le sentiment que demain, le prévenu Patrick Mwewa, mis dos au mur, sera obligé de dire qui l'avait manipulé pour citer le nom du gouverneur André Kimbuta. Qui sera le commanditaire du mensonge de Patrick Mwewa ? C'est le prochain épisode de ce procès. C'est une honte de constater que la classe politique congolaise refuse des arguments réellement politiques pour verser dans des intrigues qui ne l'honorent pas.
Joachim Diana G.
L'Avenir
Kabila espère un remplacement de De Gucht
( RTBF 18/07/2008)
Le Président congolais Joseph Kabila, en visite en France, s'interroge sur l'avenir politique de la Belgique. Selon lui, la nomination d'un nouveau Ministre belge des Affaires étrangères est « souhaitable ».
Le Président congolais Joseph Kabila est en visite officielle en France. Il a été reçu au Sénat. Il a aussi rencontré une importante délégation d'industriels.
Cela dit il se préoccupe également de la situation politique en Belgique.
Interrogé par la RTBF, il a déclaré « les contacts entre la Belgique et le Congo existent, on a toujours maintenu le contact. On attend le nouveau gouvernement. Je ne sais pas ce qu'il va se passer. »
Il a encore qualifié la nomination d'un nouveau Ministre des Affaires étrangères (remplaçant l'actuel VLD Karel De Gucht) de « souhaitable ».
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Kinshasa invite la Monuc à se débarrasser d'éléments de nature à compromettre la consolidation de la paix dans l'Est de la RDC
( Xinhuanet 18/07/2008)
Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) attend avec diligence les conclusions de l'enquête ouverte par la Mission des Nations Unies en RDC (Monuc) au sujet des propos tenus récemment par un officier supérieur du contingent indien de la mission dans une localité de la province du Nord-Kivu (est), a-t-on appris jeudi d'une déclaration officielle.
Selon le délégué général du gouvernement chargé de la liaison avec la Monuc, Jean-Marie Labila Etong Epetsa, le colonel indien Chand Sahoha avait en effet, au cours d'une cérémonie d'adieu organisée en son honneur dernièrement près de Kitchange (Nord-Kivu) traité le général dissident Laurent Nkunda de "frère" qui "combat pour une noble cause" et qui est "prêt au sacrifice, à l'instar des vrais révolutionnaires". Poussant sa témérité à l'extrême, le colonel est allé jusqu'à décorer Laurent Nkunda d'une "médaille d'honneur".
Pour le gouvernement de la République, qui élève une protestation "des plus énergiques" face à ces propos, cette attitude traduit une "duplicité" dans le chef d'un officier de la Monuc qui a occupé des positions stratégiques dans le dispositif de défense des Forces armées de la RDC (FARDC) dans le périmètre de Sake, au Nord-Kivu, et atteste qu'il est "en intelligence avec celui là même qui trouble la paix et déstabilise la RDC", a précisé M. Labila.
Tout en saluant la position officielle de la Mission onusienne en RDC qui singularise ces propos et laisse le colonel Saroha porter seul la responsabilité de la gravité des faits évoqués, M. Labila s'interroge si l'officier indien n'avait pas d'adeptes auquel cas la Monuc devait prendre les mesures qui s'imposent pour débarrasser la mission des éléments de cet acabit.
Au moment où tout est mis en oeuvre pour la consolidation de la paix dans l'Est de la RDC, le gouvernement de la République s'élève contre l'attitude décriée de Chand Saroha et tout autre comportement de nature à annihiler les efforts entrepris dans le cadre du programme "Amani" pour la pacification définitive de la RDC en général et de la région du Kivu en particulier, a précisé le délégué général du gouvernement près la Monuc, en réponse aux questions des journalistes.
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