Charles Onana crève l'abcès avec son livre "Ces tueurs tutsi au coeur de la tragédie congolaise"
Par James Bénédict Ngumbu, samedi 2 mai 2009
 Paris, 30 avril 2009, Charles Onana, journaliste d'investigation lors de la présentation de son ouvrage.
Jusqu'en dernière minute, les pressions ont été exercées au près de la Congrégation de la Légion de Marie sise au 43 rue Boileau dans le XVIème Arrondissement pour que la présentation de cet ouvrage n'ait pas lieu.
Charles Onana est arrivé serein saluant une bonne partie de salle avant d'être présenté par notre confrère Lilo Miango, modérateur de la manifestation.
Une foule immense des Congolais de la diaspora a été présente dans la salle. Un échange fructueux s'est réalisé lors de la prise de paroles par les congolais mais surtout pendant la dédicace du livre par l'auteur.

Les soeurs catholiques de la légion de Marie ont dû intervenir pour que la salle soit libérée tellement les gens étaient scotchés à leur chaise, la réunion étant déjà finie et l'heure de la clôture largement dépassée.  Vue partielle de l'assistance dans la salle. Venu presque de la plupart des capitales européennes, le public constitué majoritairement des communautés congolaises et rwandaises, n'a pas regretté son déplacement. Encore une fois, le journaliste d'investigation a apporté avec pertinence, un plus dans son long combat qu'il mène depuis en faveur des victimes de la tragédie congolaise, en rétablissant la vérité sur les douloureux événements qui se sont passés au Rwanda. Dès sa prise de parole, il a tenu l'assistance en haleine expliquant durant deux heures dans un style mélancolique, le calvaire congolais dans son ensemble.
Charles Onana est journaliste d'investigation, auteur, entre autres, de : Les secrets du génocide rwandais (2002), Les secrets de la justice internationale (2005), Joséphine Baker contre Hitler(2006), Les voyous de l'Arche de Zoé (2008). Il s'est dit consterner par des contres vérités qui alimentent le génocide rwandais et a fustigé l'hypocrisie de la communauté internationale qui se mure dans un silence complice face à ce qui se passe à l'Est de la République démocratique du Congo.
« Avant toute chose, je voudrais d'abord avoir une pensée profonde pour les femmes congolaises qui endurent les souffrances, les viols et les crimes inacceptables. Et mes conclusions ont prouvé que Paul Kagame est le vrai auteur non seulement du génocide rwandais, mais également des crimes abominables qui se perpétuent dans la grande indifférence, dans la région des Grands Lacs. Il bénéficie dans cette entreprise macabre, de la complicité des dirigeants occidentaux et de l'aide de ses acolytes rwandais ». A –t- il annoncé.  Me Marie Thérèse Nlandu était présente dans la salle. Prenant la parole, elle a prôné la dé-tutsisation des institutions congolaises et la libération rapide et sans condition du Congo. Affichés sur une couverture rouge, couleur du sang congolais qui amplifie le contenu sémantique, les trois personnages qui y figurent (Paul Kagamé, James Kabarebe et Laurent Nkunda), appartiennent tous à l'ethnie tutsi et sont reconnus comme des criminels, selon les investigations de l'auteur. Ces tueurs sont soutenus aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en France, en Belgique ainsi que par des multinationales et sont devenus les sous-traitants officiels d'une mondialisation sanguinaire en Afrique Noire.
L'auteur dénonce ce silence et s'indigne également du rôle des organisions internationales spécialisées dans la défense des droits de l'homme qui ne font pas assez dans la tragédie congolaise, alors qu'ils font beaucoup des bruits quand il s'agit des autres pays africains. C'est l'exemple du Zimbabwe. Pour le cas de la République démocratique du Congo, elles s'impliquent à géométrie variable dans leurs missions, minimisant si pas ignorant les crimes commis par le président rwandais, Paul Kagamé.
Ce livre se place dans le même contexte que ceux écrits par, Honoré Ngbanda (Crimes organisés en Afrique centrale), Carla DEL PONTE ou encore Koffi Atsu Amega (enquête sur les massacres de réfugiés hutu dans l'ex-Zaïre en 1996-1997) sur le génocide rwandais.
Cependant, bien que Charles Onana ne se soit pas rendu au Congo, attaque acerbe émise par ses adversaires, la préface de Cynthia McKinney, ancienne sénatrice américaine et envoyée spéciale de Bill Clinton en Afrique, rajoute une valeur refuge dans l'enquête de notre confrère. Hormis cela, les témoignages obtenus auprès des acteurs de cette tragédie, notamment Victor Mpoyo ou le Général Mofu, l'homme qui a tout fait pour la prise de Kinshasa lors de la conquête de l'AFDL en 1997 ou les documents confidentiels de l'union européenne créditent la thèse d'un travail de grande qualité.
Bénéficiant des exemplaires destinés à la presse, Réveil-FM qui a lu ce chef-d'œuvre, reprend ci-dessous quelques passages choisis pour aider ses lecteurs.
Instrumentalisant la mémoire de la Shoah, ils s'autoproclament victimes d'un génocide au Rwanda. Pourtant, en 1994, ils ont assassiné deux chefs d'Etat africains, des milliers de Rwandais ainsi que des témoins français, espagnols et canadiens.
Ils sont aussi soupçonnés d'avoir froidement abattu les parents du chanteur Corneille. En 1997, ils envahissent la République Démocratique du Congo (RDC) où ils exterminent des milliers de réfugiés hutus.
Bénéficiant de l'impunité, ils torturent et violent les femmes à l'Est de la RDC et massacrent plus de 6 millions de Congolais chez eux (...)
L'enquêteur qui a obtenu nombreux documents confidentiels de l'Union Européenne, révèle que depuis 2005, le président de la RDC, Joseph Kabila qui bénéficie les soutiens les plus actifs au sein de l'Union Européenne, serait disposé à partager les richesses de son pays avec le Rwanda; une curieuse idée émise également par le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy en 2009 et qui n'a pas été condamné par le chef de l'Etat Congolais.
Curieux silence de la part du garant de l'intégralité territoriale du Congo !
Le commissaire européen, Louis Michel dont le nom était chahuté chaque fois qu'il était cité, joue un rôle très décisif dans le malheur du peuple congolais. A l'instar du ministre français Bernard Kouchner qui soigne ses relations avec le régime tutsi de Kigali et de l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, devenu "conseiller bénévole" du dictateur Paul Kagame, cet homme est le soutien indéfectible des tueurs tutsi.
En tout cas, certains chapitres de cet ouvrage, racontent exceptionnellement aussi comment l'uranium du Congo a servi à fabriquer la bombe atomique américaine en 1942 et comment le gouvernement américain a formé des extrémistes tutsi pour déstabiliser l'Afrique Centrale sous le regard complaisant de la communauté internationale et des grandes démocraties.
Appuyés par les témoignages de Victor Mpoyo, l'auteur démontre comment des puissances étrangères, pillent massivement les ressources minières de la RDC pour les vendre à Kigali et craint que les nations africaines ayant d'énormes réserves pétrolières, puissent être demain, victimes de la même méthode.
Pour l'assistance, où on a noté la présence remarquable des figures de la scène politique congolaise au sein de la diaspora comme de Me Marie Thèrese Nlandu (venue spécialement de Londres), Jean-Pierre Bolefa (proche de l'Apareco), M.José ode Tuba et M.Dekeke Tukemba, respectivement vice-président et président du Mouvement de Résistance de la diaspora Congolaise en France et bien d'autres. Même l'artiste musicien Felix Wazekwa était dans la salle. Il est clairement établit que la situation dans la quelle s'embourbe le pays est cillement voulue et il y pas de doute.
La République démocratique du Congo est victime de ses richesses. La présence de Joseph Kabila à la tête du pays marque le début de la balkanisation de ce pays.  Jean-Pierre Bolefa, proche de l'Apareco s'est indigné la complicité de Joseph Kabila et des Joséphistes sur les malheurs qui s'abattent sur les Congolais
Le départ de Mobutu est même évoqué dans plusieurs passages où on comprendra, les raisons invraisemblables de la coalition des armées étrangères qui se sont précipitées en se battant sur le sol zaïrois pour faire partir « le Grand Léopard » du pouvoir. Ces mercenaires de l'horreur ont un nom : les extrémistes tutsi du Rwanda.
En effet, Charles Onana fait remarquer qu'il faut bien différencier les extrémistes tutsi aux autres citoyens du Rwanda qui ne sont pas tous tueurs, mais sont instrumentalisés par les criminels précités et marginalisés également par le régime de Kigali.  Albert Ntare, président de la diaspora rwandaise demandant pardon au peuple congolais. Fait marquant, le représentant de la communauté rwandaise venu de Bruxelles a pris la parole en demandant pardon au peuple congolais. « Je viens ici pour demander pardon au peuple congolais qui nous tellement aidé, dans notre malheur. Kagamé est l'un de plus grands criminels que l'humanité a connu. Et nous continuerons toujours à le dire tant que nous serons vivant avec l'aide de Dieu.»
Le président de la société civile de la communauté rwandaise de Belgique, Albert Ntare qui sort d'une détention à Bruxelles pour avoir manifesté le jour de la commémoration du génocide rwandais, a insisté que la communauté internationale arrête de gratifier Paul Kagame de ses crimes.
Il a été grandement ovationné par l'assistance qui le connaît pour ses prises de position à l'égard de tueurs tutsi.
Pour sa part, la presse de la diaspora africaine et le public ont suffisamment accompagné l'action de Charles Onana. Pour minorer ses dépenses, l'auteur a écoulé plus de deux cartons de cet ouvrage, rien que ce soir là. Certains ont acheté plusieurs dizaines, le cas de Albert Ntare et Jean-Pierre Bolefa qui en ont offert quelques exemplaires aux amis.
Que peut-on tirer comme leçon après la publication de ce livre ? Cette question revient fréquemment lors des ce genre des débats. Après Honoré Ngbanda, Carla Del Ponte et Charles Onana pour ne citer que ceux-là, que faut-il encore faire pour trouver des solutions à la situation congolaise ?
C'est la question posée souvent par les congolais. Certes l'ouvrage s'ajoute aux nombreux livres écrits par quelques personnalités qui veulent rétablir la vérité sur les crimes dont sont victimes les congolais et rwandais.
Il faut rendre hommage à ces gens qui affrontent les fauves dans leur rage.
Pour que leur travail soit utile et intéressant, il appartient aux Congolais, aux dirigeants africains et aux peuples humiliés à travers le monde, d'agir avec courage. Surtout, il faut que les Congolais se réveillent.
Si les Congolais se mobilisent et mesurent l'humiliation qui leur est infligée, il se passera quelque chose. Sinon, les tueurs et les amis continueront à dire "Gloria Victis", "Gloire aux vaincus" !
Réveil-FM
© Congo Vision
Perception des taxes par les groupes armés
Accord Gouvernement-CNDP violé
Par Le Potentiel
Le 23 mars 2009, le Gouvernement et le Congrès national pour la défense du peuple signaient un accord de paix, mettant ainsi officiellement fin à la guerre du Nord Kivu. Si des progrès ont été enregistrés et qu' un calme règne, des difficultés subsistent au risque de remettre en cause les efforts accomplis jusqu' à ce jour. Preuve, les groupes armés, notamment le CNDP, ont commencé à percevoir des taxes. Existence de deux administrations parallèles. Violation de l'accord de paix au Nord-Kivu.
Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, avait déjà tiré la sonnette d'alarme face à la lenteur de la communauté internationale de rendre effective la résolution 1856. Au plan interne, le Comité de suivi pour accompagner la mise en application de l'accord du 23 mars entre le Gouvernement et le CNDP se fait attendre. Entre-temps, les FDLR n'ont pas encore été neutralisées. Elles continuent à tuer, à violer et à voler. L'on n'est donc pas encore sorti totalement de l'auberge.
Et pourtant, le 15 mai 2009 devra se tenir à Nairobi, au Kenya, le sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, CIRGL. C'est au cours de cette rencontre que la co-facilitation internationale des négociations directes entre le Gouvernement et le CNDP remettra officiellement son rapport de mission. Celle-ci, on le sait, a été sanctionnée le 23 mars par la signature d'un accord de paix entre le Gouvernement et le Congrès national pour la défense du peuple, CNDP.
Malheureusement, sur le terrain, les choses ne semblent pas évoluer rapidement. Certes, des progrès ont été enregistrés et qu'il existe actuellement un calme. Mais un calme précaire pour autant que les « faiseurs de paix » n'ont pas encore pris des « décisions courageuses » pour régler définitivement ce conflit. Il subsiste des difficultés susceptibles de briser l'élan de paix si l'on ne prend des dispositions utiles rapidement.
Cette inquiétude avait déjà été exprimée par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans ce dernier rapport au Conseil de sécurité. Il dénonçait la lenteur des pays donateurs de ne pas se conformer à la résolution 1856 pour le déploiement des troupes supplémentaires onusiennes. Trois mille attendus pour prêter main forte aux contingents des casques bleus déjà sur place. Mais également une logistique nécessaire afin de traquer les forces négatives.
Au moment où les autorités congolaises ont décidé de lancer l'opération « Kimia II », l'on s'interroge sur la capacité du Commandement militaire de la Monuc de faire face à ses obligations. Car, plus que jamais, la question n'est plus celle de « repousser les forces négatives », notamment les FDLR vers la brousse ou la forêt, « mais de les neutraliser ». La Stratégie d'appui des Nations unies à la sécurité et à la stabilisation doit absolument viser ce résultat. Réagir autrement serait refuser de répondre efficacement aux questions de l'amélioration rapide de l'environnement politique et des conditions de sécurité.
Des frustrations
Autre difficulté, c'est le processus d'intégration des éléments du CNDP au sein des FARDC.
La première phase qui consistait en une formation rapide d'anciens éléments du CNDP suscite des remous, des frustrations. Selon des sources concordantes, cette première phase a favorisé plus les officiers tutsi congolais au détriment des hutu congolais. Le mouvement de frustration observé fait remarquer que les éléments déçus se sont rapprochés des autres éléments issus d'autres groupes armés, notamment ceux de PARECO, pour ne citer que cette milice.
Entre-temps, cette phase n'ayant pas parvenu à séparer les enfants combattants de leurs aînés, le recrutement des enfants soldats aurait repris dans les zones de Masisi et Rutshuru. Ce qui ne présage pas de bons augures.
Dans le même ordre d'idées, la réinsertion au niveau de l'administration publique et territoriale pose problème. Pas plus tard que la semaine passée, le gouverneur de la province du Nord-Kivu a été obligé d'intervenir pour régler la situation provoquée par les transporteurs, au niveau de Sake, à quelque trente kilomètres de Goma. En effet, ces transporteurs protestaient contre la perception des taxes par « l'Administration CNDP » sur l'axe menant vers Masisi et Kitchanga.
Les transporteurs sont obligés de faire face à d'autres taxes, uniquement pour le compte du CNDP. C'est-à-dire, 480 dollars à chaque camion, 40 litres de carburant et 25 dollars par péage. D'où leur question de savoir s'il y a deux administrations dans cette province.
Dans les milieux proches du CNDP, on justifie cette attitude par la lenteur de la mise en application des résolutions contenues dans l'accord de paix.
Les concessions minières
Autre fait qui risque de semer davantage la confusion est la gestion des concessions minières. Qui les gère depuis la fin de l'opération conjointe RDC-Rwanda, « Umoja Wetu » ?
Il est difficile de répondre à cette interrogation pour autant que les nouvelles dans ce domaine sont contradictoires. Nul ne sait avec exactitude qui contrôle ces concessions minières si ce ne sont que les « faiseurs de guerre et de paix ».
Or, selon Radio Okapi, les FDLR sont toujours actives et occupent certains villages où sont concentrés des minerais. C'est le cas dans le territoire de Lubero où depuis quatre mois, les FDLR contrôlent trois villages: Kasuo où l'on exploite de l'or, Masekeseke et Makwakondro.
Il est urgent que cette situation soit clarifiée et éviter de faire de cette partie du Kivu un « non man's land ». Car, si le contrôle des concessions minières continue à échapper à Kinshasa et à Goma, il sera difficile de ramener la paix dans cette partie de la République tant que les groupes armés continueront à s'autofinancer.
Au moment où se déclenche l'Opération Kimia II, il est impérieux de mettre rapidement en place le « Comité de suivi » tel que convenu dans l'accord du 23 mars. L'évaluation qui s'en suivra permettra au Gouvernement congolais d'accélérer la mise en application de certains points tant sur le plan politique, administratif que militaire et sécuritaire.
A l'aube du prochain sommet des chefs d'Etat des pays des Grands Lacs, on aura alors accompli un grand pas vers l'amélioration de l'environnement politique et des conditions de sécurité.
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