RDC: au moins 195 enfants sortent des groupes armés au Nord-Kivu
KINSHASA (AFP) - 04/02/2009 15h19
La Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monuc) s'est félicitée mercredi d'avoir "pu séparer pas moins de 195 enfants" des groupes armés Maï Maï opérant dans la province du Nord-Kivu (est), en une semaine.
"La Monuc se félicite du nombre important d'enfants qui sont en train de sortir des rangs des groupes Maï Maï depuis le début du processus d'intégration accélérée des groupes armés au sein des FARDC (armée congolaise)", a déclaré un porte-parole de la Monuc, Mounoubai Madnodje, au cours d'un point de presse à Kinshasa.
"En effet, durant la semaine écoulée, la section de la protection de l'enfant de la MONUC a pu séparer pas moins de 195 enfants de ces groupes, dans la seule province du Nord Kivu", a-t-il poursuivi.
"19 d'entre eux ont été séparés des rangs des troupes Maï Maï au centre d'intégration de Rumangabo (à 50 km au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu), 65 autres à Rutshuru (75 km au nord de Goma) et deux groupes composés de 89 et 22 enfants ont été séparés les 2 et 3 février au centre d'intégration de Nyaleke (nord du Nord-Kivu), a précisé M. Mounoubai Madnodje.
La Monuc a également souligné qu'"un enfant séparé de la 83ème brigade non intégrée des FARDC, actuellement âgé de 17 ans, a passé neuf ans avec cette unité".
Elle a en outre rappelé aux groupes armés que "l'enrôlement et l'utilisation des enfants dans des conflits constituent des crimes contre l'humanité" qui relève de la compétence de la Cour pénale internationale.
Le Fonds de l'ONU pour l'enfance (Unicef) avait annoncé mardi que 85 enfants avaient été libérés la semaine dernière par les milices Maï-Maï au Nord-Kivu.
La plupart des milices Maï Maï ont déclaré la fin des hostilités et leur souhait d'intégrer les FARDC depuis la mise hors d'état de nuire du chef rebelle congolais Laurent Nkunda, qu'elles combattaient.
Selon l'Unicef, environ 2.000 enfants sont encore incorporés dans des milices dans le Nord-Kivu.
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Kinshasa : le Professeur Kika Mavinda nommé recteur de l'Unikin
Kinshasa, 03/02/2009 / Politique Le Professeur Kika Mavinda remplace à ce poste le recteur Bernard Lututala, évincé suite à la mauvaise gestion confirmée par l'audit initié par le ministère de tutelle en juillet 2008 dans les établissements de l'Enseignement supérieur et universitaire publics de la République démocratique du Congo.
Pr. Kika Mavinda est désigné recteur, à titre intérimaire, de l'Université de Kinshasa (UNIKIN) par un arrêté du ministre de l'Enseignement supérieur et universitaire (ESU), Léonard Mashako Mamba, signé le 31 janvier 2009. L'arrêté du ministre de l'ESU nomme également les professeurs Prosper Kanyankogote Mpagazehe et François Banza Somue à Mfunkwa ainsi que M. Mandila Batikumina respectivement aux postes de secrétaire général académique, secrétaire général administratif et administrateur du budget. Le Pr. Kika remplace à ce poste le recteur Bernard Lututata qui a été révoqué avec l'ensemble de son comité de gestion, suite à la mauvaise gestion confirmée par l'audit initié par le ministère de tutelle en juillet 2008 dans les établissements de l'ESU publics de la République Démocratique du Congo (RDC) ainsi que par les services centraux du ministère.
L'Ifasic aussi doté d'un nouveau comité de gestion
Le ministre de l'enseignement supérieur et universitaire a rendu public lundi un arrêt nommant un nouveau comité de gestion à l'Institut facultaire des sciences de l'information et de la communication, IFASIC. Recteur : Jean Lucien Kithima ; secrétaire général académique : Emmanuel Mwangilua ; secrétaire Général administratif : Espérance Bayedila ; administrateur de budget : Georges Wawa.
Mashako entend redorer le blason terni de l'ESU
Mme Alula Nyota, secrétaire général de l'Enseignement supérieur et universitaire (ESU), a déclaré le week-end que le ministre de l'ESU, le Pr. Léonard Mashako Mamba a sonné la fin de la recréation à l'ESU, à l'occasion de la cérémonie d'échange des vœux organisée à l'Institut supérieur pédagogique de la Gombe (ISP/Gombe), à Kinshasa.
La secrétaire général de l'ESU a indiqué que toute la communauté universitaire a constaté avec enthousiasme et satisfaction, depuis l'avènement du ministre Mashako à la tête du ministère dé l'ESU, que la léthargie est en train d'être cassée en vue de restaurer l'autorité de l'Etat et la bonne gouvernance.
L'état des lieux du ministère de l'ESU, a-t-elle poursuivi, présente un tableau très sombre, caractérisé par beaucoup de maux qui gangrènent le système éducatif, favorisant depuis plusieurs décennies un dysfonctionnement évident, ayant occasionné l'éloignement de l'ESU de la vocation classique à savoir l'enseignement, la recherche scientifique et des services de qualités à la communauté.
La secrétaire générale Alula a évoqué quelques problèmes socioprofessionnels cruciaux de l'heure, notamment sur le plan académique, des années académiques élastiques avec chevauchement de promotions dans certains cas, le surpeuplement des auditoires et des homes des étudiants du non respect de leurs capacités d'accueil, le non renouvellement du corps enseignant de haut niveau, la dangereuse prolifération des institutions de l'ESU tant du secteur public que privé, l'insuffisance de la recherche et l'Immoralité multiforme dans les milieux universitaires.
Sur le plan social, elle a cité des grèves à répétition pour des raisons évidentes, parmi lesquelles la démotivation du personnel, la non exécution des budgets d'investissement handicapant ainsi la réhabilitation des infrastructures, la grave détérioration des conditions de travail et d'étude.
Mme Alula reste convaincue qu'avec la mise en oeuvre du plan d'action et des méthodes de travail du ministre Mashako, associant l'administration centrale dans ce qu'il fait, beaucoup de problèmes trouveront des solutions appropriées.
(CL/Milor/GW/ Yes)
Acp
RDC: L'opération dans le Nord-Kivu favorise le rapatriement et la paix - Président
KINSHASA, 4 février 2009 (IRIN) - Conséquence de l'opération militaire menée conjointement par la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda pour déloger les milices armées de la province du Nord-Kivu, les combattants sont aujourd'hui de plus en plus nombreux à souhaiter être rapatriés, selon le président congolais Joseph Kabila.
« La bonne nouvelle, c'est que depuis le début de l'opération au Nord-Kivu, plus de 1 200 combattants des FDLR [Forces démocratiques pour la libération du Rwanda] doivent retourner au Rwanda », a déclaré M. Kabila à la presse, à Kinshasa, le 31 janvier.
La Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) ne participe pas aux opérations militaires, mais elle a promis de soutenir le rapatriement volontaire des combattants par le biais d'un programme de désarmement, de démobilisation, de rapatriement et de réinsertion (DDRR) lancé en 2002.
En janvier, au moins 200 combattants ont été rapatriés, a indiqué Bruno Donnat, responsable de la section DDRR de la MONUC, le 2 février, contre 70 seulement sur la même période, en janvier 2008.
La MONUC a ouvert cinq centres d'aide aux personnes souhaitant être rapatriées. D'après M. Kabila, la province du Nord-Kivu compte environ 5 000 combattants, appartenant à différents groupes armés, notamment aux FDLR, composées de miliciens dont certains ont pris part au génocide rwandais de 1994.
Mainmise sur le bastion des FDLR
L'opération a été lancée le 20 janvier. La semaine dernière, les deux armées ont déclaré avoir pris le contrôle de Munzenze, ancien bastion des FDLR. Cette localité se trouve dans le parc national des Virunga, à Rutshuru.
Au moins 83 armes à feu ainsi qu'une grande quantité de munitions de différents calibres ont été saisies, ont-elles déclaré dans un communiqué daté du 31 janvier.
Depuis le lancement de l'opération, a expliqué le capitaine Olivier Hamuli, porte-parole, une vingtaine de combattants hutus rwandais, essentiellement membres des FDLR, ont été tués.
« A mon humble avis, le résultat devrait être un retour à la paix et à la stabilité dans la province du Nord-Kivu, et le début de la reconstruction dans les deux Kivu », a déclaré M. Kabila.
L'opération conjointe contre les combattants hutus, ainsi que l'offensive contre les rebelles de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), menée de concert avec les armées de l'Ouganda et du Sud-Soudan dans le nord-est, « ne devraient pas se poursuivre au-delà du mois de février », a-t-il assuré.
La LRA est active dans certaines régions du nord-est de la RDC. Elle a lancé dernièrement plusieurs attaques contre la population civile, faisant des centaines de morts, selon Human Rights Watch.
La CPI
Les associations de défense des droits humains exigent que Bosco Ntaganda, leader du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), soit traduit devant la Cour pénale internationale (CPI) pour répondre des crimes de guerre dont il s'est rendu coupable ; interrogé à ce sujet, le président a déclaré qu'il préférait assurer la paix et la stabilité dans l'est.
La CPI a inculpé Bosco Ntaganda pour divers crimes commis dans la région de l'Ituri (nord-est).
« Le choix est le suivant : soit le livrer ?à la CPI?, soit assurer la paix et la sécurité pour nos populations de l'est. Pour moi, le choix est clair ?...? nous optons pour la stabilité et la sécurité de notre population », a déclaré M. Kabila.
Le Président a néanmoins estimé que Laurent Nkunda, ancien chef du CNDP, devrait être livré aux autorités congolaises. M. Nkunda a été arrêté au Rwanda le 22 janvier, quelques jours après le lancement de l'opération contre les miliciens hutus rwandais.
D'après le gouvernement, le CNDP a accepté la démobilisation de certains de ses membres, qui doivent être intégrés à l'armée.
Le mouvement a également conclu un accord verbal par lequel il s'engage à libérer tous les enfants qu'il compte dans ses rangs, selon le Fonds des Nations Unies pour l'enfance.
IRIN
RDC : MSF accuse les Casques Bleus
February 4th, 2009
AFP
04/02/2009 | Mise à jour : 15:45
L'ONG Médecins sans frontières (MSF) a accusé mercredi les Casques Bleus de l'ONU de laisser sans protection les civils victimes d'attaques de rebelles dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). MSF a cité des témoins de massacres en masse de femmes, d'enfants et de vieillards par les rebelles ougandais de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), notamment lors d'attaques d'une cinquantaine de villages depuis Noël dernier dans la région du Haut-Uélé. L'ONG a dénoncé dans un communiqué “l'inaction des Casques Bleus pour protéger les habitants” alors que le Conseil de sécurité a “fait de la protection des civils la priorité de l'action des forces de paix des Nations Unies”. “D'autres massacres vont se produire”, a prédit M. Marc Poncin, le responsable de MSF en RDC en demandant à la mission de l'ONU dans le pays (MONUC) de “prendre ses responsabilité s”. La MONUC “ne peut pas continuer à être ainsi absente auprès des habitants du Haut-Uélé alors qu'ils se font systématiquement attaquer”, a-t-il insisté. Les activités de la MONUC “n'incluent pas l'évacuation des blessés civils lorsque (les Casques Bleus) se rendent en hélicoptère dans des localités attaquées, inaccessibles aux organisations humanitaires”, a encore déploré M. Poncin, en citant le cas récent d'un enfant âgé d'un an, blessé par balle, qui n'a pas pu être embarqué pour être hospitalisé. Le représentant de l'ONU en RDC, M. Alan Doss, a rejeté ces critiques, en assurant que le Casques Bleus interviennent pour protéger la population et effectuent des évacuations humanitaires. Il a cependant reconnu que les forces de l'ONU stationnées dans le Haut-Uélé sont insuffisantes pour pouvoir assurer la protection de toute la population.
RD CONGO : Polémique autour de la présence militaire rwandaise
( IPS 04/02/2009)
KINSHASA, (IPS) - Les critiques se font de plus en plus vives par rapport à la présence de milliers de soldats de l'armée rwandaise dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) et plusieurs parlementaires congolais dénoncent l'opération militaire conjointe entre le Rwanda et la RDC.
Pendant que l'opinion congolaise se montre peu rassurée, une polémique enfle au parlement, notamment avec le «mécontentement d'un groupe de députés nationaux» qui désavouent «le silence avec lequel le gouvernement traite une question aussi importante pour la nation». Ils stigmatisent également le fait que «le parlement n'a pas été préalablement informé du lancement de l'opération militaire conjointe entre la RDC et le Rwanda».
Ernest Kyaviro, député national et membre de l'Alliance pour la majorité présidentielle (AMP) est l'un des parlementaires qui critiquent cette présence des militaires rwandais. Soutenu par plusieurs de ses collègues députés membres de l'opposition, il a initié, depuis une dizaine de jours, une pétition visant à faire convoquer une session extraordinaire de l'Assemblée nationale, afin de statuer sur «les raisons exactes» de cette présence militaire étrangère ainsi que «sa durée exacte». La pétition a déjà réuni plus de 200 signatures à ce jour.
«Certes, la question est d'une grande importance, mais on n'a pas besoin d'une session extraordinaire de l'Assemblée nationale pour y statuer», a dit à IPS, Ignace Mupira, ancien député national et ancien gouverneur de la province du Sud-Kivu, dans l'est de la RDC. Pour lui, «il suffirait que le chef de l'Etat ou le gouvernement entame un processus d'information de la population et des institutions sans nécessairement mettre à nu le secret défense du pays».
«La question n'est plus d'actualité et l'évolution de l'opération donne raison à ceux qui l'ont lancée», affirme Kikaya Bin Karubi, un proche collaborateur du président congolais Joseph Kabila. Député national de l'AMP et ancien ministre, Kikaya déclare que «les deux chefs des deux chambres du parlement ont été informés de cette opération lors d'une réunion interinstitutionnelle puisqu'on n'a pas besoin de débattre publiquement une question aussi sensible pour rallumer le feu et déchaîner les passions».
De leur côté, Bob Lubanda et Paul Kalonji, deux citoyens résidant à Kinshasa, la capitale de la RDC, ont expliqué à IPS qu'ils se souviennent des effets néfastes de toutes les interventions militaires du Rwanda en RDC, exprimant toute leur «inquiétude sur le silence des autorités quant au flou entretenu à propos du nombre exact des militaires rwandais présents sur le sol congolais» ainsi que sur ce qui apparaît comme une «polémique entre animateurs des institutions nationales».
Environ 4.000 militaires rwandais «invités par le gouvernement congolais», selon Lambert Mende, ministre de l'Information et des Médias, ont pénétré dans la province du Nord-Kivu le 20 janvier, pour «participer à une opération de désarmement forcé des rebelles rwandais qui ont leurs bases arrières dans l'est de la RDC et pour les rapatrier au Rwanda». Il s'agit notamment des rebelles membres des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda) et des miliciens hutus ou ‘interahamwe', dont certains seraient d'anciens responsables présumés du génocide de 1994 au Rwanda.
Dans un premier temps, la fin de cette opération avait été annoncée pour fin janvier, à en croire les déclarations de Mende pour qui «elle devrait durer 10 à 15 jours tout au plus». Mais, le doute sur cette présence militaire rwandaise ne fait que grandir dans l'esprit de la population, notamment avec les dernières déclarations du président Kabila, lors d'un point de presse qu'il a tenu le 31 janvier, dans son cabinet à Kinshasa.
Pour Kabila l'opération militaire conjointe «prendra fin le 10 février, ou tout au plus tard à la fin du mois de février», a-t-il dit, hésitant et incertain.
«Les hésitations et l'imprécision du président congolais quant à la durée exacte de l'opération militaire conjointe ne peuvent entraîner aucun doute», estime Kikaya. «Les échéances dans les opérations militaires doivent être flexibles et jamais rigides puisqu'on sait toujours quand une opération militaire commence, mais pas toujours le moment où elle prend fin», ajoute-t-il.
Pendant que certains membres du parlement souhaitent être «associés à l'opération militaire conjointe en cours», Kabila affirme que «le parlement a déjà été informé» avant d'ajouter, pour se contredire, que ces opérations «sont confidentielles comme toutes autres opérations militaires dans tous les pays du monde».
Au même moment, Mupira résigné déclare que «les Congolais sont déjà habitués à être floués par le Rwanda», alors que Lubanda et Kalonji considèrent simplement que «la population restera encore longtemps victime des affres d'une guerre organisée par le régime en place pour des raisons non avouées». (FIN/2009)
Emmanuel Chaco
3 fév
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Congo-Kinshasa: L'offensive ougandaise pose question
( La Libre 04/02/2009)
Elle est critiquée à Kampala pour son manque de vision et pour avoir court-circuité l'état-major. Le pétrole de l'Ituri n'y serait pas étranger...
Alors que le président Kabila doit faire face à l'hostilité d'une partie de ses concitoyens et de la classe politique parce qu'il a autorisé une opération militaire conjointe rwando-congolaise au Nord-Kivu (est du Congo) contre les FDLR (rebelles hutus rwandais, issus des génocidaires), une opération similaire ougando-congolaise en Ituri (nord-est du Congo) ne lui attire pas la même impopularité, bien qu'elle soit meurtrière pour les Congolais.
Exactions
On annonce quelques résultats positifs de l'offensive rwando-congolaise au Kivu : le nombre de FDLR désireux de déposer les armes a crû de manière significative au Nord-Kivu. Et au Sud-Kivu, non visé par l'offensive, 2 000 personnes veulent soudainement rentrer au Rwanda.
En Ituri, Kampala affirme avoir libéré 119 otages de la LRA (Lord's Resistance Army, rebelles "chrétiens" du nord de l'Ouganda). Mais cette offensive a eu pour effet de multiplier les exactions de la milice contre la population locale congolaise, en représailles contre l'offensive militaire. On déplore 600 à 900 civils congolais tués.
Comme celle du Kivu, l'offensive conjointe est essentiellement l'œuvre de l'armée invitée. Fin janvier, le chef d'état-major général congolais, le général Didier Etumba, a annoncé sur Radio Okapi "que les terroristes de la LRA ont été réduits à leur plus simple expression". Ce semble loin d'être le cas. L'opération conjointe ougando-congolaise a, en effet, rencontré peu de succès depuis ses débuts, le 14 décembre. Ce jour-là, déjà, le bombardement d'un des principaux camps de la LRA au Congo a touché un camp vidé de ses occupants, apparemment prévenus.
Cette offensive ne va pas sans susciter des remous en Ouganda. L'état-major général a, en effet, été court-circuité, selon la lettre d'information Southern African Monthly Regional Bulletin (MRB, janvier 2009). C'est le fils de Museveni, le lieutenant-colonel Muhoozi Kainerugaba qui commande l'offensive, indique cette publication. MRB ajoute que l'absence de stratégie de sortie de cette opération conjointe a été critiquée par des officiers ougandais, tandis que le représentant de l'Onu pour le Nord-Ouganda, l'ex-président mozambicain Joaquim Chissano, a mis en garde Museveni contre une sous-évaluation de la capacité militaire de la LRA.
Le pétrole de l'Ituri
Ce malaise des militaires ougandais survient alors que, selon MRB, le chef des Affaires politiques du bureau présidentiel ougandais, Moses Byaruhanga, a déclaré que Kampala appuierait... une fédération des provinces congolaises du Kivu et Orientale, voire leur indépendance si Kinshasa l'acceptait. Ce point de vue serait soutenu par le porte-parole de l'armée ougandaise, le major Felix Kulayigye, qui a évoqué le précédent du Sud-Soudan, dans l'attente d'un référendum sur son autodétermination. Il s'agirait, selon MRB, de stabiliser la région.
La publication lie ces déclarations à la découverte de nouveaux gisements de pétrole côté ougandais de la frontière, par un consortium privé Tullow-Heritage Oil, qui cherche à obtenir de Kinshasa son accord pour exploiter l'or noir du côté congolais.
Connaissant la sensibilité du Congo au sujet de l'autonomie de ses provinces minières, il semble peu probable qu'un tel schéma soit accepté. Le fait qu'il soit publiquement évoqué à Kampala ne peut qu'inquiéter les Congolais - qui pour le moment, pourtant, ne s'en préoccupent guère, obnubilés qu'ils sont par leur hostilité au Rwanda.
Pour l'instant, Kampala tente d'obtenir de Kinshasa le prolongement de l'opération militaire conjointe, dont la date butoir est le 6 février.
M.F.C.
Mis en ligne le 04/02/2009
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