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Mme SIMONE E. GBABGO A LA COMMUNAUTE IVOIRIENNE ET AFRICAINE DU ROYAUME-UNI : « PARLEZ POSITIVEMENT DE VOS PAYS ET FAITES AIMER VOS PAYS.»

« La mémoire est étonnante, elle restitue en un clin d'śil les images clefs de toute une vie (…) Certains aujourd'hui ont la mémoire courte ! Moi, je me souviens de beaucoup de choses.»

(Simone Ehivet GBAGBO, Paroles d'honneur. Un devoir de parole , 2007.)

Pour le moins que l'on puisse dire , la journée du 31 mai 2008 sera à jamais mémorable pour la diaspora africaine de Grande-Bretagne en générale et ivoirienne en particulier. En effet, c'est pour la toute première fois qu'une Première Dame d'un pays africain, Mme Simone Gbagbo de la Côte d'Ivoire, dont le mari, Laurent Gbagbo, est président de la république encore en fonction, vienne animer une grande conférence réunissant tous les africains et les ivoiriens de toutes les tendances sous le thème « Paix et réconciliation en Côte d'Ivoire » suivie de la dédicace de son ouvrage « Paroles d'honneur » . L'événement qui a eu pour cadre la Central Hall Westminster , non loin du Parlement, et qui a connu la présence d'un millier de personnes, fut organisé par l'Ambassadeur de Côte d'Ivoire au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord.

Mme Gbagbo reçu comme une « Première Dame »

Dans son mot de bienvenu, monsieur le président de la communauté ivoirienne de Grande-Bretagne a souligné le caractère inclusif de cette rencontre car, l'oratrice du jour, a-t-il souligné, était reçue, d'abord comme première dame de Côte d'Ivoire aussi la présence dans la salle de toutes les sensibilités politiques et d'opinion de la communauté ivoirienne et même africaine de Grande-Bretagne avec quelques délégations aussi venues de l'Europe. Après avoir brossé les grandes lignes de la manifestation, le président du Conseil Panafricaine des Jeunes Patriotes est revenu sur la longue marche dans la conscientisation des ivoiriens de Grande-Bretagne, commencée par Charles Blé Goudé, alors étudiant en Grande-Bretagne, aux lendemains du début de la guerre en Côte d'Ivoire, sensibilisation continuée depuis et ayant débouchée actuellement à un rassemblement de tous les ivoiriens derrière un seul leitmotiv : la défense de la Côte d'Ivoire, depuis qu'il y a eu « Bang Bang », comme on le dit en Côte d'Ivoire, c'est-à-dire les rebellions. Circonscrivant l'événement, tout en remerciant et en présentant officiellement les diplomates présents dans la salle, l'Ambassadeur de Côte d'Ivoire a rappelé toute sa satisfaction et sa joie en ce jour, mais aussi son assurance de sa réussite car, a-t-il dit, Mme Simone Gbabgo est, en elle-même, un sujet de sensibilisation : elle traîne du monde, elle draine le peuple.

Prenant la parole et bousculant tout le protocole, Madame Gbagbo a tout simplement surpris l'assistance en disant qu'elle n'avait pas de discours magistral, pour ne pas donner l'impression de prêcher à partir d'une chaire, mais qu'elle souhaitait plutôt ouvrir le bal des questions-réponses directement, ainsi elle se tenait prête à répondre à toutes les questions, abordant par là tous les points qui intéressaient les interlocuteurs. Même la conférence de presse qui a connu la participation d'une dizaine des journalistes présents, s'est déroulée aussi dans la même ambiance.

La paix en Côte d'Ivoire sur la bonne voie

Sans jambages et sans faux fouillant, Mme Gbagbo a souligné que la paix en Côte d'Ivoire est sur de bons rails, depuis que le président Laurent-Gbagbo a ouvert directement les négociations directes avec les rebelles, une façon de conclure la paix des braves. Cette réussite, là où la communauté internationale avait plutôt mordu la poussière, s'explique par le fait que, dans de nombreuses crises africaines récentes, rares sont les solutions proposées par les africains eux-mêmes. Nombreuses solutions obéissent souvent à une logique dont les résultats étaient loin d'aboutir à la fin des guerres et à la réconciliation nationale. Le cas du Congo-Kinshasa en est une, a-t-elle dit en substance. Le succès de la solution actuelle ivoirienne vient du fait aussi que le président Laurent Gbagbo a su profiter d'un flou et d'une léthargie internationale à la suite de la fin du mandat de Kofi Annan à la tête de l'ONU et surtout du départ de Jacques Chirac, initiateur des Accords de Marcoussis, des accords inacceptables pour les ivoiriens. Le vide ainsi crée donnait droit aux ivoiriens de proposer leurs solutions et peuvent se féliciter des résultats actuels. Actuellement, la Côte d'Ivoire est prête pour aller aux élections et, à ses dires, il faudra qu'elles aient lieu le plus rapidement possible pour que le meilleur l'emporte, que les ivoiriens choisissent leurs responsables et que ceux-ci soient crédibles et entament un programme pour la relance économique de la Côte d'Ivoire. D'ailleurs, est-elle revenue encore, ce rôle négatif de la France va se concrétiser par une résolution du Conseil de Sécurité jadis formulée et proposée par la France. Dieu merci que tous les autres membres permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU n'ont pas mordu cet appât français.

Double nationalité : s'en tenir à la Constitution

Quant à la diaspora et l'épineux problème de la double nationalité, elle a prudemment expliqué que la question a eu des vives discussions au Parlement de la Côte d'Ivoire, d'ailleurs depuis les années postindépendances. Il fallait définir qui était ivoirien et qui ne l'était pas. A cause de la situation historique de la Côte d'Ivoire où se sont émigrés plusieurs peuples par le passé, le parlement avait ainsi adopté cette position d'une nationale ivoirienne une et exclusive. Mais, a-t-elle souligné, il revient à la diaspora et au peuple ivoirien d'utiliser alors les mécanismes de révision constitutionnelle si ils voudront voir la question de nouveau débattre encore par les députés, le peuple étant souverain.

La guerre et le rôle nocif de la France et de certains médias

Parlant de la guerre, du rôle des médias, notamment de la RFI, de celui de la France de Jacques Chirac, Madame Gbagbo est revenu sur cette mission des diasporas africaines d'essayer de parler et de dire la vérité sur leurs pays et de les faire aimer par les citoyens de ces pays d'accueil. Car, le rôle joué par une certaine presse fut très négatif pour la Côte d'Ivoire pendant la guerre. Tout était mis en place pour diaboliser le président Laurent Gbagbo et son épouse fut présentée comme la sorcière numéro un. Dieu merci, a-t-elle renchérit, que Dieu les a tous confondus. Le rôle de la France et surtout du président Jacques Chirac fut très nocif pour le régime de Gbagbo et pour le peuple ivoirien, a-t-elle expliqué longuement. Non pas seulement que les fameux accords de Marcoussis dépouillaient les ivoiriens de leur souveraineté, mais les personnes parfois proposées pour animer les institutions de la transition n'avaient pas les pré-requis pour de telles responsabilités. Puis, lors de tous les rounds afin d'aboutir à la paix, le scénario des ennemis de la Côte d'Ivoire était toujours le même : le départ du président élu Gbagbo . C'est en fait sa tête que tous cherchait. D'où, profitant du départ de Jacques Chirac, elle a souhaité publier cet ouvrage comme un témoignage inédit pour rétablir la vérité et surtout le faire avant son départ, pour ne pas donner l'impression d'un faux fouillant. L'ouvrage est une vraie profession de foi. Quant à la guerre, le fait de n'avoir publié qu'une photo à la fin de son ouvrage, photo illustrant une caisse retrouvée au début de la guerre sur les lieux des combats à Daloa à l'Ouest de la Côte d'Ivoire, où il est écrit  « Monsieur l'attaché Forces Armées près Ambassade de France Ouagadougou Haute Volta » , elle s'est dit qu'il n'y avait pas plus claire indication sur les origines de la guerre, ce qui confirmait leurs affirmations sur les soutiens des rebellions, mais aussi toute la désillusion. Mais plus, le fait que la France qui a des accords militaires avec la Côte d'Ivoire ne soit pas venue à la rescousse du régime démocratiquement élu, comme elle l'a faite récemment au Tchad, place aujourd'hui la Côte d'Ivoire dans une position à exiger à la France la révision de tous ces accords. D'ailleurs, la diabolisation de son époux de président et même de Charles Blé Goudé, qui est un patriote luttant pour sa patrie, son pays, ne répond qu'à cette grande calomnie et campagne orchestrée contre le peuple ivoirien.

« Paroles d'honneur »

La soirée qui n'a pu se terminer que forcée par l'impératif temps, s'est clôturée par la séance des dédicaces de son ouvrages « Paroles d'Honneur » , brillamment présentée par le président des Jeunes Patriotes. Plus de la moitié de l'assistance qui avait d'abord acheté l'ouvrage s'est donc précipitée devant Mme Gbagbo qui a prit tout son temps pour signer personnellement tous les exemplaires du livre et surtout pour échanger individuellement avec les uns et les autres. Des réponses à d'autres questions, a-t-elle dit, pressée par l'impératif temps, sont à retrouver dans son ouvrage qu'un chacun était invité à lire.

L'ouvrage dont l'objectif est, à ses dires, une réponse aux détracteurs est une façon d'offrir « sa » vérité sur ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire, soulèvera sûrement des débats, des droits de réponses, des tentatives des correctifs. En le parcourant, tout lecteur ne peut que se laisser étonner par les jalons de l'histoire personnelle du couple Gbagbo, leur cheminement hauts et bas politique, les coups bas et les réussites, les interrogations et surtout le nombre des personnes citées, avec comme point d'orgue les vrais acteurs de la crise actuelle ivoirienne : Alassane Dramane Ouattara (surtout lui, aux dires de Mme Gbabo), Henry Konan Bedié, Robert Gueï. Elle écrit, par exemple dans son ouvrage : « Décidément la duplicité de cet homme était grande. C'était lui, Alassane Dramane Ouattara, qui, en tant que Premier ministre d'Houphouët-Boigny, avait institué, pour la première fois, la carte de séjour pour les étrangers en 1991. Alassane Ouattara s'est avéré un véritable fléau pour notre pays… Il est à l'origine de beaucoup de conflits et des nombreux problèmes que la Côte d'Ivoire rencontre depuis des années… Nous lui devons ce qu'il peut y avoir de pire, à commencer par cette montée de la xénophobie et du désordre… »

Demain les élections

L'ouvrage contient aussi des récits et des témoignages poignant sur les diabolisations, les récentes crises ivoiriennes, les coups d'Etats et il s'entremêle surtout des réflexions pour le futur, le tout ponctué par des proverbes nombreux. Ce qui a fait dire à un observateur que Madame Ehivet Gbagbo, faute de ne se préparer à devenir demain la nouvelle « Hillary Clinton » pour la Côte d'Ivoire est la nouvelle « Jeanne d'Arc » africaine. Une chose est vraie, pour quiconque ayant été conquis par sa verve oratoire ou par la profondeur de ses réponses, on ne peut que la comparer à une « Ségolène Royal » , c'est-à-dire ces femmes qui font la fierté de leurs souches, de leurs nations, de leurs origines, de leur continent ; celle qui n'ont pas perdu leurs temps dans des futilités, mais qui se sont formées à s'user sur des bancs ou des écritoires ; celles qui sont femmes, mères, épouses, politiciennes, sachant prendre des initiatives rénovatrices ; femmes d'avenir et femmes ayant la « parole d'honneur » . Une question est revenue souvent sur toutes les lèvres : Saura-t-elle accepter, elle et son mari de président, le verdict des urnes si ils venaient à perdre les prochaines présidentielles ivoiriennes qu'on sait de tous les enjeux, malgré toutes les assurances qu'elle donne, elle qu'on dit être la vraie dame de fer version ivoirienne ? Une chose est vraie, la campagne pour les élections présidentielles prochaines en Côte d'Ivoire a déjà commencé pour le camp Gbagbo, surtout avec la publication de l'ouvrage de son épouse (Simone Ehivet GBAGBO, Paroles d'honneur. Un devoir de parole ! , Editions Pharos/Jacques-Marie Laffont Editeur, 2007, 511 pages), avec ses vraies messes de dédicaces, avec les conférences que l'auteur commence à tenir ci-par-là, avec son aura à faire déplacer les foules, faute de soulever les montagnes, elle qui a découvert Jésus-Christ en prison ! Le message de Simone Gbagbo et de ses partisans est, on ne peut plus clair : voter pour Laurent-Gbagbo aux élections présidentielles prochaines, car il n'a pu appliquer tout son projet de société, projet fignolé pendant toutes les années d'opposition, projet élaboré à partir de tout son background de professeur, ayant une femme elle-même aussi professeur, projet que les jaloux ont décapité par le fait de la guerre. Quant à la crise actuelle, Laurent-Gbagbo et son Front Populaire Ivoirien sont les vrais artisans de la paix ivoirienne, paix que Gbagbo a initiée là où les autres ont mordu la poussière.

Ce ne sont pas les danseuses et chorégraphes ivoiriennes de Grande-Bretagne qui ont fait défaut à la grande fête africaine. Elles ont bien agrémentées et accompagnées la cérémonie qui s'est terminée dans une ambiance panafricaine, tant elle a permis aux uns et aux autres de se retrouver et fignoler les stratégies des rencontres pour l'avenir.

Et après

Après l'initiative démarrée par la coordination des Jeunes Patriotes du Royaume-Uni qui avait jadis invitée à une conférence-débat dans une prestigieuse place de Londres pour parler politique, avec ce passage de la Première dame de Côte d'Ivoire et la réussite de son face-à-face avec la diaspora, il n'est pas donc impossible que demain d'autres politiques et politiciens ivoiriens viennent leurs emboîter les pas, surtout avec les élections s'annonçant. Ainsi, la bataille électorale ivoirienne risque de se jouer dans la diaspora. Une chose est vraie, ceux qui se seront mal pris risqueront d'offrir des scoops aux médias. Quant à Madame Simone Gbagbo, à l'Ambassadeur de Côte d'Ivoire au Royaume-Uni, au président de la diaspora ivoirienne de Grande-Bretagne et au président des Jeunes Patriotes, ils doivent se sentir heureux d'avoir réussi leur pari. A qui le prochain tour ?....

Norbert X MBU-MPUTU

norbertmbu@yahoo.fr

Newport, Pays de Galles (Royaume-Uni)

 

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