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Un an de pouvoir élu, peu de progrès


( La Libre 12/03/2008)

Le citoyen congolais tire peu de bénéfice de la première année de pouvoir élu. Il y a bien des progrès, mais rien n'est fait pour les rendre visibles aux yeux de tous.
Enquête

Le 11 mars 2007 se tenait à Kinshasa le premier conseil des ministres issu d'élections depuis plus de quarante ans. Quel bilan dresse le citoyen congolais de cette année de pouvoir élu ? Un bilan peu flatteur, à vrai dire, essentiellement parce que l'action du gouvernement Gizenga est invisible aux yeux de l'homme de la rue.

Côté positif, il faut mettre en avant la diminution des tracasseries policières. "Maintenant, les policiers vous arrêtent pour mendier mais ne vous brutalisent plus", expliquent plusieurs Kinois de la classe bourgeoise, un progrès attribué à l'autorité du ministre de l'Intérieur, le général Denis Kalume. Dans les milieux modestes, cependant, on ne note guère de changement : "A la cité, il y a toujours des maisons attaquées la nuit par des policiers et des militaires."

Une explosion sociale ?

On note aussi un accroissement des constructions au centre-ville et du parc automobile à Lubumbashi et Kinshasa. En l'absence d'étude, ces signes de richesse sont attribués, selon l'interlocuteur, à l'accession à la richesse des élus ou au retour d'Europe de membres de la diaspora congolaise. Ces derniers, cependant, ne sont pas les auteurs de "vrais investissements", évaluent les analystes économiques, mais ouvrent de petits commerces.

Peu relevé par la population, réduite aux préoccupations immédiates, on doit aussi souligner le bon fonctionnement de l'Assemblée nationale, présidée par Vital Kamerhe, et du Sénat, conduit par Léon Kengo. "Les violations des droits de l'opposition ont diminué, ajoute Delly Sesanga Hipungu (MLC), un de ses ténors, même si l'on n'est toujours pas à l'abri des abus. On sent ainsi que la majorité veut Jean-Pierre Bemba hors du pays une fois pour toutes."

Côté négatif, la liste est plus longue. Si, dans la petite classe moyenne congolaise, on juge que "dans l'ensemble, les choses ne s'améliorent pas", dans les milieux modestes on assure que c'est "pire que sous la transition". En effet, les prix augmentent et les salaires stagnent. Beaucoup de Congolais assurent que "la corruption a augmenté". Le père jésuite Martin Ekwa, qui dirige une ONG de formation des dirigeants de PME, va plus loin : "Il y a pire : les patrons des entreprises publiques utilisent l'argent qu'ils gèrent pour payer le personnel et rien d'autre. Il n'y a pas de service. C'est presque de l'appropriation, une privatisation du bien général."

"Il y a toujours beaucoup de dépenses parallèles à la chaîne officielle, note un analyste économique. L'inflation est de 16 pc selon la Banque centrale et 20 pc selon l'Institut national des statistiques, en raison des dépenses de guerre effectuées au Kivu fin 2007 et à la conférence de paix de Goma début 2008", où beaucoup d'argent a été dépensé pour obtenir l'accord des groupes armés maï maï à un cessez-le-feu - qui ne fonctionne pas.

Le gouvernement Gizenga doit, en outre, faire face à l'engorgement du port de Matadi - par où arrivent les importations de Kinshasa, dont la farine - dû à l'incurie et à des pratiques mafieuses. Il doit aussi affronter une grève des routiers du Bas-Congo - qui approvisionnent la capitale - pour obtenir des hausses de salaires, pour l'instant temporairement suspendues. "Si cela dure, Kinshasa risque la pénurie, donc l'explosion sociale, juge l'analyste. Et si les routiers obtiennent satisfaction, ils seront imités par d'autres secteurs, dont les fonctionnaires, que l'Etat n'a pas les moyens de payer plus."

Pas de courant

Autres motifs de frustration de la population : les coupures de courant sont plus fréquentes qu'il y a un an. On en dénombre plusieurs par semaine, même dans le centre de la capitale, tandis que certains quartiers n'ont tout simplement pas d'électricité depuis des mois.

"Dans une capitale au bord d'un fleuve, les femmes restent jusqu'à une heure du matin, le seau à la main, attendant leur tour de se servir en eau à un robinet", s'exclame le père Ekwa.

Circuler dans la capitale congolaise est, plus que jamais, un cauchemar, l'afflux de 4x4 et la dégradation continue des rues, qui ralentit fortement la circulation et la canalise sur un nombre limité d'artères, font de chaque trajet une épreuve. L'insuffisance criante de transports publics - l'impact de l'arrivée de bus Tata commandés par le gouvernement semble nul - pousse matin et soir sur le boulevard Lumumba, qui traverse les quartiers populaires de la métropole de 6 à 8 millions d'habitants, des foules si nombreuses de travailleurs à pied "que cela fait peur".

L'arrivée d'arpenteurs chinois, il y a quelques mois, a soulevé l'enthousiasme des Kinois qui en attendent la construction de routes en échange de mines (voir LLB 7 décembre 2007). Mais les préparatifs sont trop longs pour l'impatience des Congolais et ils sont retombés dans leur fatalisme.

Comme Léopold II

A cela s'ajoute l'invisibilité du Premier ministre octogénaire, Antoine Gizenga. Travaillant peu, il ne se déplace jamais sur les lieux de catastrophes, conflits ni même réunions importantes pour l'avenir du Congo. Interrogé dernièrement au Parlement sur son immobilisme, le Premier ministre a rétorqué à des élus médusés : "Le roi Léopold II, qui a fait le Congo, n'y avait jamais mis les pieds."

"Le pays n'a pas l'impression d'être dirigé. La population se sent abandonnée" , entend-on partout. "Les Congolais ont voté... on peut dire presque pieusement, explique le père Ekwa, pour sortir de la dictature. Aujourd'hui, c'est la démocratie et ils ne voient pas de différence avec l'époque de la dictature. C'est dangereux pour l'avenir."

Le "vide" laissé par le Premier ministre qui, selon la Constitution, "dirige" le gouvernement, est mis à profit par le chef de l'Etat pour accroître son pouvoir. Ainsi, le président Joseph Kabila dirige-t-il les conseils des ministres. Ainsi accepte-t-il un accord de cessez-le-feu au Kivu négocié avec les groupes armés, avant de publier une ordonnance, chargée de mettre l'accord en oeuvre, qui donne à Kinshasa tout le pouvoir de décision - - et cela sans même attendre la fin des consultations officielles des groupes armés en la matière. Ainsi le chef de l'Etat, s'écartant totalement de la Constitution, a-t-il limogé et remplacé les hauts magistrats alors que ce ne peut être fait que sur proposition du Conseil supérieur de la magistrature - dont il n'a pas abandonné l'idée, anticonstitutionnelle, de faire partie.

Les radio et télévision nationales "font chaque jour la campagne de Joseph Kabila", reproche enfin l'opposant Delly Sesanga. Et un autre opposant, Gilbert Kiakwama, démocrate-chrétien, de confirmer : "Nous n'y avons pas accès, sauf, indirectement, par la retransmission télévisée des débats au Parlement."


Envoyée spéciale à Kinshasa
Marie-France Cros

Mis en ligne le 11/03/2008

© Copyright La Libre

© Congo Vision


RDC: le procès de la CPI contre l'ex-chef milicien Lubanga débutera le 23 juin

LA HAYE (AFP) - 13/03/2008 17h11

Le premier procès de la Cour pénale internationale (CPI), contre l'ancien chef milicien congolais Thomas Lubanga Dyilo, s'ouvrira le 23 juin, près six ans après son entrée en fonction, a-t-elle annoncé jeudi.

Dans ce procès très attendu par les organisations de défense des droits de l'Homme et la communauté internationale, Thomas Lubanga comparaîtra pour enrôlement d'enfants soldats, un crime de guerre commis lors de la guerre civile qui a ravagé l'Ituri, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

Entrée en fonction en juillet 2002 après que le Statut de Rome fut ratifié par 60 pays, la CPI est le premier tribunal international chargé des juger les crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide.

Sa compétence s'étend sur l'ensemble des pays qui adhèrent aux Statuts, 105 à cette heure, lorsque ces pays ne sont pas en mesure ou faillissent à juger d'éventuels criminels. La Cour peut également être saisie par le Conseil de sécurité des Nations unies.

S'il s'agit du premier procès, la Cour n'en est pourtant pas à sa première procédure.

Depuis sa création, le procureur argentin Luis Moreno-Ocampo a lancé des enquêtes dans quatre pays d'Afrique: la RDC, l'Ouganda, le Soudan et en République centrafricaine, et il a rendu publics dix mandats d'arrêt.

Depuis lors, trois Congolais ont été arrêtés et transférés au centre de détention de la CPI à La Haye: Thomas Lubanga, le 17 mars 2006, Germain Katanga, le 18 octobre 2007 et Mathieu Ngudjolo Chui, le 7 février 2008.

Tous trois ont été impliqués, selon le procureur, dans des crimes de guerre commis en Ituri.

Conformément à la procédure en vigueur, les accusations contre Thomas Lubanga ont été confirmées le 29 janvier 2007 par une chambre préliminaire, dont la tâche est de déterminer s'il y a matière à poursuivre un suspect arrêté, sans préjuger d'une éventuelle condamnation de celui-ci.

Après six ans de fonctionnement, le procès Lubanga sera un véritable test pour la CPI. Il donnera en effet un aperçu de l'efficacité de la Cour, qui en six ans a éveillé beaucoup d'espoirs, et déjà provoqué quelques déceptions.

Certaines ONG estiment en effet que l'acte d'accusation contre Thomas Lubanga, qui repose essentiellement sur l'enrôlement forcé d'enfants, est trop maigre par rapport aux crimes commis.

Ces défenseurs des droits de l'homme voudraient que la Cour soit plus rapide et vise des responsables plus importants que le "second couteau" Lubanga.

Son procès se tiendra intégralement à La Haye, et non en partie en RDC comme envisagé un instant, Kinshasa craignant qu'il ne provoque des tensions au sein de la population.

Pour la première fois en justice internationale, les victimes seront représentées au procès et pourraient réclamer des dédommagements.

Initialement, le procès aurait dû s'ouvrir le 31 mars mais il a été retardé pour des questions légales et de procédure.

Les accusations contre Lubanga, 46 ans, couvrent la période de septembre 2002 au 13 août 2003, alors que sévissait une guerre civile en Ituri.

Cette région aux importantes ressources naturelles a été à partir de 1999 le théâtre d'un conflit particulièrement meurtrier entre milices des ethnies Hema et Lendu, mais la CPI ne peut être saisie de crimes commis avant son entrée en fonction en juillet 2002.

Selon des organisations humanitaires, les affrontements interethniques en Ituri et les violences entre milices pour le contrôle de ses mines d'or notamment auraient fait 60.000 victimes depuis 1999.

A l'époque des faits, Thomas Lubanga Dyilo était le président de l'Union des patriotes congolais (UPC). Selon l'accusation, les enfants étaient enrôlés au sein des Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC), la branche militaire de l'UPC.

Son procès devrait durer plusieurs mois.

© 2008 AFP


RDC: les FDLR administrent des localités dans le Sud-Kivu (collectif d'ONG)

AFP

13 mar. 08 - 09h56

NAIROBI, 12 mars 2008  - Les rebelles rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) administrent une dizaine de localités du territoire de Bunyakiri, dans l'est de la République démocratique du Congo, selon un collectif régional d'organisations de défense des droits de l'Homme.

"Ces combattants hutus rwandais ont désormais installé une armée, une police et des tribunaux qui siègent et infligent des peines aux populations", rapporte sur son site internet la Ligue des droits de la personne dans la région des Grands lacs (LDGL), basée à Kigali.

"La situation de droits humains dans cette partie de la province est trop critique", souligne la LDGL, citant notamment les villages d'Ekingi, Ramba, Manga et Katshiri.

Des habitants de la région de Bunyakiri, joints mercredi par téléphone par l'AFP, ont confirmé que plusieurs villages, dont celui de Manga, étaient "occupées par les FDLR", sans toutefois parler d'"administration" par les rebelles.

"Il n'y a plus d'Etat là-bas. La population qui doit se déplacer est obligée de demander une +autorisation+ aux FDLR. Ils imposent des taxes sur les marchés", a déclaré à l'AFP Déo Buuma, coordonnateur d'un programme de développement d'une ONG à Bunyakiri.

Dans ces localités du Sud-Kivu, "les populations subissent toutes sortes de violations de droits de l'Homme, notamment les travaux forcés dans les champs", selon la Ligue.

"Les rares militaires congolais visibles n'osent même pas mettre les pieds dans ces localités", précise la LDGL, qui regroupe plus d'une vingtaine d'associations du Rwanda, du Burundi et de RDC, où elle compte plusieurs observateurs.

Des habitants de la région ont confirmé que les militaires comme les policiers congolais avaient déserté ces villages, où la population vit "totalement" sous le joug des rebelles.

Les combattants hutus rwandais sont considérés comme la principale menace contre la stabilité dans la région des Grands Lacs africains.

Accusés par Kigali d'avoir participé au génocide de 1994 au Rwanda, essentiellement dirigé contre la minorité tutsie, ils sont actuellement estimés à environ 6.000 en RDC par l'ONU, répartis entre le Nord et le Sud-Kivu (est).

En novembre 2007, RDC et Rwanda ont signé un communiqué conjoint où Kinshasa s'engageait à préparer un plan pour le désarmement et le rapatriement, de gré ou de force, de ces rebelles.

Ce plan, remis début décembre à Kigali, prévoit une phase de sensibilisation au retour avant des opérations militaires contre les réfractaires.

Mercredi, la Mission de l'ONU en RDC (Monuc) a annoncé avoir commencé à "renforcer sa présence militaire" dans les zones où se concentrent les FDLR, tout en écartant l'option d'une offensive militaire imminente contre eux alors que se poursuit la phase de "sensibilisation".


Rentrée politique : pressions sur le gouvernement

Par  Le Potentiel

Ca bouge déjà dans les salons politiques. Mouvements dus certainement à la rentrée parlementaire ce samedi et qui marquera en quelque sorte la rentrée politique. Ainsi, les politiciens ont retrouvé de la voix. Ils s'adonnent déjà à des apparitions spectaculaires à travers les médias. Ca s'annonce palpitant. Signes avant-coureurs de ce que sera la prochaine étape politique au sein des institutions nationales ?

Le silence est rompu. A l'approche de la rentrée parlementaire programmée pour ce samedi 15 mars, les leaders politiques recommencent à envahir des espaces médiatiques pour se prononcer sur des questions politiques.

Entrés en hibernation avec les vacances parlementaires, on n'entendait plus parler d'eux. Ils sont en train maintenant de retrouver de la voix et annoncent les couleurs de ce que sera la prochaine rentrée politique. Pour marquer ce retour, la question Bundu dia Kongo et la Journée internationale de la femme ont servi de tremplin, permettant à quelques-uns d'entre eux de se distinguer. L'analyse de ces deux événements a le mérite de faire découvrir que les réactions portent encore plus sur des accusations que des propositions concrètes devant éviter ce genre d'incidents. Des pressions qui s'annoncent sur le gouvernement.

Ou encore faire prendre conscience aux femmes le rôle combien important elles doivent jouer en ces instants précis de la renaissance de la République démocratique du Congo.

Il est un fait que pendant cette période caractérisée par les vacances parlementaires, les partis politiques s'étaient tus. Comme si tous les hommes politiques étaient des parlementaires et que leur espace d'expression est l'Assemblée nationale et le Sénat.

Aucun parti politique ne s'est distingué par une action politique de grande envergure. Seule l'UDPS a annoncé la tenue de son congrès, précédé par l'organisation des journées politiques. Mais là aussi, la cassure est visible, le démon de la division ayant élu domicile. On citerait également l'AMP qui s'inscrit dans la même logique. Mais pour des raisons certainement stratégiques, les assises du Congrès projetées au mois de février ont été remises à plus tard.

Quant aux autres formations politiques, à peine si elles se font distinguer par des déclarations laconiques -comme si le coeur n'était plus à l'ouvrage ou faute d'inspiration- sur certaines questions à caractère national et provincial. Ou tout simplement, il s'agit d'une déception. On n'a pratiquement pas assisté à une prise de position remarquable de la part des partis politiques, alors que l'activité politique n'était pas du tout en veilleuse. Dire qu'aujourd'hui, l'inquiétude grandit et les partenaires extérieurs ne se privent plus de tirer la sonnette d'alarme.

Ce silence, il faut qu'on se le dise, a effectivement posé la problématique des partis politiques en RDC. Ils ont été absents sur le terrain alors que « vacances parlementaires » ne signifient nullement cessation des activités politiques. Les partis politiques devraient se manifester pour entretenir l'éveil politique dans le but de susciter l'enthousiasme populaire. Voilà qui explique la raison pour laquelle la « rumeur » a eu droit de cité à Kinshasa pendant un mois tant il est vrai qu'il y avait un «vide » des activités politiques.

LE GOUVERNEMENT EN LIGNE DE MIRE

Cependant, les premières impressions que l'on peut se faire de ces premières déclarations politiques, c'est que le gouvernement est déjà en ligne de mire des leaders politiques. Ce « temps mort » a été plus des instants de réflexion pour analyser toutes les grandes questions nationales.

Ainsi, tous les clans politiques confondus relèvent que la première année d'exercice a été caractérisée par une apathie qui fait craindre le pire. Les difficultés ne font que s'aggraver, rendant insoutenable la situation sociale des populations : transport, état des voiries urbaines, grève du personnel de santé, rétrocession des 40% de recettes aux provinces, l'affirmation de l'autorité de l'Etat sur toute l'étendue du pays, l'insécurité, la hausse des prix des denrées de première nécessité…

Même au sein de la majorité, on chuchote déjà. Des suggestions sont faites pour explorer les voies et moyens susceptibles de donner une nouvelle impulsion à l'action du gouvernement. L'accord qui lie les différents partenaires au sein de l'AMP est relu à la loupe pour des propositions qui ne provoqueraient pas une crise politique.

Dans l'Opposition, l'on se prépare à faire monter les discussions d'un cran. Il y a déjà des requêtes en inconstitutionnalité qui ont été déposées auprès de la Cour suprême de justice sur la loi financière 2008. Des motions d'interpellations seraient déjà élaborées sur les incidents du Bas-Congo et la hausse des prix des denrées de première nécessité sans oublier la situation des professeurs et des médecins.

En outre, les observations pertinentes des partenaires extérieurs sont prises au sérieux. Ils relèvent que l'action du gouvernement devrait être redynamisée à travers des signaux forts en vue du rétablissement de l'autorité de l'Etat. Car, les incidents de Lubumbashi et surtout ceux de Luozi ont suscité « une grande inquiétude », a lâché dernièrement un diplomate occidental lors d'une matinée médiatique.

A ces considérations politiques et sécuritaires, s'ajoute le « dernier dérapage » constaté au sein des finances publiques qui a fait que le gouvernement a été recalé en ce mois de mars. Ce qui a nécessité ce «débat franc » de cette semaine entre la Banque mondiale et la République démocratique du Congo.

La rentrée politique s'annonce intéressante. Palpitante. Pas étonnant que l'on assiste ces prochains jours à des tirs croisés sur le gouvernement.


Le Conseil des ministres se tient ce vendredi à Matadi

Kinshasa, 13/03/2008 / Politique

Le choix de la ville portuaire n'a pas été fait au hasard. L'on sait que la province du Bas-Congo, notamment sa capitale Matadi, a connu dernièrement des incidents malheureux provoqués par des échauffourées entre les adeptes de la secte Bundu dia Kongo et les éléments de la police nationale. Le bilan exact des accrochages n'est pas connu et ne le sera peut­ être jamais. Avant Matadi, où la police s'est attaquée au siège du mouvement politico-religieux de Ne Muanda Nsemi, c'est Luozi et Seke Banza qui ont été le théâtre des événements qui ont entraîné la mort de plusieurs victimes et des dégâts matériels très impor­tants.

Après la restauration de l'auto­rité de l'Etat dans cette province, le gouvernement n'a pas trouvé mieux que d'aller y tenir sa réu­nion hebdomadaire pour envoyer un signal fort à l'endroit de tous ceux qui le traitent d'amorphe.

Les points inscrits à l'ordre du jour de ce conseil des ministres ne sont pas connus. Pour faire œuvre utile, le gouvernement de­vrait débattre de questions qui pré­occupent un grand nombre de la population du Bas-Congo, et qui constituent les principales reven­dications des adeptes de BDK. Il s'agit notamment de la rétroces­sion à la province de 40 % de re­cettes. Bien sûr que cette ques­tion concerne toutes les provinces, mais lorsqu'on sait que le Bas-­Congo constitue, avec Kinshasa et le Katanga, le trio qui supporte la majeure partie du budget de l'Etat, cette province ne doit que se sentir plus intéressée que les autres.

C'est à juste titre d'ailleurs que le gouverneur Mbatshi Mbatshia a souligné que le phé­nomène BDK tire son origine dans la pauvreté de la population que dans toute autre considération. C'est pourquoi, il a indiqué que la solution à ce problème con­siste à accorder beaucoup de moyens à sa province pour pro­mouvoir les emplois et réduire tant soit peu la pauvreté qui frappe une frange importante de ses adminis­trés.

(Ern.)

Rombaut Ot./L'Observateur

Last edited: 13/03/2008 15:04:35