Internet, le miroir aux alouettes
Christophe Lamfalussy
Mis en ligne le 31/01/2008
De fausses universités prospèrent sur le Net, distribuant des faux diplômes. "La Libre" s'est intéresséeà deux d'entre elles,dont le siège ou la filialeest installé en Belgique. Des lacunes apparaissent dans la réglementation.
Une enquête de "La Libre Belgique" révèle que des lacunes existent en Communauté française dans la protection des titres universitaires, qui permettent à de doux rêveurs ou à des imposteurs, travaillant sur le Net, de distribuer des diplômes sans valeur et d'octroyer de pseudo grades universitaires.
L'enquête s'est penchée sur deux organismes dont le siège ou la filiale est en Belgique. L'un, l' "Académie européenne d'Informatisation " a été créé en 1999 par un scientifique russe renommé, qui selon lui n'a pas de but lucratif. Le second, la " European Carolus Magnus University" , a été fondé en 2004 par un Autrichien qui s'affuble de toute une série de titres extravagants et monnaie ses diplômes.
Les deux organisations apparaissent très sérieuses si l'on se fie à leurs sites Internet, mais cachent, en fait, des coquilles vides. La " European Carolus Magnus University " affirme ainsi dispenser des cours sur un " campus" bruxellois, à la Maison des associations internationales. Renseignements pris, cette université n'a jamais loué de salle.
Une villa à Rixensart
L'" Académie européenne d'informatisation" dispense ses titres honorifiques dans le monde entier à partir d'un ordinateur d'une villa de Rixensart.
La législation belge date d'une vieille loi édictée le 11 septembre 1933. Elle protège encore aujourd'hui les titres classiques de candidat, de licencié, ou de docteur. Elle a été retoilettée par la Région flamande et est en voie de l'être par la Communauté française. Marie-Dominique Simonet, ministre de l'Enseignement supérieur en Communauté française, prépare actuellement un avant-projet de décret qui vise à protéger les titres introduits par la réforme de Bologne tels que "bachelier", "master" ou "master complémentaire".
L'avant-projet est passé vendredi dernier, en seconde lecture, au gouvernement de la Communauté française.
Mais malgré tout, des lacunes subsistent. Le terme anglais de "University" n'est pas protégé, par exemple, en Belgique, alors que celui d'"Université" l'est bien. La Direction générale de l'enseignement a ainsi dans son collimateur la " Fondation universitaire Mercure ", une ASBL belge qui dispense un enseignement en sciences commerciales et financières dans plusieurs pays d'Afrique du Nord, soit par Internet, soit sur site propre, dans des centres situés de Conakry à Casablanca. Chaque pays homologue le diplôme. Il n'y a pas d'activité en Belgique... Mais tout se décide en Belgique.
L'ASBL belge est située à la même adresse bruxelloise que la " European Carolus Magnus University ", et les relations entre les deux organismes sont très mauvaises. " N ous sommes rue Abbé Cuypers depuis quinze ans , explique Paul Dungelhoeff, le patron de la Fondation. Ce sont des gens qui veulent nous nuire ." La Fondation offre des cours à distance pour environ 800 euros par personne, et si elle utilise la dénomination " universitaire " c'est, dit-il, pour ne pas avoir de problèmes avec la chaîne hôtelière Mercure.
La " Carolus Magnus University" est aussi une entreprise commerciale. Ses prix ne sont pas affichés sur son site Internet, tandis que son président, Heinz Vejpustek, n'a pas répondu aux appels de "La Libre Belgique".
L'exemple de Kabila
Ce qui se passe en Belgique n'est pas exceptionnel. Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, de fausses universités en ligne, véritables "moulins à diplômes", prospèrent. Le président congolais Joseph Kabila a ainsi obtenu, moyennant le paiement de 3 000 à 5 000 dollars, un diplôme de Bachelier en études internationales et diplomatie d'une université qui n'est pas reconnue par le Département américain de l'Education, la Washington International University.
Rares sont les pays qui établissent une "liste noire" des fausses universités. La Belgique n'échappe pas à la règle. " I l est impossible de faire une liste exhaustive , explique Christine Fagard, spécialiste de la réglementation des diplômes au sein de la Direction générale de l'enseignement en Communauté française. Nous ne connaissons que les établissements que nous reconnaissons. Les autres sont difficiles à identifier." Le parquet peut cependant intervenir, sur plainte de gens qui auraient été abusés.
La loi de 1933 prévoit un emprisonnement de huit jours à trois mois, plus une amende, pour " celui qui, n'étant pas qualifié, délivre ou offre de délivrer des diplômes, certificats ou attestations quelconques ".
© La Libre Belgique 2008
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Reporters sans frontières Communiqué de presse
5 février 2008
REPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Procès en appel des présumés assassins de Serge Maheshe : la justice militaire doit libérer les deux amis du journaliste accusés à tort
Reporters sans frontières et Journaliste en danger (JED), son organisation partenaire en République démocratique du Congo (RDC), demandent au tribunal militaire de Bukavu (Sud Kivu, Est) la remise en liberté de Serge Muhima et Alain Mulimbi Shamavu, les deux amis du journaliste de Radio Okapi assassiné Serge Maheshe, accusés à tort d'être les commanditaires du crime.
"Le tribunal militaire de Bukavu doit sauver l'honneur en procédant à la libération des deux amis de Serge Maheshe, contre lesquels ne pèsent plus aucune accusation. Pour rendre réellement justice à la famille et aux proches du journaliste, le scénario de l'assassinat doit être repris depuis le début et les magistrats militaires qui ont entraîné le tribunal dans une mascarade stupéfiante doivent s'expliquer. La triste comédie de cette erreur judiciaire a assez duré", ont déclaré les deux organisations, à la veille de l'ouverture du procès en appel des assassins présumés.
Le procès en appel de Freddy Bisimwa Matabaro et Mugisho Rwezangabo Mastakila, deux civils préalablement connus à Bukavu pour de petits délits, et de Serge Muhima et Alain Mulimbi Shamavu, deux témoins oculaires du crime et amis proches du journaliste, s'ouvre le 6 février 2008 à Bukavu, ont appris Reporters sans frontières et JED auprès de la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUC).
Le tribunal militaire de Bukavu avait condamné, le 28 août 2007, Freddy Bisimwa Matabaro et Mugisho Rwezangabo Mastakila à la peine capitale pour "assassinat", tandis que Serge Muhima et Alain Mulimbi Shamavu, avaient été condamnés à la même peine pour "association de malfaiteurs". Le jugement avait été rendu en se fondant sur les seuls "aveux" des deux premiers, expliquant être les auteurs matériels de l'assassinat et qui avaient accusé les amis du journaliste d'être les commanditaires du crime, sans avoir pu fournir ni mobile ni élément matériel. En rendant son verdict, le tribunal avait reconnu lui-même la persistance de "zones d'ombre" dans le dossier.
Mais dans une lettre datée du 8 septembre 2007, dont Reporters sans frontières et JED détiennent une copie, Freddy Bisimwa Matabaro et Mugisho Rwezangabo Mastakila ont accusé deux magistrats militaires de les avoir soudoyés pour accuser les deux amis de la victime. Ils ont affirmé que ceux-ci leur ont fourni des informations compromettantes, de manière à étayer leur scénario. Ils ont déclaré qu'ils souhaitaient innocenter Serge Muhima et Alain Mulimbi Shamavu et ont demandé que les deux hommes soient relâchés. Ils ont affirmé, par ailleurs, que les magistrats leur avaient remis la carte SIM du téléphone de la victime, ainsi que l'arme du crime. Ils ont raconté qu'en contrepartie de ces dénonciations calomnieuses, les magistrats leur avaient promis une libération rapide et une rente financière.
Serge Maheshe, secrétaire de rédaction de Radio Okapi à Bukavu, a été tué par balles le 13 juin dans la soirée par deux inconnus, alors qu'il s'apprêtait à remonter dans son véhicule marqué du sigle des Nations unies (UN).
http://www.rsf.org/article.php3?id_article=25356
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DEMOCRATIC REPUBLIC OF CONGO
Military appeal court urged to clear two men convicted of masterminding murder of journalist who was their friend
Reporters Without Borders and Journalist in Danger (JED), its partner organisation in Democratic Republic of Congo, urge the military judicial authorities in the eastern city of Bukavu to release Serge Muhima and Alain Mulimbi Shamavu, close friends of slain journalist Serge Maheshe, as it is clear they were wrongly convicted in August of instigating his murder.
The two organisations have learned from the United Nations Mission in Democratic Republic of Congo (MONUC) that a military court in Bukavu will begin tomorrow to hear the appeals of Muhima and Shamavu, and those of the two men convicted of carrying out the murder, Freddy Bisimwa Matabaro and Mugisho Rwezangabo Mastakila, two civilians with a record of petty crime in Bukavu.
“The military judicial authorities in Bukavu must defend their honour by freeing Maheshe's two friends, against whom there are no other charges,” Reporters Without Borders and JED said. “They must develop a completely different theory of how Maheshe came to be murdered if justice is to be properly rendered to his family and colleagues, and the military judges responsible for last August's shocking parody of a trial must be called to account. This miscarriage of justice has gone on long enough.”
On 28 August, a Bukavu military court sentenced Matabaro and Mastakila to death for the murder of Maheshe in June. It also sentenced Maheshe's two friends, who were with him at the time, to death for “criminal association.” The court based its convictions solely on the “confessions” made by Matabaro and Mastakila and their testimony that Maheshe's two friends were the instigators. No motive for the murder and no material evidence was produced. When issuing its verdict, the court acknowledged that many aspects of the case were unclear.
Then, in a letter dated 8 September, Matabaro and Mastakila accused two military judges of bribing them to implicate Muhima and Shamavu. They claimed in the letter, a copy of which is held by Reporters Without Borders and JED, that the two judges promised that they would be quickly released and would receive a regular income if they testified that they shot Maheshe at the behest of his two friends. They said the judges gave them information to support this story as well as the murder weapon and the SIM card from Maheshe's mobile phone. They added that they now wanted to clear Muhima and Shamavu so that they could be released.
Maheshe worked for UN-backed Radio Okapi as news editor of its Bukavu office. He was gunned down on a Bukavu street on the evening of 13 June as he was about to get into the marked UN vehicle he was using.
http://www.rsf.org/article.php3?id_article=25357
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Evoloko Atshuamo, 10 ans de prison ferme pour abus sexuel sur une mineure
01 Février 2008 à 08:16:41
C'est le verdict prononcé mardi dernier par le tribunal de grande instance de Kalamu contre le patron de Langa Langa Stars pour abus sexuel sur une fille de 14 ans. En plus, Evoloko est tenu au paiement d'une amende de 100.000 francs congolais et 7.500 dollars US de dommages et intérêts. Ce dernier a cependant interjeté appel, rapporte radiookapi.net
L'ancien chanteur de charme de l'orchestre Zaiko Langa Langa a ainsi été transféré immédiatement à la prison de Makala, à Kinshasa. Selon le procureur de la République près le parquet de Grande instance de Kalamu, Christian Ilanda, l'artiste a été déféré devant la justice conformément à la loi n 06/18 du 20 juillet 2006 relative à la répression des infractions contre les violences sexuelles. « Quand un homme court avec une fille de moins de 18 ans, même si celle-ci est consentante, l'infraction est là. La justice a toujours fait son travail. La différence avec ce cas, c'est que la télévision s'y est mêlée. Tout le monde a vu comment le procès s'est passé. Et j'ai voulu que ça passe en flagrance pour attirer l'attention aux autres violeurs, s'ils suivent le même sentier, ils vont se retrouver à Makala », a martelé le magistrat.
De son côté, Godé Mukendi, président de la LIZHADEL, une ONG de défense des droits des enfants, salue la décision du tribunal et souhaite la poursuite de tous les auteurs de pareils actes. Je suis très content de l'attitude du magistrat qui a instruit le dossier. C'est pour la première fois, depuis que nous faisons l'accompagnement judiciaire des victimes de violences sexuelles, que le magistrat arrive, malgré les pressions exercées par le ministère de Culture et Arts, à amener le dossier au tribunal », a-t-il indiqué.
En revanche, l'avocat de la défense estime que l'affaire a été jugée dans la précipitation parce que, d'après lui, tous les éléments de preuves que le ministère public devait soutenir devant les juges font défaut. Il s'agit notamment, a dit l'avocat, d'un examen médical testant qu'effectivement la fille a été violée, et également les actes de l'état civil fixant sur l'âge de la fille pour déterminer si réellement, elle est mineure ou non. « Evoloko continue à clamer son innocence et a interjeté appel pour que l'affaire soit bien jugée devant la Cour d'Appel », a fait savoir Me Nicolas Bekoma.
Par Okapi
© Congo Vision
Evoloko est bien condamné à 10 ans de prison, mais n'aurait pas violé !
jeudi 31 janvier 2008 AEM
Contrairement à la description des faits faite par nos confrères de La Prospérité , le chroniqueur de musique Kinguza Kikim Afri confirme la condamnation d'Evoloko à 10 ans de prison ferme mais dément l'accusation de viol. La jeune fille (13 ans) serait une professionnelle du sexe qui aurait eu une dizaine de fois de rapports avec le chanteur mais pas au tarif convenu. C'est le refus d'Evoloko de respecter le tarif négocié qui aurait poussé la fille a révéler les faits.
Selon notre confrère Kikim Afri, « Contrairement à ce que peuvent penser certains apôtres du sensationnel, le compositeur de " Fièvre Mondo " n'a pas été condamné pour viol parce qu'il y a eu consentement de la petite, mais c'est par rapport à l'âge de la fillette. À l'audience du lundi 28 janvier 2008 au Tribunal de Grande Instance de Kalamu, Evoloko a reconnu les faits lui reprochés tout en précisant que la fillette était une " pute " qui fait le trottoir dans la commune de Kalamu ; donc une professionnelle du sexe. De son côté, la fillette a aussi reconnu avoir eu dix fois des relations sexuelles avec Evoloko. Cependant, a-t-elle précisé, chaque fois que le vieux assouvissait sa soif, il ne lui remettait que des miettes contrairement à leur accord. C'est ce qui l'a poussée à prendre cet appareil à la place de la somme des arriérés cumulés. Saisi de l'affaire, le Parquet a poursuivi Evoloko pour abus sexuel sur une mineure, bien que la réquisition du médecin légiste a démontré que la fillette n'a pas eu des relations sexuelles dans les deux jours qui ont précédé ce scandale ».
Quant à la peine infligée au chanteur, le journaliste confirme les 10 ans de prison ferme mais donne d'autres chiffres concernant les amendes : « 100.000 Francs Congolais d'amende et 7.500 dollars de dommages et intérêts au lieu de 70.000$ réclamés par la famille de le jeune fille ».| AEM
Afriqu'Echos Magazine