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Dans une interview exclusive

Herman Cohen : « Au département d'Etat, le Kivu fait partie du Rwanda »

Par  Le Potentiel
11/08/2011

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Reçu par Luakabwanga dans sa tranche «Code 243» Herman Cohen, ancien sous-secrétaire d'Etat américain aux Affaires africaines, a parlé de l'Afrique, et particulièrement de la République démocratique du Congo. Quasiment, tous les problèmes du Congo ont été passés en revue. C'est-à-dire, de l'arrestation de Jean-Pierre Bemba à la balkanisation de la RDC en passant par la proposition de la création d'un Tribunal pénal international pour la RDC et la situation au Kivu. Cette interview est disponible sur You Tube

A la question de savoir si le sénateur Jean-Pierre Bemba pourrait être relâché, Herman Cohen a déclaré que cela serait possible si le gouvernement congolais en faisait la demande. « Le président Joseph Kabila pourrait relever que cette situation était consécutive à la guerre et que la RDC, ayant recouvré la paix, il y a lieu de reconsidérer cette question. Mais je ne pense pas que le président Kabila soit disposé de le faire pour le moment », a-t-il dit.

A une question du journaliste sur la mise en place d'un tribunal pénal international pour la RDC et comment expliquer que les Etats-Unis ne se prononcent pas officiellement sur le génocide en RDC alors qu'il y a eu des ONG privées qui soutiennent le nombre de 5 millions de morts en RDC, plus qu'au Rwanda. « Les Etats-Unis soutiennent cette enquête menée par les ONG privées. Voire même que ce sont les Etats-Unis qui ont été les premiers à demander une enquête par les Nations unies, enquête menée par Garreton. Le Rapport Garreton accuse le Rwanda d'être responsable des morts en RDC après l'occupation. Demandez aux populations locales, elles vous diront comment les choses se sont déroulées. Au départ, c'est Laurent-Désiré Kabila qui s'y était opposé à cause de ses rapports avec le Rwanda. Lorsqu'ils se sont détériorés, il a demandé aux Nations unies de poursuivre son enquête. Quant à la mise en place d'un tribunal pénal international pour la RDC, il y a des réticences de la part de certains pays étrangers qui, jusque là, prennent le Rwanda pour un « enfant chéri ». Toutefois, les choses sont en train de changer depuis qu'au Rwanda, le processus de démocratisation connaît bien des problèmes avec l'arrestation des personnalités politiques et des journalistes. Ce n'est pas la faute du Congo, mais de quelques pays étrangers encore réticents pour protéger le Rwanda ».

Mais l'on parle de plus en plus de l'annexion du Kivu au Rwanda, a enchaîné le journaliste. Washington a décidé d'envoyer un envoyé spécial dans la région et personnellement, Herman Cohen a adressé une note sur ce point au président Barack Obama, souligne encore le journaliste. L'ancien sous-secrétaire d'Etat américain répond : « Dans ma lettre au président Obama, j'ai suggéré que l'on légalise le commerce des minerais au Kivu qu'exploitent les hommes d'affaires rwandais. Le Rwanda a envahi le Kivu en 1998. Pendant six ans, il a mis en place des réseaux pour l'exploitation des minerais, surtout le coltan qui rapporte des milliards de dollars. Je pense que tout le monde trouvera son compte et la RDC percevra des impôts. J'ai proposé que le commerce des minerais soit légalisé. Mais j'ai rencontré une farouche opposition de la part des Congolais qui évoquent la question de souveraineté. Souveraineté ? Au Département d'Etat, le Kivu fait partie du Rwanda ».

Légalisation du commerce des minerais, donc, légalisation de la balkanisation ? « Non. L'Union africaine n'acceptera pas une quelconque sécession. Si les choses ont évolué pour l'Ethiopie et l'Erythrée, c'est parce que l'Ethiopie était d'accord. Il en est de même du Sud-Soudan avec l'accord de Karthoum. La balkanisation de la RDC ne peut se faire qu'avec l'accord de Kinshasa. Personne et aucun Etat ne peut se substituer à la République démocratique du Congo. Ce serait une très mauvaise chose», a-t-il conclu.

Elections 2011 en RDC : vivre ou disparaitre

L'une après l'autre, les étapes préélectorales sont en train d'être franchies : de l'enrôlement des électeurs à la signature problématique du Code de bonne conduite en passant par les congrès des partis politiques, la constitution précoce des plates-formes et l'adoption par le Parlement des annexes à la loi électorale. Très bientôt, ce sera le dépôt des candidatures avant qu'elles ne soient jugées valables, pour verser ensuite dans la campagne électorale et les élections à proprement parler.

Les premiers discours électoralistes ont été prononcés. Mais jusque là, rien n'indique encore avec beaucoup plus de précision que la classe politique a pris à cœur les véritables enjeux des élections 2011. Et pourtant, l'avenir de la République démocratique du Congo, en tant qu'Etat et Nation, est en train de se jouer maintenant ; avant, pendant et après les élections 2011.

Un fait social qui, aux yeux de plusieurs compatriotes congolais, serait certainement banal, s'est déroulé en Afrique du Sud. C'était lors des municipales sud-africaines. Présent sur place, Le Potentiel a été attentif à cette échéance électorale et la manière dont elle s'est déroulée. C'est ainsi qu'il a été constaté qu'au moment crucial de ces élections, les « Toilettes, WC », étaient devenues l'enjeu électoral. En effet, construites lors de la dernière Coupe du monde de football que ce pays a organisée en 2010, elles n'avaient pas pris en compte la dimension « dignité humaine ». Juste ce qu'il fallait pour que l'Opposition monte sur ses grands chevaux afin de dénoncer la « politique sociale » du gouvernement. Touché de plein fouet par cette attaque, l'ANC, par le biais du gouvernement, a réagi, toutes affaires cessantes, en trouvant une solution palliative. Hélas ! L'Opposition avait bien joué que l'ANC, parti au pouvoir, a dû perdre certaines voix précieuses.

Leçon à tirer de ce fait social : c'est que l'homme doit être au centre de toute action politique, économique et sociale. Que dans le projet de société, il importe d'élaborer des projets, des programmes qui visent le mieux-être social de la population pour sous-tendre toute politique de développement dans la perspective d'une nation prospère.

Comme on peut le constater, c'est sur le terrain des idées, des programmes et des projets de société que se jouent toutes les élections démocratiques en Afrique du Sud depuis 1994 jusqu' à ce jour. C'est ici l'origine de la « puissance » de l'Afrique du Sud en tant qu'Etat et Nation, disposant d'« institutions fortes », grâce à la vision politique de ces leaders, de ces formations politiques, sans oublier une Société civile dynamique, au sens élevé de responsabilité. La COSATU, cette puissante organisation ouvrière, fer de lance de la Société civile sud-africaine, est un partenaire incontournable dans la gestion de l'Etat sud-africain.

Autant les municipales sud-africaines ont renforcé les institutions dans leurs convictions de disposer d'un « Etat arc-en-ciel », autant les élections 2011 offrent la meilleure opportunité aux Congolais de déjouer tous les pronostics des commanditaires des « Etats nains » de balkaniser ce pays. Prise de conscience

La première chose à s'imposer est de s'interroger et d'interroger tous ceux qui concourent à l'exercice du pouvoir s'ils ont une idée exacte d'une élection, des enjeux nationaux, régionaux et internationaux. Il n'est pas exagéré, dans le même élan, de vérifier si au-delà des crises et guerres qu'a connues la RDC, l'on a su évaluer les principaux enjeux.

Il est important de retenir que par cet exercice que l'on doit s'imposer, il y a toute l'importance accordée aux élections 2011 qui n'ont rien de commun avec les élections 2006. Ces dernières, force est de le rappeler, se sont déroulées en « période de grâce » pour soutenir un «peuple moribond », une «classe politique malléable et encore sous le choc de la guerre pour avoir déboulonné une dictature».

Mais cette période de grâce est révolue au regard des exigences internationales. Les élections 2011 se déroulent au moment où de profondes mutations sont déjà perceptibles. Mutations marquées par la conquête des « espaces économiques » consécutive aux revers du capitalisme avec cette crise économique et financière impitoyables. L'Occident est aux abois, comme diraient les autres, à l image autrefois de l'effondrement de l'économie socialiste des pays de l'Est et qui a entraîné l'éclatement de l'Empire soviétique. Même en ces temps-là, l'Afrique n'avait pas été épargnée. La perestroïka et la glasnost avaient emporté les «roitelets et maréchaux» qui résistaient au changement. Les Etats qui n'avaient pas adapté leurs structures politiques et économiques aux exigences de l'heure ont été submergés, subi la loi des vainqueurs d'hier.

Le «Plan» mis en marche n'était qu'à moitié exécuté. Il fallait passer aux autres étapes suivantes. Le «Printemps arabe», en est une, signe annonciateur d'un vaste mouvement de changement et mutations à travers le monde.

La République démocratique du Congo ne sera pas du tout épargnée. Elle subira la loi des «plus forts» et si elle n'est pas préparée en conséquence, son existence en tant qu'Etat et Nation est sérieusement menacée. Le décor est en train d'être planté, dans la partie Est depuis des années, toujours accentué par les bruits de botte dont raffolent les va-t-en-guerre et leurs commanditaires. Ainsi, l'insécurité menace toujours les élections 2011, avant, pendant et après le scrutin. La suite est facile à deviner. Les chefs des confessions religieuses mettent tout le monde en garde : « Dès que la victoire est proclamée, tout le monde doit se soumettre à la loi. On doit, en bon démocrate, s'abstenir de recourir à des actions subversives, des moyens illégaux ou violents pour se soustraire à l'autorité de la loi. S'il existe des contentieux, il faut les traiter par voie de justice, selon les prescrits de la loi électorale, et dans la crainte de Dieu ».

Comment expliquer qu'un pays qui bénéficie d'un soutien militaire important d'une armée internationale de plus de 17000 soldats ; d'une armée congolaise de plus 100.000 soldats, bénéficiant parfois d'un appui des armées rwandaise et ougandaise, n'est jamais venu à bout des forces négatives que sont les FDLR et la LRA ?

Bien plus, l'on constate curieusement une multitude d'organisations internationales humanitaires, des droits de l'Homme, dans cette partie Est. L'on assiste avec beaucoup d'inquiétude, à l'ouverture progressive des « consulats» dans la même partie, sans oublier que 80 pour cent de l'aide du PNUD sont destinés à l'Est. Serait-ce le signe évident des pyromanes de mettre le feu à la case pour venir ensuite vite éteindre le feu dans le but de reprendre le contrôle de la situation ? Tous les indicateurs clignotent dans ce sens. Pour preuve, une structure vient d'être mise en place, EAST CONGO INITIATIVE, Initiative pour l'Est du Congo. Pourquoi pas l'Initiative pour la République démocratique du Congo qui sous-tendrait un « Plan Marshall pour la RDC » ?

Bien avant cette initiative, il y a Pole Institute, installé à Goma, qui réfléchit dans la même direction, c'est-à-dire, de façon sectorielle et non nationale. Dans les deux cas, l'on constate la présence de quelques Congolais, certainement sélectionnés pour des raisons inavouées, mais qu'à la fin, on leur fasse porter le chapeau de la probable balkanisation de la RDC, comme étant une initiative «congolaise ».

Encore le Sud-Soudan

A tout ceci, vient de s'ajouter, encore et toujours, le Sud-Soudan. Qui ne sait pas que ce pays a été secoué par une guerre civile interminable ? Qui ignore que ce pays riche et vaste, comme la RDC, a connu une famine impitoyable, plongeant sa population dans une misère effroyable ? Y a-t-il quelqu'un qui n'a pas entendu parler de Darfour ?

Plusieurs organisations internationales ont fait une « publicité » incroyable autour de ce pays. Elles ont ameuté la communauté internationale, de façon bien coordonnée par des pyromanes, de l'ampleur de la misère du peuple soudanais. La mission étant accomplie, elles ont laissé la place aux « politiques » pour qu'ils achèvent leur ouvrage. Si le Sud-Soudan est aujourd'hui indépendant, contrôle-t-il toutes ses richesses ? Comment expliquer ces offensifs tous azimuts des «nations puissantes» pour établir un partenariat problématique avec le Sud-Soudan, alors qu'il s'agit réellement de contrôler les richesses de ce pays.

Oui. Le Sud-Soudan demeure toujours une nouvelle donne qu'il faudra très bien analysée. Ce pays est voisin de la RDC, juste à côté et très proche de la RDC. C'est tout dire.

Faut-il encore d'autres mots plus sensibles à l'adresse de tous ces concurrents politiques pour qu'ils comprennent que les élections 2011 sont déterminantes ? Il s'agit ni plus ni moins de l'existence de la RDC en tant que Nation et Etat. Va-t-elle vivre ou disparaitre après les élections 2001 ?

© Congo Vision


Réactions aux declarations de Cohen

( Congo Libre 16/08/2011)

Herman Cohen dit tout haut ce que les autres disent tout bas
En matière de sécurité une action, une rumeur, une information doivent être traitées avec beaucoup de précaution et de sérieux.
Nous congolais nous sommes des gueulards. Raison pour laquelle les autres se moquent de nous. Belles cravates, beaux costumes, Français ya molai (beau parleur) prêt à débiter des injures sur tout celui qui dit le contraire de ce que nous pensons. Nous souffrons de la folie de grandeur : pays grand, très beau, très riche pourtant nous vivons dans la misère indescriptible. Nous vagabondons ailleurs à la recherche du bonheur qu'on ne trouve pas chez nous. Au finish nous nous retrouvons dans la merde et nous commençons à dire c'est tel qui a appuyé un petit tel pour nous mettre dans le pétrin. « Petit Rwanda », j'avais aussi l'habitude de dire cela. Mais un ami du Congo qui se bat pour faire connaitre la situation qui prévaut à l'est me disait, « Charles, il faut arrêter de parler de petit Rwanda. « Une grenouille qui traine une vache dans la marre, il faut savoir où elle tire ses forces ». Comprenne qui peut.

Rappelons-nous que des Congolais ont commencé un débat autour de la balkanisation de l'est de la RD Congo sur le net après l'indépendance du Sud Soudan ou même avant cet événement qui a précédé la vulgarisation de cet entretien entre Cohen et Luakabuanga. Je tiens à présenter mes sincères félicitations à ce journaliste Congolais pour avoir tirer le ver du nez de l'ambassadeur Cohen. Les gens se sont insultés. Les mots en vogues sont sortis : collabo, Rwandais, et que sais-je encore.

Cohen a dit ce qu'il sait de l'est de la RDC, pris en otage par des véreux et affairistes politiciens Congolais avec l'appui du Rwanda qui en tire profit. Rappelons-nous le rapport de l'ONU sur les pillages de ressources du Congo. Des multinationales de tous les pays du monde ont été impliquées. Celles-ci avaient signé des accords avec des Congolais seigneurs des guerres qui traitaient directement avec le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi pour ne citer que les voisins de l'est impliqués dans cette guerre des Congolais contre le Congo.

Nous devrions louer le courage de Cohen qui a dit publiquement ce que les autres disent tout bas. J'ai rencontré, il y a moins de trois ans une grande personnalité politique et onusienne qui m'a tenue le même langage. Il importe de savoir quelle disposition le gouvernement Congolais actuel prend pour éviter cela. L'homme politique et diplomate me disait, si le Congo avait échappé à la scission de l'est c'est à cause de la révolution populaire des congolais de basse classe. Ce ne sont pas les politiciens qui ont sauvé le Congo, me disait-il. Mais plutôt, les gens de la rue. Ceux qui se sont soulever et sont allés dans la rue pour protester. Cela était un message fort à l'opinion internationale qui pensait abusivement qu'il faut diviser le Congo parce que grand, les politiciens congolais ne sont pas capables de le gérer pour le bien de sa population. Les politiciens, me disait-il courent derrière leurs intérêts personnels, leur enrichissement personnel.

Rappelons-nous qu'à la prise de Bukavu par Nkunda et Mutebusi (Juin 2004) toute la RDC s'était soulevée comme un seul homme. Dans presque toutes les grandes capitales provinciales il y avait des manifestations de protestation (Kinshasa, Kisangani, etc...). Des locaux et biens des Nations Unies étaient attaqués par des civils.

Nous avions agit contre la prise de Bukavu sans que les gouvernants ne nous y invitent. Tout le monde sait quel message Kinshasa avait donné à la prise de Bukavu et quand le message avait été donné. Les forces de "Nkunda'' qui étaient venues appuyer celles de ‘'Mutebusi" avaient quitté Goma par route jusqu'à Bukavu. C'était une promenade de santé pour couvrir plus de 250 km sans être inquiété. Qu'est ce que Kinshasa attendait pour donner des instructions fortes pour empêcher la progression des ces militaires qui en majorité parlaient Kinyarwanda et ne connaissait même pas la ville de Bukavu qu'il venait prendre ? C'est peut être insensé pour moi qui n'ai pas un background militaire. Quelles supplices les populations vivant le long de la route Goma Bukavu et celles de la ville de Bukavu ont connu, avant la reprise de la ville de Bukavu par Mbuza (Mbudja) Mabe et la poursuite des envahisseurs dont certains ont calmement traversé la Ruzizi pour se retrouver au Rwanda ?
Au lieu de nous mettre à insulter ceux qui disent haut ce que les autres disent très bas, agissons pour éviter que ce nous appelons « mauvais rêve » ne se réalise.

Dans tous ce que l'Ambassadeur Cohen a dit, retenons l'essentiel. Sa conclusion: « N'acceptez plus la mauvaise gouvernance dans le pays», « c'a duré jusque 1960 pour de raisons historiques, les Belges n'ont pas préparé le pays. C'est du passé. Le Congo a beaucoup des gens qualifiés pour gérer le pays. Malheureusement il y en a trop qui vivent à l'extérieur. « Il ne faut plus accepter la mauvaise gouvernance. Si vous insistez le gouvernement va suivre ».

Voilà pourquoi j'ai résumé l'interview par un « script » j'ai l'ai posté avec la source certains fora pour que nous puissions en tirer des leçons. Beaucoup n'ont pas fait circuler le message. D'autres ont reçu le documentaire par d'autres sources.
Paix chez vous.

Voici la réponse que j'ai donnée àun compoatriote,avant-hier (le 12/8/2011), lorsqu'il m'avait envoyé l'article avec le fameux entretien de Cohen.

« Que ferait un journaliste responsable?
Il aurait confronté l'actuel sous-secrétaire d'Etat américain aux Affaires africaines avec cette info, tout comme l'ambassade américaine à Kinshasa, la commission des affaires étrangères du parlement congolais (le parlement congolais: majorité et opposition), le gouvernement (premier ministre et ministre des affaires étrangères) et la présidence de la République (conseiller spécial et conseiller politique).

Le Potentiel publie l'article, sans présenter Cochen, son bilan au gouvernement. Cohen n'a jamais cessé son rôle de déstabilisation de la RDC depuis 1994. Il n'a pas mentionné - et le journaliste, qui connaît mal -, l'histoire du Congo ne le lui avait pas rappeler: à l'époque Bizima K. était chargé des affaires étrangères et les enquêteurs voulaient aller déterrer les fosses communes des personnes, qui étaient mortes lors de l'épidemie de cholera, qui avait eu lieu dans la ville de Mbandaka et en Equateur, sous la IIe République, au lieu d'aller à Masisi, Tingi-Tingi etc. Cohen n'a pas dit, que c'était lui, qui était chargé de faire pression sur Mobutu et Kenge wa Dondo pour que le Zaïre ouvre ses frontières aux refugiés hutu en 1996. Cohen n'a pas dit que les Américains donnaient des infos précises sur la fuite des réfugiés hutu vers l'Ouest du Zaïre au FPR: les reportages de l'époque, parfois en direct, sur CNN le montraient. Ce Mr. sème la zizanie dans l'esprit des Congolais, en présentant les fameuses cartes que les ambassadeurs du République "d'-à-côté" à Brx et Bonn avaient présenté à l'époque, qui résumaient les discours de Bizimungu. Trois faits sont certains: *l'île d'Idjwi fut rattachée à une prefecture "à-côté" et LDK avait à l'époque protestait vigoureusement, * pour atteindre Bukavu au fone, il fallait composer le code d'"à-côté", * l'introduction ratée du franc/monnaie '"à-côté" ruandais.

Qu'est-ce que la RDC a à faire avec l'arrestation de JP Bemba? JP Bemba n'est pas poursuivi pour les crimes commis par le MLC en RDC, mais pour les crimes commis par le MLC en RCA: ce sont les ONG des droits de l'homme locales et la LIDH qui avaient posé plainte conte JP Bemba, qui est jugé pour les crimes commis par le corps expéditionaire du MLC dans ce pays, tout comme Taylor est jugé par les crimes commis par ses hommes en Sierra Leone, et non pour les crimes au Liberia.

Qui avaient conseillé à JPB de quitter la RDC, alors qu'il avait l'immunité parlementaire et qu'il y avait un mandat d'arrêt international contre lui? Ce sont les gens, qui avaient conseillé JPB de vouloir utiliser la violence dans une ville où il n'avait aucun soutien de l'armée,qui sont responsables de ses malheurs.

Alors que les Africains et tous les progressistes du monde entier s'opposent au TPI, voilà un journaliste, qui pose à un américain une question sur une institution que son pays, les USA, ne reconnaît pas! Et il y répond, convaincu que tous les Congolais ne raisonnent pas, tous les Congolais sont ignares, comme le journalistes, qui la lui a posée. Parlons TPI, c'est un tribunal politique, qui n'a rien avoir avec Nurenberg, qui était un Tribunal pénal MILITAIRE international créé par les puissances vainqueurs de l'Allemagne nazie, dont le président était un civil américain. Il y avait Nurenberg I, qui avait jugé les responsables politiques et militaires, dont on connaît les images documentaires et Nurenberg II, qui avait jugé les industriels et les scientifiques allemands. Mon cher (...), tu le sens aussi, qu'il n'est plus facile d'être congolais, tu ressens aussi de difficultés de communication avec certains adultes et de jeunes gens.

La qualification d'un massacre en masse en génocide est une décision juridico-politique des Etats, à l'exemple du massacre des Armeniens dans l'empire ottoman et de l'itsambatsamba (massacres cycliques ruando-ruandais). Que faire du massacre des Hereros et des Namas en Namibie (plus de 80% liquidés par les Allemands), le massacre des Congolais à l'EIC et Congo belge? Des Ibos au Nigeria etc?

Cet interview est mené par une personne, qui exerce une profession dont il ignore les règles élementaires de déontolgie professionnelle: il n'a fait aucune recherche pour poser de questions dont les réponses sont connues depuis longtemps: ces régles sont obsolètes pour les journalistes,qui font de l'intoxication psychologique contre leur pays, au profit de forces négatives nationales ou extèrieures. «

Charles Mampasu

© Copyright Congo Libre



A propos de ses déclarations sur le Kivu reprises par Le Potentiel: Herman Cohen s'explique

( Le Potentiel 16/08/2011)

Dans une interview exclusive disponible sur You Tube et dont certains extraits sur la République démocratique du Congo ont été repris par le journal Le Potentiel dans son édition n°5300 du 12 août 2011, Herman Cohen, ancien sous-secrétaire d'Etat américain aux Affaires africaines vient d'écrire au Potentiel pour mieux souligner le fond de sa pensée. L'on se souviendra que dans cette interview, parlant du Kivu, et à une question d'Abraham Luwakabwanga, Herman Cohen a déclaré qu'il avait suggéré que l'on légalise le commerce des minerais au Kivu qu'exploitent des hommes d'affaires rwandais. Il s'était exprimé en ces termes : « le Rwanda a envahi le Kivu en 1998. Pendant six ans, il a mis en place des réseaux pour l'exploitation des minerais, surtout le coltan qui rapporte des milliards de dollars. Je pense que tout le monde trouvera son compte et la RDC percevra des impôts. J'ai proposé que le commerce des minerais soit légalisé. Mais j'ai rencontré une farouche opposition de la part des Congolais qui évoquent la question de souveraineté. Souveraineté ? Au Département d'Etat, le Kivu fait partie du Rwanda ».

Ces propos avaient suscité une sous question de la part du journaliste qui avait demandé à Herman Cohen si cette légalisation du commerce ne sous-entendait pas une légalisation de la balkanisation de la RDC. Herman Cohen avait répondu que ce serait une très mauvaise chose. Et que si jamais cette balkanisation pouvait avoir lieu, ce ne serait qu'avec l'accord de Kinshasa. Il avait cité le cas de l'Ethiopie avec l'Erythrée et du Sud-Soudan. Dans le premier cas, Addis-Abeba ne s'y était pas opposé, et dans le second, Khartoum avait aussi marqué son accord.

Comme il fallait s'y attendre, les déclarations de Herman Cohen ont suscité de vives réactions de la part des Congolais tant en RDC qu'à l'étranger. Le téléphone de la rédaction du journal Le Potentiel ne cesse de sonner depuis la publication des extraits de cette interview disponible sur You Tube. Le contraire aurait surpris.

Herman Cohen lui-même vient de réagir pour s'expliquer. Ainsi que nos lecteurs auront à le constater, l' sous-secrétaire d'Etat américain ne dément pas ses propos, même si de façon subtile il pense à un démenti pour faire croire que ses propos ont été mal interprétés. Bien au contraire, il soutient la légalisation du commerce des minerais. Plus inquiétant encore, dans ses propositions, il ne parle pas de la République démocratique du Congo mais des «provinces du Nord et Sud-Kivu », comme si ces provinces étaient déjà autonomes. Pas un seul mot sur ce qui se dit au Département d'Etat. Qui ne dit mot consent. Au demeurant, nous invitons nos lecteurs à se faire une idée exacte de la réaction de Herman Cohen que nous publions in extenso.

Encadré

Herman J. Cohen

Washington, le 14 août 2011,

A la rédaction du journal « Le Potentiel »

Je crois que mes remarques sur le Nord et le Sud-Kivu dans votre article du 12/8/2011 ont été mal compris. Bien sûr, les provinces de l'Est du Congo sont juridiquement dans le pays souverain de la République démocratique du Congo. Personne ne peut dire le contraire, et ça doit être toujours comme ça.

Ce que j'ai voulu dire, c'est qu'il y a beaucoup d'influence des pays extérieurs à l'Est dans les deux Kivu, et que ces influences sont plutôt négatives que positives. Regardez les secteurs économique et sécuritaire pour en avoir les preuves. C'est pourquoi j'ai proposé dans mon article de décembre 2008 dans le New York Times qu'il faut établir un marché commun entre les provinces de l'Est du Congo et Rwanda, Burundi et Ouganda, pour légaliser le trafic des produits miniers et agricoles, gagner de l'argent pour le fisc congolais, et éliminer le soutien des milices illégales.

Je demande aux amis congolais de ne pas chercher midi à quatorze heures avec des débats juridiques inutiles. Il faut plutôt qu'ils cherchent des solutions sur le terrain.

Par Le Potentiel

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