Crise à l'est du pays: le leadership du président Joseph Kabila en question
La récente crise à l'est du pays, cette partie de la République qui, à en croire le verdict des urnes, avait massivement voté pour le président Joseph Kabila aux élections présidentielles de 2006, ressuscite la question de son leadership.
En effet, une des promesses que le président Joseph Kabila avait faite à la population congolaise juste après sa victoire était celle de ramener la paix dans ce coin du pays. Et par ce fait, « parachever le chantier de la reconstruction nationale, valoriser le travail et bannir toutes les anti-valeurs, dont notamment la xénophobie, le tribalisme, l'intolérance, l'exclusion, l'incitation à la haine, la corruption et l'injustice sous toutes ses formes, pour faire de la RDC un pays uni, fort et prospère ».
Après avoir assumé le levier de commande de la République Démocratique du Congo pendant plus de sept ans, et deux de ces années après les élections reconnues par nombre des témoins tant nationaux qu'internationaux en matières électorales, comme étant démocratiques, libres, et transparentes, il est important que le peuple congolais évalue son leadership en considérant un certain nombre de points.
1. La capacité de forger des alliances
Savoir créer les alliances militaires avec des états amis est un grand atout pour un chef d'état. L'histoire du Congo-Kinshasa nous renseigne que grâce aux alliances avec les belges, les français, les américains et les marocains, le président Mobutu a pu mater des mouvements insurrectionnels (Shaba I et Shaba II) au Katanga. Récemment, le président Laurent Désiré Kabila n'aurait pu résister à ses anciens alliés ruandais, burundais et ougandais, n'eut été les alliances qu'il a pu habilement forger en un temps record avec l'Angola, la Namibie, le Tchad, et le Zimbabwe. Le président Laurent Désiré Kabila n'avait pas encore fait deux ans au pouvoir quand il avait reussi cet exploit. Et bien plus, il n'avait même pas encore bénéficié de la légitimité dont jouit aujourd'hui son successeur, le président Joseph Kabila.
Jusqu'à preuve du contraire, le président Joseph Kabila, qui est au pouvoir depuis 2001, n'a pas encore réussi à réunir une coalition capable de l'aider à se défaire de l'ancien officier de l'armée rwandaise Nkundabatware Mihigo qui, comme tout autre extrémiste tutsi rwandais, se fait passer pour un tutsi congolais, juste pour promouvoir les ambitions territoriales, économiques, et hégémoniques des extrémistes Tutsi rwandais au Congo.
Qu'est-ce qui manque au président Joseph Kabila? Est-ce le pouvoir de persuasion? Est-ce le manque de confiance des autres chefs d'état Africains? Où peut-être, croit-il fermement à la force de frappe des forces armées de la République Démocratiques du Congo (FARDC) dont il est le commandant suprême?
Etant donné que les commandants des opérations de FARDC qui opèrent dans le Grand Kivu n'arrivent toujours pas à se débarrasser de Nkundabatware Mihigo, chose que le général Mbuza Mabe avait pourtant réussi avec brio en chassant Nkundabatware et son compagnon de lutte, le colonel Jules Mutebusi, du Sud Kivu, il est urgent que le président Joseph Kabila exploite cette option de la création des alliances militaires avec des états amis pour effectivement étendre l'autorité de l'état sur le Grand Kivu .
Le gouvernement congolais doit cesser de naïvement compter sur les casques bleus de la MONUC pour atteindre cet objectif. Le cas de haute trahison du colonel indien de la MONUC,
le colonel Chand Saroha, qui commandait les opérations sur terrain lors de la chute de Mushake est très illustratif à ce sujet.
Définitivement, disons que la MONUC semble intentionnellement ne pas vouloir aider les FARDC à faire cesser l'occupation de l'est du Congo militairement par le Rwanda via Nkundabatware Mihigo et autres extrémistes Tutsi interposés. Ainsi, étant membre de la SADEC et de la CEEAC dont il est le président en exercice, le président Joseph Kabila et son gouvernement ne devront pas avoir honte de solliciter l'appui militaire des pays membres de ces deux groupements régionaux pour mettre fin aux aventures des extrémistes Tutsi rwandais au Congo qui luttent pour poursuivre la lutte du RCD-Goma.
2. L'inefficacité de sa strategie communicationnelle Dans une de ses déclarations à la presse, le président Joseph Kabila disait qu'il était plus un homme d'action qui aimerait être jugé par les actes qu'il pose, et non par des discours propagandistes. A ceux-là qui lui reprochaient de ne pas souvent communiquer avec le peuple, il disait que le peuple Congolais était trop habitué aux discours et qu'il voulait changer cette manière de travailler.
Seulement voilà ! Le rôle d'un chef d'état, c'est aussi de rassurer une population en insécurité, de calmer un peuple qui s'inquiète, de déterminer la direction que le pays doit prendre, etc . D'après la Constitution de la RDC , le président de la République incarne l 'autorité de l'État . Il a le devoir de veiller au respect du texte constitutionnel, et d'assurer le fonctionnement normal des pouvoirs publics et la continuité de l'État. Il est le garant de l'indépendance nationale et de l' intégrité du territoire.
Ainsi, le mutisme du président face aux questions de grand intérêt national est plus que surprenant. Comment explique-t-il son silence à la question sensible de la circulation de la population dans le Katanga ? Son ministre de l'intérieur Denis Kalume venait de signer un arrêté qui n'est ni suivi ni respecté par le ministre de l'intérieur du Katanga, ni par le maire de Lubumbashi, et encore moins par le président de l'assemblée provinciale du Katanga. Comment se taire devant une telle question qui peut avoir des effets d'entraînement négatifs dans d'autres provinces du pays?
Comment se taire surtout quand on sait ce qui s'est passé dans cette province dans les années soixante; et en 1992 lorsque Mr. Kyungu wa Kumwanza, alors gouverneur du Katanga, traitait les Kasaiens des «Vidudu», c'est-à-dire les insectes qu'il fallait exterminer à tout prix?
Comment ne pouvait-il pas rassurer la population de Kinshasa face à l'insécurité grandissante ? Un vice-président de l'assemblée provinciale est assassiné, un ancien ministre de la défense est criblé des balles, un grand sportif attaqué, etc.; Comment un chef d'état peut-il demeurer si silencieux devant des telles situations ? Qui doit donc rassurer la population à sa place ?
Disons-le, et à haute voix : la vision du président Joseph Kabila en matière de communication est anachronique avec la gestion des états modernes et démocratiques.
En effet, le président Kabila ne peut expliquer au peuple Congolais son silence et son inaction en ce qui concerne des sujets d'intérêt national notamment le dossier Bundu dia Kongo, le récent dossier du détournement de 1.3 milliard de dollars dans six entreprises publiques et trois régies financières, la corruption dans tous les secteurs de la vie, l'exploitation du gaz méthane des eaux du lac Kivu par le Rwanda, la présence des rebelles hutus rwandais au Congo, la présence des soldats tutsi rwandais au Congo, la présence des rebelles ougandais au Congo, l'exploitation illégale des ressources du parc Virunga par les troupes du rebelle Nkundabatware Mihigo au profit du Rwanda, etc . Qui va expliquer ces dossiers à notre peuple ?
3. L'inefficacité du leadership du président Joseph Kabila
Il y a, certes, de Congolais qui apprécient le style de leadership du président Kabila. On nous apprend qu'il parle moins mais travaille beaucoup. Cependant, nous y décelons quelques défaillances, et non de moindre. En effet, quand on visite les institutions d'enseignement supérieur et universitaire, pour ne citer qu'un cas, on se rend compte qu'en dépit des frais que les étudiants paient, les chefs de certaines de ces institutions ne voient pas l'urgence d'équiper leurs institutions en bancs, en ordinateurs, ou même d'y assurer la propreté .
Il est inconcevable que des chefs d'établissements scolaires ou académiques ne craignent rien. On ne sent pas l'urgence dans leurs chefs, le genre d'urgence qui motive le gouverneur du Katanga dans la reconstruction de sa province. Comment peut-on percevoir $150 auprès de 5000 étudiants, et ne pas penser à acheter un seul microscope, un seul ordinateur, ou des simples bancs ? Comment comprendre que des étudiants dans une université « nationale » suivent une formation sur « l'enseignement à distance » sans un seul ordinateur ? Comment expliquer des voyages repétés des ministres à l'étranger alors que le gouvernement ne peut même pas équiper une seule université du Congo?
Il existe des bureaux des communes à Kinshasa qui, bien que collectant et amassant de grosses sommes d'argent, continuent à attendre que le gouvernement central les équipe en logiciels informatiques et autres fournitures de bureaux. Incroyable, mais vrai.
L'argent de l'état va dans les poches des individus sans que ces individus aient peur des sanctions. Des fonctionnaires de l'état reçoivent ouvertement des pourboires pour accepter d'offrir des contrats du gouvernement aux entreprises bidon sans se faire inquiéter par qui que ce soit. Voilà pourquoi rien ne semble marcher à Kinshasa et à l'intérieur du pays: Il y a une absence totale d'un système efficace de sanction et de récompense.
Bien plus, il y a deux ans que le président Joseph Kabila déclarait que la recréation était finie. Rien ne semble avoir changé, monsieur le président. Au contraire, les vieilles tares continuent à ronger la gestion du pays. Pourquoi les gestionnaires des entreprises publiques, des établissements scolaires et universitaires, des hôpitaux, des bureaux de l'état, etc. n'ont pas conscience que les biens qu'ils gèrent appartiennent à l'état ? C'est là la grande interrogation ? Des taxes sont perçues chaque jour dans les villes du pays sans que les autorités pensent à utiliser cet argent pour améliorer la qualité de la vie de la population. Pourtant, la pression qu'elles exercent sur la population en matière de paiement de taxes est parfois inhabituelle.
4. La ligne de Séparation (de force) à l'est du pays : un danger de la kosovisation du Congo Il va sans dire que la MONUC semble avoir un agenda cach é pour la RDC . Le fait que le commandant indien de la MONUC ait livré Mushake aux hommes de Nkunda sans susciter une action appropriée de la part du Président Kabila, le commandant suprême des FARDC; et moins encore de la part du ministre congolais de la défense, et du ministre congolais des affaires étrangères est un signe probant de la faiblesse du leadership du président Kabila.
Pour parler un peu de cette MONUC, le responsable militaire de cet organe a manifesté dernièrement son indignation au fait que les FARDC ont utilisé des lance-roquettes près de Minova pour dissuader les troupes de Nkundabatware à prendre cette ville. Mais il n'a exprimé aucune indignation de voir les troupes de Nkundabatware utiliser des armes lourdes venues du Rwanda. Il n'a exprimé aucun sentiment négatif de voir cette grande foule de la population congolaise déplacée et délaissée à elle-même.
Ce que le gouvernement doit savoir, c'est que Alan Doss, représentant du secrétaire général de l'ONU au Congo est un protégé de Tony Blair, ancien premier ministre britannique. Il est arrivé à ce poste grâce à Tony Blair qui l'avait nommé à l'ONU. Et Tony Blair est actuellement conseiller personnel du président Paul Kagame du Rwanda. Donc, le projet de la création d'une république tutsi au Congo que prône Paul Kagame est appuyé et avalisé par Tony Blair et donc soutenu par Alan Doss. Quand il présente un plan de désengagement au gouvernement, le gouvernement ne doit pas courir pour le signer. Quand il parle de ligne de séparation des troupes, il ne faut pas seulement y voir les bonnes intentions. Il faut de la prudence. Il faut faire très attention à tous ces occidentaux évoluant à l'est du pays, y compris les consuls. Nombreux parmi ces gens représentent les intérêts des compagnies multinationales qui exploitent les mines dans cette région et fournissent les armes aux rebelles. Ils ont tout intérêt à voir cette guerre se poursuivre car ils en profitent. Quant aux casque-bleus de la MONUC, ce n'est plus rare de les entendre dire : « No Nkunda, No Money ». Allez-y comprendre quelque chose.
Tant qu'il n'y aura que des congolais qui seront affectés par cette crise, il n'y aura pas d'indignation. C'est triste que lindignation mondiale se manifeste seulement si les soldats de la MONUC sont touchés, si les gorilles sont tués, et si les occidentaux vivant dans ce coin sont victimes de cette guerre. Là, on entendrait la communauté internationale se lever comme un seul homme pour condamner les auteurs ! Quel ordre mondial ? Si ce qui se passe au Congo aujourd'hui se passait dans un pays européen ou asiatique, Nkundabatware serait déjà en prison. Le monde ne tolérerait pas que plus de 5 millions de gens meurent sans que les auteurs soient punis.
Voici pourquoi le silence du président de la république; son inaction (ou la perception de son inaction) aux problèmes cruciaux auxquels les congolais font face au jour le jour ; son déficit communicationnel; l'absence à court terme d'actions sociales à impact direct sur le vécu quotidien des congolais ; contribuent à miner son leadership.
Conclusion
Somme toute, la République Démocratique du Congo n'a jamais eu un chef d'état et un premier ministre si absents et si inexpressifs depuis l'aube de son histoire. Réussir la réunification du pays, et étendre l'autorité de l'état sur l'ensemble du territoire national, et singulièrement dans le Grand Kivu, est un grand défi que le président Kabila doit gagner. Sa présence actuelle à Goma est un signe encourageant; mais encore faut-il que cette fois-ci, il en finisse une fois pour toute avec Nkundabatware Mihigo et sa clique de CNDP. En défaut de quoi, le président Joseph Kabila fera bientôt partie du passé.
Il ne fait l'ombre d'aucun doute que le président Paul Kagame du Rwanda a voulu créer la diversion concernant les élections législatives bâclées au Rwanda en lançant une attaque contre les FARDC. Aussi longtemps que l'opinion internationale se focalise sur la crise au Congo plutôt que l'absence d'une opposition aux élections législatives au Rwanda, cela fait l'affaire du Rwanda.
Sur proposition d'Azarias Ruberwa, le président Joseph Kabila a fait partir le vaillant général Mbuza Mabe du Sud Kivu sans devoir une seule explication à la population. Alors qu'il était vice-président chargé de la défense du pays, me Ruberwa a confié la gestion de la logistique militaire du Congo à un ancien officier du RCD-Goma, qui est également un ancien officier de l'armée rwandaise comme Nkundabatware. L'armée Congolaise est donc minée et fragilisée de l'intérieur. Voici pourquoi les alliances avec les pays amis sont utiles. Si ces alliances énerveraient le Rwanda, tant pis pour Paul Kagame ! Paul Kagame doit apprendre à vivre en paix avec ses voisins. S'il arrivait que les tutsi perdent le pouvoir au Rwanda un jour, où iraient-ils encore chercher l'exil en Afrique Centrale ? L'abus de confiance du président Kagame révolte plusieurs chefs d'état Africains même s'ils ne le disent pas ouvertement. Dans des pays qui se respectent, Ruberwa serait traduit en justice pour haute trahison. Aujourd'hui, il est devenu donneur de leçon sur la bonne gouvernance avec sa milice du RCD-Goma, en plein Kinshasa. Alors qu'il n'a jamais fait de comptes sur sa propre gestion du territoire que contrôlait son mouvement à l'est du pays. Où est la transparence?
Le président Joseph Kabila doit faire un grand effort pour comprendre que la démocratie a des exigences. Se rétracter derrière un mur de silence face aux problèmes importants que traverse le pays est contraire à l'exigence de la transparence dans un état démocratique. L'heure est grave. Une réorientation de son leadership dans le sens de l'efficacité s'impose.
Congo Vision
contact@congovision.com
18/9/2008
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REACTIONS
Cher Compatriote, Vous avez certainement raison. Nul part au monde, le chef d'état garderait silence face à l'enlèvement de 90 écoliers (des enfants) par des rebelles (étrangers [ougandais], en plus). Pas une seule déclaration du ministre des affaires étrangères, du ministre de la défense…ni même une prise de position de la présidence de la république même par son porte-parole interpose ! Pas de déploiement des troupes dans cette partie du territoire pour sécuriser les civiles. Kabila, quel genre de président est-il ? Les troupes congolaises ont semblé bien se comporter ce weekend à Sake repoussant l'ennemi. Plutôt que de poursuivre l'ennemi jusqu'à Mushake et le déloger de là, elles attendent d'être attaquées encore pour répliquer ! Qui prend ce genre de décisions?
Lita
Bravo à Congo Vision pour cette excellente analyse et félicitation à M. Mpwo pour la pertinence de son constat. Un constat et une inquiétude que tout Congolais normal devrait partager. Du choc des idées jaillira peut-être un jour la lumière qui manque actuellement sur ce forum.
Biselela MULOWAYI
Crise du Kivu : lorsqu'un patriote l'analyse en intellectuel lucide
Il n'y a rien de neuf dans cette analyse. Nous avons vu
Joseph Hypolite à l'oeuvre depuis 7 ans et nous savons
tous que son leadership est nul. Face à l'imminence du
danger, le temps n'est plus à dénoncer le leadership mais
a proposer des solutions. Comment se défaire du piège
dans lequel la communauté internationale nous a plongé?
Une chose est certaine, le dit Kabila est complice de toute
cette situation. Il sait pourquoi il n'agit pas face à Nkunda.
Chaque jour qu'il passe à la tête du pays nous approche
du déluge. Quelles sont les solutions? Voilà le défi à relever.
Evariste
empwo@hotmail.fr
Crise du Kivu : lorsqu'un patriote l'analyse en intellectuel lucide
Une bonne lecture de la situation politique en RDC.
C´est très interessant, merci bien.
Jacques L.Kabengele
j_kabengele@hotmail.com
Jusqu'à quand continuerons-nous à faire le jeu de Kabila?. Cette réflexion suppose que Kabila travaille pour le Congo. Or il n'en a jamais été question.
Joseph Senda Lusamba
Leadership de Joseph Kabila
Très vrai/. Moi je me demande comment Joseph Kabila ne parvient pas à convaincre l'opinion international, qui fait semblant de ne pas savoir alors que tout le monde dans le pays le sait, que Nkundabatware est un agresseur Rwandais et qu'il viole la constitution congolaise sur l'intégrité du territoire. Il n'existe pas un pays au monde qui puisse être agressé et qui se laisse faire.
Kabila n'inspire pas.
Bravo à Katumbi. On est facilement inspiré par un tel homme. Celui qui changera le monde agit comme Katumbi.
Jim
Ontario, Canada
ji_mk@live.com
C'est si bien dit qu'il n'y a pas à y redire! Où a-t-on déjà vu un pays aussi en difficulté qui n'a pas un organe de presse qui donne la position officielle du pays... Beaucoup de fois, c'est le Rwanda, un État instrumentalisé contre la RDCongo, qui donne la perspective régionale à la presse internationale. Ce silence du pays entier n'a-t-il pas élevé en rebellion ce qui n'était qu'une agression? Que dire de l'adage qui veut que qui ne dit mot consent? Mushake a connu la traîtrise de la Monuc, mais aussi celle interne qui a vu certains hauts officiers pointés de doigt. On a parlé d'enquête. Qui en connaît la suite? Lui qui agirait plutôt que discourir, y a-t-il eu bonne compensation des familles des victimes de Mushake; une prise en charge étatique qui en vaille la peine (et, surtout, qui encourage l'homme des rangs)? Le soldat est-il régulièrement payé, bien soigné (en commençant par l'alimentation)...?
Mastaki
mastaki@sympatico.ca
AUTRE TEMPS, AUTRES MOEURS
Chers amis
Hier, il s'est passé quelque chose qui ne semble pas attiré notre particulière attention. Un nouveau prince est né au royaume du Kongo. Le roi et la reine qui voient déjà en lui le digne successeur au trône lui ont attribué un prénom qui est tout un symbole. Tenez, il s'appellera Laurent-Désiré Kabila. Ce nom et prénom ne vous disent rien ? N'est-ce pas ceux du vieux monarque assassiné au mois de janvier 2001 ? Je parie qu'il sera le prochain Raïs du Kongo lorsque son père sera lassé du pouvoir dans 50 ans. VIVE NOTRE PROCHAIN RAIS. QUE DIEU LUI COMBLE DE SA BONTE DIVINE. Hélas, quand il montera au trône, je ne serai plus de ce monde.
Le lieu de naissance de notre prince est tout un symbole aussi. S'agit-il d'une stratégie de communication de la cour ou d'une véritable révolution culturelle ? Autre temps, autres mœurs me dira-t-on. Mais oui car le prince est né à Kinshasa et pas dans n'importe quelle maternité de la place ; celle des cliniques Ngaliema là où son défunt de grand-père avait rendu son âme voilà bientôt 7 ans et 8 mois. Encore un signe prémonitoire qui ne trompe pas. Mais alors que notre reine pouvait donner naissance dans l'une des salles chic chèque de l'hôpital maman Biemba de notre compatriote Mutombo Dikemba, question sans doute de marquer la différence avec les autres congolais, le statut du nouveau-né l'obligeant, notre Raïs et son épouse ont choisi la simplicité en accueillant leur nouveau-né là où toute congolaise peut accoucher. Une façon de montrer que l'épouse du Président est une congolaise comme toutes ses compatriotes. Cette attitude du Raïs mérite des encouragements car elle va dans le bon sens pour deux raisons au moins. Elle permet au Trésor public de faire des économies car il aurait fallu payer les frais de transport pour madame l'épouse du Raïs et ses nombreux accompagnateurs ainsi que ceux relatifs à son séjour dans une clinique bruxelloise. Ensuite, elle met en valeur l'honneur de la maman sage-femme congolaise qui pourra se targuer un jour d'avoir vu naître notre futur Raïs ya inchi. C'est tout "bénéf" pour le pays.
Que faut-il retenir de ce geste de marketing politique ? De un, que les mentalités sont entrain d'évoluer au Congo. La fille du Président, mademoiselle SIFA poursuit d'ailleurs ses études dans une école primaire congolaise. Je parie qu'il en sera peut-être de même de son frère cadet. Mais ce geste du Président me paraît insignifiant pour faire bouger les choses au Congo. De deux, il faudrait que ses ministres et ses conseillers en fassent autant sinon plus. Pourquoi doivent-ils continuer à aller soigner leurs petits bobos en Afrique du sud, en Belgique, à Philadelphie... alors que Kinshasa est doté des hôpitaux et clinques qui pourraient leur prodiguer les soins appropriés ? Pourquoi leurs enfants et leurs mères vivent tous en occident ? Si j'étais le Raïs, j'exigerai que messieurs Léon Lobich Alias Kengo Wa dondo et Vital Kamerhe demandent à leurs épouses et à leurs enfants de regagner le Congo. Le retour au pays des familles de tous les dignitaires et membres de la cour présidentielle permettrait à notre pays d'éviter la saignée financière qui découle des obligations des pères, des mères, des beau-fils qu'ils sont de subvenir aux besoins des membres de leurs parentèles disséminés de par le monde.
René Kibanza MWANIA
Un congolais qui sait voir juste
mwania@club-internet.fr
Tout simplement Rwandais !
Joseph KABILA est tout simplement un Rwandais ! Il est de mèche avec les agresseurs du Congo ! Il est l'un des pions majeurs de la mise à mort du Congo ! Joseph KABILA est tout simplement un Rwandais ; il parle avec KAGAME tous les jours ! Les Congolais sont les derniers à le savoir !!!Comment peut-on encore réfléchir et disserter longtemps devant l'évidence ? Il faut vraimentÊtre bête comme nous les Congolais pour adopter une telle attitude face à la félonie et à la trahison de KABILA et face. Au génocide de nos compatriotes ! Continuez à parler et à réfléchir !...
VUATA Corneille
Preuve irréfutable: Nkunda n'est pas Congolais, Nkunda est Rwandais qui use de la manipulation pour se faire passer comme un Congolais!
Museveni, Kagame, Bizimana Karamuhetu dit "Bizima Karaha", Azarias Ruberwa, Moïse Nyarugabo, Kundabatware Mihigo Laurent... se vantent d'avoir renversé Mobutu et mi Laurent Désiré Kabila au pouvoir! Ce qui est faux! Aujourd'hui, Nkunda qui n'est pas un rebelle Congolais mais un officier Rwandais venu avec l'AFDL dans le cadre de l'accord militaire que Mzee Kabila a conclu avec 3,000 officiers Rwandais et Ougandais pour soutenir ses 47,000 hommes Congolais autochtnones dans sa marche vers la conquête du pouvoir à Kinshasa (c'était une révolution populaire comme un régime prédateur), parvient à manipuler les nostalgiques du MPR Parti-Etat de Mobutu qu'il a pretendument renversé au profit de Laurent Désiré Kabila.
Si tel était le cas, pourquoi maintenant, Kagame, Nkunda (CNDP) en cherchant à s'emparer du chef-lieu du territoire de Masisi où il veut installer son administrateur de territoire, veulent y planter, comme dans d'autres territoires occupés du Nord Kivu, un « emblème » qui flotterait sur le chef-lieu de Masisi, un drapeau avec flambeau à la manière de celui qui a flotté sur la RDC quand il s'appelait Zaïre?!!! Tel est pri qui croyait prendre! Le peuple Congolais n'est pas dupe! Il est révolutionaire. Que les leaders Tutsi se détrompent.
Antoine lokongo
lokongo@yahoo.com
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