TRAVAIL ET DIALOGUE
Page d'accueil
A propos de nous
Correspondance et Retrouvailles
Interviews, Entrevues...
Musique
Forum
Emploi
Notes de lecture
Liens

Après les festivités du Cinquantenaire

Les « 4 » priorités de J. Kabila : de la parole aux actes

Par  Le Potentiel

Fini la fête. Il faut revenir sur terre, faire face à la réalité et se projeter dans l'avenir. Quelle a été l'option levée à travers toute cette cérémonie dans le but de reprendre le second souffle et entamer avec plus de détermination et d'engagement le « deuxième cinquantenaire » ? Le discours du président de la République a répondu en grande partie à cette interrogation. Il a fixé quatre priorités pour donner une nouvelle impulsion à la gouvernance et orienter la Nation congolaise vers un meilleur devenir. Quatre priorités qui sont entre autres des programmes urgents. Mais avec quels hommes ? Quel état d'esprit ? La première impression laissée par le discours du chef de l'Etat, c'est que l'heure des discours avec simple effet d'annonce est révolue. Il faut maintenant passer de la parole aux actes.

Le Cinquantenaire, comme l'a dit le président de la République Joseph Kabila Kabange, « est un moment d'évaluation » : apprécier ce qui a été fait, s'appesantir sur des insuffisances avant de se déterminer sur ce qui doit être réalisé en vue de jeter les bases d'un nouvel élan pour un pays toujours plus beau qu'avant.

Aussi, dans son discours de circonstance, le chef de l'Etat a fait un tour d'horizon de la situation générale du pays. Mais il s'est fixé quatre priorités qui donneront incontestablement une impulsion nouvelle à l'action de l'Etat si la bonne gouvernance est de mise.

Il s'agit des priorités suivantes : Deuxièmes élections générales, mise en place de grandes réformes, réhabilitation des infrastructures et révolution morale.

Deuxièmes élections générales : le chef de l'Etat réaffirme toute sa détermination à consolider le processus de démocratisation en s'en tenant à maintenir le parcours électoral. Il appelle toutes les parties intéressées à tout mettre en oeuvre pour que les élections aient lieu sans faute. C'est-à-dire, aux dates prévues. Un engagement qui ne laisse pas indifférent les partenaires extérieurs, lesquels ne ratent jamais une occasion pour soulever cette question, donnant l'impression d'exercer une pression sur Kinshasa.

Grandes réformes : Le président Kabila a tenu à réaffirmer que son « ambition est que la RDC devienne un havre de paix au cœur de l'Afrique et une force de stabilisation de la région des Grands Lacs. La paix pour le Congo certes, mais aussi pour tous les pays qui nous entourent ». Il s'agit là d'un défi à relever et qui repose sur le succès de la mise en œuvre de grandes réformes à entreprendre. Le président de la République a parlé de la réforme de l' Armée, de la Police, des Services de renseignements, de la Justice. Ces secteurs sont le socle de toutes les institutions républicaines et le fondement même d'un Etat. Le chemin pour réussir l'intégration régionale et faire de la RDC une « puissance économique » passe par là.

Réhabilitation des infrastructures : Joseph Kabila a mis un accent particulier ici sur le vaste programme de 5 Chantiers. Loin d'être un slogan, il est devenu une réalité. Mais le développement ne se limite pas seulement à la modernisation des infrastructures urbaines, mais à la réhabilitation de celles de base.. Voilà pourquoi cette action doit s'étendre dans les provinces qui disposent de plus de 65% de la population active.

Révolution morale : Enfin, la quatrième priorité de Joseph Kabila porte sur le réarmement moral. Lorsque le 6 décembre 2009, le chef de l'Etat a fait l'état de la Nation, il avait fustigé les « 5 » fléaux qui bloquent le développement de la Nation : corruption, concussion, intolérance, indiscipline, gabegie financière.

Dans son dernier discours en date, il ajoute le pillage des richesses, le tribalisme et le viol. C'est dire que le mal est profond et qu' il faut entreprendre une thérapeutique de cheval pour guérir le mal. Il faut réussir alors une véritable « Révolution morale » sans laquelle aucun changement n'est possible.

LES ECURIES D'AUGIAS

Ces priorités ne sont rien d'autre que des défis à relever. D'où la question de savoir si le président de la République dispose de plusieurs tours dans ses manches pour faire face à ces obstacles et non de moindres.

Le processus de démocratisation est un exercice où dans cet élan d'ambition légitime d'exercer le pouvoir, les politiques doivent respecter les règles du jeu et se mettre au service de l'Etat et de la population. Mais souvent, l'obsession des privilèges du pouvoir conduise à des dérapages significatifs. Ce qui se passe au Burundi et au Rwanda devrait permettre à la RDC d'éviter le même scénario.

Les réformes, quant à elles, exigent de la volonté politique pour quelles soient mises en œuvre et tendent vers une réussite. Au moment où l'on se prépare à organiser les deuxièmes élections générales, à faire de la RDC une grande puissance, y a-t-il cette volonté politique de doter la RDC d'une armée nationale, apolitique, professionnelle et dissuasive ? Le moment est venu de répondre à cette interrogation tant il est vrai que le brassage, le mixage ont échoué. En plus de cela, le clientélisme, le régionalisme et la politisation de l'Armée, mais aussi de la Police et des Services de renseignements constituent de véritables gangrènes.

En ce qui concerne la réhabilitation des infrastructures, un état des lieux de ce qui a été fait jusqu' ici permettra de repenser la méthodologie de travail. Puisque le développement est tributaire des infrastructures, l'exécution de ce programme doit quitter les sentiers battus des « slogans » pour plus de concentration sur le terrain dans l'optique d'une bonne exécution du programme.

Au demeurant, la question fondamentale est celle de savoir avec quels hommes le président Kabila va exécuter ces priorités. Il est un fait indéniable qu'il se pose un réel problème des ressources humaines et des valeurs intrinsèques. Que de fois n'a-t-on dénoncé la signature de contrats léonins, d'une justice à plusieurs vitesses, du manque de perception et de vision régionale de la part de certains collaborateurs du chef de l'Etat ? Aucune mesure spectaculaire pour décourager certains émules n'a été prise.

Quant au tribalisme, c'est le plus grand fléau. Les cabinets politiques, particulièrement du Gouvernement, offrent un spectacle nauséabond, car les « villages ont été délocalisés ». Le tribalisme est monté en puissance. Il en est de même du viol qui constitue un « crime de guerre ». Une « culture d'emprunt » et la solution ne réside qu'en extirpant le mal par les racines.

En d'autres termes, le président Joseph Kabila y gagnerait beaucoup en nettoyant les « Ecuries d'Augias ». Car, il est toujours difficile de continuer à faire du « nouveau » avec des « anciens ».

Le Potentiel

© Congo Vision


J. Kabila appelle à tourner « le regard vers le Centenaire »

Par Angelo Mobateli

Le 50ème anniversaire de l'indépendance de la République démocratique du Congo, célébré avec faste à Kinshasa en présence de deux rois et de 13 chefs d'Etat africains auxquels s'est joint le secrétaire général de l'ONU, projette de « cinquante prochaines années meilleures ». Pour y parvenir, le président Joseph Kabila a appelé les Congolais à tourner « le regard vers le centenaire ».

« Tournons le regard vers le Centenaire », a exhorté le président de la République dans son message à la nation, le mercredi 30 juin 2010 sur la Place du cinquantenaire avant le défilé militaire et civil organisé sur le boulevard Triomphal. « Au moment où nous franchissons l'étape du Cinquantenaire et tournons le regard vers le Centenaire, notre devoir c'est de tout mettre en œuvre pour que les cinquante prochaines années soient à tous égards meilleures que les dernières », a déclaré Joseph Kabila Kabange.

En effet, son « ambition est que la Rdc devienne un havre de paix au cœur de l'Afrique et une force de stabilisation de la région des Grands Lacs, la paix pour le Congo certes, mais aussi pour tous les pays qui nous entourent ».

« Une autre ambition est celle de devenir une puissance économique au cœur de l'Afrique, un centre d'impulsion de la croissance régionale, avec comme préoccupation constante, le bien-être du Congolais », a-t-il ajouté.

Il a promis que « les efforts déjà engagés seront poursuivis avec comme objectif d'affermir davantage la paix et consolider la démocratie ainsi que de rendre effective la décentralisation et surtout d'organiser dans le délai les deuxièmes élections générales, de mener à terme la réforme de l'armée, de la police, des services de sécurité et de la justice, d'entretenir la confiance et la cohabitation pacifique aujourd'hui rétablie avec tous les pays voisins, de développer enfin la coopération et l'intégration régionale».

Il fonde son optimisme sur le fait que « « notre environnement physique est en train de se transformer avec les travaux d'une ampleur jamais connue et dont le rythme d'exécution démontre que nous sommes conscients de l'urgence à rattraper le retard accumulé ».

« Nous attendons donc poursuivre et accélérer encore ce rythme de modernisation des infrastructures sur toute l'étendue du territoire nationale », a assuré le chef de l'Etat.

Aux investisseurs nationaux et étrangers, il a demandé qu'ils « se rassurent quant à notre volonté d'entretenir avec le secteur privé, un partenariat meilleur dans le respect des lois de la République ». Toutefois, il a mis en garde contre « toute exploitation illégale de nos richesses (qui) sera rigoureusement combattue ».

UN CINQUANTENAIRE D'« EVALUATION »

Affirmant que « seule l'unité peut procurer le bonheur au peuple congolais », le président Joseph Kabila a estimé que le Cinquantenaire de l'indépendance de la RDC est « un moment particulier d'évaluation en vue d'un nouveau départ » et « pas un anniversaire ordinaire ».

En 50 ans, la RDC a connu des « victoires remarquables », parmi lesquelles la préservation de l'unité nationale et de l'intégrité territoriale, le rétablissement de la paix à l'intérieur du pays et avec les pays voisins, la réconciliation nationale, l'instauration du multipartisme politique et syndical, la libéralisation des médias et de l'économie, la tenue des élections libres transparentes et démocratiques, l'instauration de la démocratie « quoique jeune au pays mais réelle et vivante ».

« Certes, le pays a connu quelques défaites regrettables, notamment en matière de développement, de progrès social et des droits humains. Cependant, comme Nation et comme peuple, nous sommes, quoique à des degrés divers, collectivement responsables de cette relative insuffisance de performance », a relevé le chef de l'Etat.

A l'analyse, il est d'avis qu'« indiscutablement, la conscience nationale se manifeste déjà et que lentement, mais surement, le Congo se redresse, tel un géant qui se réveille après un sommeil profond ».

Et, il en veut pour preuves, la stabilité des institutions, la solidité de l'économie, les perspectives d'un développement durable, la fin de la crise de légitimité à la suite des élections générales de 2006, le recours préférentiel au dialogue et à la justice pour la prévention des règlements des comptes.

Il a également évoqué la stabilité économique, macroéconomique avérée, avec un taux de croissance supérieur à la moyenne, le démarrage effectif de la reconstruction du pays avec l'exécution des chantiers multiples. Mais, tout cela n'est possible que grâce à Dieu Tout-Puissant que Joseph Kabila a remercié pour les « dons précieux » qu'il a donnés à la RDC (ressources naturelles incommensurables, ndlr).

A propos de la « révolution morale » qu'il a décrétée, les représentants des églises ont - peu avant le discours présidentiel – exhorté les Congolais à « taire les rancoeurs et les rancunes », affirmant venu le « temps du changement radical des mentalités ».

Le couple présidentiel, les personnalités étrangères invitées pour la circonstance, les autorités congolaises et des milliers de Kinois ont ensuite assisté durant plus de deux heures au défilé militaire et civil sur le boulevard Triomphal, en face du Palais du peuple (Lire aussi « Joseph Kabila rend hommage aux pères de l'indépendance et à ses prédécesseurs » en p.3).

Le Potentiel

 

 
 
Copyright © 2009 Congo Vision. Tous droits réservés.