Dans une conférence de presse à Bruxelles : Kiakwana kia Kiziki distribue des « cartons jaunes » au Gouvernement et à l'Opposition
( Le Potentiel 05/02/2009)
L'honorable député Kiakwama Kia Kiziki, membre de la CDC (Convention des Démocrates Chrétiens), a présidé une conférence-débat, le dimanche 1er février 2009, en la salle «Espace Matonge» à Bruxelles avec comme thème « FIN DE GUERRE OU DÉBUT DE COLONISATION DE PEUPLEMENT ? ». Plus d'une centaine de personnes ont bravé le froid hivernal pour venir entendre le très bruyant député de l'opposition, reconnu pour son franc-parler. Présence des troupes rwandaise et ougandaise en RDC, la paupérisation de la population, l' attitude de l' Opposition, l' honorable a répondu à toutes les interrogations, n'hésitant point à distribuer les « cartons jaunes » tant au Gouvernement qu' à l' Opposition. Une façon pour lui de souligner la gravité de la situation sociale, politique et économique de la RDC.
Le modérateur du jour, l'analyste Jean-Pierre Mbelu, curé d'une Paroisse à Nivelles, après les présentations et les remerciements d'usage, a ouvert cette conférence-débat animé par le député national Kiakwama Kia Kiziki, membre de l'Opposition et de la Convention des démocrates chrétiens, CDC, par un rappel de la situation dans l'Est du pays et l'entrée des troupes rwandaises au Congo.
Brièvement, il a dévoilé l'accord secret entre Kinshasa et Kigali, ratifié le 05/12/2008, qui a sanctionné l'entrée de ces troupes au Congo. Selon les signataires, l'accord prévoyait uniquement l'arrivée des officiers de renseignements rwandais pour aider l'armée congolaise à récupérer les territoires occupés par le CNDP et repousser les rebelles du FDLR (Front Démocratique de Libération du Rwanda). Mais c'est le contraire qui s'est produit avec l'arrivée massive des troupes de Kigali. Ni le Sénat, ni la Chambre, ni l'Etat major général de l'armée, n'étaient au courant de cet accord. (Ndlr : ce qui viole le deuxième alinéa de l'Article 213, disposant que « Le Gouvernement conclut les accords internationaux non soumis à ratification après délibération en Conseil des ministres. Il en informe l'Assemblée nationale et le Sénat ».
Le rapport de l'Onu en dit long sur la présence des troupes rwandaises au Congo venues non pour repousser le FDLR, mais bien pour piller les richesses du pays. Les Pays-Bas et la Suède ont relayé ce rapport en suspendant leurs aides au Rwanda. Curieusement, fera remarquer M. Mbelu, l'entrée en force des troupes rwandaises est intervenue durant les vacances parlementaires et au moment où les Congolais étaient branchés sur l'installation du nouveau président américain, Barack Obama. Cette occupation, conclura-t-il, risque de durer une éternité de par le fait que les Rwandais n'ont pas le désir de laisser la gouvernance du pays aux Congolais.
Prenant la parole à son tour, M. Kiakwama a qualifié de réducteur tout problème se rapportant à la situation avec le Rwanda. Il y a des problèmes de fond qui sont le talon d'Achille des tourments congolais. Entre autres la liberté des personnes, la gestion du pouvoir et l'incapacité de rendre la population heureuse.
LES TROUPES RWANDAISES AU CONGO : UN CHOC
«Tout le monde est choqué pour cette situation (avec le Rwanda). Il ne suffit pas d'être en colère, il faut trouver les solutions». Une session extraordinaire du Parlement pourra être convoquée pour plancher sur cette situation si 250 députés (sur 500) signent la pétition en circulation. D'un ton sévère et autoritaire, l'honorable Kiakwama a lancé un appel pathétique et patriotique aux Congolais à s'unir pour sauver le pays. « Personne ne sauvera le Congo seul. Engagez- vous. Là où vous êtes, faites en sorte que le Congo soit grand. Gardez la tête froide». En représentant du peuple, il a relayé les revendications des populations qui ne demandent rien d'autre qu'une vie meilleure et que les élus remplissent efficacement leur rôle. Ces revendications ne pourront être satisfaites que si l'environnement se démocratise avec des institutions fortes.
Revenant à la situation brûlante de l'heure, il a rappelé à l'assistance la convoitise de nos richesses par nos voisins. «Le problème du Kivu est très complexe. Beaucoup des Rwandais venus de l'AFDL sont restés dans les structures du pays. Le pays a été piégé par cette guerre dite de libération et les élections. Combien de temps vont-ils rester au Congo ? Et les Congolais voudront-ils qu'ils y restent ?». Ce sont ces deux questions qu'il s'est posé.
Restant égal à lui-même, le député de la CDC a stigmatisé le comportement attentiste de ses compatriotes qui frisent souvent la paresse et la mendicité. «Dieu nous a tout donné, il ne reste plus qu'il vienne gérer à notre place» Il est allé plus loin en reprenant les propos qui circulent dans certaines sphères et salons où les gens se posent la question «Comment on leur a donné un beau pays alors qu'ils sont des crétins ?» Et d'ajouter, «même les aveugles savent que nous sommes truandés».
Pour sortir de cette apathie, il faut créer des lobbies capables de motiver les Congolais à se prendre en charge et à porter son étendard au firmament. Il en appelle à un travail de régénérescence qui s'avère nécessaire et indispensable.
BILAN DE LA SITUATION EN GENERAL
Un bilan amer de la situation du pays a été dépeint. « Le gouvernement Muzito qui n'est que la continuité de l'immobilisme est plus mauvais que celui de Gizenga. Un gouvernement contrôlé et écrasé par un pouvoir parallèle, mafieux. Un gouvernement qui n'arrive pas à gérer un pays miné par la corruption qui se structure à tous les niveaux. Il est inconcevable d'accepter que le gouvernement n'était pas au courant de l'accord ratifiant l'entrée des troupes rwandaises au Congo», a-t-il déclaré. Et d'ajouter : « Les cours et tribunaux ne fonctionnent pas. Le gain d'un procès relève souvent de la chance et de la générosité. Notre capacité de négociation est faible. Les Congolais ne sont pas organisés pour être visibles. Le Parlement est la seule institution qui fonctionne plus ou bien. «Vous devez nous aider», lance-t-il à l'assistance. «Le politicien n'a peur que de l'opinion. Notre Parlement est envié dans l'Afrique noire pour ses solides interventions».
Evoquant les attaques tous azimuts de la population sur le salaire mensuel «trop élevé» (6.000 $) des représentants du peuple, il a expliqué le bien fondé de ses émoluments qui se justifient par le travail effectué et pour éviter d'exposer certains à la corruption. «Si cette rémunération peut servir à atténuer la crainte de la corruption, ce serait une bonne chose», fera-t-il remarquer.
Réduire le salaire des députés ne poserait pas des problèmes majeurs pour son parti, la CDC. Il est d'avis qu'il faut relever les salaires dans tous les secteurs de la République. L'autre problème le plus important qui a été débattu au Parlement est celui du budget. Mal ficelé, il a posé problème. «J'étais par deux fois d'une sévérité extrême sur ce point. On se focalise souvent sur les dépenses et non sur les recettes ou ressources. Et l'argent profite souvent à ceux qui signent les accords léonins».
Ancien dignitaire de la Deuxième République, il a expliqué ses prises de positions actuelles pour l'avenir de son peuple. Sa sagesse l'a poussé à se comparer à une femme divorcée qui se remarie et connaissant les vrais problèmes de mariage. («Je suis comme une femme qui s'est remariée. Je connais les problèmes du mariage»).
L'honorable député a proposé cinq pistes pour les réformes indispensables devant conduire à la bonne gouvernance et les avancées de la démocratie :
1. Réforme de l'armée, de la police et des services de sécurité.
2. Réforme de la justice.
3. Réforme de l'audiovisuel (l'opposition n'a pas accès aux médias) ;
4. Réforme de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) .
5. Réforme de l'autorité du Parlement sur le contrôle.
LES FAIBLESSES DE L'OPPOSITION
Il a reconnu les faiblesses de l'opposition qu'il mène avec opiniâtreté avec ses pairs. Il y a l'opposition par défaut (pour ceux qui n'ont pas trouvé leur compte dans la majorité) et l'opposition par choix qui est la sienne et celle de son parti, la CDC. L'opposition a été fragilisée et l'absence de Jean Pierre Bemba en est une des causes. Sa cohésion a été entamée. Ce qui a également désorganisé le MLC.
Le grand problème qui se pose actuellement est la désignation du chef de file de l'opposition. La désignation du chef de file ne doit pas être nécessairement attribuée au groupe de l'opposition détenant un nombre plus important des députés à l'Assemblée. Mais doit tenir compte des critères démocratiques. Entendez la pluralité des candidats, le débat contradictoire et le programme des candidats.
Le débat qui en est suivi a porté sur les questions diverses que d'aucuns ont voulu avoir des éclaircissements. M. Kiakwama a centré ses interventions sur :
- Les prises de position du Parlement sur la situation des Bundu dia Kongo ;
- La double nationalité. Il est pour la double nationalité qui est reprise dans la charte de la CDC ;
- La crainte de l'opposition par la majorité ;
- La faiblesse du pays qui arrange nos voisins qui nous craignaient du temps de Mobutu ;
- Le changement perceptible de l'opinion ;
- Le rapport de la CDC avec l'UDPS.
- Le vote des Congolais de la diaspora que la CDC défend bec et ongles.
Notons que l'orateur du jour est revenu sur l'interview accordée au Potentiel par l'ancien Premier ministre, M. Lunda Bululu qui s'exprimait en ces termes : «A propos de cette « alliance », il relève que l'accord conclu le 5 décembre 2008 entre Kinshasa et Kigali n'a pas respecté le dernier alinéa de l'article 213 de la Constitution disposant que le gouvernement conclut les accords internationaux non soumis à ratification après délibération en Conseil des ministres. Il en informe l'Assemblée nationale et le Sénat «.
«Ces deux conditions ayant été foulées aux pieds, le fameux accord scellant l'alliance militaire a été irrégulièrement conclu et ne peut engager la RDC. En d'autres termes, les troupes rwandaises sont entrées sans aucun titre juridique dans notre pays et ne peuvent, par voie de conséquence, y mener des activités militaires ».
LP/ Yalale wa Bonkele à Bruxelles
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Nord-Kivu : les rebelles dissidents du groupe de Nkunda demandent l'amnistie
( Congolite 05/02/2009)
La “promulgation d'une loi d'amnistie pour les épisodes d'insurrection et de conflit jusqu'au 16 janvier 2009” a été demandée au gouvernement par les dissidents de la rébellion congolaise du Congrès national de défense du peuple (Cndp) de Laurent Nkunda, dans une note diffusée ce mercredi à Goma, capitale de la province nord-orientale du Nord-Kivu, et rapportée par les agences de presse internationales. Le document est signé par Désiré Kamanzi, président du comité politique du Cndp, désigné par Bosco Ntaganda, numéro deux du Cndp d'ailleurs visé par un mandat de capture émis par la Cour pénale internationale (Cpi).
Les dissidents du Cndp affirment également leur intention de fonder un parti politique pour poursuivre leur lutte “dans le cadre de l'ordre institutionnel et donc dans le respect de la Constitution et des lois de la République démocratique du Congo”; ils souhaitent également la reprise des colloques de paix entre le gouvernement et la formation armée, engagés en décembre à Nairobi, suspendus le 16 janvier et n'ayant plus jamais repris avec le début de l'offensive conjointe des armées congolaise et rwandaise, le 20 janvier, contre le Cndp et les Forces démocratiques de libération du Rwanda (Fdlr). Tout juste le 16 janvier, un groupe de commandants du Cndp réunis autour de Bosco Ntaganda avait annoncé “la fin de la guerre” contre les troupes régulières congolaises, mettant à disposition de l'armée “toutes les forces combattantes du groupe en vue de leur intégration aux forces armées nationales”; la division qui s'est vérifiée au sein du mouvement a été suivie, deux jours plus tard, par l'arrestation de Nkunda au Rwanda. [FB]
[VV]
Misna
« le: Février 04, 2009, 10:37:37 »
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Folles rumeurs à Kinshasa
Vital Kamerhe dans le collimateur des « faucons » du PPRD
Par Le Potentiel
Comparaison n'est pas raison, certes. Toujours est-il que l'Afrique politique nous ramène souvent à des faits similaires. Tenez. Macky Sall, était le président de l'Assemblée nationale du Sénégal. Proche du président Abdoulaye Wade, il a osé entendre Karim Wade, fils d'Abdoulaye Wade sur la tenue du dernier sommet de l'Organisation de la communauté islamiste, OCI, à Dakar. Il a été évincé de la présidence de l'Assemblée nationale sénégalaise, accusé de vouloir « éclabousser » le président Wade. Vital Kamerhe, président de l'Assemblée nationale, est poussé à la démission. Sa dernière déclaration sur Radio Okapi, ignorant l'entrée des troupes rwandaises au Kivu, et la mise en circulation d'une pétition visant la convocation d'une session extraordinaire de l'Assemblée nationale peuvent faire que la foudre lui tombe sur la tête. On lui reproche de chercher à « humilier » le chef de l'Etat. Il est désormais dans le collimateur des « faucons » du PPRD.
Démissionnera ? Ne démissionnera pas ? L'interrogation est sur toutes les lèvres dans les cercles politiques et le milieu diplomatique en poste à Kinshasa. De fait, le président de l'Assemblée nationale défraie la chronique depuis qu'il a « osé défier » le gouvernement et, selon ses détracteurs, « le chef de l'Etat » en affirmant n'avoir « pas été informé » de l'entrée du contingent rwandais au Kivu, le mardi 20 janvier 2009.
Depuis, les choses semblent aller trop vite et les rumeurs s'amplifient chaque jour davantage sur une démission imminente de Vital Kamerhe, président de l'Assemblée nationale. Les « faucons » du PPRD et de l'AMP ne lui pardonnent pas d'avoir fait cette déclaration sur Radio Okapi, ignorant l'entrée des troupes rwandaises en RDC, alors qu'il est connu qu'une telle décision ne pouvait qu'avoir le quitus du président de la République.
D'autre part, au niveau de l'Assemblée nationale, environ 250 députés signataires d'une pétition exigent « la convocation immédiate d'une session extraordinaire du Parlement afin d'examiner les accords conclus par le gouvernement avec l'Ouganda et le Rwanda sur les opérations militaires conjointes pour désarmer les rebelles ougandais et rwandais » installés en province Orientale et au Kivu. Des rumeurs persistantes lui attribuent la paternité de cette initiative.
Ajouter à cela les propos du chef de l'Etat sur l'existence de réseau maffieux au Nord et au Sud-Kivu à décapiter. Le rapprochement est vite fait pour affirmer que Vital Kamerhe est dans le collimateur des « Faucons » du PPRD qui l'accusent de « trahison ». Il est poussé à la démission. A en croire le scénario probable, il devrait présenter sa démission dès l'ouverture de la prochaine session parlementaire.
La « messe du 3 février » à la ferme présidentielle
Le mardi 3 février 2009 à la ferme présidentielle de Kinshasa, une trentaine de personnalités de la famille politique du chef de l'Etat ont pris part à une réunion du bureau politique du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), aux côtés de Joseph Kabila.
Au cœur du débat, a figuré le « comportement de Kamerhe. La réunion, qui a duré près de sept heures, a permis de faire un déballage et de découvrir ce qui se tramait dans le cœur des uns et des autres », a-t-on indiqué, soulignant que « tous les participants étaient contre Kamerhe, sauf trois ou quatre et le chef de l'Etat qui lui a renouvelé sa confiance ».
Pour des observateurs avertis, le sort de Vital Kamerhe serait scellé à partir de cette « messe du 3 février » à la ferme présidentielle. Allusion a été également faite à cette interview accordée à Jeune Afrique, laissant apparaître les « ambitions démesurées » de Kamerhe. (Sic)
Deux « poids lourds », qui siègent à l'Assemblée nationale mais dont l'identité est gardée secrète, mèneraient le jeu. L'un d'eux aspirerait à occuper le perchoir afin, dit-on, de « protéger les intérêts de la majorité, mieux que ne le fait actuellement Kamerhe ». Ses pourfendeurs lui reprochent également ses « amitiés avec des députés de l'opposition », en faisant passer leurs « idées » dans les lois et les résolutions votées en plénière. Quels bénéficies va tirer l'Alliance de la majorité présidentielle (AMP) de la démission de Kamerhe, considéré il y a peu de temps comme le « fidèle des fidèles du président » ?
La maison se lézarde
Effectivement, la maison PPRD ou AMP, c'est selon, se lézarde. Si les « Faucons » tiennent à avoir la tête de Kamerhe en cette période cruciale de l'Histoire nationale, il y a lieu de tirer toutes les conséquences qui en découleront.
S'il faut se reporter au cas du Sénégal, l'agitation qui prévaut actuellement dans ce pays pourrait avoir des répercussions sur le processus politique dans ce pays à l'approche de prochaines élections. Le président Wade qui défait et refait ses relations avec ses proches collaborateurs, avec à l'ombre l'entrée en politique de son fils Karim Wade, pourrait provoquer une période d'instabilité au Sénégal.
Certes, le Sénégal n'est ni la RDC, et vice-versa. Plus encore Vital Kamerhe n'est ni Idrissa Seck ou Macky Sall. Mais ce ne sont pas de raisons valables pour avoir une vision écourtée et étriquée des analyses politiques.
Si demain les « Faucons » parvenaient à avoir la tête de Vital Kamerhe, le PPRD et l'AMP devraient également tirer toutes les conséquences. A deux ans de prochaines élections, un tel bouleversement politique ne serait pas sans risque pour la stabilité des partis politiques, des plates-formes politiques, des institutions et le bon déroulement d'une démocratie naissante. Si problème il y a, il s'impose une réflexion profonde, éviter toute délation ou clientélisme politique qui n'aura aucun apport positif sur les actions politiques du président de la République. A moins que l'on soit tout simplement friand du « chaos politique ».