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La lettre à l'occasion du 8 mars, la journée internationale de la femme

À l'occasion de la journée du 8 mars 2010

Lettre pour  toi ma sœur, ma mère, ma grand-mère, ma cousine et ma nièce.

(Par Marie-Thérèse Béatrice Kumbakisaka)

Bonjour,

Ce n'est pas à tort que vous êtes, moi y compris, la maternité du monde. Partant de cette affirmation que les politiciens en font leur chou gras lorsqu'ils parlent de la responsabilité de notre genre en tant qu'africaine, congolaise de la RDC par surcroit sur ce…je crois qu'ils (les politiciens) devront  regarder leurs électeurs respectifs en face et dire, c'est assez.

Ma sœur, ma mère, ma grand-mère, ma cousine et ma nièce,

Nous ne devrons pas rester ignorantes ou faire semblant de l'être face à cette situation malheureuse de nos mamans congolaises. Bien qu'étant à de milliers de kilomètres de notre cher et beau pays, la RDC, Il n'est pas nécessaire de remuer le couteau dans la plaie. Elle est devenue presque incurable pour n'avoir eu aucun soin mais, prendre conscience de cette victimisation de l'être que nous sommes serait un point de départ qui pourrait susciter bien des curiosités compte tenu de la souffrance de la femme congolaise, de la femme tout court.

Nous sommes disqualifiées d'avance selon certaines langues et fichées dans la catégorie dite sexe faible. Ce catalogage ne pourrait-il pas être suffisant afin que nous puissions être soutenus par ceux qui se définissent comme masculin et chef de famille?

Depuis 1997, la RDC a connu un soubresaut de violences sur le territoire national. Lorsque j'ai posé la question à une journaliste européenne qui se prétend être spécialiste des questions congolaise  lors d'un colloque destiné aux femmes et au développement subsaharien qui a eu lieu au Canada, en référence au chiffre de 6.000.000 de morts en RDC, elle n'a pu donner aucune estimation sur le nombre des femmes et jeunes filles tuées . La question a peut-être dérangé mais notre soi-disant spécialiste n'était pas en mesure de m'éclairer là-dessus. Je ne sais pas grand-chose a-t-elle dit.  Elle a rougi.

 La femme serait-elle entrain de devenir un laissé pour compte? Lorsqu'on Jette un coup d'œil sur le plan professionnel, au niveau de l'équité sur le plan du travail, on ne prend pas la femme au même pied d'égalité que l'homme pourtant, elle, la femme fournit le même nombre d'heures au travail que son collègue masculin par contre, ce dernier est mieux est apprécié.

Ma sœur, ma mère, ma grand-mère, ma cousine et ma nièce,

À travail égal= salaire égal est une devise fonctionnelle dans mon pays d'adoption le Canada. Dans la réalité, que cela soit au Congo ou partout ailleurs dans le monde, Le slogan n'est qu'un paravent politique. Les hommes tiennent mordicus et ils veulent chaque fois être les <<champions>>.

Ma sœur, ma mère, ma grand-mère, ma cousine et ma nièce,

Il n'est pas facile pour moi de finir ce texte sans pour autant penser aux nombreux sévices que vous connaissez au pays de nos ancêtres la République Démocratique du Congo. Je suis de cœur avec vous.

Lorsque j'attends des slogans à partir des grandes villes de la part de ceux qui sont censés nous protéger organisant  des colloques et s'époumoner  par des grands discours sur la femme congolaise ou la femme tout court, je me dis ça y est, tout compte fait, tout est consommé pour nous.

Aujourd'hui,  même le porte-parole, pour ne pas dire le porte-étendard de la liberté dans le monde,  les nations unies par le biais de sa base de la MONUC profitent de notre faiblesse pour nous assener un coup de grâce par des viols et même soudoyer les jeunes filles par des mirobolants 5 dollars et s'adonner aux viols et même à nier leurs rejetons qu'ils font sur la terre de nos aïeux. La justice onusienne choisit toujours ses cibles parmi les non gradés. Quelle honte! Les étoilés (les officiers supérieurs) sont au dessus du lot parce-que le prestige passe  par leurs sagesses. Avions-nous fini par comprendre cela?

Mes chères congénères, ma rencontre avec un politicien congolais qui était aux affaires encore tout récemment m'a surpris lorsque je lui ai demandé pacifiquement et avec respect, s'il tenait vraiment à cœur lorsqu'il disait tout haut devant un parterre des diplomates étrangers que la femme congolaise a sa place dans le développement de la nation. Bien que sa réponse fût en dehors des micros, il a dit sèchement je cite, « que vouliez-vous que je dise devant ces gens notables? Mama zala na place na ngai. Olingaki naloba nini? Vraiment, je  crois que vous comprenez Mama ». Bonne journée (Maman soyez à ma place qu'est-ce que vous vouliez entendre? ….). C'est dire que c'est du leurre, rien de concret mais des commentaires pour amuser la galerie.

Pour cette journée du 8 mars, je pense comme vous à nos semblables, des victimes au Kivu dans la province orientale dans le Katanga bref sur l'étendue de notre beau et riche pays, la RDC.

Loin de la patrie de nos ancêtres, je vis souvent un cauchemar à la vue des photos des corps des femmes en décomposition, des parties démembrées, des corps jetés par-ci par-là. Des femmes nues exhibées comme des trophées. Notre seule réflexion pour ce 8 mars doit-être la colère, la déception et l'espoir. Comme dit-on souvent, l'espoir fait vivre. Nous devons nous accrocher et tenir bon.

Les femmes congolaises âgées comme les jeunes filles sont également victimes des forces militaires obscures étrangères.

Voyons en face cette réalité par un récit que j'ai entendu. Une jeune fille de 12 ans séquestrée par au moins 12 soldats. Elle était devenue une poupée de ces hommes sans cœur, qu'elle pourrait bien appeler affectueusement Papa par respect, Oncle, cousin et même Tonton. Jour et nuit violée à tour de rôle au su et au vu devant un soi-disant major occupé pour autre besogne. Je rédige cette lettre avec les larmes aux yeux et une colère inconsolable. Parce-que, j'ai des enfants, des sœurs, des cousines, des tantines. Dans notre société bantoue, les hommes et les femmes du village sont unis. Par village entendons aussi par pays. Lorsqu'on appelle une compatriote par  Mwana mboka, il n'y a-t-il pas une approche sur le plan humain et social?

Cette souffrance que vivent nos congénères, nous touchent et nous interpellent toutes. Partout où nous nous trouvons, mettons-nous à l'œuvre pour faire entendre nos voix à l'unisson. Merci d'avoir pris connaissance de la lettre. Je vous prie d'acceptez ma sœur, ma mère, ma grand-mère, ma cousine et ma nièce, les sincères salutations de ma part.

Marie-Thérèse Béatrice Kumbakisaka

Présidente du Centre d'Études Manitoba-Canada pour le Développement en Afrique

Adresse cedemaf  : Attention cabinet Présidente cedemaf - cesmad
Courriel : cedemafcesmad@aol.com / manitobacenter@yahoo.ca

© Congo Vision


A message from Congolese women on the 8th March International women's day

Only Congolese will initiate and bring change in the D.R.C

Despite all local challenges and harmful international interference in R.D.Congo for the past 400 centuries, the biggest courage is the one demonstrated to overcome fear of the oppression and to act for change. The courage demonstrated by grassroots Congolese women to resist and overcome the fear of their local and international oppressors will always remain marked in the history of Africa . At this moment, many Congolese women are rising and sacrificing themselves in rewriting history and to liberate themselves completely from the bondage of those who continue to oppress them, in order to give themselves and their children a chance of survival as well as a better future to new generations.

Congolese women are rejecting the victimhood stereotype that is conferred to them by many local and international NGOs. Congolsese women , particularly those who have suffered from atrocious human rights violations (sexual violence), want to have some dignity and be known for their mental strength and ability to survive hardship. Congolese women refuse to be used as a propaganda tools by politicians or NGOs, and feel that the pictures of their nudity and poverty as well as that of their children should not be exposed in such as way in America and Europe to draw sympathy and money that will never even reach the recipients.

Furthermore, Congolese women deplore the fact that today many international NGOs are using the victims of sexual violence as a commercial tool to build the administrative capacity of their organisations while ignoring completely the need of Congolese women as well as undermining the effort of local grassroots women and disempowering them.

Sexual violence is not cultural or traditional in the DRC but has been used a tool if war, humiliation, destabilization and displacement of communities. They want the international community to know that that Sexual violence will only end by the restoration of peace and the application of rule of law in the DRC.

The international, communities, particularly the permanent members of the UN SC are invited to demonstrate a political will to end the conflict in the Great Lakes region of Africa . They are invited to demonstrate their commitment to peace by deligitimising armed violence, ending the militarization and the support of oppressive regimes in the Great Lakes region of Africa . The UK and US governments are particularly invited to stop double standard by following the OECD guidelines and to call for an effective interRwandan and InterUgandan dialogues necessary for Peace, Security, Good Governance, Economic Development and Regional Stability for eastern DRC, hence the Great Lakes Region. It is only by ending war and restoring the rule of law through distributive justice that sexual violence will be effectively addressed in the D.R.Congo.

In peace

Marie-Claire Faray

COMMON CAUSE UK

Platform of Congolese women in the UK
mfaray@hotmail.com


Rapport sur l'état de la parité en RDC

A l'occasion de la Journée internationale de la Femme du 8 mars 2010,

L'Observatoire de la parité dresse le bilan de la mise en ?uvre progressive de la parité homme-femme dans les institutions

Lancé le 8 mars 2008, l' Observatoire de la parité s'est fixé pour objectif d'assurer le suivi des progrès de la parité en RDC au niveau du pouvoir social, du pouvoir économique et, dans un premier temps, du pouvoir politique en surveillant et en stimulant la mise en ?uvre effective de l'article 14 de la Constitution : &#171; La femme a droit à une représentation équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales. L'Etat garantit la mise en oeuvre progressive de la parité homme-femme dans lesdites institutions. &#187;.

Deux ans plus tard, à l'occasion de la Journée internationale de la Femme du 8 mars 2010, l'Observatoire dresse le bilan, à travers un Rapport biennal, de l'état de la mise en oeuvre progressive de la parité homme-femme dans les institutions nationales, provinciales et locales. Triste bilan puisque les progrès dans cette mise en oeuvre sont insignifiants, voire nuls, au sein des institutions des trois pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire.

Le pouvoir exécutif national n'accorde qu'une place très limitée aux femmes. En effet, le pourcentage de femmes dans le premier Gouvernement national issu des élections générales de 2006 était de 10,9%, ce qui est évidemment un score très faible. Le remaniement ministériel de fin février 2010 n'a malheureusement pas amélioré la situation puisque s'il a réduit le nombre de ministres de 54 à 43, il a également fait passer le nombre déjà faible de 6 femmes ministres et vice-ministres à 5.

Les élections législatives n'ont permis qu'à un nombre restreint de femmes d'exercer le pouvoir législatif, puisqu'elles ne représentent que 8,6% des députés et 5,5% des sénateurs.

La présence des femmes dans les exécutifs se situe aussi à un taux très bas. Aucune femme n'est Gouverneur de province. Aucune femme n'est vice-gouverneur de province. Les gouvernements provinciaux généralement composés de dix ministères, comptent :

  Une seule femme dans le gouvernement des 4 provinces du Nord-Kivu, Katanga, Bas-Congo et Bandundu ;

  Deux femmes dans le gouvernement des 5 provinces de Kinshasa, Province orientale, Maniema, Kasaï Occidental et Kasaï Oriental ;

  Trois femmes dans le gouvernement des 2 provinces du Sud-Kivu et Equateur.

Les Assemblées provinciales comptent un pourcentage de femmes allant de 0% (Maniema) à 18,7% (Kinshasa) en passant par d'autres pourcentages très faibles : 2,3% (Nord Kivu) et 2,7% (Equateur).

La présence de femmes désignées dans les fonctions de responsabilité en tant que Maire, Maire adjoint, Commissaire de district, Commissaire de district assistant, Bourgmestre, Bourgmestre adjoint, Administrateur du territoire, Administrateur du territoire adjoint oscille entre 6% (Bas-Congo et Equateur) et 25% (Sud-Kivu).

En ce qui concerne le pouvoir judiciaire, le nombre de femmes dans la magistrature &#171; assise &#187; (les juges) et dans la magistrature &#171; debout &#187; (les procureurs) des juridictions civiles et militaires est ridiculement bas, ce qui est non seulement une atteinte au principe de non-discrimination entre les hommes et les femmes et au principe constitutionnel de la parité mais est aussi un handicap grave pour la lutte contre l'impunité des viols et autres violences faites à la femme.

Les discriminations envers les femmes ne sont pas une fatalité. Pour les combattre, l'Observatoire de la parité a multiplié les Appels pour la parité et autres actions de plaidoyer mobilisant les partisan(es) de l'égalité entre hommes et femmes pour l'insertion dans les lois particulières de dispositions mettant en oeuvre la parité et pour la nomination de femmes dans les institutions nationales provinciales et locales.

Au moment où la Journée Internationale de la Femme 2010 est placée sous le thème &#171; Le Progrès pour tous, Parité Homme Femme dans un Congo Cinquantenaire &#187;, l'Observatoire de la parité , à travers ce rapport, fait le constat amer de l'absence quasi totale de progrès dans la mise en oeuvre progressive de la parité homme-femme dans les institutions nationales, provinciales et locales et donc de la violation du droit, inscrit dans la constitution, à une représentation équitable de la femme dans les dites institutions.

Au moment où est annoncée la Marche Mondiale des Femmes qui aura son point de chute en RDC, à Bukavu en octobre 2010, l'Observatoire de la Parité invite les autorités congolaises, tant exécutives que législatives, à ne plus continuer à se payer de mots mais à passer aux actes en prenant avant cette date des mesures concrètes de mise en oeuvre effective de la parité :

1. Procéder à un remaniement de tous les Gouvernements provinciaux pour porter le nombre de ministres femmes au minimum à 3 ou mieux encore à 5.

2. Instaurer la parité au sein des futures CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) et CNDH (Commission Nationale des Droits de l'Homme) en veillant à ce que tous les organes de ces institutions citoyennes soient composés sur une base strictement paritaire, non seulement l'Assemblée générale, le Bureau exécutif, les Sous-commissions et le Secrétariat technique mais aussi les Bureaux de représentation provinciale et les Bureaux locaux.

3. Déposer au Parlement à l'occasion de la révision de la Loi électorale, annoncée par le Président de la République, un projet de loi introduisant un mode de scrutin favorable à l'accès égal des hommes et des femmes aux mandats électoraux, le système de liste zébrée/bloquée, c'est à dire une liste composée alternativement d'un homme et d'une femme, afin de garantir une représentation équitable des femmes dans les entités territoriales décentralisées élues.

Le Rapport complet sur l'état de la parité peut être téléchargé sur le site www.observatoiredelaparite.org ou à l'adresse http://www.observatoiredelaparite.org/spip/spip.php?action=clic&id_clic=351&code=5901b0aa4
e2dec5218ff24db67cc1dd2&email=contact@congovision.com


CONTACT OBSERVATOIRE DE LA PARITE EN RDC

Espérance Mawanzo, Directrice Adresse : 2, avenue Pangi, Commune Ibanda Bukavu, Sud Kivu, RDC Tél. : +(243) 99 99 41197 +(243) 81 77 69602 Couriel : contact@observatoiredelaparite.org espemwz@yahoo.fr Site web : www.observatoiredelaparite.org


 
 
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