TRAVAIL ET DIALOGUE
Page d'accueil
A propos de nous
Correspondance et Retrouvailles
Interviews, Entrevues...
Musique
Forum
Emploi
Notes de lecture
Liens

Les Jeux Olympiques de Beijing 2008: Quelles sont Leçons à Tirer pour le Développement du Congo RDC?

(Par Lombe Mwembo)

Tout spectateur l'a vu, la Chine a montré un spectacle merveilleux et impressionnant lors de l'inauguration des jeux olympiques de Beijing qui ont débuté le 8 août 2008. Cette manifestation illustre la culture millénaire chinoise. Ce que nous avons vu lors de l'inauguration des jeux olympiques de Beijing est le résultat d'une longue et pénible résistance culturelle, d'une planification méticuleuse, et une collaboration étroite entre chercheurs, hommes de sciences, politiciennes, jeunes et vieux. C'était aussi la coopération entre la Chine et le monde.

Cependant la Chine a connu des moments très difficiles dans le cours de son histoire, peut-être autant que le Congo, si pas plus. Mais ils se sont dépassés. Quels sont les facteurs qui les ont aidés à résister les invasions venant de toutes parts et se relever? En Chine, quoique des centaines de millions vivent encore dans la misère, il ya tout de même un grand progrès que le monde entier a admiré, et non sans raison : c'était une manifestation inaugurale authentique, originale, pas une copie conforme des autres. Parmi les facteurs qui contribuent à la réussite en Chine citons d'abord les éléments culturels, le leadership fort et l'effort des chinois avant de compter sur les autres.

Sur le plan culturel, nous avons entendu la langue dans laquelle les chinois se parlent lors de cette fabuleuse inauguration. Ce n'était ni l'anglais ni le français, mais une des langues de la Chine. Ensuite, aussi important que la langue, nous connaissons les noms que les chinois portent. Il n'y pas d'Albert, pas de Bernard, pas de Marceline, pas de Faustine en Chine. Le nom d'une personne joue les fonctions que cette personne est appelée à remplir dans sa société. Que se passe-t-il au Congo? Plus de la moitié des congolais méprisent leurs noms authentiques et préfèrent des noms étrangers. Certains pensent que porter les noms soi-disant chrétiens est un signe d'être civilisé ou d'être né de nouveau. Dans la bible, dans toute l'histoire de l'humanité, les peuples vaincus et colonisés mentalement ont été souvent forcés de rejeter leurs noms et leurs langues pour prendre les noms imposés et utiliser la langue des conquérants pour mieux se conformer docilement aux exigences et à la mission du nouveau maître. La bible relate le cas de Daniel, Mechac, Chadrac et Abdenego pour ne citer qu'un exemple. Dommage que certaines personnes au Congo et en Afrique n'arrivent pas encore à comprendre la relation qui existe entre leurs noms et la mission qu'ils sont appelées à remplir dans leurs sociétés respectives.

Sur le plan des langues, la Chine a des multitudes des langues comme nous en avons au Congo, mais les chinois ont plus ou moins trouvé une solution qui leur permet de travailler ensemble et d'utiliser quelques unes des leurs langues tout en gardant les langues étrangères comme complément. Chez nous, nous sommes étranglés pas les langues étrangères. Bon nombre de compatriotes pensent à tort que parler bien le français et ou l'anglais est un signe d'être bien éduqué. Souvent le contraire peut être vrai. Tous les détournements des fonds publiques au Congo sont opérés par les soi-disant intellectuels qui parlent francais, bien habillés en costumes avec cravate dernier cri.

La Chine a montré son propre modèle, son génie originale et non une copie certifiée et conforme des autres. Il est vrai que la Chine travaille avec des étrangers dans plusieurs domaines. Cependant, le modèle de leur développement est pensé en Chine, soutenu en Chine, financé en Chine, avec l'aide extérieur dans une certaines mesure. Dirons- nous que notre développement au Congo est ‘auto-pensé, auto-soutenu et autofinancé' ? N'est-ce pas le modèle de notre développement vient de l'extérieur? Beaucoup de nos projets sont conçus à l'avance à Paris, Bruxelles, Londres, Paris, etc. Cela est de notre faute. Nous saluons les efforts de l'extérieur, mais les congolais doivent se mettre debout, il fait jour.

Le développement au Congo se fait sans stratégies, sans impliquer les chercheurs, les planificateurs, les leaders traditionnels congolais. Nous voyons les organisations dites ONG sombrer dans la même chose [duplicité], la compétition inutile et dans un soi-disant développement sectoriel, c'est-a-dire, certaines régions ou secteurs sont plus financés que les autres créant ainsi des injustices et inégalités sociales. Celles-ci créeront à la longue des conflits que l'ont pourrait bien éviter. Tout le monde se précipite pour faire les projets de la lutte contre le SIDA. C'est bien, mais qui va s'occuper de la promotion de notre culture, de la reviviscence de nos langues, de nos forêts, lacs et rivières ?

Ceux qui font le développement au Congo ont le devoir de systématiser et de formaliser les stratégies et les vulgariser. Il faut que les projets de développement deviennent non pas l'affaire d'un tel mais l'affaire des congolais et des congolaises, sinon on fera un pas en avant, puis deux pas en arrière et ainsi de suite. Savez-vous pourquoi les gens détruisent les écoles, les dispensaires et les magasins lorsqu'un conflit ou une guerre éclate ? C'est par ce que ces projets [bâtiments] ont été construits pour eux et non par eux. Les gens ne sont pas aveugles, ils savent que la plus part de ces projets sont faits pour les exploiter ou les opprimer. Ainsi au moindre trouble, ils veulent se faire justice. Dans tout développement il faut que les bénéficiaires arrivent à s'approprier les projets, c'est ce qu'on appelle en anglais ‘ownership.' Un projet qui ne prépare pas les bénéficiaires à continuer avec leurs efforts crée la dépendance.

Pour faire un bon développement [développement endogène], il faut des préalables, entre autre, il faut mettre de l'ordre dans ce que nous entendons nous-mêmes par développement, c'est-à-dire définir notre développement et non exécuter un développement défini ou imposé par les autres. Ensuite il nous faut surtout former nos enfants et nos adultes dans des programmes conçus pour atteindre nos objectifs. Les connaissances que beaucoup de congolais ont reçues il y a dix ans ou plus sont largement dépassées; il faut réapprendre de nouvelles choses. Notre éducation aujourd'hui est tronquée; elle forme des chômeurs ou des jeunes gens qui pensent que l'Europe, le Canada et les USA sont leurs destinations. «Voir Paris et mourir! ». Ce n'est pas de leur faute, car les programmes d'enseignement à tous les niveaux sont centrés sur l'occident. Apraku, penseur Nigérian, a raison de dire que l'éducation en Afrique est un passeport ou un permis de travail pour entrer et travailler en occident.

Si ces mouvements vers l'occident continuent, notre pays sera dépourvu de son capital humain et social. Ainsi le Congo sera vulnérable et une proie facile à dévorer par les conquérants assoiffés de gloire et de gains matériels. C'est la loi de la nature, les gros poissons mangent les petits poissons.

Notre développement a sauté des étapes. Il n'y a pas encore des fondements culturel, linguistique et éducationnel sur lequel le Congo peut compter pour se tenir debout sur ses deux jambes et montrer à la face du monde un spectacle original comme celui que nous avons tous admiré le 8 aout 08 à Beijing. A mon humble avis, c'est cela qui pourrait expliquer notre stagnation. Il nous faut d'abord opérer non pas une reforme timide de notre système éducationnel, mais faire une sérieuse refonte de celui-ci. Tout est possible, ce qui nous manque c'est la volonté politique et populaire. Toutes les ressources sont disponibles pour démarrer. Attendons-nous le coup de tam-tam pour commencer la danse du développement à la congolaise ?

Mzee Mwembo
lombem@msn.com


LES LIAISONS DANGEREUSES D'ADOLPHE ONOSUMBA

Les habitués  du restaurant « Kinshow » du quartier Matonge à Bruxelles ont assisté ce mardi 12 août 2008 à un spectacle peu habituel.

De nombreux clients y étaient installés parmi lesquels, le député congolais Adolphe Onosumba qui y recevait une demi-douzaine de ressortissants rwandais.

Adolphe Onosumba rappelons-le circule avec des béquilles suite à une rixe nocturne à laquelle il aurait pris part à Kinshasa.

Comme dans un film de western un groupe de jeunes africains a fait irruption dans le restaurant et a commencé à invectiver violemment Onosumba qu'ils accuseront d'être à la base de la mort de plus de cinq millions de congolais suite à la guerre que le RCD, son mouvement politique avait livré aux Congolais aux côtés de son allié rwandais. Il semble bien que Onosumba n'ait eu la vie qu'à son handicap momentané qui avait empêché les jeunes agresseurs à achever un adversaire couché.

Un de ses amis rwandais qui l'accompagnait n'a pas eu la même chance. Ce dernier, connu sous le nom de Santa fut roué de coups et aurait mal terminé n'eut été l'intervention de la police belge appelé d'urgence par un certain Bablo, coursier à l'ambassade du Congo à Bruxelles. 

Il faut dire que le choix de Onosumba de venir tenir une réunion à Matonge avec des ressortissants rwandais resemblait sinon à de la provocation du moins à de la témérité .

Faut-il rappeler que monsieur Onosumba a dirigé le RCd au pire moment où la guerre menée par le Rwanda et son mouvement avait fait des millions de victimes civiles dans l'Est du Congo dont des femmes et des enfants.

Les kinois eux non plus n'ont jamais oublié les affres de la guerre leur imposé par les rwandais et le RCD en aout 1998.

La victime rwandaise de l'agression, monsieur Santa connu à Matonge où il tiendrait un bistrot au croisement des la Chaussée de Wavre et de la rue de la paix ,après avoir été roué de coups par les jeunes africains n'a du son salut qu'à l'arrivée des policiers qui avaient été appelés d'urgence pour évacuer adolphe Onumba.

A Matonge qu'il fréqente asidument, ce Monsieur dont personne ne connaît le nom et qui se fait appeler Santa est considéré par les congolais comme un espion au service de Kagame qu'il se vante de pouvoir joindre à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit.

Certains congolais du reste l'appellent "Monsieur Gsm" tant il est toujours accroché à cet instrument dont il dipose d'une bonne quantité.

Des congolais abordés à Matonge affirment que ctte agression aurait été montée par Onosumba lui-même qui cherche par ce stratagème à s'aSsurer les faveurs de Kagame qui est le véritable maître du RCD et ainsi obtenir un poste intéressant au moment où il est de plus en plus question de la participation du RCD au prochain gouvernement.

Quoiqu'il en soit l'ancien président du RCD, ancien gouverneur et général d'armée Onosumba n'en est pas à son premier coup fouré. Dix fois il a été mis en difficulté par les rwandais et dix fois il est revenu, ses maîtres voyant en lui le plus docile des congolais.

NGOMA MALU
mandamanda3@yahoo.fr

Bruxelles


Pasteur Théodore Ngoy déballe "le modus operandi" de Joseph Kabila et son clan

Le site Réveil-FM de Freddy Mulongo a mis à notre disposition, à la fin de la semaine dernière (le 09 août 2008), les réponses du Pasteur Théodore Ngoy à ses habituelles dix questions. Plusieurs lecteurs des réponses du Pasteur Ngoy (sur le site) ont estimé qu'il venait de se livrer à une autopsie sans complaisance du "modus operandi" de l'actuel président du Congo et de son clan.

A travers les échanges, les plus critiques d'entre nous affirment que le Pasteur n'a dit que ce que le commun des Congolais sait du fonctionnement du pouvoir kabiliste.

Partant de ce dernier point de vue, nous voulons comprendre comment des compatriotes sachant par exemple que Joseph Kabila et son clan travaillent à la balkanisation du pays et à son occupation permanente par le Rwanda collaborent à leur œuvre.

Il y a plus. Revenir sur les dix réponses du Pasteur Ngoy peut aider les réseaux du refus de l'ordre kabiliste à affiner leur expertise dans la connaissance du fonctionnement dudit ordre. Incapaciter le système kabiliste exigera une approche avertie de ses acteurs majeurs et un travail assidu pour leur neutralisation.

En effet, quand nous nous auto-accusons en soutenant que "nous Congolais, nous sommes capables de trahir la mère-patrie", nous risquons de tomber dans une auto-flagellation culpabilisante si nous n'arrivons pas à nous avouer que nous ne donnons pas tous la direction à la vie de la société. Les réponses du Pasteur Ngoy ont cet avantage de revenir sur les noms des acteurs majeurs du système kabiliste. Elles nous révèlent qu'ils sont capables de prendre des initiatives sans l'aval de leur chef. Sans innocenter Joseph Kabila, les réponses du Pasteur Ngoy dévoilent le rôle d'une poignée de Congolais dans la descente aux enfers de notre beau et riche pays.

Les réseaux du refus du système kabiliste devront apprendre à lister ces fils perdus de notre peuple pour que si, demain, ils ont le pouvoir, ils se chargent de les juger et de récupérer les biens qu'ils auront acquis au prix du sang de leurs frères et sœurs.

Relisons les réponses du Pasteur Ngoy. Nous nous le faisons parce que nous sommes convaincus qu'il y a des pages de notre histoire immédiate qu'il ne faut pas tourner rapidement. Nous voulons éviter de tomber dans l'amnésie et laisser aux générations futures une relecture de l'histoire officielle telle qu'elle est faite par les dominants. Il y a des pages de notre histoire que nous voulons lire et relire pour mieux les assimiler et être mieux outillés pour l'action.

Elections de 2006 et instrumentalisation des institutions du pays

La relecture des réponses du Pasteur Ngoy aux questions de Freddy Mulongo nous révèle que Joseph Kabila n'a pas renoncé à ses réflexes de seigneur de la guerre. Est-ce parce qu'il est "peu instruit" qu'il n'a pas cru dans le jeu du débat politique avec ses éventuels adversaires ou parce qu'il était porteur d'un autre projet de société que celui des Congolais?

"Dès l'annonce de ma candidature, avoue Pasteur Ngoy, j'ai systématiquement fait l'objet d'une chasse à l'homme. Il fallait à tout prix me faire taire." Et il n'a pas été seul dans ce cas.. Oscar Kashala et Jean-Pierre Bemba ont connu le même sort. La chasse à l'homme fut organisée après une réunion au cours de laquelle "Joseph Kabila a demandé à ses proches s'ils pensaient que je (Pasteur Ngoy) pouvais le battre aux élections. Samba Kaputo, alors conseiller spécial a répondu que j'étais en réalité le candidat qui le battrait certainement à cause de ma capacité de convaincre si l'on me laissait obtenir un soutien financier et international. " (Les citations sont tirées du site Réveil-FM)

A partir de ce moment, l'Agence Nationale des Renseignement (ANR), la police et la garde dite présidentielle rentrent dans le jeu. Elles sont instrumentalisé es pour mettre le Pasteur Ngoy hors d'état d'agir en l'assassinant. Le Parlement aussi. "Un jour, avoue Pasteur Ngoy, mes confrères Nkulu Kilombo (alors conseiller de Kabila, aujourd'hui Ministre d'Etat auprès de lui) et Kossissaka, que je venais de croiser au Grand Hôtel de Kinshasa, m'ont dit en riant (…) que pour faire obstacle à ma candidature, le pouvoir pouvait prendre des lois à travers le Parlement en vue de m'écarter de leur chemin. L'une des mesures fut l'exigence du dépôt de la caution de 50 mille dollars pour valider la candidature. "

Le gouvernement de la transition a aussi participé à cette chasse à l'homme par le biais de son Ministre de l'Intérieur. Théodore Ngoy en témoigne: "Le 09 décembre 2005, le sieur Théophile Mbemba alors Ministre de l'Intérieur a proféré des menaces contre moi par téléphone après avoir tenté en vain de me faire enlever chez moi, le même jour à 22 heures par une dizaine de policiers (…). Je lui ai dit que mon sang retomberait sur sa tête et celle de ses descendants de génération en génération, s'il arrivait que je sois assassiné par son fait."

La Haute Autorité des Médias dirigée par Modeste Mutinga et la Cour Suprême de Justice ont aussi participé à ce torpillage de la campagne électorale. La Haute Autorité des Médias avait, "sans qualité, en violation de la loi, annulé le débat contradictoire. Pour ce dernier motif au moins, la Cour Suprême de Justice aurait dû annuler les résultats des élections présidentielles pour irrégularité." Chose qui ne fut pas faite!

Bref, l'instrumentalisati on des services de l'Etat et des institutions du pays au profit d'un seul individu a fait que la campagne électorale de 2006 n'ait été ni libre, ni démocratique. Prétendre qu'au bout d'une campagne si agressive, les élections ont été libres, transparentes et démocratique, voilà une ineptie que l'Occident lâche a fait avaler à ses populations.

Les résistants congolais et les autres ascètes du provisoire, eux, ont parlé d'une mascarade. Jusqu'à ce jour, plusieurs d'entre eux n'ont pas changé d'avis. D'où le fait que plusieurs d'entre eux ne croient plus en des élections comme voie de sortie de l'imbroglio politique actuel. Les plus radicaux d'entre eux prônent un coup d'Etat et y travaillent au quotidien. Comme les résistants français, ils disent: "Demain les doctrines politiques…Aujourd' hui le but: S OR TIR DE NOTRE ETAT S OR DIDE DE VAINCUS: en sortir le plus tôt possible, que ce soit dans cinq semaines, cinq mois ou cinq ans. D'aucuns diront – à raison- que pour avoir une chance d'atteindre ce but, il faut au moins une "réforme intellectuelle et morale". D'accord, mais cette réforme ne se fera pas par des décrets, des lois, des discours. Elle se fera PAR L'ACTION ET DANS L'ACTION." J. CAVAILLES, Vaincus invaincus , dans XXe siècle, les philosophes face à l'actualité. Philosophie Magazine (Hors-série), Août-Septembre 2008, p.40

Joseph Kabila et son clan

Pendant (et après) la campagne électorale, certains noms des Congolais reviennent à plusieurs reprises dans l'organisation de la stratégie contre les autres candidats (que Joseph Kabila) et contre le Congo.

La chasse à l'homme orchestrée par l'ANR (contre Théodore Ngoy) est dirigée par Pascal BAHIBIRE. "Intelligent, peu bavard, véritable loup sachant se travestir en agneau", tel est son portrait. Maître Nkulu Kilombo, le fidèle d'entre les fidèles de Joseph Kabila, lui, sait travestir le droit pour son chef avec le soutien de ses autres amis dont Maître Kossissaka. John Numbi et le colonel Raüs sont les tortionnaires et les assassins opérant au sein du système. Ils savent utiliser la police et la garde présidentielle pour des sales besognes. Théophile Mbemba et Denis Kalume aussi. She Okitundu, Modeste Mutinga, Moïse Katumbi et Kyungu wa Kumwanza font partie de ce clan.

Ces Congolais sont au service de leur ventre et d'un jeune homme menant des relations floues avec le Rwanda "dont les éléments armés occupent encore le Congo, dispersent et/ou massacrent systématiquement et impunément la population, particulièrement au Kivu tout en transférant tranquillement des populations du Rwanda vers les espaces abandonnés dans le but final de créer un Etat dont Minembwe pourrait être la capitale (…)."

A en croire Théodore Ngoy, Joseph Kabila choisit ses collaborateurs parmi les Congolais les moins instruits et/ou voulant s'enrichir facilement. Il en choisit de moins compétents ou les moins scrupuleux ("bajike bundu"). Les connaissant tels, il n'a que du mépris à leur endroit. Mais esprit faible, il arrive que ces messieurs lui jouent des tours en orientant son action.

Rusé, Joseph Kabila a fabriqué un opposant de son camp: Azarias Ruberwa. "Cet ancien réfugié politique rwandais au Congo (…) a plus de 300 soldats rwandais lourdement armés sous son contrôle." Il travaille avec lui et Nkunda à la partition du pays, sous le regard du Maître du Rwanda, le "Hitler Africain", Paul Kagame. "Tout en le sachant Kabila avait pourtant nommé Nkundabatware (officier déclaré de l'armée patriotique rwandaise) dans l'armée congolaise. Aujourd'hui, grâce à Kabila, ce criminel international est à la tête d'un mouvement politique anachronique (…)."

En dehors de Nkunda et Ruberwa, le clan s'étend au PDG de l'OFIDA, aux Congolais ayant un parent Rwandais ou Burundais disposé à servir la cause du Rwanda comme Vital Kamerhe, Denis Kalume, Kazadi Nyembwe, etc. Pour preuve, Kabila a chargé Kalume de massacrer les congolais du Bas-Congo. "Voilà Kalume avait en 1997 trahi l'armée congolaise en l'affaiblissant le front de Kisangani dont il avait le commandement. Ce même Kalume a osé affirmer que Kahemba serait un territoire angolais alors que in tempore non suspecto la carte administrative du Congo Belge, en 1960, situe clairement Kahemba dans le Kwango, non loin de Kasongo-Lunda. "

Voulant illustrer le cas de l'enrichissement facile, Théodore Ngoy cite Moïse Katumbi et son protecteur Katumba Mwanke. "Pendant que Moïse Katumbi, chargé d'affaires de Kabila, propriétaire ex nihilo de trois gisements de Gécamines qui lui ont permis de créer sa poule aux œufs d'or appelée MCK, après avoir réussi en 6 mois seulement en faisant une opération floue avec Anvil mining, à gagner 60 millions de dollars dont des miettes ont servi à acheter les voix de pauvres katangais, devenu gouverneur par la volonté de Katumba Mwanke, continue à jeter de la poussière aux yeux des Katangais qui l'admirent paradoxalement, alors que l'homme s'enrichit de plus en plus sur notre dos."

Théodore Ngoy parlant de Kabila et de sa cour relance le débat sur leur congolité. "J'aurais aimé, dit-il, que Joseph s'assume comme fils de sa vraie mère (…). En fait, personne ne lui en voudrait pour cela. Tout comme j'aurais aimé que Ruberwa que j'ai connu à l'Université de Lubumbashi s'assume comme étudiant rwandais ressortissant du Rwanda Urundi réfugié au Congo comme Nyarugabo, Kamerhe, Museme Diawe et d'autres. (…) Le problème avec le Chef de l'Etat et celui de ceux dont un parent est rwandais, ougandais, tanzanien ou les deux, ce qu'ils font tout pour se cacher et en même temps, ils servent le Rwanda ou la Tanzanie tout en plaçant le Congo dans une situation politique, diplomatique, militaire ou économique susceptible de provoquer son implosion et sa partition."

Dans ce contexte, Théodore Ngoy estime que "nous n'avons donc qu'une alternative possible: Kabila doit partir; il est l'hypothèque de notre avenir commun en tant que peuple, nation et patrie." Pour lui, "Joseph Kabila ne comprend pas ce que ce qu'être un chef de l'Etat. Il se conduit en apprenti seigneur de guerre; il n'a, du reste, aucune emprise sur les affaires de l'Etat mais joue un jeu dangereux à la fois contre le Congo et même contre l'Occident qui l'a soutenu."

Des questions qui demeurent…

Après tant d'autres Congolais, le Pasteur Ngoy vient nous apporter sa pierre à la réécriture de notre histoire des "vaincus invaincus". Pour nos héritiers, le processus électoral de 2006 aura été la consécration du pouvoir des seigneurs de la guerre par un Occident lâche. Cet Occident nous rappelle sa faiblesse morale des années 30-40.

En effet, défenseur rhétorique de la démocratie, cet Occident a protégé "un petit fou" décidé à éliminer physiquement ses adversaires politiques. Il reproduisait un exploit historique. "En 1933 et en 1941, tous les dirigeants occidentaux ont conclu avec le totalitarisme un marché immoral." (A. SOLJENITSYNE, Discours américains , Paris, Seuil, 1975, p.41) Et pourtant, voici ce que disait leurs journaux et leurs hommes politiques: ""On ne peut pas défendre des pays qui ne respectent pas les règles de la démocratie". Et quel pays, demande Alexandre Soljénitsyne, se trouvant au bord du totalitarisme a jamais pu maintenir les règles du jeu démocratique? Vous, poursuit-il, ne l'avait pu! Mis ensemble, l'Amérique, l'Angleterre, la France, le Canada et l'Australie ne l'ont pas pu! Au premier danger de l'hitlérisme, vous avez tendu la main à Staline. Est-ce que cela s'appelle respecter la démocratie? Non!" ( Ibidem , p.29)

Si hier l'Occident a trahi la démocratie en tendant la main au totalitarisme, aujourd'hui, au cœur de l'Afrique, il collabore avec un "Hitler africain". Pour nos filles et fils, attendre que cet Occident politico-économique constitue une caution morale à l'épanouissent des valeurs démocratiques chez nous devrait dorénavant faire partie des chimères. (Il a suffit que la Chine sabote Carrefour pour que Nicolas Sarkozy, "ce président décomplexé et entré dans l'histoire" pense à répondre présent aux J.O. de Pékin, ville polluée ayant délogé et chassé ses populations pour construire les stades!)

En bon connaisseur de cet Occident, Soljénitsyne notait déjà en 1978 ce qui suit: "(…) Si l'on me demande si je veux proposer à mon pays, à titre de modèle, l'Occident tel qu'il est aujourd'hui, je devrai répondre avec franchise: non, je ne puis recommander votre société comme idéal pour la transformation de la nôtre. Etant donné la richesse de développement spirituel acquise dans la douleur par notre pays en ce siècle, le système occidental, dans son état actuel d'épuisement spirituel, ne présente aucun attrait." (A. SOLJENITSYNE, Le déclin du courage. Discours de Harvard , Paris, Seuil, 1978p.34-35) (La Russie renaissant des cendres de l'URSS n'a rien à envier à cet Occident à la dérive! Elle a peut-être mieux à nous apprendre…)

Réécrire notre histoire exigera de disqualifier la référence au modèle occidental (d'en haut) et de travailler à notre renaissance en puisant dans nos retranchements spirituels et en nous servant d'autres modèles.

Cela étant, à la lecture des réponses du Pasteur Ngoy, il y a des questions qui demeurent…La critique du Pasteur à Joseph Kabila en tant que chef de l'Etat a-t-elle sa raison d'être? Peut-on être à la fois "un apprenti seigneur de la guerre" et un chef de l'Etat?

Théodore Ngoy a-t-il travaillé avec Joseph Kabila? A son avis, non. A la lecture de ses réponses, oui. Pourquoi aurait-il souhaité qu'Etienne Tshisekedi, un vieux politicien, devienne le Premier Ministre d'un "apprenti seigneur de la guerre" qu'il peint comme étant "peu instruit", rusé et sachant jouer au chat et à la souris avec ses adversaires politiques? Théodore Ngoy croit-il être le seul à avoir la vocation pour diriger le Congo de demain? Croit-il en cela parce que Joseph Kabila lui a dit qu'il n'était pas comme "les Congolais"? Sait-il qu'il y a des réseaux de refus congolais du système kabiliste engagés à dresser le profil des dirigeants de demain en excluant tous ceux qui ont travaillé avec Mobutu et les Kabila? (à suivre)

J.-P. Mbelu

 
 
Copyright © 2005 Congo Vision. Tous droits réservés.