TRAVAIL ET DIALOGUE
Page d'accueil
A propos de nous
Correspondance et Retrouvailles
Interviews, Entrevues...
Musique
Forum
Emploi
Notes de lecture
Liens

‘Il n'y aura pas de Pauvres dans le Pays…‘ (Deutéronome 15: 4)

Un ‘Congo-shalom' est Possible (Par Lombe Mwembo)

Comme dans l'ancienne Israël, shalom dans la communauté congolaise est possible. Shalom ici a une signification plus profonde qu'une simple salutation. Shalom ou paix dans ce cas ne veut pas dire l'absence de guerres. Il s'agit ici de shalom compris comme une expression en paroles et en actes par lesquels les congolais s'efforcent de ramener pour tous une vie abondante qui comprend: bonne santé, prospérité, abondance tridimensionnelles, succès, victoire aux combats, etc. Réaliser ce shalom ne dépend que de nous, gouvernants et gouvernés. Chacun doit faire sa part pour faire du Congo RDC un Congo-shalom. Avant de parler de ce que les gouvernants doivent faire, je leur rappelle ce qui ne va pas:

Au Congo RDC, si nous chancelons de misères en misères, si nous titubons de problèmes en problèmes, de crises en crises, nous devons cesser de regarder dans la direction des hommes qui sont imparfaits et qui souvent ne cherchent que leurs propres intérêts. Le temps est venu de regarder en direction de Dieu pour le salut de notre pays. Regarder en direction de Dieu ne veut nullement dire croiser les bras, chanter les cantiques à longueur des journées, ni prier comme des perroquets, ni jeûner tout en désobéissant aux commandements de Dieu. Dieu qui a donné aux hommes les pays comme héritage, n'a-t-il pas aussi donné les instructions pour gérer les pays et créer les communautés–shalom?

Les systèmes congolais actuels se sont éloignés de la direction de Dieu pour suivre les voies humaines. La crise au Congo n'est pas seulement une crise d'hommes, mais c'est d'abord la crise de systèmes qui sont corrompus et qui ne s'adaptent pas à nos réalités. Les gens dans l'empire Kuba, ou l'empire Luba ou l'empire Azande ou dans le royaume Kongo étaient plus heureux que les congelais de ces jours avec toute la technologie d'aujourd'hui. De nos jours, même les dirigeants qui se disent chrétiens ou enfants de Dieu sont séduits par Babylone. Dans le livre de Deutéronome, notre grand Dieu nous donne des instructions fermes et claires qui doivent régler le système religieux, le système social, le système politique et économique.

Dieu exige que la religion [le système religieux] enseigne aux gens à entretenir de bonnes relations ave leur Créateur, à connaitre Dieu d'une manière pratique et expérimentale, et non seulement les inculquer une connaissance intellectuelle qui consiste à réciter les versets bibliques, ou par les rites et des présences aux églises et temples ou par des menaces presque voilées à acheter leur salut par les dîmes et offrandes, ou par des prières hypocrites qui ne sont pas authentiques. Selon le livre de Jacques la vraie religion consiste à garder sa langue pure et à s'occuper des orphelins, des veuves et des pauvres. Jacques nous avertit et déclare : « Mais si quelqu'un croit être religieux, alors qu'il ne sait pas tenir sa langue en bride, il s'illusionne lui-même: sa religion ne vaut rien.   La religion authentique et pure aux yeux de Dieu, le Père, consiste à aider les orphelins et les veuves dans leurs détresses et à ne pas se laisser corrompre par ce monde » (La Bible du Semeur, Jacques 1: 26-27). Comme on le voit, la religion n'à rien avoir avec des catholiques, protestants, musulmans, bouddhistes, religions traditionnelles africaines, mais une relation avec le Père, Créateur de l'univers. C'est simple, mais les choses simples sont les plus difficiles.

Dans le système politique , Dieu exige que les gouvernants exercent la justice, punissent le mal, et instaurent l'ordre. Selon les commandements de Dieu repris dans le livre de Deutéronome, le premier rôle du gouvernement n'est pas de construire des routes ni des ponts, des hôtels ni de payer de gros salaires à ses ministres et ses députés, mais d'établir la justice, de s'occuper du bien-être de ses citoyens et faire en sorte qu'il n'y ait pas de pauvres dans le pays [la communauté congolaise ] (Deutéronome 15 :4). Construire des routes, des hôpitaux, ce n'est pas mauvais, mais il faut d'abord nourrir, vêtir, protéger l'homme congolais ou la femme congolaise pour qui on construit ces choses. L'histoire de la colonisation au Congo nous renseigne que les routes, les chemins de fer étaient construits pour emporter les minerais du Congo vers l'Europe et laisser les congolais démunis. Le succès d'un gouvernement se mesure par la qualité de vie de ses citoyens. La qualité de la vie ne signifie pas l'index élevé de la Banque Mondiale ou de l'ONU. A mon avis, la qualité de la vie pour un congolais, c'est la prospérité dans tous les aspects de sa vie.

Sur le plan du système économique , notre Dieu insiste que les gouvernants pratiquent la justice distributive par un partage équitable des ressources nationales. Notre Dieu exige aussi que les gouvernants exercent une justice compensatoire pour diminuer l'écart ou la tension salariale entre le plus haut-placé et l'huissier le moins payé. Pour le moment un haut-placé congolais touche 400 fois plus que son subalterne, le moins payé soit $8.000 contre $20 par mois. Parfois ce dernier n'est même pas payé. Dieu est peiné à cause de ces genres des pratiques. Récemment, aux USA, selon le professeur Robert Linthicum, l'écart entre le C.E.O (Chief Executif Officer) et son subalterne est de 419 fois. Ce n'est pas un exemple à suivre. Dieu dit que le rôle de ceux qui sont au pouvoir n'est pas d'accumuler des richesses pour eux-mêmes, mais pour s'occuper des indigents, des pauvres, des nécessiteux, des démunis. Notre grand Dieu dit : « Il ne manquera pas de pauvres au milieu du pays. C'est pourquoi je te donne ce commandement : ‘Tu devras ouvrir ta main à ton frère, au malheureux et au pauvre dans ton pays' » (Deutéronome 15 : 1).

En regardant les images des records mondiaux de Guinness en pièce jointe que notre ami a bien voulu nous faire parvenir, je mes suis dit que c'est vraiment admirable ce que l'homme peut faire. Ces images forcent l'admiration et me poussent à me poser cette question: Pourquoi l'homme qui peut plus, est-il incapable de faire moins ? L'homme qui est capable de dépenser tant d'efforts, d'argent et d'expertise pour fabriquer un pont ayant seize voies en Australie, fabriquer un pont qui mesure 32 km de longueur en Chine, fabriquer un objet volant qui transporte 555 personnes en occident, construire cent maisons au Congo, pourquoi laisse-t-il son frère et sa sœur mourir de faim ? Pourquoi l'homme qui peut aller loin dans la lune à des milliers de centaines de kilomètres de la terre, pourquoi cet homme est-il incapable de faire un pas vers son voisin pour lui dire bonjour et le secourir en cas de besoin ?

Pourquoi ce génie, cet homme-là ne peut-il pas trouver les voies et les moyens de nourrir un congolais pauvre autour de lui? Certes, le monde a besoin des œuvres gigantesques. Est-ce que le plus gros bateau du monde ou l'aéroport le plus large du monde, ou cent maisons pour un seul individu, ces progrès peuvent-ils transformer le monde en une oasis-shalom ou une meilleure place pour chacun de nous? Malheureusement juste à côté de ces records, juste à 100 mètres des villas croupissent des affamés, des sans logis, des foyers brisés, des misérables, etc. Il est malheureux que le Congo d'aujourd'hui n'exalte que des records matériels. Le Congo actuel ne parle jamais de former les gens honnêtes, braves, courageux, intègres, dévoués, amis de la vérité, sensibles aux misères des autres. Nous apprenons que les gouvernants se donnent comme première mission d'acheter des voitures de luxe, construire des maisons coûteuses, se payer de gros salaires pendant que le peuple les regarde d'un œil qui dit : voici je meurs de faim.

Les leaders des églises ne sont pas différents des gouvernants politiques ni par leur méthodes de gérer les églises ni par leur organisation, ni par leurs désirs de s'enrichir. Ce qui fait dire aux nombreux congolais que les églises deviennent des entreprises. Les dirigeants dans le gouvernement et les leaders des églises ne voient que l'argent et les gains matériels. Ils oublient les injonctions de notre Dieu sur la construction d'un ‘Congo communauté shalom ‘ où règnent la justice, la compassion et la paix pour tous. Un ‘Congo-shalom' est possible si les dirigeants obéissent aux lois de Dieu plutôt qu'aux lois individualistes. Les gouvernés aussi ont des devoirs. L'un des devoirs est de dénoncer le mal dans l'amour et la fraternité. Dénoncer le mal ne veut pas dire, ôte-toi que mon frère de tribu s'y mette.

En tant qu'enfants de Dieu, les gouvernés doivent réfléchir beaucoup sur la situation calamiteuse dans notre pays. Ceux qui sont au pouvoir ne changeront pas les système s. Cela ne les intéresse pas. Cela est vrai partout au monde. Ce sont les gouvernés qui peuvent changer les systèmes pourvu qu'ils arrivent à découvrir que le pouvoir de changer est dans leurs propres mains. Les églises en Amérique Latine ont grandement contribué à aider les gens à se libérer avec les connaissances de la Théologie de Libération. Au Congo, ceux qui utilisent les armes croient dans leur ignorance qu'ils peuvent libérer les gens. ‘Un aveugle peut-il conduire un autre aveugle, ne tomberont-ils pas tous dans la fosse? ' (Luc 6 :39). Personne ne peut libérer une autre personne. On se libère soi-même en utilisant des outils de libération qui sont entre autre la parole de Dieu et l'éducation appropriée. Les armes ne peuvent jamais libérer un pays ou une personne. Les armes avilissent l'homme et le rendent peureux, angoissé, assoiffé de sang humain.

Dieu ne change pas. Il a sévèrement puni Israël. Israël de nos jours n'à rien avoir avec Israël dont je parle. Dieu punira toute nation, toute personne qui ne lui obéit pas. Les gouvernés et tous ceux qui se disent chrétiens ou enfants de Dieu au Congo doivent rappeler nos dirigeants de se conformer à la parole de Dieu. Un chrétien est comme un prophète ; il est la bouche de Dieu. Il n'est pas l'avocat de Dieu pour condamner les gens; il doit dire aux dirigeants avec un ton ferme: «Ainsi dit le Seigneur : ‘Rendez justice, protégez les faibles...'»  Se taire, ne pas dénoncer le mal ou se plaindre lâchement sous son lit est une complicité. Martin Luther King Junior rappelait les américains que le fait de ne pas dénoncer un régime injuste, c'est être complice de ses injustices et ses malices. Le but de dénoncer le mal n'est point de chasser les gens du pouvoir, mais de les encourager à faire du Congo RDC un Congo-shalom où chaque fille et fils mange à sa faim, s'habille suffisamment, occupe un logement décent, et prospère matériellement, socialement et spirituellement. La troisième épitre de Jean déclare: "Bien-aimé, je souhaite que tu prospères à tous égards et que tu sois en bonne santé, comme prospère ton âme" (III Jean 1:2). Un Congo-shalom est possible au Congo RDC si les systèmes religieux, économique et politique cessent la manipulation, l'exploitation et la corruption. Toi, fais ta part et cesse de critiquer sans offrir des solutions concrètes et réalistes. Chacun aura à rendre compte de ce qu'il a fait de ses dons et promotions. «Celui à qui beaucoup a été donné, beaucoup lui sera exigé », dit notre Seigneur.

Mzee Mwembo

© Congo Vision



 
 
Copyright © 2008 Congo Vision. Tous droits réservés.