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Une révolution morale de la mentalité congolaise. Est-elle encore possible ?

(par Franklin Mboma )

La cérémonie du «jubilé d´or» de l´accession de notre pays à l´indépendance a bénéficié d´une attention exceptionnelle au niveau national et aussi international.

C´est le 30 Juin 1960 que le Congo démocratique accédait à son indépendance. Du 30 Juin 1960 au 30 Juin 2010, c´est déjà 50 ans. 50 ans, c´est cinq décennies. C´est depuis cinq décennies que les citoyens congolais ont pris leur destin et leur avenir en mains. C´est depuis 50 ans le Congo démocratique est géré par ses propres filles et fils. Une question que nous devons nous poser, c´est celle du bilan. Qu´avons-nous fait de notre pays durant ces 50 ans? Quelle considération économique et politique avons-nous cependant sur l´échiquier internationale? Quel bilan présentons-nous à ceux qui s´intéressent à notre actualité historique nationale maintenant?

Sans vouloir susciter des polémiques, reconnaissons qu´il n´est pas aisé de répondre à toutes ces interrogations. Une chose est certaine: les 50 ans viennent d´être célébrés il y a quelques heures. La cérémonie officielle a eu lieu devant les filles et fils du Congo, aussi en présence de certains invités venus d´ailleurs avec qui nous avons des rapports historiques proches et privilégiés. Pour déduire que les rapports dans l´ensemble avec certains Etats et organismes internationaux sont conformes selon les normes et us diplomatiques. L´allocution de circonstance que tout le monde attendait du Chef de l´Etat, a été suivie de l´intérieur comme de l´extérieur de notre chère patrie. Dès cet instant, les congolais instruits se penchent aux perspectives d´avenir. Mais quelles sont les résolutions et perspectives d´avenir par rapport à ce jubilé? Voilà ce qui nous préoccupe avec cette analyse.

Devoir de mémoire-Evaluation-perspectives d´avenir: voilà le contenu de ce qui a été évoqué

Notre Chef d´Etat, le président Joseph Kabila s´est acquitté de son obligation constitutionnelle et juridique. Il s´est adressé à toute la Nation congolaise. Il est parvenu à thématiser l´ensemble des problèmes et questions politico-sociaux dans lesquels nous sommes confrontés depuis ces 50 ans. Bref, cette allocution est une lecture rétrospective de tout ce qui a été fait chez nous en 50 ans. Comment cela a été fait. Qu´est ce qui n´a pas été bien fait. Et pourquoi certaines choses n´ont pas été bien faites? Le chef d'Etat a répondu à cette question en reconnaissant et regrettant "les ratés" au cours de ce demi-siècle.

Ainsi quant au bilan, ce n´est plus un mystère, il est mitigé. C´est la pomme des discordes entre les uns et les autres. Evitons toutefois, de susciter d´autres polémiques stériles. Chaque congolais doit se questionner en ce sens: à qui incombe la responsabilité? S´agit-il d´une responsabilité seulement individuelle et personnelle ? Où est-elle également collective et mentale? Donc une responsabilité structurelle commune! Aux uns et aux autres, il nous faut un sens élevé du patriotisme, de responsabilité, de lucidité, du réalisme et aussi de sérénité, car il s´agit d´une question cruciale pour notre avenir national. Aux uns et aux autres, il faut éviter deux excès: le 1 èr , celui de profiter de cet événement historique pour présenter une autre République Démocratique du Congo en public. Un autre Congo démocratique vraiment autre que celui du quotidien. Evitons une présentation politicienne, et en contradiction totale avec les réalités sociales quotidiennes de notre peuple de la classe moyenne. La politique des apparences, celle des impressions n´a pas parfois de rapport avec la réalité du terrain. Le second, c´est celui de vouloir présenter à la face du monde entier que depuis 1960, rien de bon ne s´est fait chez nous. C´est cet excès de solder notre pays de manière irresponsable. Evitons de faire des critiques seulement destructives en étouffant les quelques efforts de la reconstruction déjà visibles. Renonçons à ce radicalisme et à cette intransigeance politicienne aveugle. De telles attitudes sont nuisibles pour l´avenir d´un Etat. Elles ne veulent rien encourager. Parfois, elles n´ont pour finalité que la logique de «ôtes-toi de là pour que je m´y mette». Evitons d´être seulement nihilistes, de simples pessimistes, de vrais négativistes par delà tout.

Même si nous sommes en retard, l´on doit reconnaître que quelque chose s´est fait. Peut-être pas de très grandes choses ou des prouesses, mais quelque chose. Comme l´on dit mieux vaut «quelque chose que plutôt rien».

Analyse de notre parcours en 50 ans. Du 30 Juin 1960 au 30 Juin 2010

Tous les congolais, au sein des institutions dirigeantes au pouvoir du côté de la majorité tout comme au sein de l´opposition institutionnelle parlementaire et extra-parlementaire, l´on doit se demander une chose: «qui est responsable de notre retard?» Conscients de nos imperfections et déficits durant les 50 ans qui viennent de s´écouler de part et d´autre, que faut-il faire dès cet instant?

Une révolution morale de la mentalité congolaise. Est-elle encore possible?

Cet impératif de la «révolution morale» a été évoqué par le Chef de l´Etat. Il est à notre humble avis une des conditions sine qua non pour notre avenir. Le Président Joseph Kabila est encore revenu sur ce thème pour une nième fois. S´agit-il cette fois-ci d´une simple invitation et interpellation à caractère protocolaire ou c´est simplement un souhait et vœux? Cette question mérite d´être posée à base de ce que nous savons de notre peuple, de nos mentalités…Cet appel de la part de notre Chef d´Etat est le support de cette analyse.

Préconiser une révolution morale, c´est reconnaître l´existence d´une liste d´antivaleurs, qui ne font qu´anéantir tous les efforts des reconstructions. C´est vrai. A moins qu´on ne vive dans une autre planète. Ceux qui s´intéressent à l´actualité historique et nationale de notre pays, en savent trop. Pour les uns et les autres, ces antivaleurs sont devenues presque le modus vivendi. Ces antivaleurs caractérisent notre agir intégral, nous peuples congolais dans l´ensemble.

Une révolution morale encore maintenant! Oui. Mais, pour quelle catégorie des citoyens congolais? Ceux de la couche moyenne ou également ceux au sein des institutions dirigeantes en place?

De tels appels et slogans, on en a beaucoup. C´est le cas de l´opération «changement de mentalité», «tolérance zéro», «ville propre». Aussi devra t- on se rappeler d´une phrase prononcée par le Chef d´Etat lors de son discours d´investiture en Décembre 06. Il avait annoncé que les portes des prisons seraient désormais ouvertes pour les récalcitrants et hors-lois. Quels sont les résultats déjà atteints? Qui est responsable de ce laxisme? C´est nous peuples congolais!

L´existence de ces antivaleurs est pour les uns une normalité. C´est même conçu comme des unités de production avec des entrées journalières faciles, sans taxes, des entrées financières perçues en espèce en mains propres. Sans cela, ca ne peut pas aller pour ceux pour qui cette pratique est une normalité quotidienne. Ils n´ont pas honte pour leurs pratiques. Bien au contraire, celui qui semble ne pas maitriser le circuit, est considéré comme un hors-loi, un homme à part. Pour les autres, elle est une anomalie. C´est une maladie et un mal dont souffre notre pays depuis des décennies. C´est la source même de la misère du peuple congolais depuis de décennies.

L´existence de ces antivaleurs est l´un des plus grands maux dont souffre notre pays. C´est le plus grand mal de notre pays. L´existence de ces antivaleurs doit-être débattue maintenant en public. Ce n´est plus un tabou. Notre Président de la République est revenu plusieurs fois sur cet aspect. Une de ses sorties médiatiques avec son interview accordée au New York Time en dit déjà trop. Il disait qu´il n´a que besoin de 8 à 15 personnes à ses côtés pour changer véritablement notre pays. Combien des collaborateurs directs a t-il? Pas moins de quinze en tout cas, disait t-il. Mais, seulement il ne savait pas s´il les avait déjà autour de lui. Cette révélation est en soi significative et traduit tout.

Revenir sur cet aspect en cet instant décisif est encore symbolique. Encore faut-il qu´il y ait volonté politique de faire changer les choses de part et d´autre. C´est significatif, car le 1è citoyen congolais se donne pour une nième fois du courage de le reconnaître qu´il y a des maux qui rongent notre société congolaise. Donc, même son entourage direct n´est pas épargné. C´est symbolique, car il préfère en parler. Il le thématise et en fait un programme de lutte en guise d´une sortie pour un avenir meilleur.

Par ailleurs, parler d´une révolution morale dans ce contexte ne semble pas si simple. Il faut des efforts en amont et en aval. Il faut une volonté populaire commune. Il faut une volonté politique manifeste. Il faut une vision des choses et un esprit de leadership efficace. Cette révolution morale est un impératif contextuel qui doit-être intériorisé. Il faut la diffuser. Par rapport au contexte historique dans lequel ils ont été prononcés, cet impératif moral a une autre résonance contextuelle. Les deux concepts doivent servir de leitmotiv au niveau de l´agir intégral de l´homme congolais.

Cependant d´où partira cette révolution morale? A partir de quelle couche sociale? Avec quel parcours? En amont ou en aval? Aussi de l´intérieur ou seulement de l´extérieur des institutions dirigeantes? Avec quelle méthode sera-t-elle mise en marche? Avec quel esprit? Quelles sont les mesures d´accompagnement prises pour sa réussite totale? Voilà autant des questions qui nécessitent des analyses.

Si cette révolution morale concerne toute la population congolaise, c´est pour déduire que même l´entourage des collaborateurs du Chef de l´Etat y est concerné. Et d´ailleurs, pour avoir dit qu´il est à la recherche de 8 à 15 oiseaux rares, le message a été facile à capter. Chaque révolution est bonne si jamais les objectifs à atteindre sont déjà précis. Elle est utile si les intérêts de la nation sont au centre. Chaque révolution implique une remise en question d´une certaine manière de faire. Pour conclure, qu´aucune révolution n´est possible sans la volonté générale du peuple. Donc, chaque révolution doit-être bien comprise par le peuple. Il en est de même de toutes les grandes révolutions de ce monde. La révolution américaine ne pouvait jamais être matérialisée si les citoyens américains eux-mêmes ne savaient pas ce qu´ils voulaient atteindre. Il en est de même de la révolution française. Pas seulement ces deux révolutions évoquées, mais toute révolution implique la participation et la volonté générale du peuple. Au préalable, il doit y avoir une détermination commune, sans exception, pour faire changer les choses. Un fait est vrai. Pour chaque révolution, on a besoin d´un leadership efficace. Chaque révolution doit-être conçue par un groupe des visionnaires. Il faut être capable de mobiliser les gens. Il faut être en mesure de susciter cet engouement national autour de soi.

Cependant, s´il s´agit d´une révolution morale, c´est différent d´une révolution militaire. Parler d´une révolution morale, c´est mettre chacun devant ses responsabilités. Cet appel lancé par le Chef d´Etat devant ses collègues et autres diplomates présents à la cérémonie du cinquantenaire est déjà parlant. Une chose est de montrer le chemin à suivre. Une deuxième de convaincre que le chemin à suivre conduit au bonheur. Une troisième, c´est de prêcher par l´exemple. Sans vouloir susciter des polémiques stériles, nous pensons pour une nième fois placer tout citoyen congolais devant ses responsabilités. Chaque compatriote congolais doit apprendre à se remettre en question. L´exercice de se remettre ne signifie pas qu´on critique sans fondement ce qui est déjà constructif. Cet exercice de se remettre en question est l´équivalent de la catharsis dont parlait déjà le penseur Socrate à son ère de vie. Se remettre librement en question, c´est être en mesure de revenir sur soi-même pour s´autocritiquer. S´autocritiquer, c´est le propre des hommes qui visent le Bien. C´est signe de sagesse. Cela renvoie à la maturité humaine. C´est la recherche de l´équilibre vis-à-vis de ce qu´on fait. Un homme qui ne sait pas se remettre en question, ne saurait jamais se développer.

Chaque remise en question est un impératif moral noble. Le philosophe allemand Emmanuel Kant a développé des enseignements solides sur la révolution morale. Il nous faut pour cela certains préalables. Il faut avoir le sens de son histoire. Il faut être en mesure de se souvenir de certaines choses, lesquelles étaient peut-être mal orientées.

Se remettre en question, c´est aussi l´exercice de Métanoia. C´est la conversion personnelle. Une conversion est une remise en question. C´est une conversion interne. La métanoia, c´est le consentement de devenir autre par rapport à d´autres fins plus utiles. Et cela n´est possible que moyennant des remises en questions au niveau personnel.

Par ailleurs, ne peut en être capable que celui qui sait ce qu´il s´assigne comme objectifs. Ne peut en être capable que celui qui est conscient de ses actes; celui qui a la capacité de faire des réminiscences sur son passé vécu à partir d´un présent qui deviendra un futur. C´est ici que chaque congolais doit revenir sur soi-même, afin de se resituer moralement et historiquement.

Une révolution morale n´est pas autre chose que cette invitation de changer des mentalités. Cet appel est fait à tous les congolais, sans exception puissions-nous admettre. Evitons dès lors de nous engager à des discussions stériles. Evitons de développer des discours des sophistes. Parfois, nos débats nationaux sont stériles. Souvent en dehors du pouvoir, on pense mieux faire. On pense être à mesure de tout redresser. On promet le ciel et la terre. Une fois au pouvoir, le discours change de pôle. Une fois au pouvoir après avoir beaucoup critiqué, on trouve des prétextes. On devient sophiste et on s´y accroche. C´est notre nature congolaise: beaucoup parler pour ne rien dire. Nous sommes des spécialistes en argumentation phraséologique. Il suffit qu´on arrive à ce poste tant convoité pour lequel on faisait des bruits, notre discours change d´orientation.

Sans vouloir cibler qui que ce soit, il faut dès lors recentrer tous nos débats nationaux. Ils doivent avoir un seul but: «les intérêts nationaux, le bien-être des citoyens congolais» . Tous, sans exception, de la majorité au pouvoir ou de l´opposition parlementaire, de la société civile ou de n´importe quelle autre structure sociale, apprenons à recadrer nos débats nationaux. Privilégions toutes ces questions d´intérêt suprême de la nation.

Cinq décennies durant, le peuple congolais d´une certaine catégorie a été la cible des promesses démagogiques. Les beaux discours, les belles paroles, on les a écoutés. De promesses de tout genre, nous les avons eues. Maintenant que nous devons opérer cette révolution mentale, tout doit en principe changer.

Au fait, aux uns et aux autres, à ceux de la majorité au pouvoir tout comme de l´opposition institutionnelle parlementaire ou encore extraparlementaire, il faut chercher une seule chose. C´est de repenser ensemble l´avenir de notre destin commun dès cet instant . En 1960, nos pères et héros martyrs de l´indépendance se sont battus pour que nous devenions libres. Des chansons «indépendance cha-cha» ou bien «table-ronde-indépendance» avaient été composées pour cette circonstance. Nous nous sommes réjouis de cette libération. Nous aspirions à notre liberté depuis des décennies durant tout le temps de la colonisation. Nous sommes effectivement devenus libres à partir du 30 Juin 1960. Et 50 ans après, comment est cette liberté d´expression pour laquelle nos héros martyrs de l´indépendance se battaient? Est-elle vraiment garantie de nos jours?

Ainsi, par rapport au bilan à dresser sur les 50 ans déjà écoulés et par rapport à l´avenir, il faut plus responsabiliser l´homme congolais. Cessons de faire cette politique des boucs émissaires durant des décennies. Vers les années 1970, donc dix ans après notre accession à l´indépendance, c´était encore admissible de justifier notre retard à cause de la colonisation. Vers les années 1960, notre pays avait même le standing de vie comme le Canada, plus que l´Afrique du Sud, la Corée du Sud et la Chine. Certains africains venaient se faire soigner chez nous. 50 ans après, nous sommes à l´avant dernière place sur la liste des pays noirs. Aujourd´hui, le Canada est parmi les pays du G 8. A peine quelques jours, le Canada recevait des délégations des Chefs d´Etat pour le G 20. La Chine est de nos jours une des puissances mondiales sur tous les plans. La Corée du Sud occupe quant à elle une bonne place au classement des Etats riches et développés. L´Afrique, c´est la 1 ère puissance continentale. Où sommes-nous 50 ans après?

Entre nous congolais, l´on devra reconnaitre que le vrai problème de notre pays, la cause de notre retard, c´est nous mêmes. C´est nous peuples congolais. Evitons de justifier notre retard à cause des autres, 50 ans après. Si notre pays est en retard, c´est d´abord à cause de notre manque de lucidité.

C´est vrai que certains compatriotes se sentent pris au dépourvu. Quand il s´agit d´un débat national, il faut nous dire certaines vérités en face. Une des obligations de cette fameuse révolution morale dont il est question, c´est le devoir de dire des vérités entre nous citoyens congolais. Il faut développer cette culture d´humilité. Il faut être à mesure d´accepter ses limites. Il faut développer cette culture de reconnaître ses imperfections, une fois prouvées, pour repartir sur de bases nouvelles.

C´est cette obligation de condamner objectivement avec des mots clairs ce qui n´a pas été correct. Cette révolution doit faire de la lutte contre l´impunité son programme national. Elle doit chercher à casser certaines castes des intouchables au sein de la population. Tous les citoyens congolais doivent être égaux devant les lois congolaises. C´est seulement à partir de là que ce changement serait manifeste au niveau du vécu quotidien des citoyens.

En ce sens, le vrai avenir de notre société dépend étroitement de notre savoir faire. Notre avenir dépend de nous-mêmes, pas des autres. Notre devenir meilleur dépend de notre manière de nous assumer par rapport à notre histoire et par rapport à l´application des lois que nous votons nous-mêmes pour la stabilité de notre Nation. Cette révolution morale doit promouvoir le vrai développement sur tous les plans.

Notre pays est à reconstruire sur tous les plans. La reconstruction de notre mental nous semble la mission la plus urgente. Il faut reconstruire ce qui a été détruit pendant des décennies. C´est ce qui constitue même le vaste programme de cinq chantiers initiés par le Chef d´Etat. Ainsi, cet élan du développement durable doit être une préoccupation nationale centrale. Il doit-être enseigné dans toutes nos écoles. Il doit-être prêché dans nos Eglises. Il doit-être inculqué dans notre mental à partir de nos familles. Il doit imprégner notre agir mental pour que cette révolution morale soit effective.

Il faut pour cela cultiver le goût de l´excellence. Il faut renoncer à la médiocrité. Il faut avoir des ambitions par rapport à la taille de notre pays et pourvoir des moyens financiers conséquents pour les matérialiser. Une Nation qui n´a aucune ambition, n´a aucune chance pour se développer. Mais sans cette bonne volonté politique, sans une justice sociale efficace, sans cet amour du travail bien fait et sans aucune discipline morale au niveau de la conscience des citoyens, tout ce que nous voulons atteindre ne resterait que lettre morte.

Prise en charge au niveau national, c´est le changement radical des mentalités

Quand aux perspectives d´avenirs de notre cher pays, mêmes les intervenants et observateurs internationaux ne cessent de nous interpeller, nous peuples congolais. Ces interpellations ont leurs raisons d´être. Nous devons les prendre au sérieux. Lors des points des presses de la mission des Nations Unies au Congo, chaque mercredi de 11h30 à 12h, leur porte-parole nous rappelle à travers les journalistes présents dans la salle, les différentes responsabilités régaliennes attribuées à chaque Etat, surtout la prise en charge de sa population. Même l´ambassadeur du Royaume de la Belgique à Kinshasa n´est pas allé par quatre chemins, vendredi dernier 25 Juin 2010 sur les ondes de la radio okapi lors d´un débat «Dialogue entre Congolais». Même son de cloche du côté du Chef d´Etat français, le président Nicolas Sarkozy, lors de son dernier passage de quelques heures à Kinshasa en mars 09. Monsieur Nicolas Sarkozy a trouvé de mots justes. Une seule chose: cette prise en charge de nos responsabilités, de notre destin en main au niveau national . Ainsi, il nous faut au préalable un changement radical de nos attitudes destructives sur certains égards.

Tous ces observateurs étrangers nous invitent de nous assumer. Tous ces appels viennent d´être résumés à travers cette révolution morale dont le Président Kabila vient de parler. Cette révolution morale est très capitale pour nous peuples congolais. C´est la condition sine qua non pour notre développement. Si nous voulons reprendre notre ancienne place des années 1960 sur l´échiquier international, cette révolution morale et mentale est la voie obligée. Avec une telle révolution morale, l´on devra alors éviter d´être gouverné par Procuration. Il faudra casser certaines pesanteurs invisibles allant jusqu´au trafic d´influences. Il faut qu´on se prenne véritablement en charge et qu´on s´assume. Evitons de penser que les autres viendront agir à notre place. Il faut mûrir nos convictions humaines sur notre manière de nous gérer. 50 ans durant, nous nous sommes plaints, et parfois incapables de nous trouver des compromis pour certaines questions d´intérêt national pourtant urgent. Nous, peuples congolais avertis, avons écrit des livres d´histoire politique de notre pays. Des conférences, nous les avons données. De bonnes têtes pensantes, nous les avons. 50 ans durant, nous avons géré notre pays. Comment est le résultat? Quel est le bilan?

Quel Bilan? Il faut changer nos manières d´agir à tous les niveaux!

Les vues divergent selon qu´on est du pouvoir ou de l´opposition. 50 ans durant, nos compatriotes au pouvoir ont tenté de faire quelque chose. Il y a eu certaines avancées mais lesquelles ne sont malheureusement pas significatives.

Il faut le reconnaître. La raison, c´est aussi l´impréparation ayant caractérisé la procédure de notre accession à l´indépendance en 1960. Toutefois, 50 ans après, abstenons-nous de chercher des boucs émissaires ailleurs. Si nos potentialités minières sont exploitées jusqu´à 60%, nous pouvons concéder. Au moins 40 % nous sont laissés. Quelles répartitions faisons-nous de ce qu´on nous laisse? C´est à ce niveau qu´il faut responsabiliser l´homme congolais. Nous devons nous assumer par rapport à nos manières complaisantes sur certaines questions pourtant sensibles. Nous devons nous interpeller et chercher à repartir sur d´autres bases nouvelles plus solides. Nous devons pour cela nous assumer en changeant surtout notre univers mental. Si nous apprenons à nous assumer, une autre conscience nationale tout comme un autre sens des responsabilités naîtra. Et cela, grâce à cette révolution morale dont il a été question dans l´allocution du premier citoyen congolais lors des festivités du Cinquantenaire. Et d´ailleurs, un peuple qui ne prend pas son destin en mains, ne saura jamais se libérer de certaines pressions. Ces pressions sociales sont palpables à l´ère de la mondialisation. Le peuple congolais ne doit jamais prétendre vivre en dehors de cette ère. C´est une ère politico-culturelle avec d´autres enjeux économiques et sociologiques. Pour nous peuples congolais, 50 ans se sont déjà écoulés depuis le 30 Juin 1960. Nous les avons vécus. Mais comment les avons-nous vécus?

C´est l´une des questions centrales à laquelle chaque citoyen congolais doit répondre à base de sa situation intégrale. Peu importe là où il se trouve. Qu´il soit de la Diaspora ou au pays. Il faut que chaque citoyen congolais se demande «que fais-je pour mon pays au lieu d´attendre passivement que mon pays fasse tout pour moi». Cet appel du Chef d´Etat doit être pris au sérieux. Il doit-être suivi sans coloration politique, car c´est une porte de sortie pour le bien de tous. Il doit-être enseigné dans nos écoles, maintenant que nous sommes mis devant notre responsabilité nationale pour notre avenir. Il faut un diagnostic de notre agir intégral. Dénonçons ce qui n´a pas été constructif pour notre société et suggérons la liste de certaines recommandations et de nouvelles attitudes à adopter si nous voulons aller de l´avant.

Le peuple Congolais lui-même comme l´un des initiateurs de son retard!

Nous peuples congolais, avons une grande part des responsabilités, même si beaucoup de compatriotes ne se retrouvent pas quand nous sommes mis devant notre propre responsabilité au niveau national. Le Congo Démocratique, notre beau pays, placé au cœur de l´Afrique est géré par nous même depuis 1960. Disons-le avec prudence, géré par nous-mêmes, car nous sommes indépendants depuis cette date. S´il y a encore des disfonctionnements à certains niveaux, c´est à cause de nos propres mentalités parfois destructives. Beaucoup de compatriotes congolais ont encore de manières complaisantes de faire à beaucoup de niveaux, même au sein des institutions dirigeantes. Ces antivaleurs ont pris une ampleur indescriptible. A cela, s´ajoutent des trafics d´influences avec la caste des intouchables. Il y a des citoyens congolais qui se savent au dessus de la loi. Peu importe ce qu´ils se permettent de faire. Les lois congolaises existent, mais pas pour eux. Ces lois existent seulement pour le petit peuple. Des tels témoignages et contre-témoignagnes, nous les avons. Et cette mentalité a duré des décennies. Pendant autant des décennies, ce vieil homme a trouvé asile dans les us et mœurs des citoyens congolais.

Dans certains bureaux tout comme dans certaines portes d´entrée dans le territoire national, tout est négociable. Comme un observateur international nous le faisait savoir en 2004 lors en plein vol régulier entre Paris et Kinshasa, «que c´est exceptionnel chez vous au Congo Démocratique. Tout est négociable. Et à tous les niveaux, ajoutait-il. Là où on a besoin de n´importe quelle attestation, il suffit de tendre la main avec une coupure monétaire, vite tout est obtenu. Quand vous ne vous laissez pas faire, alors si vous êtes anormal».

Ainsi, sans trop le savoir, c´est à cause de telles attitudes nuisibles que notre pays est détruit, exploité, pillé et soumis à un rythme du désordre. Et cela, avec la complicité de certains compatriotes Congolais, à tous les niveaux. C´est une responsabilité personnelle, puis collective du peuple congolais. Peut-être pas tous les congolais, mais au moins du peuple congolais. C´est nous-mêmes qui sommes à la base de ce retard. Ceci à travers notre propre égoïsme et à cause d´un manque d´amour profond à notre chère patrie. Le retard intégral que nous décrions tous dans notre pays depuis des décennies, ce n´est peut-être pas par manque de structures et infrastructures, ni encore moins par manque de l´argent. L´une des causes est notre mental. C´est notre grande faiblesse et notre grande maladie nationale. Notre retard, en dehors de certains paramètres politiques externes, est justifié surtout à cause de notre mentalité trop complaisante dans l´ensemble. C´est ce que nous devons repenser de manière radicale . On peut nous donner des milliards des dollars, on peut construire des infrastructures semblables à celles que nous voyons ailleurs que nous envions même, mais sans une nouvelle prise de conscience nationale et l´amour de notre patrie, tout cela risquerait d´être vain! En ce sens, nous pouvons nous permettre de le confirmer tout haut, que le vrai problème du Congo Démocratique, c´est le Congolais lui-même comme peuple se laissant parfois facilement corrompre. C´est sa mentalité complaisante. C´est quelque part son manque d´amour à sa patrie. Ainsi, lorsque le Chef d´Etat lui-même, le Président Joseph Kabila, ne s´est pas trompé à notre humble avis lorsqu´il a dit sur son interview accordée à New York Time qu´il a juste besoin de 8 à 15 personnes seulement pour faire changer notre grand Congo Démocratique. Il ajoutait qu´il ne savait pas s´il les avait déjà. Il l´a peut-être exprimé avec beaucoup de finesses, mais en âme et conscience, nous devrions le lui concéder. Le vrai problème chez nous au Congo Démocratique, il faut le situer au niveau de la crise de notre sphère mentale. C´est une crise au niveau de notre identité nationale. C´est une crise de notre identité congolaise . C´est un problème de manque de bonnes convictions sociopolitiques pour le Bien de tous. C´est un problème lié peut-être à notre éducation scolaire et académique orientée plus vers l´Occident. Notre système scolaire et universitaire doit replacer notre propre terroir culturel au centre. Il faut recadrer et retravailler les programmes de nos écoles. Bref le retard du Congo Démocratique, c´est aussi et d´abord notre propre sens d´irresponsabilité. C´est notre manque de discernement sur certaines questions d´intérêt national. C´est notre ignorance sur la notion et la valeur de l´Etat. C´est notre égoïsme et aveuglement politique et idéologique. Il nous faut pour cela une révolution morale. Il nous faut une remise en question radicale, au niveau personnel et collectif.

Le vrai problème du Congo-Démocratique: une crise de notre identité congolaise!

En ce sens, certains Compatriotes, pour des raisons de subsistances existentielles politiques et économiques personnelles, préfèrent se mettre au service de certains Leaders politiques. Mais souvent là où ils n´ont pas de profil approprié pour défendre les intérêts de notre peuple au niveau local, régional, national voire même international. Ainsi, ils deviennent de simples clients politiques de tel ou tel. Le tribalisme tant décrié à l´époque de la 2è République s´est transformé en clientélisme politique au sein des cartels et regroupements politiques. Ainsi, mêmes certaines sources médiatiques, au lieu de rester au neutre pour plus d´objectivités, prennent des penchants politico-idéologiques. Une remise en question radicale interne est vraiment obligatoire pour une nouvelle mentalité!

Avant de bien de prendre cet élan du développement durable dont on a parlé plus haut, nous n´avons qu´à nous remettre radicalement en question en cherchant à adopter des attitudes nationalistes correctes du développement. Chaque processus du développement a d´abord à faire avec la paix, car le développement n´est rien d´autre que la promotion de la vie pratique quotidienne avec des stratégies techniques, politiques et économiques donnant à chacun des citoyens une marge des manœuvres pour une vie décente. Chaque processus du développement écarte la logique des guerres interminables. Avec la guerre, on est prêt à détruire les quelques structures en place et au lieu de les maintenir, même si en «Realpolitik», la guerre peut avoir sa raison d´être. C´est un moyen pour faire imposer sa légitimité. Chaque processus du développement amène la stabilité, la paix et la liberté. Tous les citoyens congolais ont besoin de ces éléments pour le Bien de tous. Chaque processus du développement n´a besoin que de la bonne gouvernance. Chaque bonne gouvernance nécessite de contrôle direct, objectif et régulier. Elle nécessite de la crédibilité et loyauté du côté des gestionnaires et des dirigeants. Chaque bonne gouvernance éloigne la culture des gaspillages inutiles et des malversations financières. Elle vise la production, le Bien être de la Nation, la prospérité dans les affaires. Elle est ainsi comprise comme signe de maturité nationale, comme une prise en charge C´est donc une manière de s´assumer. Et ce processus de bonne gouvernance n´est jamais possible sans cette auto-prise de conscience des responsabilités qu´on a vis-à-vis de ses concitoyens et de sa Nation. Cela est même repris sur l´une des phrases de notre hymne national. Chaque bonne prise de conscience implique avant tout l´amour de sa patrie. C´est cet attachement et ce sentiment d´appartenance à sa patrie. Chaque vrai patriotisme conduit à la connaissance de son milieu de vie. Cela à travers une solide éducation civique, en famille, à l´école et ailleurs dans des milieux professionnels. Bref pour aller de l´avant, il nous faut certains préalables sans lesquels nos spéculations sur l´avenir du Congo ne resteraient qu´au niveau théorique.

Nous avons tous à travailler pour changer notre mental. Tous, sans exception à tous les niveaux. Il nous semble que c´est à ce niveau que notre attention doit-être le plus recentrée. C´est pourquoi, nous trouvons que le citoyen congolais dans l´ensemble, toute tendance confondue, est devant sa responsabilité personnelle d´abord, puis nationale ensuite.

Le Congolais devant sa prise de conscience historique: Que faire?

Ainsi, de ce qui se précède, quand on est né au Congo-Démocratique, après qu´on ait servi le pouvoir colonial pendant des décennies comme de simples subalternes, nous Congolais instruits, devons nous donner deux à trois minutes par jour afin de nous questionner sur le sens de nos responsabilités dans tout ce qui se passe chez nous. Devrions-nous continuer de rester passifs sans rien dire, ne fut-ce que sous forme des interpellations ou devrions-nous et sommes-nous en droit de nous demander si notre silence total ne serait-ce pas un acte de haute trahison un jour? Devrions-nous attendre que la fameuse Communauté internationale puisse tout remettre en ordre à notre place et ainsi nous viendrons retrouver notre Etat restructuré sans nous? Serait-ce vraiment pensable sans notre point de vue d´après les actuelles logiques politiques à l´ère de la mondialisation?

Vive interpellation à l´égard de chaque Congolais conscient de ce défi!

Nous Peuples Congolais, devons nous interpeller afin de savoir qui est fautif à travers tout ce qui nous est arrivé comme peine et misère depuis des décennies. En ce sens, repenser cette situation historique dramatique signifie seulement se mettre à «relire notre histoire nationale mal orientée à partir d´un moment et chercher à corriger ces quelques pages mal écrites » sur lesquelles les ambitions des uns et des uns autres ne s´accordent pas. Repenser son histoire nationale mal orientée à dessein, c´est devenir au même moment «sujet et objet de son histoire». Chercher à être au même moment à la place du «patient de sa consultation» et du «médecin qui doit prescrire des remèdes pour la guérison». Pouvoir se placer à la place du patient et du médecin doit nous conduire à l´acquisition d´un «Nouvel Esprit politique» avec des attitudes nationalistes correctes, loyales, objectives, justes, sincères, droites. Il nous faut bref, un autre esprit patriotique sans lequel nos efforts risqueraient d´être sans résultat durable…Et c´est le point de départ de cette révolution morale dont il est question. Comment pourrions-nous alors en être capable aux années à venir, si l´actuelle histoire politique de notre propre Etat ne nous intéresse pas maintenant qu´elle se passe et se vit? Comment serions-nous capables un jour de raconter à nos enfants et à toutes les générations qui viendront après nous les riches séquences de notre histoire politique, si nous-mêmes n´y accordons aucune attention à cet instant décisif où elle s´écrit? Comment repenser l´avenir de notre cher Etat là où nous sommes devenus nous-mêmes aveugles idéologiquement suite à notre égoïsme visible caractérisé par des antivaleurs de tout genre?

Bref comment repenser l´avenir de notre Etat «là où nous nous montrons nous-mêmes irresponsables» devant des situations pourtant faciles à discerner?

Le Congolais en face d´une nouvelle page de son histoire! Comment l´écrire?

Il est vraiment temps pour que nous peuples congolais dans l´ensemble repensions notre destin les uns avec les autres, de la majorité au pouvoir tout comme de l´opposition institutionnelle parlementaire et extra parlementaire dans notre beau et vaste pays, la République Démocratique du Congo, au cœur même du continent africain! Nous devons apprendre à accepter ce défi et chercher de nous mettre débout! Mettons-nous débout! Réveillons-nous de notre sommeil pour chercher à comprendre d´où nous sommes venus il y a 50 ans et vers où sommes-nous en train d´être dirigés pour le reste du temps!

Le Congo Démocratique, notre chère patrie, notre beau et vaste pays aux dimensions semi-continentales nous appartient et nous appartiendra! Ainsi, nous sommes en droit de repenser l´itinéraire politique historique de ce qui nous arrive et de tout ce qui peut nous arriver aux années à venir. Ne nous montrons plus irresponsables comme c´est le cas depuis des décennies. Ne pas le faire dès maintenant, signifie que nous resterons éternellement étrangers même dans notre propre Patrie, ce qui ne peut alors être admissible et ce qui serait presque une sottise!

Mettons-nous débout et allons de l´avant! Acceptons ce défi pour les 50 années qui venaient de s´écouler. Remettons-nous au travail pour l´avenir, afin d´être de vrais acteurs de notre propre histoire! Ainsi, nous serons honorés et glorifiés par nos enfants et les autres non-congolais qui feront des recherches sur nous aux décennies à venir. Sans cette révolution morale, sans cette volonté populaire générale, sans cet élan de changement radical de nos mentalités, nous laisserons à notre jeunesse un héritage culturel historique national sans contenu. Il risquera d´être sans base consistante, et sans aucun projet de vie.

Ainsi, nous sommes de cet avis que cette révolution morale prônée par Joseph Kabila est un passage obligé. C´est une condition sine qua non pour notre destin. Elle nous concerne tous, nous peuples congolais de toute coloration politique. Apprenons à dépasser tous les clivages tribaux-linguistiques tout comme d´autres barrières idéologiques sans nécessité pour nous aimer les uns les autres. Plaçons notre chère patrie au centre de tout. Travaillons mains dans la main pour elle. Notre beau Congo démocratique ne saura aller de l´avant sans notre propre implication au niveau national. Cultivons la tolérance mutuelle parmi nous. Que le Seigneur nous bénisse tous. Qu´il bénisse nos efforts. Qu´il nous guide et ne cesse de bénir notre patrimoine national, notre beau et vaste pays, le Congo Démocratique, au cœur même de l´Afrique!

30 Juin 2010

© Congo Vision


Le Cinquantenaire de la RDC : pour ou contre l´organisation de ce Jubilé d´or ?

Cette analyse s´adresse d´abord à tous les citoyens congolais avertis, soucieux de voir leur pays sur les voies du développement durable. Elle s´adresse également aux autres non-congolais, à tous ceux qui s´intéressent à l´actualité internationale et aspirent au bien-être de tous les citoyens de ce monde.

Depuis que les préparatifs sur le cinquantenaire de la République Démocratique du Congo avaient été annoncés, il s´est fait constater un certain rythme de prises des positions : Les uns, très optimistes, sereins encourageant cette initiative. Les autres, très sceptiques, pessimistes, radicaux ne trouvent aucun mérite pour l´organiser. Depuis qu´une commission organisatrice avait été mise en place, avec un commissaire en tête, on n´a fait que prendre acte de différents avis, soit pour encourager ou simplement le rejeter. A lire certains journaux locaux de Kinshasa, on se rendait de plus en plus compte que ce projet a été récupéré politiquement par les uns et les autres. Pour les uns, les optimistes et essentialistes, la tenue de ce Jubilé d´or depuis l´accession de notre pays à l´indépendance symbolisait une certaine stabilité politique. Elle traduisait une nouvelle ère politique. Elle a été vue sous cet angle pour colorer d´une autre manière la physionomie politique intégrale de notre pays. Donc, la tenue de ce Jubilé d´or a été vue comme une noble occasion pour représenter la Rép. Dém. du Congo sur l´échiquier internationale, peut-être avec une autre image.

Pour les autres, les sceptiques et pessimistes, il n´y a aucun mérite visible pour organiser une telle cérémonie par rapport au vécu quotidien de la population de la couche moyenne. Ils fondaient leur argumentation en ce sens qu´il faut d´abord repenser les conditions de vie des citoyens de cette couche. A cause de certains disfonctionnements constatés ici et là, ceux-ci se montraient dès le départ très réservés par rapport à la taille même de l´événement. Jusqu´à présent, notre classe politique congolaise est restée divisée là-dessus. Au lieu de trouver des compromis, car cette cérémonie implique toute la nation, les uns et les autres sont restés cramponnés sur leurs positions.

Par rapport à cette réflexion, il vaudra d´abord la peine de faire des mises au point. Le mobile de la cérémonie du Jubilé d´or à caractère national, c´est le cinquantenaire de l´accession de notre pays à l´indépendance intégrale. Sans avoir des penchants pour les uns contre les autres ou vice-versa, il faut nous poser une seule question : que signifie le mot cinquantenaire ? Sans vouloir refaire des leçons à qui que ce soit, chacun sait ce à quoi cela renvoie. Le concept « cinquantenaire » en soi est déjà parlant. Il est parlant, car il symbolise une durée temporelle vécue. Il renvoie à un nombre d´années vécues par un groupe d´hommes, ayant certaines aspirations de vie commune. Il symbolise une durée de vie, ayant sans doute été caractérisée, par le haut et le bas, par les épreuves de tout genre. Même dans notre vie active, quand une association ou encore institution totalise cinquante ans d´existence, une cérémonie est organisée à cette occasion. Peu importe la grandeur de la cérémonie. Elle est tout de même organisée. Même quand une personne totalise cinquante ans, il y a des cérémonies qui s´organisent pour la simple raison, que 50, c´est la moitié de 100. C´est un nombre rond déjà parlant. Ainsi vu, l´on peut dire que le Cinquantenaire ne s´organise pas essentiellement d´abord à cause du rendement de ce qui s´est accompli durant ce temps, mais plutôt par rapport à la durée temporelle vécue. L´aspect du bilan vient en seconde position, car à la 1 ère , c´est la durée. Si cela n´était pas le cas, tous les hommes qui n´ont rien fait de spécial dans leur vie, n´auraient ainsi aucune raison pour fêter leurs 50è anniversaires. L´habitude de célébrer de telles cérémonies est le propre de peuples, dans presque beaucoup de cultures de ce monde. Pour dire que le Cinquantenaire, rien qu´à base du nombre d´années parcourues, peut ainsi être fêté. Il peut ainsi être célébré, selon les circonstances. Pour reconnaître que l´organisation du cinquantenaire n´est pas une anomalie constitutionnelle, moins encore juridique. Mais, la question la plus sensible, c´est celle de savoir comment? Célébrer le Jubilé d´or de l´indépendance de notre pays est certes légitime et normal. Il est même un droit constitutionnel, car la journée du 30 Juin est reconnue fériée et payée sur toute l´étendue nationale, selon notre constitution. C´est notre fête nationale. Mais comment pouvons-nous organiser cette cérémonie à l´ère de la crise financière internationale ? Avec quel faste doit-on organiser une telle cérémonie là où le vécu quotidien de la couche moyenne de la population n´est pas encore repensé? C´est ici la pomme des discordes entre les deux tendances, les optimistes et pessimistes.

Nous sommes de l´avis selon lequel, le vrai problème n´est ni la présence de tel ou tel autre personnage historique de haute fracture. Il n´est pas non plus lié à la présence d´un certain nombre des chefs d´Etat, qu´on verra sur la tribune d´honneur lors de la cérémonie officielle le 30 Juin prochain à Kinshasa. Le problème est plutôt de savoir, comment nous peuples congolais voulons organiser une telle cérémonie pendant que notre pays est en train de se chercher sur tous les plans! Que voulons-nous atteindre par de-là tout?

Malheureusement au lieu de nous réunir au niveau national, cet événement risque de nous diviser davantage. Au lieu de repenser ensemble ce qu´a été le destin intégral de notre pays pendant les 50 dernières années depuis 1960, cette cérémonie risque de pousser les uns et les autres aux excès. Les excès des uns de ne pas penser que tout est en place à base de ce qui se fera constater lors du séjour de certains invités historiques sur le territoire national congolais. Tout comme le radicalisme et l´intransigeance des autres, de ne pas non plus continuer de donner l´impression, qu´en 50 ans, rien ne s´est vraiment fait chez nous, vraiment rien. En 50 ans, on a pu faire quelque chose. Notre pays n´avait pas en 1960 le nombre d´élites intellectuels qu´il a de nos jours. En 1960, il n´y en avait pas autant d´établissements académiques (universités et instituts supérieurs) chez nous comme de nos jours. Dans certains ressorts ecclésiastiques par exemple, il n´y en avait même pas plus de 10 prélats noirs en 1960. En 1960, notre pays n´avait pas ses 65 millions d´habitants. Seulement ces petits détails révélés peuvent nous aider de nous rendre compte que, depuis 1960 jusqu´en 2010, 50 ans après et durant, quelque chose s´est fait, ici et là. Peut-être pas grand-chose mais quelque chose. En français, on dit « mieux vaut quelque chose que rien ».

Par ailleurs, cette énumération ne doit pas nous pousser aux excès. Surtout pas faire de nous des simplistes. Si en 1960, notre pays n´avait pas le nombre d´élites intellectuels politiques qu´il a de nos jours, la question est maintenant de savoir, comment cette élite intellectuelle se prend-elle en charge ? Se montre t-elle capable pour s´assumer par rapport à son destin intégral ou pas ? Si de nos jours, nous avons plus d´établissements académiques (universités et instituts supérieurs) qu´en 1960, comment sont-ils gérés ? Si de nos jours, la population a atteint la barre de 65 ou 67 millions d´habitants selon les dernières estimations livrées, comment est son vécu quotidien ? Ce sont ces éléments qui doivent imprégner l´organisation de ce jubilé d´or. Aux uns et aux autres, il faut nous montrer plus responsable, lucide, réaliste et serein. Aux uns et aux autres, il faut éviter deux choses : la 1 ère , celle de présenter une autre Rép Dém du Congo, vraiment autre en public que celle du quotidien. Donc, éviter de faire une présentation politicienne seulement ostentatoire, vraiment loin de la réalité quotidienne vécue. Il faut éviter cette politique de simples apparences. Elle n´amène nulle part. Elle finit par se découvrir et devient ridicule par la suite. La seconde, c´est celle de vouloir présenter à la face du monde que depuis 1960, rien de bon ne s´est fait. Il faut vraiment prendre congé de ce radicalisme aveugle, pour ne rien encourager. Aussi doit-on éviter d´être seulement nihiliste, de simples négativistes. Même si nous sommes en retard, l´on doit reconnaître que quelque chose s´est fait.

Au fait, aux uns et aux autres, il faut chercher à repenser ensemble l´avenir de notre destin commun. En 1960, nos pères et héros martyrs de l´indépendance se sont battus pour que nous devenions libres. Nous avons chanté. Nous nous sommes réjouis. Nous aspirions à notre liberté privée depuis des décennies. Nous sommes effectivement devenus Libres à travers notre manière intégrale de faire. La question est de savoir si cette liberté d´expression pour laquelle nos héros martyrs se battaient, est garantie de nos jours? Ainsi, par rapport à ce qui se lisait à travers les médias, il faut plus responsabiliser l´homme congolais. Le vrai problème de notre pays, c´est nous même. Le vrai devenir autre de la Rép Dém du Congo dépend étroitement de notre savoir faire. L´élan du développement de notre Etat doit rester une préoccupation nationale centrale. Il doit-être enseigné dans toutes nos écoles. Il doit-être prêché dans nos Eglises. Il doit-être inculqué dans notre mental partout.

Quand nous suivons certains débats médiatiques sur l´élan du développement de la Rép Dém du Congo, presque tous les autres observateurs internationaux, les plus avertis ne cessent de nous interpeller, nous peuples congolais. Ces interpellations ont leurs raisons d´être. Nous devons les prendre au sérieux. Lors des points des presses de la mission des Nations Unies au Congo, « Monusco », leur porte-parole n´a jamais cessé de rappeler aux journalistes présents dans la salle, les différentes responsabilité s régaliennes attribuées à chaque Etat, surtout la prise en charge de sa population. Même l´ambassadeur du Royaume de la Belgique à Kinshasa n´est pas allé par quatre chemins pour le rappeler aux journalistes lors d´un débat sur les ondes de la radio okapi lors d´un débat « Dialogue entre Congolais ». Le Chef d´Etat français, Nicolas Sarkozy, lors de son dernier passage de quelques heures à Kinshasa en mars 09, n´a pas rappelé autre chose qu´une prise en charge au niveau national. 50 ans se sont écoulés. Nous les avons vécus. Maintenant sommes-nous devant notre responsabilité . Que faire pour les 50 années à venir. Enumérons-en la liste des recommandations et attitudes à adopter si nous voulons vraiment aller de l´avant.

Le peuple Congolais comme l´un des initiateurs de son retard économique et technique!

C´est ici notre part des responsabilité s, même si beaucoup de compatriotes ne se retrouvent pas quand nous sommes mis devant notre propre responsabilité au niveau national. Le Congo Démocratique, notre beau pays, placé au cœur de l´Afrique est géré par nous même depuis 1960. Disons-le avec prudence, par nous-mêmes, car nous sommes indépendants depuis cette date. C´est à travers nos propres mentalités et manières complaisantes de faire qu´il est en train d´être détruit, exploité, pillé et soumis à un rythme de désordre avec la complicité de certains compatriotes Congolais. Ceci à travers notre propre égoïsme et à cause d´un manque d´amour profond à notre chère patrie. Le retard intégral que nous décrions tous dans notre pays depuis des décennies, ce n´est peut-être pas à cause des structures ou de l´argent. Mais c´est surtout à cause de notre mentalité trop complaisante dans l´ensemble. C´est ce que nous devons repenser de manière radicale. On peut nous donner des milliards des dollars, on peut construire des structures semblables à celles que nous avons ailleurs que nous envions même, mais sans une nouvelle prise de conscience et l´amour de notre patrie, tout cela risquerait d´être vain! En ce sens, nous pouvons nous permettre de le confirmer tout haut, que le vrai problème du Congo Démocratique, c´est le Congolais lui-même comme peuple se laissant parfois facilement tromper et corrompre. C´est sa mentalité complaisante; c´est son manque d´amour à sa patrie. Ainsi, notre Chef d´Etat lui-même, ne s´est pas trompé à notre humble avis lorsqu´il a dit sur son interview de NYT qu´il avait vraiment besoin de 8 à 15 personnes seulement pour faire changer notre Congo Démocratique. Il ajoutait qu´il ne savait pas s´il les avait déjà. Il l´a peut-être exprimé avec beaucoup de finesses, mais en âme et conscience, nous devrions le lui concéder. Le vrai problème chez nous au Congo Démocratique, il faut le situer au niveau de la crise de notre sphère mentale, au niveau de notre identité congolaise. C´est un problème de manque de bonnes convictions sociopolitiques pour le Bien de tous. C´est un problème lié peut-être à notre éducation scolaire et académique orientée plus vers l´Occident au lieu de placer notre propre terroir culturel au centre. Bref le retard du Congo Démocratique, c´est aussi et d´abord notre «propre sens d´irresponsabilité» , «c´est notre manque de discernement» , «c´est notre ignorance sur la notion et la valeur de l´Etat», «c´est notre égoïsme et aveuglement politique et idéologique».

Le vrai problème du Congo-Démocratique: une crise de notre identité congolaise!

En ce sens, certains Compatriotes, pour des raisons de subsistances existentielles politiques et économiques personnelles, préfèrent se mettre au service de certains Leaders politiques, mais souvent là où ils n´ont pas de profil approprié pour défendre les intérêts de notre peuple au niveau local, régional, national voire même international. Ainsi, ils deviennent de simples clients politiques et médiatiques de tel ou tel. Le tribalisme tant décrié à l´époque de la 2è République s´est transformé en clientélisme politique et médiatique au sein des cartels et regroupements politiques. Ainsi, mêmes certaines sources médiatiques, au lieu de rester au neutre pour plus d´objectivités, prennent des penchants politico-idéologique s, soit pour acenser les prouesses de tel ou tel leader politique même là où il n´a rien fait pour la pauvre population, soit pour le diaboliser afin de noircir sa côte en face de la population.

Une remise en question radicale interne est vraiment obligatoire pour une nouvelle mentalité!

Avant de bien de prendre cet élan du développement durable dont on a parlé plus haut, nous n´avons qu´à nous remettre radicalement en question en cherchant à adopter des attitudes nationalistes correctes du vrai développement. Chaque processus du développement durable a d´abord à faire avec la paix, car le développement n´est rien d´autre que la promotion de la vie pratique avec des stratégies techniques, politiques et économiques donnant à chacun des citoyens une marge des manœuvres pour une bonne vie. Chaque processus du développement écarte la logique des guerres interminables. Avec la guerre, on est prêt à détruire les quelques structures en place et au lieu de les maintenir, même si en «Realpolitik», la guerre peut-être considérée comme moyen pour faire imposer sa légitimité. Chaque processus du développement amène la stabilité, la paix et la liberté des citoyens pour émettre librement leurs points de vue pour le Bien de tous. Chaque processus du développement n´a besoin que de la bonne gouvernance afin de bien réaliser tous les projets techniques votés. Chaque processus de bonne gouvernance a d´abord à faire avec une prise de conscience des responsabilité s qu´on a devant les hommes et devant sa Nation. Cela est même repris sur l´une des phrases de notre hymne national. Chaque bonne prise de conscience au niveau de la gestion de la chose publique a également à faire avec l´amour de sa patrie. Chaque vrai patriotisme a également à faire avec la connaissance de son milieu de vie, avec son éducation civique. Bref pour aller de l´avant, il nous faut certains préalables sans lesquels nos spéculations sur l´avenir du Congo ne resteraient qu´au niveau théorique.

Le Congolais devant sa prise de conscience historique: Que faire?

Ainsi, de ce qui se précède, quand on est né au Congo-Démocratique, après qu´on ait servi le pouvoir colonial pendant des décennies comme de simples subalternes, nous Congolais instruits, devons nous donner deux à trois minutes par jour afin de nous questionner sur le sens de nos responsabilité s dans tout ce qui se passe chez nous. Devrions-nous continuer de rester passifs sans rien dire, ne fut-ce que sous forme des interpellations ou devrions-nous et sommes-nous en droit de nous demander si notre silence total ne serait-ce pas un acte de haute trahison? Devrions-nous attendre que la fameuse Communauté internationale puisse tout remettre en ordre en notre place et ainsi nous viendrons retrouver notre Etat restructuré sans nous? Serait-ce vraiment pensable sans notre point de vue d´après les actuelles logiques politiques à l´ère de la mondialisation?

Vive interpellation à l´égard de chaque Congolais conscient de ce défi!

Nous Peuples Congolais, devons nous interpeller afin de savoir qui est fautif à travers tout ce qui nous est imposé comme peine et misère depuis des décennies. En ce sens, repenser cette situation historique dramatique signifie seulement se mettre à «relire son histoire mal orientée et chercher à corriger les quelques pages» sur lesquelles les ambitions des uns et des uns autres ne s´accordent pas. Repenser son histoire mal orientée à dessein, c´est également le fait d´être au même moment «sujet et objet de son histoire»; c´est-à-dire chercher à être au même moment à la place du «patient de sa consultation» et du «médecin qui doit prescrire des remèdes pour la guérison». Pouvoir se placer à la place du patient et du médecin doit nous conduire à l´acquisition d´un «Nouvel Esprit  politique» avec des attitudes nationalistes correctes, loyales, objectives, justes, sincères, droites, et aussi avec un autre esprit patriotique sans lequel nos efforts risqueraient d´être sans résultat durable…Comment pourrions-nous en être capable aux années à venir, si l´actuelle histoire politique de notre propre Etat ne nous dit presque plus rien maintenant qu´elle passe et se vit? Comment serions-nous capables un jour de raconter à nos enfants et à toutes les générations qui viendront après nous les riches séquences de l´histoire politique de notre pays, si nous-mêmes n´y accordons aucune attention à cet instant où elle s´écrit? Comment repenser l´avenir de notre cher Etat là où nous sommes devenus nous-mêmes des aveugles idéologiques suite à notre égoïsme visible caractérisé par un chauvinisme politique, par notre clientélisme politique et médiatique? Bref comment repenser l´avenir de notre Etat «là où nous nous montrons nous-mêmes irresponsables» devant des situations aussi faciles à discerner?

Le Congolais en face d´une nouvelle page de son histoire politique! Comment faut-il l´écrire?

Il est vraiment temps pour que nous peuples congolais dans l´ensemble repensions notre avenir communautaire dans notre beau et vaste pays, la République Démocratique du Congo, le cœur même du continent africain! Nous devons apprendre à accepter ce défi et chercher de nous mettre débout ! Mettons-nous débout, réveillons-nous de notre sommeil pour chercher à comprendre d´où nous sommes venus il y a 50 ans et vers où sommes-nous en train d´être dirigés pour le reste du temps! Le Congo Démocratique, notre chère patrie, notre beau et vaste pays aux dimensions semi-continentales nous appartient et nous appartiendra! Ainsi, nous sommes en droit de repenser l´itinéraire politique historique intégral de ce qui nous arrive et de tout ce qui peut nous arriver aux années à venir. Ne nous montrons plus irresponsables comme c´est le cas depuis des décennies. Ne pas le faire maintenant, signifierait simplement que nous resterons éternellement étrangers même dans notre propre Patrie, ce qui ne peut alors être admissible et ce qui serait presque une Idiotie et une Sottise!

Quelles nouvelles pages pour notre propre histoire? «avec nous ou sans nous?»

L´histoire est ce qui doit nous aider de bien réaliser nos ambitions, car avant de s´affirmer en tant que citoyen de tel ou tel autre Etat, il faut d´abord s´identifier par rapport à ses origines, à sa culture, à ses préoccupations politiques, sociales, économiques. Ne peut en être capable que celui qui a le sens de son histoire dès lors et quand il le peut. L´histoire est ce qui est dessus de tout. L´histoire, c´est la vérité du Temps! L´histoire, c´est la succession des événements vécus. Bref l´histoire, c´est aussi le Temps! Personne ne peut se mettre à écrire une nouvelle page d´histoire politique et culturelle pour nous alors que nous pouvons le faire et avons des capacités et qualités requises pour cela. Même la bombe atomique qui a une force que personne ne peut contester, ne saura jamais effacer de manière définitive une page d´histoire d´un peuple. La bombe atomique peut vite détruire: les structures matérielles réalisées par les Hommes. Il suffit de voir ses effets à Hiroshima et Nagasaki au Japon en 1945 pour s´en rendre compte. Mais cette bombe atomique aussi puissante et écrasante soit-elle, n´est pas toujours à mesure d´écraser une vérité historique. Aucune vérité historique ne peut se laisser écraser par ce qui est éphémère. Chaque vérité historique peut- être saisie comme unité de mesure du Temps. Ainsi, aucune bombe atomique ne saura écraser une vérité historique. La preuve est que la plupart des Japonais se souviennent et se souviendront toujours de génération à génération de ce qui leur est arrivé vers le début d´août 1945. Il doit en être de même avec notre cas au Congo-Démocratique. La bombe atomique peut détruire les structures matérielles, maisons, bâtiments, immeubles. Elle peut également tuer l´homme ou les hommes. Mais les idées des hommes une fois lancées, peuvent rester et perdurent si elles ont été bonnes. Voilà pourquoi, il ne faut toujours pas prétendre effacer une page d´histoire avec des actes de destruction. Une page d´histoire est une idée ! Que les compatriotes congolais le retiennent! Sommes-nous conscients de nos multiples obligations historiques ou voudrions-nous refaire la politique du bouc émissaire de génération en génération? Voulons-nous ou ne voulons-nous vraiment pas être les vrais «auteurs et acteurs» de ce que nos enfants viendront lire sur nous? L´histoire d´un peuple, son histoire culturelle et politique, c´est l´une des données de son identité. Comme aucune personne avertie ne peut ignorer ses origines, aucune bombe atomique ne saura écraser une vérité historique. Comme l´histoire se place au sommet comme instance d´appréciation de ce qui s´est passé en des moments déterminés de la vie des hommes, aucune intrigue planifiée par un homme ou des hommes ne pourra rester cachée pour des éternités. L´histoire est ainsi liée dans le Temps. Elle se comprend par rapport au Temps. Et elle peut-être une de ses unités de mesure. Prenons de nouveau conscience en célébrant ce jubilé d´or, ces 50 ans que nous avons vécus de la manière que nous savons tous! Mettons-nous débout et allons de l´avant! Acceptons ce défi pour les 50 années qui venaient de s´écouler. Mettons-nous au travail pour l´avenir, afin d´être de vrais acteurs de notre histoire! Ainsi, nous serons honorés et glorifiés par nos enfants aux années à venir. Sans cela, nous leur laisserons un héritage culturel historique national sans aucun contenu, sans aucune base consistante.

Par Monsieur Franklin Mboma,

Mbomaf55@hotmail. com

Université d´Innsbruck, Autriche)

 
 
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