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Willy Mishiki à RFI : « l'opération Kimia II est un échec »

Par  Le Potentiel

Willy Mishiki, leader politique et chef coutumier de Walikale dans le Nord-Kivu a été interviewé hier jeudi par Ghislaine Dupont de RFI sur la situation qui prévaut dans cette partie de la RDC après l'opération «  Umoja Wetu ».

G.D : Les autorités congolaises, plus particulièrement le gouvernement à Kinshasa affirment qu'à l'Est du pays, la situation est en voie de pacification dans le Kivu. vous qui vivez sur le terrain, constatez-vous la même chose ?

W. M. : Sincèrement, la réalité est contraire sur le terrain. La situation est en train de se détériorer notamment, c'est le cas de Walikale où souvent l'on constate que la plupart des massacres qui sont commis se passent là où il y a les militaires des FARDC. Evidemment,les FDLR, la plupart sont des intellectuels ! Ce sont des stratèges ! Ils essayent de commettre des massacres là où se trouvent nos militaires. Cela donne l'impression que ce sont des FARDC qui le font. Ainsi, cela crée un sentiment de méfiance entre la population locale et les troupes gouvernementales.

Mais par contre, dans les territoires occupés par les FDLR, il n'y a pas les mêmes massacres, il n'y a pas de viols. Ce qui fait croire que dans les milieux occupés par les FDLR, c'est là qu'il y a la sécurité. Cela a été constaté aussi dans le sud de Lubero où la plupart des massacres sont commis à quelques mètres soit de la position de la Monuc, soit des FARDC.

A votre avis, les FARDC disposent de suffisamment de moyens pour mener des opérations de façon efficace ?

Pas du tout. Nous avons parlé à certains d'entre eux. En tout cas, il se pose un problème de moyens, de vivres, de solde payée irrégulièrement ou insuffisante. Je crois que ces troupes-là sont fatiguées ! Nous pensons qu'il est temps de pouvoir les remplacer par des troupes tout à fait neuves qui n'ont pas participé àdes opérations précédentes.

Quel bilan tirez-vous de l'opération qui avait été menée conjointement par les armées congolaise et rwandaise ?

En tout cas, nous tous avons soutenu l'opération « Umoja Wetu » qui avait suscité beaucoup d'espoir. Il a fallu beaucoup d'efforts mais l'opération n'a pas mis beaucoup de temps. Il y a eu, par exemple dans le territoire de Walikale seulement deux semaines. Dans l'ensemble de la province du Nord-Kivu, il y a eu, environ un mois. Ce n'est pas assez pour faire le travail auquel on s'attendait. Malheureusement, le travail qui devrait être finalisé par les FARDC et la Monuc n'a pas été suivi. Après le retour des Rwandais, les FDLR sont revenus en force où il a eu même des représailles à l'égard des populations civiles qui ont soutenu l'opération «Umoja Wetu ».

Aujourd'hui, nous pensons qu'il s'agisse de l'opération « Umoja Wetu » ; ou de l'opération « Kimia II », c'est vraiment un échec. Parce qu'on n'arrive vraiment pas à mettre fin à la présence des FDLR. Cela nous prendra beaucoup d'années pour mettre fin à la présence des FDLR dans la province du Nord-Kivu et même dans l'Est du pays. Je crois qu'il faudra envisager une autre stratégie; changer de méthode, et pourquoi pas envisager même la possibilité de pouvoir restreindre les opérations avec les Rwandais qui sont motivés et intéressés pas l'affaire.

Nous pensons qu'il faudra envisager une opération massive qui les prendra par derrière, c'est-à-dire on barricade des provinces de Maniema et la Province Orientale et on arrive par derrière pour les pousser vers le Rwanda. C'est l'unique solution pour les pousser vers la frontière rwandaise et ainsi que tous ceux qui étaient pris en otage par les FDLR. Notamment, ceux qui sont recherchés aujourd'hui pour avoir commis le génocide pouvaient être libérés et procéder au rapatriement volontaire au Rwanda.

Il faudra envisager aussi des solutions politiques pour tous ceux qui estiment qu'aller au Rwanda, c'est aller se faire massacrer. Il faudra aussi instaurer au Rwanda un tribunal pénal international comme la CPI à La Haye soit un tribunal pénal d'Arusha qui peut régler les problèmes de ces militaires.

Cette insécurité suscite-t-elle des tensions entre les communautés congolaises dans la province ?

Absolument. On le voit déjà lorsque vous allez vers la frontière avec le Masisi comment les populations autochtones sont exterminées notamment les Tutsi congolais immigrés au Rwanda.

Cela crée une sorte de haine qui commence à se faire ressentir. La haine contre une ethnie. Personnellement, en tant que leader local, cela me fait peur parce que cela nous ramène vers les années 1990, où il y avait un problème interethnique. Ce qui va encore tout compliquer et même plus gravement que les guerres qui nous ont été imposées.

Décryptage par E.S.
18/6/2009

© Congo Vision


Une nouvelle feuille de route pour Kabila

Par  Le Potentiel

Jeudi 6 décembre 2007, le décor est planté au Palais du peuple. Le Parlement, retenez Assemblée nationale et Sénat, est convoqué en congrès conformément aux articles 77 et 119, aliéna C de la Constitution qui stipulent : 1. « Le président de la République adresse des messages à la Nation. Il communique avec les chambres du Parlement par des messages qu'il lit ou fait lire et qui ne donnent lieu à aucun débat. Il prononce une fois l'an devant l'Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès un discours sur l'état de la Nation…

2. « les deux chambres se réunissent en congrès pour …l'audition du discours du président de la République sur l'état de la Nation conformément à l'article 77 de la présente Constitution ».

Le rendez-vous a été respecté et le président de la République termine son discours sur l'état de la Nation en ces mots, ô combien pleins d'espoirs : « La Nation congolaise se porte mieux qu'il y a un an, beaucoup mieux qu'il y en a quinze et son état s'améliore chaque jour davantage ».

Dix-huit mois plus tard, et à vingt-quatre mois de prochaines échéances électorales, ces propos résonnent encore dans mes oreilles. Quel est aujourd'hui l'état de la Nation ? Question pertinente à mi-parcours du mandat présidentiel.

Il est vrai que le 6 décembre 2007, le ton était à l'optimisme quand on sait que la RDC sortait progressivement de la crise politique de plus d'une décennie. Mais l'année 2006 a été une grande année avec l'organisation des élections législatives et présidentielle. Suivies des élections sénatoriales et provinciales ainsi que de la mise en place des institutions tant nationales que provinciales : le président de la République, l'Assemblée nationale, le Sénat, les Cours et tribunaux sans oublier les assemblées provinciales.

Vu sous cet angle, le cadre institutionnel était en place. Fait intéressant, le président de la République avait nommé un Premier ministre qui a été investi par l'Assemblée nationale.

Mais après une année de fonctionnement de ces institutions issues des élections, le président de la République, dans son discours sur l'état de la Nation, tirait déjà la sonnette d'alarme pour plus d'harmonie et d'efficacité collective de manière que chacune des institutions s'astreigne à rester dans les limites de ses compétences constitutionnelles. Aussi, avait-t-il rappelé les trois dispositions suivantes :

« - Premièrement, c'est au gouvernement et au gouvernement seul, qu'il revient de définir la politique de la Nation et de veiller à sa mise en oeuvre, avec obligation d'en rendre compte à la représentation nationale.

- Deuxièmement, l'Assemblée nationale et le Sénat n'ont pas pour mission de gérer l'Etat mais plutôt de légiférer et de contrôler le gouvernement, les entreprises publiques ainsi que les établissements et services publics-

- Troisièmement. Seul le pouvoir judiciaire, et lui seul est habilité à engager des poursuites et à dire le droit, et ses décisions, coulées en force des choses jugées, s'imposent à tous ».

Des précisions qui valaient bien la peine d'être soulignées pour que l'on fasse respecter les règles du jeu. Mais un peu plus loin, dans ce même discours, le président Kabila avait rencontré les préoccupations des populations en s'attardant sur la justice pour qu'elle contribue à la paix sociale. Il s'exprimait en ces termes : « La République démocratique du Congo n'est pas une République des Juges. Que ces derniers ne soient pas soumis au verdict des urnes, à l'instar des animateurs des pouvoirs exécutifs et législatifs ne les dispense pas de devoir rendre compte au peuple. L'indépendance de la Justice, voulue par le constituant et que nous appelons de tous nos vœux, n'est donc nullement une licence à l'arbitraire. En tant que garant du fonctionnement régulier des pouvoirs publics et des institutions, je suis quotidiennement saisi de recours contre des décisions de justice, et je mesure la détresse des milliers de justiciables. Le dire, c'est faire justice à la vérité. Ce n'est pas prononcer une condamnation collective de la magistrature.

Comme dans tous les corps, on trouve dans la magistrature congolaise, de la bonne semence et de l'ivraie. Il n'est donc pas acceptable que cette dernière ternisse l'image de toute une corporation, voire l'ensemble du pays. De la manière la plus solennelle, j'en appelle donc à la conscience des animateurs du Pouvoir judiciaire. Je leur rappelle qu'ils ont constitutionnellement reçu mandat de veiller au respect de la loi et de sanctionner tout énervement de celle-ci, y compris par leurs pairs. Et puisque je suis convaincu que telle est la volonté de notre population, j'affirme qu'il est temps que les tribunaux de commerce cessent d'être un projet et deviennent une réalité.

Il est temps que cesse l'ironie du sort qui veut qu'aujourd'hui dans ce pays, le criminel, parce que riche ou politiquement bien connecté, attende plus sereinement un verdict que la victime, car démunie, peu connue ou sans possibilité de trafic d'influence. Il est temps que les citoyens soient rassurés que devant le juge, seuls comptent les faits et le droit, et nullement, l'ethnie, la race, la nationalité, la couleur politique ou la condition sociale. En un mot, il faut que les décisions de justice redeviennent justes ».

Le président Kabila avait vu juste. Mais que s'est-il passé dix-huit mois après ce discours ? Le constat est amer. Au-delà des 5 Chantiers de la République initiés par le chef de l'Etat, le gouvernement n'a jamais défini la politique de la nation. Il s'est embrouillé dans des théories stéréotypées sans traduire dans les faits les orientations du président de la République. Et pourtant, il a été qualifié de « gouvernement de missions ». Jusqu'à preuve du contraire, il s'est caractérisé par un immobilisme sans précédent et suicidaire. Si les budgets sont élaborés de manière hasardeuse, ils sont mal exécutés à travers une gestion calamiteuse. Pour preuve, les dérapages des finances publiques, la dépréciation continue de la monnaie. Les dernières instructions du président de la République à l'endroit du Premier ministre Adolphe Muzito, en le mettant sous surveillance financière, ne sont rien d'autre qu'une véritable interpellation. Tandis que le « sursis » relève du marchandage politique qui n'est nullement une vertu cardinale en politique. Bien au contraire, cette attitude fragilise les institutions de la République.

Pire, les recommandations émises par l'Assemblée nationale et le Sénat sont demeurées lettres mortes, laissant croire à l'opinion nationale la complaisance inter - institutionnelle. Un constat qui éloigne les populations de leurs élus et discrédite les institutions nationales.

Cette image écornée de la RDC soulève davantage de l'indignation au sein de la population au regard de la dégradation de la situation sociale. Le pouvoir d'achat de la population s'érode chaque jour alors qu'elle devrait s'améliorer davantage.

Le fossé s'agrandit avec une justice à plusieurs vitesses. La justice continue à être rendue sur la tête du client comme s'il s'agissait d'un « Etat des affairistes ». Ne parlons pas des arrestations arbitraires initiées souvent par des riches et les politiquement bien connectés. Jamais, ils n'ont été inquiétés. Pire, la confusion des compétences judiciaires bat son plein et la distinction entre une affaire civile et pénale est difficile à faire. Voire même la justice militaire se mêle des affaires «civiles ».

Le point culminant reste la dégradation de la situation sécuritaire au pays. A l'Est particulièrement, les populations locales sont prises en otage par des « seigneurs de guerre » impénitents qui ne cessent de continuer à tirer les marrons du feu. La paix tant recherchée est toujours insaisissable à telle enseigne qu'elle suscite de plus en plus des interrogations. Que la « guerre du Kivu » est désormais une affaire de gros sous dont les grands bénéficiaires seraient également installés à Kinshasa et à Kigali.

Le 6 décembre 2007, après une année de fonctionnement, le président de la République avait déclaré ce qui suit : « Nous ne sommes pas encore à l'heure de la reddition de comptes, l'horizon convenu avec le peuple pour le faire étant l'année 2011. Il est cependant indiqué que douze mois après ma prestation de serment, nous établissons un bilan d'étape. L'objectif premier à ce stade n'est pas d'évaluer le degré de satisfaction des besoins des populations, mais plutôt de vérifier si nous avançons dans la bonne direction ».

Dix huit mois après cette première étape, la situation n'est pas meilleure qu'à la date du 6 décembre 2006. Elle s'est dégradée. Pire, la symbiose qui devait transparaître entre les gouvernants et les gouvernés n'existe pas. Tout se passe comme si l'on tenait à tout prix à empêcher le président Kabila à faire le bilan en 2011. Par conséquent, il faut faire de lui un « homme seul » afin qu'il porte le chapeau de l'échec de cette législature ou de son mandat..

Et pourtant, tant dans le discours d'investiture que dans son message sur l'état de la Nation, Kabila avait suscité de l'espoir. L'heure de la reddition a effectivement sonné et le compte à rebours a commencé.

Je fais appel aux stratèges politiques dans le pré-carré du chef de l' Etat pour qu'ils ressortent les discours des 6 décembre 2006 et 6 décembre 2007, qui ont été applaudis frénétiquement par le peuple. Ces deux discours donnaient une vision de bonne gouvernance et de changement pour son premier mandat électif. Ils doivent, sur fond de cette vision, élaborer une stratégie rationnelle pour une nouvelle feuille de route afin de rebondir.

A l'état actuel où le bilan socio-économique du gouvernement est jugé globalement négatif, au moment où la population congolaise croupit dans la misère la plus noire, il est urgent que le président de la République envoie un signal fort qui va dans le sens de ses promesses électorales. « Finie la récréation. Désormais, les portes des prisons seront ouvertes à l'endroit de ceux qui iront en travers de la loi », avait déclaré le chef de l'Etat le 6 décembre 2006, jour de son investiture. Mathématiquement parlant, Kabila, son état-major et sa majorité n'ont plus de temps à perdre. Car, il ne reste plus que douze mois pour se retremper de plain -pied dans l'ambiance électorale.

Sénateur

© Congo Vision


Insécurité au Nord-Kivu

Kinshasa doit s'expliquer

Par  Le Potentiel

Alors que le gouvernement prépare de grandioses manifestations à organiser à Goma dans le cadre de la célébration du 49ème anniversaire de l'indépendance de la RDC, des voix annoncent un « sentiment de méfiance entre la population et les troupes gouvernementales » impayées depuis près de six mois au Nord-Kivu. Les tirs de soldats « apparemment mécontents » sur une base de Casques bleus et les massacres de populations civiles par des FDLR imposent à Kinshasa des explications qu'elle tarde à fournir.

Dans un entretien téléphonique jeudi avec la journaliste Ghislaine Dupont de RFI sur la situation sécuritaire prévalant au Nord-Kivu, Mwami Willy Mishiki, chef coutumier du territoire de Walikale, a stigmatisé un « sentiment de méfiance » de la population à l'endroit des FARDC.

« Contrairement aux déclarations des officiels, la situation est en train de se détériorer davantage sur le terrain. Les FDLR commettent des massacres là où se trouvent les militaires des FARDC, créant ainsi un sentiment de méfiance entre la population locale et les troupes gouvernementales », a-t-il affirmé.

Lors du récent passage du ministre de la Défense et du patron de la Monuc dans le Kivu, des soldats se sont plaints de n'être « pas payés depuis cinq mois ».

D'autres, apparemment mécontents pour le même motif, ont tiré lundi vers 21h00 locales à Pinga vers une base de Casques bleus qui ont répliqué, sans faire de victime après avoir lancé des fusées éclairantes », a rapporté mercredi l'AFP citant le porte-parole militaire de la Monuc.

« Il n'y a eu ni mort ni blessé. Les hommes armés sont partis dans les collines environnantes où des coups de feu sporadiques ont été entendus toute la nuit », a précisé le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich. Signalant que « le commandement des FARDC nous a dit plus tard qu'ils avaient arrêté 27 soldats auteurs des coups de feu » contre la Monuc et que « le non paiement des soldats sur le front nous cause beaucoup de soucis ».

A l'heure où les FARDC sont engagées dans des opérations de traque des poches résiduelles des Forces démocratique de libération du Rwanda (FDLR) dispersées dans les forêts du Nord et du Sud-Kivu, la Monuc estime qu'« il faut résoudre ce problème d'une façon rapide ». Au besoin, il faut recourir « aux Rwandais, eux qui sont très intéressés », a-t-il dit.

«FORCE D'AUTODEFENSE»

Mwami Willy Mishiki n'en est pas à sa première dénonciation. A l'occasion d'une « marche de protestation » organisée le 1er juin 2009 à Goma par des originaires de Walikale (Nyanga et Lega) où se seraient repliés des rebelles hutu rwandais, il a « dénoncé l'incapacité» du gouvernement.

« Nous sommes venus pour dénoncer l'incapacité des autorités nationales à garantir la sécurité des personnes et des biens dans le territoire de Walikale. La population est abandonnée à son triste sort face aux FDLR qui contrôlent plus de 60% de notre territoire», avait-il accusé.

Alors qu'un mémorandum a été remis au gouverneur Julien Paluku à l'issue de la marche, Mishiki a révélé que les originaires de Walikale « sont déterminés à se prendre en charge » en se constituant en «Force d'autodéfense» avec l'aide des «Maï-Maï».

« C'est assez étrange de voir que les FDLR opèrent en toute liberté dans les contrées placées pourtant sous la surveillance des FARDC », s'est-il inquiété.

A la mi-février 2009, il a fait partie d'une délégation de chefs coutumiers du Nord et du Sud-Kivu qui ont « félicité », à Kinshasa, le président Joseph Kabila à la suite du « succès » de l'opération militaire «Umoja Wetu» menée conjointement par les FARDC et l'armée rwandaise contre les FDLR entre le 20 janvier et le 25 février 2009. Comment expliquer cette situation ?

Il nous revient qu'au même moment que ce compatriote interpelle à sa façon le gouvernement de Kinshasa, il s'observe des mouvements suspects au Nord-Kivu. Particulièrement dans les localités de Mushake, Bunagana qui serait contrôlées par le CNDP, et du côté de Walikale. Des rumeurs persistantes insinuent des préparatifs d'un mouvement de résistance qui pourrait perturber ou gêner le déroulement de l'opération militaire Kimia II. Faut-il établir un rapprochement entre cette initiative « de force d'auto-défense » à laquelle Mishiki fait allusion à ces rumeurs de plus en plus concordantes ? Tout est possible.

Toujours est-il que ces rumeurs qui évoquent des bruits de botte ont atteint le territoire de Masisi et au cours d'une dernière réunion avec la Monuc et les ONG qui sont sur place, cette situation aurait été évoquée. Ce qui expliquerait quelques mouvements suspects observés dans les camps des déplacés de Mugunga I et Kibati.

DES DEPUTES « COMPLICES » ?

L'Assemblée nationale est accusée d'être « complice » de la maffia, dénoncée le 31 janvier 2009 par le chef de l'Etat, qui entretient l'insécurité dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.

« Le Bureau de l'Assemblée nationale a recouru à toutes sortes de subterfuges pour que le Premier ministre ne soit ni interpellé ni entendu par les députés sur la situation générale du pays et, surtout, sur l'insécurité qui prévaut dans les zones de guerre où des soldats en opération sont impayés depuis plusieurs mois », entendait-on dire dans les couloirs du Palais du peuple.

Car, explique-t-on, nul autre citoyen que le chef du gouvernement n'est en mesure de donner une réponse précise à la question relative au non paiement « depuis cinq mois » de la solde des militaires envoyés au front et la mise à disposition d'une logistique conséquente aux FARDC pour restaurer la paix dans l'Est du pays.

Des originaires de ces deux provinces en sont même arrivés à conclure qu'il faut « rechercher les complices de cette maffia au sein de l'Assemblée nationale ».

« Etant donné que beaucoup de tireurs de ficelles dans cette situation d'insécurité perpétrée par les FDLR au Nord-Kivu seraient aussi parmi les filles et fils de la province toujours actifs dans toutes les institutions et dont certains visent la balkanisation de la province », un député a suggéré la mise en place d'une commission inter institutionnelle.

« Elle rendrait compte ici comme ailleurs pour tirer une fois pour toutes cette situation au clair dans l'intérêt de la nation », espère-t-il. Mais, le Parlement étant en vacances, le Premier ministre devrait informer le peuple congolais par un message à la nation. Gravité de la situation oblige.

 

 
 
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