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RDC : Jean-Pierre BEMBA : PRISONNIER POLITIQUE

vendredi, 06 mars 2009 16:43

Consécutivement aux audiences de confirmation des charges, qui se sont tenues du 12 au 15 janvier 2009, les Juges de la Cour préliminaire de la CPI ont eu à se prononcer sur le dossier d'accusation concernant le Sénateur Jean-Pierre Bemba, le mardi 3 mars 2009 au soir.  

Par sa Décision n° ICC-01/05-01--388, la Cour n'a pas pu établir la responsabilité personnelle du Sénateur Jean-Pierre Bemba dans les crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis en RCA, qui constituait l'accusation la plus grave de la thèse du Procureur Moreno. Celui-ci devra, selon la même Décision, disqualifier les faits pour ne retenir, le cas échéant, que la responsabilité en tant que Chef militaire. Or, il est clair que, là aussi, le Sénateur Jean-Pierre Bemba n'avait pas le contrôle effectif des troupes sur terrain en RCA. Ce que reconnaît par ailleurs le Procureur Moreno lui-même.

Le seul fait pour la Cour d'exclure la responsabilité personnelle de Jean-Pierre Bemba dans cette nébuleuse affaire, constitue non seulement un motif de soulagement pour l'épouse, les enfants et toute la famille de notre Compagnon, mais également une preuve supplémentaire de la solidité de notre thèse depuis son arrestation. A savoir que le Procureur Moreno, pour le moins, se trompe de cible en poursuivant personnellement Jean-Pierre Bemba sur base d'un dossier où apparaissent plus clairement des mobiles politiques et non pas judiciaires.

En effet, c'est ici le lieu pour réitérer et de souligner notre propos du 12 février dernier. A la demande du Procureur Moreno, le Sénateur Jean-Pierre Bemba a été traqué comme une bête, arrêté et mis en prison, en mai 2008, dans des conditions humiliantes qu'on réserve habituellement aux malfrats, faisant fi  du rang et du rôle que le Sénateur joue en RDC, notamment comme Chef du principal parti d'opposition. Depuis lors, des voix s'étaient  élevées pour que le Procureur Moreno puisse apporter les évidences de charges pour lesquelles le Sénateur Bemba devait être maintenu en prison.

A cet égard, un premier délai de six mois avait été accordé au Procureur. Pendant ce temps là, le Sénateur Jean-Pierre Bemba était maintenu en prison pour s'entendre dire que le Procureur n'était pas prêt, dix jours avant la date buttoir, le 4 novembre 2008, conformément à la procédure en la matière.

Et, c'est encore de sa cellule que le Président du MLC apprendra que la séance de confirmation des charges, initialement repoussée au 8 décembre 2008, était pour la seconde fois reportée, cette fois, au 12 janvier 2009.  Huit mois de privation de liberté, pour enfin savoir pourquoi on a été mis en prison. Où sont dans ces conditions les droits de l'homme tant vantés et qui, paradoxalement, sont le socle sur lequel la CPI elle-même est sensée être bâtie.  

Il nous a été donné d'assister au déroulement des séances de confirmation de charges qui se sont donc tenues du 12 au 15 janvier 2009 à La Haye. Déjà à cette étape, nous avions dit n'avoir, à aucun moment, entendu de la bouche du Procureur Moreno des éléments probants,  susceptibles d'étayer tant sa thèse selon laquelle les faits reprochés à Jean-Pierre Bemba auraient été planifiés, que celle de l'exécution intentionnelle de ces forfaits, en complicité avec l'ancien Président Patassé.

En son temps, le MLC avait fustigé cette arrestation précipitée, suspecte et arbitraire, à la veille de la désignation de son Président National en qualité de Porte parole de l'opposition en RDC. De même, nous avions également déploré  ce qui apparaissait dores et déjà comme une instrumentalisation de la CPI par  des forces politiques obscures, dans le seul but de discréditer un acteur politique majeur et, ainsi, barrer la route à la volonté irréversible des Congolais, de réaliser l'alternance démocratique dans leur pays.

Aujourd'hui encore, le MLC condamne et proteste avec véhémence contre l'acharnement  dont fait montre le Procureur Moreno dans le dossier de son leader. Alors que, en toute logique, lorsque les charges alléguées ne sont pas confirmées à l'encontre d'un prévenu, il tombe sous le sens que celui-ci doit être libéré, le Procureur Moreno obtient de revenir à la charge avec des prétendus nouveaux éléments !

Malheureusement, suite à cette nième manœuvre du Procureur, le Sénateur Jean-Pierre Bemba va rester en prison au moins jusqu'au 24 juin 2009, nouvelle date limite à laquelle les Juges auront à nouveau à se prononcer sur la présence ou l'absence d'éléments suffisant pouvant justifier l'organisation d'un procès. En d'autres termes, un nouveau délai de soixante jours va commencer à courir à partir du 24 avril, selon la même procédure que celle qui a été appliquée au mois de janvier dernier.

Néanmoins, à présent que les Juges ont pris la mesure du contenu de plus de mille pages constituant le dossier d'accusation du Procureur Moreno ; à présent qu'en âme et conscience ils n'ont pas retenu les éléments de responsabilité personnelle de Jean-Pierre Bemba, sensés en représenter la substance, le MLC leur fait confiance pour la suite. Nous sommes plus que jamais convaincus que, quel que soit la longueur du temps, ils rendront justice à Jean-Pierre Bemba et l'espoir  aux millions de ses compatriotes qui attendent son retour et son implication dans l'agenda numéro un de la RDC, à savoir la réconciliation nationale, condition sine qua non pour la refondation et la reconstruction de la RDC.

 « Avec Dieu, nous vaincrons »

Fait à Kinshasa, le 5 mars 2009

François MUAMBA

Secrétaire Général

Ecrit par : COMMUNIQUE DE PRESSE MLC

© Congo Vision


Matadi : l'armée angolaise confirme qu'elle reste sur le sol congolais

07 Mars 2009

Le drapeau angolais continue à flotter dans les villages Sava Ina et Kuzi, à plus de 200 kilomètres de Matdi. Les troupes angolaises occupe ces villages depuis une semaine. Selon la société civile de Mbanza Ngungu, les occupants angolais ont déclaré vendredi à la population qu'ils ne partiront que quand les experts auront statué sur ce cas, rapporte radiookapi.net.


Les villages de Sava Ina et Kuzi dans le territoire de Mbanza Ngungu

Le responsable de la société civile de Mbanza Ngungu rapporte qu'un officier de la police angolaise venu du village Mingadi est arrivé vendredi soir à Kuzi, en RDC. Ce policier a déclaré à la population locale que le problème réside du côté du gouvernement congolais : « L'accord partiel signé entre la province du Bas Congo et celle de Do Zaïre ne peut en aucun cas nous demander de quitter les positions que nous occupons pour le moment », a indiqué cet officier angolais. « Notre départ ne peut être sanctionné que par la rencontre des experts des deux pays. Et c'est en ce moment là qu'il va se dégager la décision de notre retrait définitif du sol congolais », conclut-il.

En ce qui concerne le village Sava Ina, la société civile de Mbanza ngungu estime que le problème de ce coin devrait être traité par les deux provinces angolaises de Do Zaïre et de Wij. Lors de son déplacement dans le territoire angolais, la délégation congolaise s'est arrêtée à Mbanza Kongo, au lieu d'arriver jusqu'à Wij, regrette la société civile. En somme, elle déplore la lenteur affichée par les autorités dans le traitement de ce dossier.

Malheureusement, radiookapi.net n'est pas arrivée à joindre le ministre provincial de l'intérieur à ce sujet. 

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Mbanza-Ngungu : l'armée angolaise renforce sa présence dans les localités occupées

06 Mars 2009

Mbanza-Ngungu : l'armée angolaise renforce sa presence à Sava Ina et à Kuzi

Les troupes angolaises à Sava Ina et Kuzi, deux localités du territoire de Mbanza-Ngungu, dans la province du Bas Congo continuent à renforcer leur présence. Selon un notable de la place interrogé vendredi par Radio Okapi, des biens et du materiel [militaire?] de ces troupes débarquent à tout moment dans ces villages, rapporte radiookapi.net.

La même source signale cependant que les militaires angolais ont autorisé depuis ce jour les habitants des localités occupées à vaquer librement à leurs occupations. A condition qu'ils acceptant de se faire fouiller à chaque entrée et à chaque sortie.

Les services publics et la population locale qui ont fui à l'entrée des troupes angolaises se sont refugiés à plus de 30 kilomètres, dans les villages de Kiandu, Nkeka et Mbanza-Kuzi. De son côté, l'ONG catholique Caritas développement Matadi signale que les les militaires assailants se livreraient aux viols de femmes et de filles. Une cinquantaine de femmes et enfants, victimes de ces actes seraient hospitalisés au centre de santé de Nkeka.

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