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Pr. Steve Hanke : Une tempête prévisible

Dans une chronique d'avril 2007 dans Forbes Magazine , j'avertissais que les Etats-Unis étaient englués dans un cycle dangereux d'expansion-récession qui avait commencé avec le crédit bon marché et qui finirait avec l'écroulement des prix immobiliers et des cours des actions. Lorsque la récession est arrivée, elle s'est avérée pire que ce que j'avais prévu. Et maintenant ? Pour trouver un havre sûr au milieu de cette tempête, nous devons ignorer pour un moment les éditoriaux paniqués des divers médias et comprendre comment nous avons pu arriver dans des eaux si turbulentes.

Il y a de nombreux responsables dans cette crise, mais le principal est sans nul doute la Réserve fédérale américaine. Fin 2002, Ben S. Bernanke, alors gouverneur de la Fed , et désormais son président, persuadait Alan Greenspan, alors président de la Fed , que les Etats-Unis souffraient de la déflation. En conséquence, la Fed a appuyé sur l'accélérateur monétaire. En juillet 2003 le taux directeur de la Fed (le Fed funds rate ) a été abaissé à 1%, niveau auquel il est resté pendant un an. Ce taux d'intérêt artificiellement bas a déclenché le plus grand de tous les cycles de liquidités.

Le laxisme de la Fed a « stimulé » l'économie et a poussé les ventes finales à un rythme de croissance insoutenable de 7% en termes nominaux (soit avant ajustement de l'inflation). Cette politique monétaire laxiste encourageait en même temps les investisseurs à prendre des risques déraisonnables en cherchant des rendements élevés. Il a été de mode de faire un usage abusif de l'effet de levier. La pratique du « Carry Trade », consistant à emprunter dans des devises à faible taux d'intérêt et d'investir en même temps dans des devises à fort taux d'intérêt, est aussi devenue très populaire. « Empruntez, empruntez, empruntez ». Je regardais cette structure s'élever avec stupéfaction et terreur. Elle devait s'écrouler un jour ou l'autre. C'est ce qui s'est passé.

Les erreurs de politique monétaire de la Fed ont aussi affaibli le dollar et ainsi stimulé une inflation des prix des marchandises. Lorsque le dollar baisse relativement aux autres devises, le prix du blé, du maïs, du riz et du pétrole exprimés en dollars augmentent. La devise américaine a entamé sa chute début 2002, en grande partie à cause de la politique de la Fed , et a atteint son plancher mi-juillet 2008, ayant perdu 44% de sa valeur par rapport à l'euro sur la période. En même temps, le prix du baril de pétrole a été multiplié par sept, passant de 20 dollars à 146 dollars. A peu près la moitié de cette hausse a été due à une augmentation de la demande (du fait de l'Inde et de la Chine essentiellement) ; le reste peut être attribué au dollar faible. La même chose est arrivée aux marchandises échangées au niveau international telles que le riz ou le soja.

Le Congrès américain a aussi une part de responsabilité. En 2003 et 2004 Fannie Mae et Freddie Mac, les entreprises sponsorisées par l'Etat rachetant des prêts hypothécaires, se retrouvèrent au milieu de scandales comptables. Pour se débarrasser de la pression du Congrès, elles s'engagèrent à financer plus de maisons pour des foyers à faibles revenus. Le stratagème fonctionna à merveille : Barney Frank, membre du Congrès et présidant désormais le comité des services financiers du Congrès, ferma les yeux sur leurs ruses comptables et loua leur nouveau zèle. Fannie et Freddie devinrent les plus importants acheteurs de prêts hypothécaires « subprime » et « borderline » (les prêts « limites ») sur la période 2004-2007, avec des montants s'élevant à 1000 milliards de dollars, contribuant ainsi puissamment à la bulle immobilière et à leur propre déroute, qui n'allait pas tarder.

Alors que la Fed et le Congrès donnaient naissance à un désastre, l'Administration Bush n'était pas en reste. Elle contribua à faire empirer la situation en dépensant de manière imprudente et en accumulant une dette impressionnante. Quelques semaines seulement avant que le sauvetage géant ne soit décrété, l'office du budget du Congrès remettait un rapport déclarant que les dépenses de l'Administration avaient placé l'économie sur une pente dangereuse. Il projetait que sur la décennie à venir la dette publique croîtrait de 5.400 à 7.900 milliards de dollars (en dollars d'aujourd'hui), soit une augmentation de 46%. Cela ne comprenait pas les lourds passifs non financés des dispositifs Social Security et Medicare, qui culminent à … 100.000 milliards de dollars.

Quant au sauvetage de 700 milliards de dollars, l'Administration et le Congrès ont dû, pour le faire passer, affoler l'opinion publique et promettre de rétablir la sécurité – après que les multiples erreurs de l'Etat ont en réalité produit cette crise. Il est vrai que la tactique de la peur a pour sa part bien fonctionné. Mais le plan de sauvetage donnera-t-il les résultats escomptés ? Cela est peu probable. Il faudra s'attendre en effet à toujours plus de comportements politiques irresponsables ainsi qu'à une panique sur les marchés. Nous allons faire l'expérience dans le court terme d'une déflation générée par l'inversion de l'effet de levier, puis d'une inflation dans le long terme.

Steve Hanke est Professeur d'économie appliquée à l'Université de John Hopkins. Article publié en collaboration avec le Projet www.UnMondeLibre.org

© Congo Vision


Conférence de Me Marie-Thérèse Nlandu le 25 octobre 2008 à Genève


Avocate de son état, Me Marie-Thérèse Nlandu a été candidate à l'élection présidentielle de 2006 en RD Congo. Elle aété arrêtée et mise en prison sur ordre du président Joseph Kabila Kabange. Depuis sa sortie de prison, Me Marie- Thérèse Nlandu est devenue l'espoir pour un Congo nouveau. Chaque jour, les Congolais et le monde entier découvrent la grande détermination de cette dame à changer le destin du Congo. Cliquez sur les liens ci-dessous pour écouter son message aux Congolais depuis Genève.

http://www.tchape.org/fr/video4.php
http://www.youtube.com/watch?v=Zdt3f3YlYWI&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=wGG2U3ObbyQ&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=piYyRklSD74&feature=related

"Changeons ensemble la RD Congo et donnons de l'espoir aux générations futures.

Conférence du 25 Octobre 2008 à Genève avec Me Marie-Thérèse Nlandu à Genève

Annoncée depuis longtemps, la conférence de Me Marie-Thérèse Nlandu, avocat de son état, ancienne candidate à l'élection présidentielle de 2006 et ancienne prisonnière d'opinion sous le régime dictatorial de Joseph Kabange, a eu lieu hier à Genève, dans la salle de conférences de l'Institut universitaire d'études du développement (IUED). Des Congolais sont venus nombreux pour écouter cette grande dame congolaise. Ils sont venus de différents cantons suisses mais également d'Allemagne, de France et de Grande-Bretagne. Si parmi les Africains vivant en Suisse, on comptait la présence des Congolais en majorité, il y avait également des Togolais, des Sénégalais, des Tchadiens, des Equato-
guinéens, etc. Sans oublier la présence des Suisses. Bien sûr. La journaliste belge, Colette Braeckmann et le professeur Mwayila Tshiyembe, vivant en France, qui avaient été initialement annoncés n'ont pu faire le déplacement de Genève à cause d'une scintigraphie - elle a eu un pied écrasé - pour la première et à cause d'un voyage à Brazzaville pour le second. La journaliste belge a envoyé un message aux
organisateurs pour exprimer sa rage de ne pas participer à cette rencontre. Le second s'est excusé un jour avant l'événement.

Le politologue et écrivain congolais, Fweley Diangitukwa, a été le premier à intervenir après le mot d'introduction présenté par le président de la FCE-Suisse, M. Gilbert Mwako, et la présentation des conférenciers faite par le modérateur, M. Bafwa Mubengayi. Fweley Diangitukwa s'est attardé sur les causes qui ont poussé les Grandes puissances occidentales et les grandes firmes transnationales qui exploitent les minerais du Congo à organiser les fraudes électorales en 2006 avec l'appui et la complicité des bénéficiaires locaux. Les uns et les autres ont agi sous le couvert de la MONUC. En prêtant beaucoup d'argent à la RDC et en envoyant des soldats et des scrutateurs, les Grandes puissances occidentales poursuivaient un seul but : placer au pouvoir un patin (ou leur pion) qui servirait leurs intérêts au détriment de ceux du peuple congolais. S'appuyant sur sa publication aux éditions L'Harmattan en 2007 et
intitulé « Les fraudes électorales. Comment on recolonise la RDC », le conférencier a attiré l'attention des
participants sur les stratégies mises en place par les grandes puissances pour mettre la main sur le pactole minier congolais. Le conflit congolais repose sur des rapports de force déséquilibrés et sur une anticipation de la part des puissances étrangères qui surprennent les Congolais à chaque étape de leur histoire nationale. Il est temps, a-t-il déclaré, d'inverser le courant en poussant les Congolais à devenir maîtres de leur histoire et de leur destin. Cela passe par une stratégie et par l'élection des femmes et des hommes crédibles qui connaissent bien l'histoire du Congo avant d'accéder au pouvoir, qui n'ont pas commis de crimes et surtout qui ont un niveau intellectuel respectable.

Le second intervenant, M. Jo Moubiala, artiste compositeur et chargé de la communication au sein de la FCE-Suisse, a parlé de la place et du rôle des Congolais dans l'engagement politique. Il a rappelé la responsabilité qui est la nôtre face à notre destin. Les Congolais doivent apprendre à communiquer et à bien communiquer pour une meilleure compréhension des enjeux internationaux.
Dans la salle, on sentait déjà l'impatience d'écouter Me Marie-Thérèse Nlandu qui était l'invitée spéciale de cette conférence. L'assistance a refusé de prendre la pause prévue au programme afin de suivre cette grande dame congolais. Le moment fut fort, pathétique car elle a introduit sa conférence en montrant les images du Congo tel qu'il est actuellement : un pays complètement détruit où les enfants dorment dans la rue, affamés et à même le sol, où les femmes sont régulièrement violées par les soldats étrangers qui occupent le territoire national mais également par les soldats de la MONUC sans que la Communauté internationale crie haro. Un pays dans lequel les enfants écrivent encore sur leurs genoux car beaucoup d'écoles manquent de bancs, surtout à l'intérieur du pays. Un pays dans lequel la population a
perdu déjà tout sourire et tout espoir, car il n'y a ni création d'emplois ni salaire régulièrement payé. Après ce tableau très sombre, Me Marie-Thérèse Nlandu a longuement parlé de son passé, de sa lutte, des raisons qui avaient motivé sa candidature à l'élection présidence de 2006 mais surtout des circonstances de son arrestation et de sa détention, d'abord à Kin-Mazière et ensuite à la prison centrale de Kinshasa. La révolte était dans l'air en écoutant le comportement des geôliers à son égard et à l'égard des autres prisonniers. Tout le monde a compris que les droitsélémentaires de l'homme ne sont pas respectés dans le Congo de Joseph Kabange. Comme pour répondre une fois pour toutes aux racontars, aux rumeurs et aux bobards sur elle, elle a expliqué que sa foi religieuse l'a toujours obligée à ne pas
être rancunière et à savoir pardonner. A sa sortie de prison, elle a remercié, en guise de reconnaissance, tous ceux qui, de près ou de loin, l'ont soutenue et ont lutté pour sa libération. Fidèle à ses convictions et pour montrer sa grandeur d'âme, elle est allée loin jusqu'à remercier son bourreau pour l'avoir sortie de prison où il – le bourreau – l'avait envoyée faussement. Devant des esprits mesquins, bas, violents et ridicules, ne faudrait-il pas donner une autre image pour pousser à la réflexion ?

Est enfin venue la troisième partie de son exposé : « les échéances électorales de 2011 : entre peurs et espoir ». Claire, concise et précise, elle n'est pas allée par quatre chemins. Elle a répété sans arrêt que si les Congolais ne s' organisent pas, nous vivrons en 2011ce que nous avons déjà vécu. Il y a deux scénarios possibles : le pouvoir dans sa phase de violence extrême pourrait simplement annuler l'organisation des élections de la même façon qu'il a annulé le débat contradictoire à la veille du second tour ou le pouvoir actuel pourrait encore recourir aux fraudes massives en s' appuyant sur la violence pour permettre à ceux qui sont au pouvoir de continuer à jouir du pouvoir au détriment du
peuple. Pour écarter cette alternative, Me Marie-Thérèse Nlandu a appelé avec force et détermination le peuple congolais à se lever courageusement comme un seul homme pour à chasser l'imposteur et prendre définitivement en main le destin de notre pays. Elle a ensuite parlé, en se projetant dans un futur proche, de l'organisation administrative, économique et politique ainsi que du fonctionnement de la magistrature dans un Congo Libre. Des ovations à répétition dans la salle ! Elle a
dit et répété : le Congo n'a qu'un problème car tous les autres y sont liés : c'est celui de la justice. « Le jour où il y aura un réel Etat de droit, le Congo sortira du chaos et je suis prête à œuvrer pour cela ». Encore des ovations à répétition dans la salle ! Son discours était si riche qu'il est impossible de reproduire tous les aspects.

Pour conclure, elle a demandé aux Congolais de s'unir, comme en 1959, pour chasser l'ennemi qui ne sert pas les intérêts des Congolais mais qui participe astucieusement à la destruction du Congo.
A la fin de son discours, les questions et les suggestions fusaient de partout mettant le modérateur dans l'embarras car la parole était demandée simultanément. Un compatriote venu de France a proposé que le Congo en tant qu'Etat porte plainte contre la Banque mondiale et le FMI pour les erreurs qu'ils ont commis en RDC, un autre compatriote a demandé aux Congolais de l'étranger de ne plus envoyer de l'argent à leurs membres de famille pour pousser les Congolais à descendre dans les rues et mettre fin rapidement à ce pouvoir irresponsable qui ignore la misère du peuple, un autre a exprimé sa révolte contre le pouvoir ignoble de Joseph Kabange qui a tué les adeptes de Bundu dia Congo dans le Bas-
Congo sous prétexte de restaurer le pouvoir de l'Etat mais qui est incapable de faire respecter le même pouvoir d'Etat dans l'Est de la République où des millions de Congolais sont tués, où les femmes sont quotidiennement violées et où les populations sont contraintes de fuir les terres de leurs ancêtres. La révolte était totale dans la salle !

Quelques compatriotes, venus de Londres et membres du groupe de combattants, ont refusé que le cameraman de la RTNC qui a filmé, à côté d'autres cameramen, parte avec les images. Ils ont arraché et confisqué les casquettes. Dès que les esprits ont commencé à se chauffer, deux policiers sont descendus dans les lieux pour remettre de l'ordre.

La conférence de samedi avec Me Marie-Thérèse Nlandu est mémorable. Elle a jeté le pont et a attiré l'attention des Congolais sur l'indispensabilité de construire l'union face à l'ennemi mais aussi face aux Congolais qui soutiennent l' ennemi pour leurs intérêts privés et égoïstes.

Samedi, 25 Octobre, à Genève, c'était une première. Tout en reconnaissant en Me Marie-Thérèse Nlandu une grande dame qui souffre le martyre, le public a également trouvé en elle l'auréole pour la lutte d'un Congo Libre et Indépendant. Une vraie leader est née : patriote, intelligente, sage, prudente et très à l'aide avec les questions de droit, des relations internationales, de géopolitique et/ou de développement. Que faut-il de plus ? Il appartient aux Congolais de la soutenir afin de finir définitivement avec l'occupation, la traîtrise et la mainmise étrangère sur le pactole minier congolais.

FD
Congolais de l'étranger

afriquenouvelle@bluewin.ch



 
 
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