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LE PRESIDENT DE LA C.E.I. IVOIRIENNE YOUSSOUF BAKAYOKO : EST-IL CELUI PAR QUI LE SCANDALE EST ARRIVE ?

Case de départ : la Congolisation de la Côte d'Ivoire !

La crise ivoirienne bât son plein. Personne ne peut, à ce jour, prévoir son dénouement. Mais, comparaison n'étant pas raison, à chaque fois qu'une telle crise est arrivée au Congo-Kinshasa, qui a déjà plus d'une fois deux gouvernements, deux premiers ministres, deux constitutions, deux pays dans un seul, est qu'il suffit d'une autre crise internationale pour que la Côte d'Ivoire soit oubliée. Qu'arrivera-t-il aujourd'hui à la Côte d'Ivoire si l'on apprend vers le Pays du soleil levant les armes risquent d'avoir droit sur la retenue ?

Qui a aidé à déclencher les hostilités !

Mais, avec le temps aussi, des langues commençant à se délier, Laurent Gbagbo n'est plus le seul à être tenu comme le grand bandit de la crise actuelle. Et, de plus en plus, une opinion commence à se poser la question s'il ne faudra pas renverser la logique : regarder du côté de ceux qui ont le soutien de la Communauté Internationale . Dans un article, Thierno Monénembo rappelle un proverbe Peul qui dit qu'à force de jeter la grenouille, celle-ci finira dans un marigot ! On sait, certes, comme le fustige encore le même écrivain Guinéen, que Bedié, Ouattara et Gbagbo c'est comme blanc bonnet, bonnet blanc dans la politique ivoirienne ; chacun ayant apporté et nourrit les germes de la crise actuelle, avec son concept, avec son mode de gestion politique, avec ses petits bagages politiques. Et qu'entre tous, les torchons continueront toujours à brûler, l'élection n'ayant été qu'une occasion tant rêvée; quitte à trouver celui qui va leur en offrir l'occasion. Sont-ce Youssouf Bakayoko, le très médiatisé en occident président de la fameuse Commission Electorale Indépendante, et une certaine communauté internationale réduite à la France, les USA qui entraînent leurs poulains, ou vice-versa, qui leurs en donne enfin l'occasion ?

Il faudra jeter un coup d'il du côté du génocide rwandais (puisque en Côte d'Ivoire aussi on commence à user de ces gros mots internationaux que les messieurs de l'ONU aiment pour appeler à plus de fermeté contre Gbagbo), avec l'assassinat d'Habyarimana ayant été l'élément déclencheur du génocide. Il faudra dès lors se poser la question, dans le cas de la Côte d'Ivoire, qui porte la malheureuse responsabilité d'avoir déclenché les hostilités entre les éléphants pour enfin faire souffrir l'herbe, donc le peuple ?

Interview de Bakayoko

Et, pour quiconque a eu l'occasion de lire l'interview du président de la Commission Electorale Indépendante ivoirienne, surtout celle publiée dans le site de la RFI, il subsiste plus de questions à se poser que des réponses à donner. Il est incroyable qu'un politicien d'une telle carrure et devant montre d'une probité morale irréprochable puisse laisser des non-dits qui risquent d'en dire beaucoup sauf qu'il fut impartiale et indépendant. Les gens n'ont plus ni les yeux, ni les oreilles dans les poches. C'est ce que plus d'un oublient souvent, en prenant en compte le fait que, quelques jours avant, une télévision française diffusait les fameux documentaires sur la Françafrique  !

D'abord, le président de la CEI a peut-être oublie de donner dans les détails, son emploi de temps les heures précédant son annonce des résultats des élections à l'Hôtel du Golfe; notamment oublier de rappeler sa dernière sortie sur la télévision ivoirienne lorsqu'il affirma que le consensus n'était pas encore là et qu'ils travaillaient dessus. Puis, subitement, (Dieu merci), la suite de l'interview, grâce notamment au savoir-faire du journaliste devient incroyable :

Pourquoi pas l`Onuci ?

Non, parce que l`Onuci n`est pas un territoire ivoirien. L`Onuci est un territoire que l`on peut considérer comme extraterritorial.

Mais pourquoi choisir l`endroit où se trouve le quartier général d`un des candidats, Alassane Ouattara ?

Ecoutez, moi je l`ai su par la suite. Je ne savais pas qu`il habitait là.

Mais, tout le monde le savait quand même. Pourquoi vous, vous ne le saviez pas ?

Parce que je n`ai pas à savoir ce que tout le monde sait parfois.

Alors, là, tout observateur se rend compte qu'un président de la Commission Electorale Indépendante, en ces jours-là de forte tensions, ne pas savoir qu'Alassane Ouattara se trouvait à l'Hôtel du Golfe, fait forcer la dose proche d'un mensonge grossier difficile à avaler, peut-être savait-il tout au moins que Guillaume Soro s'y trouvait. Puis, en ces moments-là d'insécurités, comme il le dit, où pouvait-il avoir plus de sécurité que dans l'enceinte de l'ONUCI ?... L'ONUCI territoire étranger, certes, mais c'est ce territoire étranger que tous évoquent comme gage des élections et des résultats provisoires !

A tout Seigneur, tout honneur

Alors, la question, Bakayoko, n'est-il pas celui par qui le scandale est arrivé. Car, ayant déjà transmis les résultats à la Cours Constitutionnelle, son travail de leur proclamation, surtout que c'est en dehors du délai constitutionnel, devenait une façon tout simplement de mettre le feu aux poudres ; notamment lorsqu'il affirme lui-même que, n'ayant pas eu de consensus, ils envoyèrent les résultats à la Cours chargée seule de statuer. Puis, le fait de l'avoir fait, seul, retranché au Quartier Général d'un des protagonistes, sent tout sauf son indépendance ; surtout lorsqu'on sait actuellement que ce sont des diplomates qui l'y auraient améné. Si, lui, Bakayoko ne le savait pas, ses heureux accompagnateurs le savaient sûrement et savaient aussi qu'en l'entraînant dans cette voie, c'était vraiment tenter le diable de la crise et placer le monsieur dans une position inconfortable vis-à-vis de l'opinion. Quoi que l'on en dise aujourd'hui, ce fut une erreur monumentale de l'avoir amené proclamer les résultats à l'Hôtel du Golfe. Malgré ses déclarations, qu'est-ce que garantie qu'il ne fut pas forcé de le faire, comme on accuse aussi le monsieur de la Cours Constitutionnelle de l'avoir fait aussi pour plaire à Gbagbo.

Ayant constaté ce qui apparait être un coup d'Etat contre les institutions ivoirienne, c'est-à-dire la Cours Constitutionnelle, et de ce fait une épreuve de force engagée, le camp Laurent Gbabgo se serait-il alors décidé de passer à la vitesse supérieure en commettant une grave irrégularité ; c'est-à-dire se faire proclamer chef de l'Etat, sans que la Cours Constitutionnelle puisse demander aux bureaux considérés irréguliers de reprendre les élections et aussi rapidement possible pour ne pas donner du temps à l'autre camp de préparer ses armes ?

Mais, comme dans le cas du génocide rwandais où chaque camp avait ses espions dans le camp adverse, est-ce parce qu'ayant vent que la Cours Constitutionnelle se préparait à annoncer la victoire de Gbagbo que le camp Ouattara et Soro, appuyé par la communauté internationale, c'est-à-dire amis de Ouattara voulurent ainsi passer à la vitesse supérieure pour créer ainsi un précédant électorale et pousser à des pressions sur Gbagbo ? De deux choses, l'une !

Puis, le fait de voir le sieur Bakayoko se pavoiser en Europe dans des explications qui donnent l'impression d'avoir été tout sauf convainquant, contribue juste à cette opinion attestant que Monsieur Youssouf Bakayoko fut tout sauf un indépendant et qu'il roulait en fait pour la cause de Ouattara et de la communauté internationale qui lui offrent ainsi des facilités actuelles de voyage ; de s'exprimer et de raconter son évangile que personne ne semble se laisser convaincre.

Attendons voir !

En tout cas, les jours à venir et une enquête sérieuse risque de dévoiler encore plus sur les mensonges débités depuis le début de cette crise. Dans un camp comme dans l'autre. Car, il est aisé, conseillait un philosophe, de mentir. Mais, souvent il n'est pas aisé de trouver dix autres mensonges pour défendre le premier mensonge.

Les médias ! Quelle impartialité parfois !

Du côté des médias, Dieu merci aussi qu'ils commencent à devenir plus sains ; les jargons commencent à évoluer du « le président reconnu par la communauté internationale » à celui « reconnu presque par toute la communauté internationale » et encore reconnu par « une partie de la communauté internationale » car, la partialité, surtout dans les médias internationaux, est criante. Avec cette bête approche : les ivoiriens à qui reviendra la dernière décision ne suivent pas ces médias et ce fait d'avoir donné l'impression de privilégier un camp a tout simplement donner du tonus à celui qu'on présentait comme illégal.

Certaines interviews donnaient l'impression que le journaliste était un petit autodidacte à qui avaient été dictée des questions et une police éditoriale à respecter. Et, souvent, le ridicule approchait le scandale !

Le camp Gbagbo aussi !

Mais, dans le camp de Laurent Ggagbo aussi, il est des choses qui se font dans un temps et dans un environnement que d'autres temps et d'autres environnements ne permettent pas. Si la communauté internationale avait presque fermé les yeux sur les récents imbroglios électoraux au Kenya et au Zimbabwe, dont les déroulements sont identiques à ce qui s'est passé à Abidjan, ceci risque de déclencher une sonnette d'alarme à la dérive démocratique en Afrique. Et, la communauté internationale acculée risque de se dire : il faudra taper du poing sur la table ! Comme quoi, il est important de tirer les leçons de l'histoire.

Norbert X Mbu-Mputu,

Journaliste indépendant et écrivain

Newport, Royaume-Uni

Janvier 4, 2011

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