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JUSQU'OU IRA LE NOUVEAU TERRORISME DIPLOMATIQUE ET GEOPOLITIQUE AINSI EXHUME ?

Par

Norbert X MBU-MPUTU

« Sicut et nos dimittimus debitoribus nostris [Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés]

Seigneur Dieu, pardonne à l'Europe blanche ! (…)/Ah ! Seigneur, éloigne de ma mémoire la France qui n'est pas la France, ce masque de petitesse et de haine sur le visage de la France/Ce masque de petitesse et de haine pour qui je n'ai que haine – mais je peux bien haïr le Mal/Car j'ai une grande faiblesse pour la France.» (Léopold Sédar Senghor, Prière de paix )

Newport, 10 octobre 2011. Terrorisme. Le mot est à la mode. Jean Sévillia y consacre un petit ouvrage au titre provocateur et évocateur : « Le Terrorisme intellectuel de 1945 à nos jours.» (Perrin, 2004). Oui, il existe un terrorisme intellectuel , constate-il . Ces traditionnels intellos de la rive droite ou de la rive gauche qui se connaissent, se fréquentent, professent jour et nuit. Ils sont les seuls et les mêmes à se faire inviter par les grands médias attitrés. Eux seuls ont droit au chapitre des débats mondiaux. Ils inventent des mots et des concepts. Ils expliquent comment va le ciel et la terre. Ce sont nos mots. Il s'arrogent même le droit de savoir et de téléguider même comment on peut aller au ciel. Mais, ils font et sont pires. Ils affirment une chose aujourd'hui et son contraire demain. Ils adorent ce qu'hier ils ont brûlés ou que demain ils brûleront. Ils brûlent ce qu'hier ils ont adoré. Ils ont par exemple soutenu et fait la publicité en Occident de Fidel Castro et sa révolution cubaine ou du Timonier Mao avec sa révolution culturelle, hélas, malgré toutes leurs théories humanistes et légalistes, ils ont tous semblé fermer les yeux devant les exactions de la place Tienanem, la misère qui sembla s'installer au Cuba et le manque des libertés individuelles dans ces deux pays. Et lorsque Soljenitsyne révéla au monde libre le système stalinien, ils se lancèrent alors de son côté, oubliant que dans la période après-guerre ce sont eux qui, par des écrits, des conférences et des prises de positions étaient les chantres du fameux système russe, du marxisme ou du communisme, considérés alors comme le paradigme du pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple.

Que dire de ce terrorisme intellectuel ? « C'est un système totalitaire. Mais d'un totalitarisme patelin, hypocrite, insidieux. Il vise à ôter la parole au contradicteur, devenu une bête à abattre» , écrit l'auteur. Il analyse : « Les circonstances varient, mais le procédé reste le même. Il consiste d'abord à imprimer dans l'imaginaire du pays un archétype du mal. Depuis la guerre, cette funeste figure a été incarnée par le fasciste, le capitaliste, l'impérialiste, le colonialiste, le xénophobe, le raciste, le partisan de l'ordre moral. » On ajouterait volontiers aujourd'hui les étiquettes qui nous aident à aller larguer et à faire pleuvoir des bombes dans des pays d'autrui : l'Afghanistan, l'Iraq, la Libye et la Côte d'Ivoire. Pour ne prendre que ces exemples tout en ne refermant pas la parenthèse. « Ces étiquettes, au minimum, déforment la réalité ; au pire, elles mentent. » Aimé Césaire arrive à la même conclusion lorsque, du haut de la tribune, il crie : « On peut tuer en Indochine, torturer à Madagascar, emprisonner en Afrique Noire, sévir aux Antilles. Les colonisés savent désormais qu'ils ont sur les colonialistes un avantage. Ils savent que leurs "maîtres" provisoires mentent » (Discours sur le colonialisme, 1950).

Et, ces intello ou plutôt ces terroristes imposent au monde entier de n'avoir qu'un seul devoir : les suivre, eux les intellectuels, dans leurs pérégrinations faites parfois d'essais et erreurs . Car, ils sont aussi humains, constatons-nous parfois grandement en retard. Après nous avoir fait avaler qu'il existait neuf planètes par exemple, un jour, sans nous poser la question, ils se réunirent quelque part et nous obligèrent désormais de mémoriser qu'il n'en existe que huit. Incroyable ! Et personne ne nous explique pourquoi a-t-on décidé de déboulonner Pluton de l'Olympe. En fait, conclut Jean Sévillia, « pratiquant l'amalgame, le procès d'intention et la chasse au sorcières, cette mécanique totalitaire fait obstacle à tout vrai débat sur les questions qui engagent l'avenir» . De là, à glisser vers le nouveau terrorisme, il n'y a qu'un petit pas qu'il faudra franchir courageusement.

Le terrorisme géopolitique et géopolitique. Mais, c'est lorsqu'ils flirtent la politique, c'est-à-dire la gestion de la cité aujourd'hui planétaire, que la chose devient une vraie apocalypse. C'est la nouvelle donne en vogue. Le nouveau terrorisme. Tout aussi dangereux que celui des poseurs des bombes et des égorgeurs des touristes innocents. Nous le qualifions du terrorisme diplomatique et géopolitique . En attendant que les terroristes intellectuels nous secourent avec un nouveau concept. Nous sommes à l'heure de ce terrorisme-là. C'est-à-dire des messieurs dirigeant du monde qui décident ce qu'ils veulent et l'imposent par toutes les forces possibles ; et même lorsqu'ils se retrouvent avoir été dans l'erreur, personne n'a le droit de le faire remarquer et ils ne demandent même pas pardon. Pour leurs besoins de la cause, ces messieurs-là se servent de tout et de rien ; inventent tout et rien et prennent tout en otage : l'ONU, la Cours Pénale Internationale, l'Interpol, le droit de véto au Conseil de Sécurité. René Depestre les pointe du doigt dans un poème célèbre : « Tant qu'il y a un Pouvoir/(Etat, Police, Corps de Sécurité,/Armée, Eglise, Parti, Tigres, etc.)/Il y a toujours quelque part/Un homme très triste/Un peu fou/Et terriblement seul/Avec la peur bleue qu'il a/De la liberté/Des autres hommes ».

Des exemples sont légions. Ils amènent le monde en guerre en Irak après des suppositions ou des hypothèses de l'existence d'armes de destructions massives. Ils stigmatisent le mot, en fait recourent au premier terrorisme, passent outre même l'ONU et ses résolutions. Puis, ils brûlent la Côte d'Ivoire pour un problème électoral et maintenant ils sont prêts à amener l'ancien président Gbagbo à leur Cours Pénale Internationale, pour lui montrer ses limites et servir de leçons aux autres récalcitrants probables et possibles. Mais, pour cela, ils inventent la réconciliation en Côté d'Ivoire. Mais, le mot, ils recourent à leur alter ego, le terrorisme intellectuel , pour lui donner leur propre contour. Car, là, c'est différent comme en Afrique du Sud où le concept est né, voici belle lurette. Ils massacrent la Lybie ; mais lorsque les faits les amènent au Yémen et en Syrie, Dieu seul sait par quelle magie forcent-ils la mondialisation à accepter que là, oui, ils le disent, urbi et orbi , c'est différent. Personne n'a le droit d'affirmer l'inverse. Pire, le terrorisme géopolitique et diplomatique a aussi surtout ses acolytes, ses chantres, ses troubadours et ses thuriféraires. Ils se recrutent dans les médias, dans les universités aussi, mais surtout en Afrique parmi les disciples fidèles d'entre les fidèles à qui on distribue l'étiquette de « bon dictateur » . On y reviendra.

De nouveaux instruments. Mais, le terrorisme géopolitique ou diplomatique a de nouveaux instruments taillés sur ses mesures. La Cours Pénale Internationale en est une. On l'appelle à la rescousse à gauche, tandis qu'à droite on la fait suspendre en l'air comme l'épée de Damoclès. Personne ne s'explique comment et pourquoi Jean-Pierre Bemba du Congo Kinshasa doit trimer à la Haye et que celui qui l'a invité, l'ex. Président centrafricain Ange Félix Patassé, (paix à son âme) n'est jamais venu à la barre ! Il parait que c'est différent ! Et, pour ce cas navrant de la République Démocratique du Congo, d'autres recherchés jouent au billard et au tennis avec les casques-bleus qui, dit-on, les rechercheraient. On a tout compris. En Côte d'Ivoire, c'est à la Haye que la réconciliation ivoirienne sera rendue possible selon la logique d'un acolyte, il faudra entendre un troubadour ou un thuriféraire, sa présence en Côte d'Ivoire freinerait la réconciliation. C'est donc la Cours elle qui va sûrement juger, in fine , Laurent Gbagbo et sa femme, en attendant que la nouvelle justice ivoirienne se charge d'interdire la Front Populaire Ivoirien en le déclarant peut-être anticonstitutionnel. On est dans les suppositions, certes. Malheur aux vaincus. C'est la loi applicable du nouveau terrorisme. Car, le terrorisme nouveau qui a ses patrons et ses acolytes ne va pas du dos de la cuillère : « selon qu'on est puissant ou faible, nègre ou pas, le jugement vous rendra noir ou blanc ». C'est à peine si on sait encore sur quel vrai pied danser. C'est à la fois rigolo et ridicule et honteux et frustrant et révoltant et inexplicable et indéfendable. A court, à moyen et à long terme.

Se servant de la première forme et force du terrorisme, les nouveaux terroristes commencent à agir tellement au grand jour et refoulant des lois dites immuables de diplomatie et de relations internationales que le monde lui-même semble être devant un vrai banditisme diplomatique ou un barbarisme politique international incompréhensible. Les agissements ressemblent parfois à une vraie délinquance similaire à celle des pirates aux larges des côtes somaliennes qui, n'ayant plus des proies, commencent à se glisser vers les paisibles touristes sur les côtes kenyanes. Il faudra voir comment les diplomates libyennes de l'ancien régime furent chassés de l'ambassade de Libye à Londres. Les professeurs des sciences Po ont sûrement des vertiges. Certes, un vrai barbarisme… ne pas me prendre au mot. En arrivant conquérir la Grande-Bretagne au début de l'ère chrétien, les Romains disaient avoir à faire aux barbares. “We are dealing with the barbarians” , note une traduction anglaise de Tacite.

Incroyable. Un professeur de politique internationale se mordrait ses doigts. La chose a commencé avec la Côte d'Ivoire, est a traversé le Sahel, avec des applications et des complications jamais vues de mémoire d'homme depuis la fin de la guerre : les ambassadeurs qui s'autoproclament et qui se font accepter sans lettre de créances de leurs présidents ! On ne devient plus président après prestation de serment, mais bien avant. Les drapeaux nationaux qui s'acceptent et qui se rabrouent sans être acceptés au référendum. Des rebellions qui deviennent représentants des peuples, sans avoir été elles-mêmes élues. Le tapis rouge d'ailleurs a perdu sa valeur et sa couleur tant on ne sait même plus devant qui on le déroule désormais. Même le Secrétaire Général ou l'ONU devient un quasi-objet de risée ; quant à la fameuse Union Africaine, lorsqu'il s'agit de l'Afrique, c'est la grande farce et comédie des messieurs qui se croient se prendre trop au sérieux. Il faudra analyser et regarder les choses objectivement et non subjectivement.

Mutatis mutandis. Ils se ressemblent et se rassemblent les trois formes terrorismes : celui auquel nous sommes habitués, le terrorisme classique ou le terrorisme-terrorisme , celui des auteurs du « September Eleven » et qui n'a pas besoin d'explications pour ne pas le compliquer davantage et qui parfois prend le nom d'Intifada ou d'AQMI ; le terrorisme intellectuel , celui découvert par Jan Sévillia et le tout dernier celui que tous notent poindre à l'horizon, sans le nommer : le terrorisme diplomatique et géopolitique. Ils sont dangereux et partisans du totalitarisme, du fascisme et sont même proche du nazisme new look. Les deux mots ne sont plus à la mode, sauf lorsqu'on parle du sionisme. Ce sont les deuxièmes terroristes qui nous l'imposent en attendant qu'ils nous trouvent le bon concept pour qualifier le troisième terrorisme.

Le nouveau terrorisme se sert aussi du second. Pour preuve, la nouvelle guerre de Tripoli par exemple, c'est un philosophe, dit-on, c'est-à-dire un terroriste intellectuel , qui avait pris son téléphone (ah ! si tous avions cette ligne-verte-là !) et appelé le président Sarkozy, en direct, sans interférence, et lui donner les ordres indiscutables de se faire armer vite et d'aller battre le fer par le fer. Il inventa sûrement et très vite l'hymne national : les civils à sauvegarder. Et le mot, tel une chanson funèbre, fut repris par tous ; même les Nations Unies reprirent le refrain, puis, on s'en doutait bien, la Cours Pénale Internationale aussi. Il faudra être le comédien de la RFI avec sa république du Gonduana pour se poser la question de savoir par quelle magie devient-on civils à sauvegarder. La question se pose dans toute l'Afrique désormais et n'a pas de vade-mecum . Il faudra donner à la nouvelle trouvaille des outils de rétorsion : l'OTAN en chômage depuis la chute du Mur de Berlin n'est pas loin. Même les avions de guerre Britanniques dont les agents devaient être mis en congé technique, faute des budgets d'entretien, reprirent les airs. Avec la fin des opérations en Lybie, ils sont au chômage désormais. Puis, il faudra habiller le tout car le dernier terrorisme a besoin d'habits neufs. Toute une résolution de l'ONU ! Les pauvres palestiniens qui attendent que les leurs soient appliquées se font mordre les doigts. D'où leur nouveau terrorisme diplomatique et géopolitique , l'acte à qualifier de vrai banditisme, de leur président d'aller lui-même demander l'adhésion de la Palestine à l'ONU ! Ce monsieur-là n'aura pas les cheveux Blancs…

Pour revenir à la Libye, comme jadis en Côte d'Ivoire, la fameuse interprétation de la résolution des Nations Unies a plongé les deux derniers terrorismes dans une danse incroyablement cacophonique. Des terroristes intellectuels, oui, eux, vinrent encore nous expliquer comment la zone d'exclusion aérienne voulait dire aussi des bombardements ciblés et chirurgicaux . Dieu seul sait si ces mots disent la même chose. Puis, entre les sourires aux questions des rares journalistes encore libres et rescapés de la maladie terroriste - car ces deux terrorismes se sont inoculés dans la presse au point où personne ne jure plus sur la validité de nouvelles - on s'entendit glisser facilement de la zone d'exclusion aérienne, au changement de régime, puis à cibler le monarque à déchoir. S'il venait à mourir, bon, ce n'est pas prévu dans la résolution. Dieu merci qu'on comprend. Puis, lorsque le bunker ne peut pas être pulvérisé par ceux qu'on prétend venir soutenir, on y met soi-même ses pieds. En Côte d'Ivoire, ce sont les Français en personnes qui arrêtèrent l'ancien président Gbagbo et le livrèrent aux Forces Nouvelles. La chose n'est pas neuve… L'inverse étonnerait… En Lybie, malgré les promesses de ne pas avoir des hommes Britanniques sur le sol libyen, on en sait plus actuellement que la bataille de Tripoli ce sont des SAS aussi ou surtout.

Ce genre de nouveau terrorisme diplomatique et géopolitique est dangereux car il n'y a plus ni loi ni foi immuables. Une vraie tabula rasa de ce qui a été dit et fait et accepté depuis. Le droit qu'on a dit international n'existe plus. Les usages diplomatiques, les principes sacrosaints d'Etat, nation, ambassadeurs, rebelles, élections, frontières, démocratie, politique et que sais-je encore subissent des mises à jour inquiétant. La fameuse géopolitique mondiale de jadis a volé en éclat. Les messieurs des Sciences Po et de grandes administrations sont déboussolés. On accrédite des rebelles et on signe des contrats avec eux. On invente des mots et des concepts. On invite les Fonds Monétaires International ou la Banque Mondiale dans la danse, on escorte l'ONU et on tourne en dérision l'Union Africaine par exemple, lorsqu'il s'agit de l'Afrique. C'est au perron de l'Elysée que le Directeur d'une institution financière internationale démontre ce terrorisme au sujet de la Côte d'Ivoire. Sur la question de gèles des fonds de l'équipe Laurent Gbagbo lui prié par le président de la France, il dit que c'était déjà chose faite. Puis, il sourit ! Incroyable car, on se demanderait sur quelle base avait-il déjà agit !

Les nouveaux médias sociaux. La chance ou la malchance aujourd'hui est que tout le monde commence à apprendre à se rebeller contre eux : Face book et surtout Wikileaks, pour ne prendre que ces exemples. Alors, là, ils ne badinent pas : histoire de viol pour le monsieur australien qui doit finir ses jours aux USA. Tôt ou tard. Il a trop osé. Car, quant ils usent de leur terrorisme intellectuel qui se mue en terrorisme diplomatique et géopolitique , ils y vont avec leurs presses qui parfois fait grande honte. L'analyse des images de grands médias lors des affrontements de la Côte d'Ivoire est une grande honte. Dieu merci que tous sont nés, comme on le dit au Bénin, avant la honte. Le monde des universaux s'effondrent désormais. Les informations ne sont plus « managées » par l'empire Murdock qui a fait scandale avec des écoutes téléphoniques même des « en-haut-d'en-haut » et par des spécialistes qui nous servent ce qu'ils peuvent, veulent ou pensent. C'est le brut, le brutal, le nu désormais. Au Congo-Kinshasa, un confrère invente ce qu'il appelle « le système de la tige » : un microphone sur la rue, une caméra, une antenne et on y va à l'information qui passe. Au propre comme au figuré. Les puristes crient à la bassesse et à l'hérésie et à l'hystérie. Le commun des mortels lui avale la sauce. C'est le règne de la télévision-réalité qui envahit la place publique, notamment avec Al Jazzera qui rafle l'audience à la gigantesque CNN. Il semble que les deux sont blanc bonnet, bonnet blanc. Nous sommes à l'aurore d'une révolution contre tous les terrorismes. Une révolution aussi dangereuse que le terrorisme intellectuel lui-même. Car, la nature a besoin des intellos pour la guider droit, juste, beau, bon et moral. Le vide des intellectuels laissera la place demain ou le lendemain à une bizarrerie d'un monde sans gouvernail, sans balises de navigation, sans guide suprême, sans grade et sans garde (fous). Le vingt-et-unième siècle sera moral ou ne sera pas. Il faudra une éthique à la mondialisation.

Depuis lors, l'ironie et l'humour africain, comme le rappelle un journaliste de RFI dans ses chroniques, pour ne prendre que cet exemple, commence à se poser la question de savoir ce qu'il faudra faire pour appartenir aux heureux chanceux civils libyens ? Tout le monde sourit et comprend.

Il s'enracine quelque part. Ce nouveau terrorisme qui semble nouveau, comme leur alter ego, dure depuis bientôt cinquante ans aussi. Il est né pratiquement avec la fin de la deuxième Grande Guerre. Car, vinrent la création de l'ONU, l'institutionnalisation du terrorisme financier avec les messieurs de Breton Wood. Et tout ce qui s'en est suivi. De bonnes choses comme les droits humains, le Haut Commissariat aux Réfugiés, mais aussi de mauvaises : Hiroshima, la guerre froide, le Mur de Berlin et le rideau de fer. C'est en fait une façon pour les grands de ce monde qui se servent des notions précitées et de ne pas perdre la commande de la machine planétaire. Après l'évangélisation, la traite des noirs, la colonisation, personne d'entre eux n'attendait les indépendances. Kwame Nkrumah, Sékou Touré, Gnasser, Haillé Sallassié, Lumumba, Fidel Catro, Marcus Garvey, Malcom X, comme réveillés dans un nid de flammes répandirent les indépendances comme des mangeurs des sauterelles et des grillons qui prenaient leurs sagaies et criaient « Uhuru » - liberté. Juste pour reprendre ce poème anticolonialiste et anti-dictature du Congolais Matala Mukadi Tshiakatumba. Ils décidèrent alors, au nom de la Guerre Froide, d'inventer des réalités nouvelles : des dictatures et des dictateurs qu'ils soutinrent autant qu'ils acheminèrent à Paris, Bruxelles, Londres et Washington des mallettes et les Djembé bourrés des dollars. Qui y aurait cru ! Robert Bourgi vient en fait de donner de l'eau au moulin de ce débat. Il leurs fallait mettre des peaux de bananes aux pieds des indépendantistes et des aventuriers des nègres libres mais qui n'étaient pas cooptés par eux. Les terroristes géopolitiques et diplomatiques recourent alors aux terroristes intellectuels, leur alter ego , pour retrouver et forger les concepts : la Françafrique , le pari congolais , pour ne prendre que ces deux ci. Chaque pays a eu son malheur d'avoir osé demandé les indépendances. Puis, tout ce qui s'en est suivi jusqu'alors. La guéguerre est inévitable.

Désormais, derrière chaque mot, derrière chaque changement, derrière chaque élection, derrière chaque changement de régime, de nouveaux anti-terroristes lorgnent. Ils entendent ne pas se voir ravoir leur printemps arabe. Leur paradigme est désormais la Place Tahir au Caire. En fait, il faudra se demander si le terrorisme diplomatique et géopolitique actuel ne semble pas être déboussolé avec la fin de la guerre froide, la chute du Mur de Berlin et la réunification allemande. Il existe un vide. Les armes de destructions massives qui recherchent où se faire larguer. La nature ayant horreur du vide. On voit par exemple l'OTAN, oui l'Organisation de Traité l'Atlantique Nord, créée pour contrecarrer l'influence rouge des pays du Pacte de Varsovie, on voit l'OTAN en guerre en Libye… Qui interroge encore les Statuts de l'OTAN ?... Nous voilà pris au piège.

Les dangereux retours et recours à ce terrorisme. Mais, actuellement, nous vivons réellement sous le ciel de ce nouveau terrorisme géopolitique et/ou diplomatique . Un genre de nouveau banditisme et barbarisme internationaux, s'il l'on y prend garde. Il a comme maternité et paternité des pools d'influences postcoloniales : Washington, Londres, Paris et Bruxelles , comme siège de l'Union Européenne . Même la Chine et la Russie qu'on croit parfois jouer au contrepoids sont hypocrites à un niveau impensable. On ne sait plus sur quel pied danser. On ne jure plus sur les lendemains des Etats et des frontières et la survie des régimes. Personne ne croit plus, à une certaine mesure, à une certaine démocratie héritée des anciens Grecques ou à une république à la manière d'anciens Romains. Tout étant actuellement des réalités et des données à géométrie variable.

Il faudra avoir eu l'occasion de discuter Afrique par exemple au Secrétariat d'Etat américain, au Foreign Office à Londres ou au Quai d'Orsay à Paris pour s'en rendre compte, disent ceux qui ont eu à le faire. Surtout lorsqu'on est soi-même africain. On est déboussolé. C'est à peine si l'on retrouve son Afrique natale. L'image est vraiment déformée dans des clichés incroyables et les solutions et propositions déconnectées les unes des autres, sauf si l'on prend en compte le terrorisme nouveau comme soubassement de tout. Des experts vous forcent à les avaler. Et quels experts ! Soit qu'on a affaire aux jeunes gens ayant terminés dans de grandes universités pour qui la seule Afrique qu'ils connaissent est celle des livres anciens d'ethnologues d'avant-guerre ou des récits journalistiques de nouveaux jeunes journalistes-touristes, partis en Afrique servir le dernier terrorisme. Certains sont tout simplement des disciples d'anciens messieurs Afrique ou leurs petits-fils ou leurs gendres. Car, on Occident, les classes sociales et les origines comptent encore. La féodalité n'a pas encore tiré sa révérence. Il faudra ainsi attendre vers la fin de leurs vies, ces messieurs spécialistes de l'Afrique, pour qu'ils confessent leurs forfaits. Actuellement Robert Bourgi se fait bonne conscience et enlève la couverture de la Françafrique, tandis que Larry Devlin, l'ancien directeur de la CIA à Kinshasa pendant les années des indépendances publie ses mémoires juste avant sa mort. Le boa est éventré et à se demander si tous ne seront pas éclaboussés !

Une seule loi  : il faudra être du bon côté, c'est-à-dire de leurs côtés, comme cet autre confrère qui, depuis le début de la crise ivoirienne avait bien investi en articles, en sorties médiatiques, en papiers, en salives, sur le net désormais nouveaux outils usé aussi par le terrorisme géopolitique et diplomatique. La récompense est là : il dirige l'organe de presse du gouvernement. La fin justifie les moyens. Etre troubadour ou thuriféraire donne droit à tout et surtout donne un savoir-faire qui ne tient pas compte ni du background encore moins du cursus honorum. Les nouveaux terroristes ont leurs messieurs. Ils n'aiment pas les opposants farouches. Ils ne supportent pas les irréductibles qui arrivent au pouvoir sans leur bénédiction ou sans qu'ils aient truqués les élections démocratiques avalisées par la Fondation Carter et supervisées par les Casques-Bleus. Il n'est pas ainsi impossible qu'Alpha Kondé ne soit qu'au début de ses misères. Ce qu'on fait à la tortue, on le fait aussi au pangolin, les deux étant des animaux à écailles. Qu'on soit grillon ou cancrelat, on soit s'attendre le sort réservé à tous les insectes. On doit attendre les mémoires de Laurent Gbagbo et de Pascal Lissouba. Nous ne sommes qu'au début de ces héros des cirques ou la reprise d'une cure thérapeutique jadis usée notamment en Afrique.

Car, ce sont eux et eux seuls, les nouveaux terroristes diplomatiques et géopolitiques qui collent et décollent des étiquettes des dictateurs et des dictatures, et qui distribuent des diplômes de bonne gouvernance, de démocraties et de démocrates et ils veulent que le monde entier les laisse faire et l'accepte. Et surtout qu'il puisse les suivre, yeux et oreilles fermés. Par quelle magie le Colonel Kadhafi à qui on avait déroulé les tapis rouges à Rome et à Paris est-il passé du mauvais côté ? Est-ce c'est le pétrole libyen qui a tout changé réellement ? Comment les rebelles libyens ont-ils fait pour passer du bon côté alors que les yéménites peinent dans la poussière et la boue ? La recette mérite d'être apprise et vulgariser ailleurs. On se pose d'ailleurs la question, et nombreux d'africains avec, quelle serait la différence entre Museveni de l'Ouganda, Paul Kagamé du Rwanda, Robert Mugabé du Zimbabwe, Blaise Compaoré du Burkina Faso, Edouard Dos Santos de l'Angola, Moubarak d'Egypte, Kadhafi de la Lybie, le monsieur de la Syrie, l'autre de l'Iran et qui sais-je encore ?... La seule différence est que les uns exercent la bonne dictature , c'est-à-dire une dictature acceptée par la communauté internationale, entendez des terroristes intellectuels, diplomatiques et géopolitiques , alors que les autres sont des parias. Mais, en réalité, tous se ressemblent comme deux goûtes d'eau : ils changent des constitutions, ils sont des présidents à vie, ils emprisonnent, ils arrêtent des opposants jusqu'au jour où, comme Moubarak et Mobutu, les vraies maîtres leurs demandent de quitter pour ne pas se faire humilier. J'ai vu mon ami renifler sur sa chaise en voyant sur l'écran Moubarak sur son lit de malade, avec ses deux fils habillés en habits de prisonniers, devant la barre. Par moralité, on aurait pu laisser le vieux malade mourir de sa bonne mort ! Aucune conscience éthique n'est venue à leur rescousse ! Car, le terrorisme, tous, n'ont pas d'éthique ! Vous comprenez toute la difficulté à en imposer à l'Internet qui lui fait office d'opposant farouche ! Nous sommes pris au piège.

Il faudra arrêter toute comparaison. C'est la nouvelle loi du terrorisme diplomatique et géopolitique. Il est interdit de comparer. Il existe des damnés de la terre et il existe des élus. Mais, prudence, il conviendrait d'analyser la situation au cas par cas, sans penser en faire un éventail analytique. Et, loin de nous de déifier les tyrans et les dictateurs à ne pas offrir un droit de cité, peut-être que ceux-là paieraient aussi leurs propres pêchés et surtout leur attitudes jusqu'au-boutistes alors qu'ils auraient, avec un peu plus de bon sens et de réalisme, sauver leurs petites peaux et les systèmes qu'ils pensaient incarner ! L'ancien Premier Ministre britannique Tony Blair portera toute sa vie l'ombre de la guerre en Irak, malgré tout le bon travail qu'il a abattu pour son pays et pour le monde. Une chose est certaine : les agir actuels ressemblent à de l'anarchie barbare et c'est dangereux pour le devenir du monde. Malgré les terroristes intellectuels qui soutiennent, trouvent des mots, recadrent, redessinent. Plus personne n'a les yeux et les oreilles dans les poches. « Les vies humaines ont cela de commun avec les monnaies qu'elles changent de valeur selon les continents et le pays. Il n'est que trop facile à une foule d'Africains de souffrir et de mourir dans l'anonymat et l'oubli » , constate Antoine BANGUI-ROMBAYE ( Prisonnier de Tombalbaye , (témoignages), Paris, Hatier, 1980, pg. 2).

Quel est le bout du tunnel ? Une chose est certaine : ce nouveau terrorisme aura des limites dangereuses. Il place ses acteurs et ses acolytes dans des contradictions tellement énormes à moyen et à long terme qu'on ne parierait pas comment on s'en sortirait. D'ailleurs, plus personne ne reconnaît encore la France de la Révolution Française. Plus personne ne reconnaît les USA de Barack Obama. Plus personne ne comprend plus l'ONU et ses résolutions qui donnent l'impression d'être partisanes. La Cours Pénale Internationale ressemble à un mythe de la caverne. Quant à l'Union Africaine, un vrai requiem de ce côté-là.

La voix africaine et nègre. Il faudra aussi, dans ce nouveau forum de remise en question, tenir compte de la culture africaine, de la Mondialisation, mais surtout de nouvelles voies et voix africaines qui apporteront au Secrétariat d'Etat américain, au Foreign Office, au Quai D'Orsay, à Addis-Abeba d'autres approches que les mêmes entendus et appris depuis belles lurettes, par les mêmes personnes, ou, comme le cas, par leurs acolytes. Le clash sera inévitable, sur les places Tahir.

Les Africains eux-mêmes doivent prendre conscience de la donne, des enjeux, de leur oubli volontaire ou involontaire dans ces forums-là. L'Afrique et ses pays respectifs sont en quête d'idéologues africains nouveaux ; des messieurs courageux et clairvoyants qui doivent penser l'Etat, la nation, l'ONU, l'Union Africaine ; qui peuvent penser juste, droit, bon, beau et qui peuvent avoir une autre vision pour l'Afrique et surtout sans rechercher des intérêts égoïstes personnels. Le monde et l'Afrique sont actuellement entre les mains des terroristes géopolitiques et diplomatiques qui roulent pour leurs propres intérêts. Au propre comme au figuré. Car, il existe et il doit exister une voix et une voie africaine dans la mondialisation, dans la résolution des conflits, dans la recherche d'une nouvelle forme de démocratie propre à l'Afrique ou à ces pays. Barack Obama avait ainsi recouru à la manière africaine lorsqu'il réunit autour d'un verre de bière le professeur et le policier. Le truc a marché dit-on. Hélas, il s'est arrêté en si bon chemin. Et cette tâche revient d'abord à l'africain, selon le sage conseil d'Amadou Hampaté Bâ : « Il appartient en effet aux Africains de parler de l'Afrique aux étrangers, et non aux étrangers, si savants soient-ils, de parler de l'Afrique aux Africains. Comme le dit un proverbe malien : « Quand une chèvre est présente, on ne doit pas bêler à sa place » » (Amadou Hampaté Bâ, Aspects de la civilisation africaine (personne, culture, religion) , Présence Africaine, 1972, p. 31). Voilà le nouveau défi à relever. Hélas, tant que l'Africain, le nègre, le congolais ne pensera pas global, il subira toujours la loi de tous les terroristes !

Est-ce possible de sortir de ce cul-de-sac ? Le terrorisme géopolitique et diplomatique débouche dans un cul-de-sac. Il y a nécessité d'une voix nouvelle, d'un dialogue franc et sincère entre toutes les parties et les partis désormais citoyens du monde. Oui, je crois honnêtement et modestement que nous sommes en train de franchir un mauvais Rubicon. Le terrorisme, le banditisme et le barbarisme nouveaux placeront la communauté internationale, toute aussi nouvelle, dans des contradictions illogiques impossibles à s'expliquer et à soutenir demain ou le lendemain. Cette nouvelle loi, ces nouvelles résolutions et ces nouveaux concepts ne pourront jamais se faire appliquer partout de la même façon. Même dans le cas où la nouvelle communauté internationale deviendrait le nouveau policier du monde, ce que d'aucun souhaite d'ailleurs, faute d'une nouvelle loi mondiale, surtout teintée d'une nouvelle éthique globalisante, la fin de ce système nouveau n'est pas impossible. Et, lorsque, pour une raison ou une autre, à cause des logistiques et de certains phénomènes internes ou externes, on est obligé de se mettre une limite à cette nouvelle ingérence internationale, des explications des terroristes intellectuels et des terroristes diplomatiques et bandits géopolitiques genre « ce n'est pas la même chose » font sourire plus d'un observateur même aveugle et sourd-muet. Le jeu totalitaire actuel est dangereux et même très dangereux pour le futur car il engendre des frustrés, des résignés, des révoltés difficilement gérables demain ou le lendemain. Même si on sait que l'Occident, pour sa propre survie, n'a de choix que d'exercer ce banditisme et terrorisme diplomatiques et géopolitiques , soutenu par le terrorisme intellectuel , donnant de l'eau au moulin du terrorisme-terrorisme classique.

Et si l'histoire nous servait de guide ! Il existe ces terroristes nouveaux que parce qu'il existe des messieurs qui leur en donnent l'occasion et des alibis. Ils seraient peut-être ceux qui doivent porter tous ces pêchés d'Israël. Car, il faudra le souligner, la loi semble être : qui tue par l'épée périra aussi par l'épée . Honnêtement parlant, ces messieurs déboulonnés par les nouveaux terroristes furent tout sauf des démocrates et de tireurs des leçons de l'histoire, surtout immédiate, qui, dans le cas de ces dernières crises, semblent respecter un même modus operandi . Mouammar Kadhafi, pour ne prendre qu'un exemple, fut tout sauf un démocrate. Nombreux oublient peut-être avec quelle sauvagerie il prit le pouvoir quarante ans passés et surtout comment il le géra, ayant le droit de vie et de mort sur tout ce qui bougeait en Lybie. Ils sont nombreux. Malgré la pitié qu'on a souvent de Mobutu qui, après 32 ans au pouvoir, mourut en exil, lui dont les hymnes chantés le fit ressembler aux dieux de l'Olympe mais qui, irone de l'histoire, finit ses jours dans un petit cimetière, accompagné par une petite poignée des gens ! On oublie souvent avec quelle cruauté il assassinat Patrice Lumumba, Mpolo Maurice et Joseph Okito, puis tous les autres qui vinrent après. L'aveuglement curieux avec lequel ces messieurs restés au pouvoir pendant plus d'une décennie, ne sortirent pas de l'histoire par les petites portes offertes, préférant, Dieu seul sait pourquoi, subir les pires des humiliations, est peut-être le salaire ici bas de leurs agir et agissements inhumains ! Aussi curieux que cela puisse paraître aussi, il y a à se demander comment et pourquoi tous les autres qui s'éternisent ou qui envient de s'éterniser dans les fauteuils, eux et leurs troubadours et thuriféraires, ne semblent pas tirer les leçons de la chute brutale de ces monarques new look  ? Car, comme le dit le proverbe, qu'on soit grillon ou cancrelat, on doit s'attendre subir le sort réservé à tous les insectes . D'ailleurs, un exercice mérite d'être tenté et nous l'avons tenté nous-mêmes. Puisque tous aujourd'hui se sont inventés un nouveau boulot d'utiliser la toile (Internet, facebook, etc…), ce qu'on appelle couramment les nouveaux médias sociaux, non pas comme en Tunisie, Lybie ou Egypte, à véhiculer les messages de changement et des révolutions, mais plutôt pour chanter les gloires du statu quo , en fait inverser l'équation, il faudra leur poser la question simple : quelle leçons tirent-ils de la chute des monarques Libyen, Tunisien et Egyptien ! Leur silence devient même ridicule…

Ce qu'on ne nous dit et on ne nous dira pas. Dans ces nouvelles guerres, il subsistera des inconnus que ni l'OTAN, ni le Quai d'Orsay, encore moins Londres et Washington ne nous dira la vérité : le coût de la guerre, la facture des tueries et bombardements. Une chose est vraie : avec la facture à payer par les ivoiriens et les libyens sur la chute de Gbagbo et de Kadhafi est une facture amère à avaler. Dieu merci que personne ne la rendra publique. Ce sont les ressources naturelles de ces pays, le cacao et le pétrole, car en fait ce sont eux les vrais mobiles de ces guerres, qui seront hypothéqués pour plusieurs années. Car, en cette matière-là, ces pays nantis ne badinent pas et ne vont pas du dos de la cuillère. Hélas, ils se servent pour ça des incongruités des dictats qui, dans le cas de Gbagbo et de Kadhafi, auraient pu faire l'économie des ces dettes au pays, en s'éclipsant aux premières vagues, sachant des intérêts en jeu, des forces en présence. Hélas, aussi incroyable que cela puisse paraître, comment des messieurs qui ont passé des années au pouvoir, sachant ces équilibres des forces, avec toutes les informations en leurs présences, comment n'ont-ils pas saisi l'occasion de se retirer à temps, surtout lorsque, dans un cas ou dans l'autre, on a passé le no man's land  ? Il faudra ajouter dans ce silence coupable la part des médias qui rangent leurs stylos et leurs caméras dans les placards et ne plus investiguer ou informer les populations sur la facture de la guerre et comment elle sera payée.

Conclusion. Oui, il existe un nouveau genre de terrorisme aujourd'hui en vogue. Il s'appelle le terrorisme diplomatique et géopolitique. Le concept est nôtre par manque d'un plus approprié. C'est lui qui décide du devenir de l'humanité. Il n'a même plus honte de se contredire et de se mordre les dents lorsque prit en flagrant délit de mensonge. Il a ses maîtres à penser, il utilise des institutions établies, il recourt bien volontiers a aujourd'hui à la Cours Pénale Internationale ou au Conseil de Sécurité de l'ONU. Il a la force militaire et sait user de la force de frappe. Lorsqu'il tue ou assassine, il fait recours à son outil de prédilection la presse pour véhiculer son évangile. Il recourt alors au terrorisme intellectuel pour lui créer des mots et des concepts nouveaux. Il impose que l'humanité entière puisse mouvoir au rythme de ses pas de danse. Il est tout aussi dangereux que le terrorisme classique. Car, tous tuent, tous veulent changer la face de la terre, tous massacrent des innocents, tous dérangent des équilibres d'antan, tous refusent le dialogue, tous divisent le monde en classes et surtout engendrent une humanité traumatisée, pleine des souvenirs enfouis, s'éloignant de plus en plus de la paix entre citoyens. Mais, avons-nous seulement la force d'éviter de vivre désormais sous l'ombre de ces terrorismes ?

Norbert X MBU-MPUTU,

Journaliste, écrivain et chercheur

Newport, Royaume-Uni.

14 novembre 2011

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