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Obama appelle les Africains à prendre en main leur destinée

ACCRA (AFP) - 11.07.2009 18:19

Le premier président noir des Etats-Unis, Barack Obama, a appelé samedi l'Afrique à prendre en main son propre destin en combattant les pratiques antidémocratiques, les conflits et la maladie et en l'assurant du soutien américain dans cette vaste entreprise.

Accueilli avec une immense ferveur par la population ghanéenne, le premier président noir des Etats-Unis, Barack Obama, a appelé samedi l'Afrique à prendre en main son propre destin et à combattre les pratiques antidémocratiques, les conflits et la maladie.

M. Obama a amplifié l'intensité de sa première visite de président à l'Afrique noire en rappelant ses origines, en parcourant l'un des hauts-lieux de la traite négrière et en ravivant le grand slogan de sa campagne électorale victorieuse, "yes, we can".

Des foules colorées et exultantes de Ghanéens qui arboraient des tee-shirts à son effigie se sont pressées par milliers le long de son parcours et ont pris les toits d'assaut pour lui proclamer leur adoration avec l'espoir qu'il verrait des messages comme "Obama tu es le vrai fils de l'Afrique, on t'aime".

Devant le palais présidentiel où il allait être reçu par son homologue John Atta-Mills, Ama Agyeman, une femme de 80 ans clouée dans un fauteuil roulant, expliquait: "je veux voir le premier président noir d'Amérique avant de mourir".

"Je peux vous dire sans crainte d'être contredit que tous les Ghanéens veulent vous voir. J'aimerais pouvoir vous envoyer dans toutes les maisons du Ghana", lui a dit M. Atta-Mills.

Face à un tel engouement, M. Obama a conjugué les messages très politiques et beaucoup plus personnels.

Il a appelé les Africains à ne plus invoquer le colonialisme pour expliquer les guerres, la maladie, le sous-développement, les pratiques antidémocratiques et la corruption.

"Vous pouvez vaincre la maladie, mettre fin aux conflits, changer fondamentalement les choses. Vous pouvez faire ça. Oui, vous le pouvez" ("yes, you can"), a-t-il dit, soulevant les clameurs des députés ghanéens devant lesquels il s'exprimait.

"Mais cela n'est possible que si, vous tous, vous assumez la responsabilité de votre avenir. Cela ne sera pas facile (...) Mais je peux vous promettre ceci: l'Amérique sera à vos côtés, à chaque étape, en tant que partenaire, en tant qu'amie", a-t-il dit.

M. Obama, fils d'un Kényan émigré aux Etats-Unis pour étudier avant de rentrer au pays, a rappelé devant le parlement que "le sang de l'Afrique" coulait dans ses veines.

Il sait donc le mal que le colonialisme a fait à l'Afrique.

Mais, a-t-il ajouté, "l'Occident n'est pas responsable de la destruction de l'économie zimbabwéenne au cours de la dernière décennie, ou encore des guerres où on enrôle les enfants dans les rangs des combattants", a-t-il dit.

M. Obama, qui avait choisi le Ghana comme un des rares exemples en Afrique de transitions démocratiques et de réussites économiques, a ainsi appelé les Africains à adopter des règles de bonne gouvernance, parce que "l'Afrique n'a pas besoin d'hommes forts, elle a besoin d'institutions fortes".

Il a signifié que le soutien américain au développement dépendrait de cette adhésion aux règles démocratiques.

Il a insisté sur la notion de partenariat.

Il a rappelé que, si son grand-père avait été appelé "boy" une grande partie de sa vie sous l'autorité britannique au Kenya, ce sont le tribalisme et le népotisme qui ont bloqué la carrière professionnelle de son père.

Il a encore amplifié la charge émotionnelle de ce voyage en se rendant dans l'après-midi avec son épouse Michelle, elle-même descendante d'esclave, et leurs deux filles, au fort esclavagiste de Cape Coast, d'où des milliers d'Africains partirent vers l'Europe, l'Amérique et les Caraïbes pour un voyage sans retour.

Il a vu là un lieu d'une "profonde tristesse", mais aussi le début de "l'expérience" noire américaine.

Il a aussi pensé à ses deux filles Sasha et Malia, des privilégiées auxquelles cette visite devait inspirer "le sens du devoir qu'il y a à combattre l'oppression et la cruauté où qu'elles se trouvent".

© 2009 AFP

© Congo Vision


Afrique - Barack Obama - États-Unis - Ghana

Pour Obama, "l'avenir de l'Afrique appartient aux Africains"

Samedi 11 juillet 2009

Le président américain, en visite au Ghana, estime que l'aide à l'Afrique doit être subordonnée à la bonne gouvernance dans les pays assistés. Barack Obama a obtenu au G8 une augmentation de l'enveloppe prévue pour l'aide alimentaire.

REUTERS - L'aide à l'Afrique doit être subordonnée à la bonne gouvernance dans les pays assistés, a estimé samedi Barack Obama devant le parlement du Ghana, pays qu'il a présenté comme un modèle politique et économique pour le reste du continent.
"Le développement dépend de la bonne gouvernance. C'est l'élément qui manque en bien trop d'endroits depuis trop longtemps", a déclaré le chef de la Maison blanche, dont la visite à Accra est sa première en Afrique en tant que président.

  Selon lui, la bonne gouvernance constitue "le changement qui peut débloquer le potentiel de l'Afrique" mais, a-t-il martelé, elle relève de la seule responsabilité des Africains.  "En ce qui concerne l'Amérique et l'Occident, notre engagement ne se mesure pas seulement aux dollars dépensés (...) Le vrai signe de succès n'est pas de savoir si notre assistance aide les gens à se débrouiller mais si nous contribuons à bâtir une capacité de transformation" des pays concernés, a-t-il dit.
Barack Obama a rappelé qu'il s'était engagé à "accroître sensiblement" l'aide américaine au continent noir, "ce qui est dans l'intérêt de l'Afrique et de l'Amérique", mais il a ajouté que les Etats africains devaient combattre la corruption et faire prévaloir l'état de droit.

"Aucun pays ne va créer de richesse si ses dirigeants exploitent l'économie pour s'enrichir eux-mêmes, ou si sa police peut être achetée par des trafiquants de drogue. Personne n'investira là où un gouvernement prélève 20%."

L'exception ghanéenne

Obama avait confié quelques instants plus tôt avoir choisi de venir sur le continent dans la foulée de sa visite à Moscou et de sa participation au sommet du G8 en Italie "afin de souligner que l'Afrique n'est pas tenue à l'écart des affaires du monde".
Le premier président noir américain, dont le père était kényan, a rencontré son homologue ghanéen John Atta Mills au palais présidentiel d'Accra, qui fut jadis le quartier général des trafiquants européens d'esclaves.

Le Ghana, dont le président a été démocratiquement réélu en janvier dernier, fait figure d'exception dans une Afrique dont l'image à l'extérieur est synonyme de guerres, de pauvreté et de corruption.

"Nous estimons que le Ghana peut être un extraordinaire exemple de succès pour l'ensemble du continent", a dit Obama, auquel la population d'Accra a réservé un accueil chaleureux et haut en couleur.

"Nous apprécions les signaux positifs que cette visite envoie et continuera à envoyer. Cela nous encourage aussi à consolider les acquis que nous avons réalisés dans notre processus démocratique", lui a répondu le président Mills.

Avant de regagner les Etats-Unis au terme d'une visite de moins de 24 heures, le président Obama devait visiter le château de Cape Coast, un fort qui servait autrefois de plaque tournante du trafic transatlantique d'esclaves.

© Congo Vision


Congo-Brazzaville - Élection présidentielle

Six opposants appellent à boycotter la présidentielle

Samedi 11 juillet 2009

Alors que la campagne présidentielle au Congo-Brazzaville a pris fin ce vendredi, six des treize candidats ont appelé à ne pas aller voter dimanche. Ils dénoncent des fraudes dans l'attribution de cartes électorales.

AFP - Six des treize candidats en lice pour l'élection présidentielle de dimanche au Congo, dont Mathias Dzon, considéré comme le principal adversaire du président sortant, ont annoncé vendredi qu'ils n'iraient pas voter et ont invité leurs partisans au boycottage.

"N'allez pas au vote, restez chez vous! (...) Ce qui va se passer dimanche sera nul et de nul effet", a lancé M. Dzon lors d'un meeting conjoint, ayant rassemblé environ 2.000 personnes, selon un journaliste de l'AFP.

M. Dzon avait à ses côtés les opposants Guy Romain Kinfoussia, Clément Mierassa et l'indépendant Bonaventure Mizidy Bavouéza.

M. Kinfoussia a ensuite précisé à une journaliste de l'AFP que deux autres indépendants, Jean François Tchibinda Kouangou et Marion Matzimba Ehouango, absents du meeting, lançaient le même appel.

"Aucun de nous (six) ne votera. Nous resterons chez nous. Nous restons cependant dans le processus électoral" pour pouvoir déposer des réclamations ensuite, a assuré Guy Romain Kinfoussia, indiquant ne pas disposer de carte d'électeur à son nom. "J'en ai une, mais mes prénoms n'y figurent pas tous".

"Pour nous, l'élection n'a pas lieu le 12 juillet. (...) Elle aura lieu le jour où on laissera aux Congolais la liberté de choisir", a déclaré lors du meeting Mathias Dzon, au nom de ses alliés.

Plus tôt dans la journée, les six candidats avaient demandé, ensemble, un report de la présidentielle, en dénonçant "un corps électoral non maîtrisé et gonflé à volonté", l'attribution de cartes d'électeurs à des personnes "décédées", à des "électeurs fictifs", à des "mineurs" et à des "étrangers".

Selon eux, la Commission nationale d'organisation des élections (Conel) "est à la solde" du président Sassou Nguesso, 66 ans, qui brigue un nouveau septennat.

Auparavant, l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), principal parti d'opposition, avait invité les Congolais à ne pas se rendre aux urnes dimanche pour ne pas "cautionner" une élection "truquée".

Ce parti, fondé par le président déchu Pascal Lissouba, aujourd'hui en exil, a décrété dimanche "jour de deuil national". L'UPADS avait présenté comme candidat au scrutin l'ex-Premier ministre Ange Edouard Poungui. Cette candidature n'a pas été validée par la Cour constitutionnelle.

La campagne électorale doit s'achever vendredi à minuit. Officiellement, 2,2 millions d'électeurs sur 3,6 millions d'habitants sont appelés à choisir leur président.

http://www.france24.com/fr/20090711-congo-brazzaville-presidentielle-election-appel-boycott-opposants-candidats

Valentin Zellweger : « Les fonds Mobutu en Suisse seront restitués au peuple congolais »

mardi 7 juillet 2009 Jossart Muanza(AEM)

L'ancien président de l'ex-Zaïre, Mobutu Sese Seko|Photo d'archives

«  Les fonds Mobutu restent bloqués en Suisse. Le gouvernement suisse a très clairement indiqué sa forte volonté de ne pas restituer ces fonds à la famille Mobutu mais plutôt au peuple congolais auquel, à notre avis, il a été volé initialement  », ces propos sont de Valentin Zellweger, directeur suppléant de la Direction du droit international au département des affaires étrangères. Ce dernier venait de recevoir, le vendredi 19 juin dernier, à Berne, le vice-ministre congolais de la justice Jean Collins Musonda Kalusambo, qu'accompagnaient Antoine Mindua, l'ambassadeur de la RDC en Suisse et notre confrère Jean-Pierre Onema , attaché de presse à la Mission permanente et à l'ambassade de la RDC à Berne.

Le montant des avoirs en Suisse de Mobutu Sese Seko s'élève à 7,7 millions de francs (6,6 millions d'euros).

Espoir perdu donc pour la famille Mobutu qui pensait, «  pouvoir enfin jouir de cette fortune  », après douze ans d'attente. Un espoir né, au mois d'avril dernier, de la décision du Ministère public de la confédération de ne pas ouvrir d'enquête au sujet d'un probable détournement évoquant l'absence d'éléments probants apportés par la RDC qui avait présenté une demande d'entraide judiciaire à plusieurs États dont la Suisse.

Rappelons qu'une levée du blocage de ces fonds était prévue pour le 30 avril 2009 par la Confédération helvétique, mais le 27 avril Mark Pieth, un professeur de droit auprès du Tribunal pénal fédéral (TPF) a déposé une dénonciation de cette mesure qui a amené le Conseil fédéral à prolonger, jusqu'au 31 octobre 2009, le blocage de ces avoirs. Un « sursis » qui devait permettre à l'autorité saisie de la dénonciation de se prononcer.

Selon Valentin Zellweger, depuis de longues années et à plusieurs reprises, le gouvernement suisse a essayé de trouver les moyens de restituer cet argent au «  peuple congolais spolié  ». «  La Suisse est d'ailleurs le seul pays en Europe où les fonds sont encore bloqués, les autres pays ont dû les libérer et les rendre à la famille Mobutu. En Suisse on les a encore chez nous et on essaie jusqu'au bout de trouver les possibilités de les rendre au peuple congolais  », explique Valentin Zellweger.| Jossart Muanza (AEM)

Copyrights ©Afriqu'Echos Magazine 2003-2009


Présidentielle au Congo: le fichier électoral décrié, la Conel rassure

il y a 1 heure

BRAZZAVILLE (AFP) — Plusieurs voix se sont élevées samedi pour dénoncer le fichier électoral utilisé pour le scrutin présidentiel de dimanche au Congo, alors que la Commission d'organisation nationale des élections (Conel) a assuré que les électeurs "ne seront pas lésés".

Les électeurs "ne seront pas lésés" au scrutin, "les conditions de transparence, de sincérité des votes, du caractère libre de l'élection sont réunies", a déclaré à l'AFP Henri Bouka, président de la Conel, structure dont l'opposition conteste l'impartialité .

Les Congolais "peuvent aller voter en toute sérénité: leur vote ira pour le compte du candidat" qu'ils auront choisi, a ajouté M. Bouka, indiquant que "l'essentiel des cartes d'électeurs" avait été distribué à la veille du premier tour.

Interrogé sur le fichier électoral, dont plusieurs personnes -dans l'opposition, la société civile et des cercles diplomatiques- ont mis en doute la fiabilité, le président de la Conel a répondu: "les listes électorales sont pour l'essentiel sincères".

Selon les chiffres officiels, 2,2 millions d'électeurs, sur une population totale de 3,6 millions d'habitants, sont appelés à choisir leur président parmi 13 candidats en lice.

"Vu les standards internationaux, avec une telle population, le Congo aurait un corps électoral d'environ 1,6 million d'électeurs", a estimé plus tôt samedi Roger Bouka Owoko, directeur exécutif de l'Observatoire congolais des droits de l'Homme (OCDH).

"On ne peut pas aller à l'élection avec un tel fichier. Ce fichier électoral monstrueux reste et restera la pierre d'achoppement du processus électoral", a dit le responsable de l'ONG ayant accrédité une trentaine de personnes pour l'observation du scrutin.

"Le pouvoir a confisqué le processus électoral", a-t-il accusé.

L'ancien chef rebelle congolais Frédéric Bintsamou dit Pasteur Ntumi, qui ne s'était pas exprimé depuis 2008, s'est prononcé en faveur du boycottage de la présidentielle, un scrutin "mal organisé", selon lui.

"Ce qui va se passer demain (dimanche) n'est pas une élection. (...) Mieux vaut que nos militants restent chez eux", a affirmé à l'AFP M. Ntumi dans son fief de Soumouna, un village situé à 40 km au sud de Brazzaville.

L'ex-chef rebelle est également chef du Conseil national des républicains (CNR), parti proche de l'opposition issu de son ancien mouvement armé. Il vit retranché depuis plus de dix ans dans le Pool, région voisine de Brazzaville où ses miliciens ninjas ont combattu l'armée régulière entre 1998 et 2003.

Dans un entretien avec l'AFP, le chef de la délégation de la Commission européenne au Congo, l'ambassadeur Miguel Amado, avait déjà fait part de sa "grande préoccupation" sur le fichier électoral.

"J'espère avoir une explication sur la méthodologie qu'on a utilisée pour arriver au chiffre de 2,2 millions d'électeurs. Je n'ai pas eu de réponse claire jusqu'à présent", avait-il dit.

Vendredi, six candidats - trois opposants, trois indépendants - ont annoncé qu'ils restaient en lice mais n'iront pas voter dimanche et ont appelé leurs sympathisants au boycottage du scrutin. Ils avaient plusieurs fois appelé au report du scrutin et réitéré leur demande vendredi.

Parmi eux, l'ex-ministre des Finances Mathias Dzon, 62 ans, considéré comme le principal adversaire du président sortant et candidat, Denis Sassou Nguesso, 66 ans. Avec près de 25 ans cumulés à la tête du pays, M. Nguesso est donné largement favori.

Si aucun candidat n'obtient plus de 50% des suffrages exprimés, un second tour sera organisé à une date non encore déterminée.

Copyright © 2009 AFP. Tous droits réservés.


Katanga en carrés miniers, le Cami affirme que seulement 53 % de la surface est loué

Katanga | 11 Juillet 2009

Le Cadastre minier (Cami) conteste les études du professeur belge Yan Gorus selon lesquelles près de 85% du territoire du Katanga sont couverts par des carrés miniers attribués à des personnes physiques ou morales. C'est le résultat des enquêtes menées par une équipe de chercheurs et techniciens dirigés ce professeur belge. Cette enquête indique que la quasi-totalité du Katanga est découpé en carrés miniers déjà vendus à des tierces personnes. Et que seuls restent de petits espaces occupés par des marécages sans grand intérêt, rapporte radiookapi.net

Pour le Directeur général du Cami, seuls 53 % de la surface de cette province sont loués pour des raisons de recherche ou d'exploitation minière. Cependant, Félix Mupande n'exclut pas les risques de conflit entre les propriétaires des carrés miniers et les propriétaires terriens. Toujours d'après lui, la loi prévoit les mécanismes de résolution d'éventuels conflits. « C'est seulement 52% du territoire du Katanga qui sont occupés par la recherche, et 1% par les permis d'exploitation. Et encore il faut dire que là dedans que le droit de recherche est un doit spécifique qui est limité dans le temps. L'exercice du droit de recherche qui vise l'identification d'un gisement, ne gêne en rien la jouissance du sol par les occupants du sol », explique le Directeur Mupande.

Pour lui, l'exercice de ce droit est astreint à un certain nombre de restrictions, notamment la restriction autour des villes, des cimetières, des champs. Concernant le conflit potentiel entre les propriétaires des carrés miniers et la population, il a affirmé que s'agissant de les périphéries de Lubumbashi concernées comme la Rwashi, il y a eu toute une série de négociations entre le titulaire du permis d'exploitation en question et les villages qui étaient dans les environs. Les villageois, selon lui, ont été dédommagés avant leur délocalisation, conformément à la loi.

Copyright Radio Okapi


85% des territoires du Katanga, découpés en carrés miniers, sont déjà vendus

Lubumbashi | Economie | 10 Juillet 2009

La quasi totalité du territoire du Katanga découpée en carrés miniers a déjà été vendue à des tierces personnes. Seuls restent de petits espaces occupés par des marécages sans grand intérêt. Même les emplacements occupés par les villes et les villages sont déjà attribués, indique radiookapi.net

C'est le résultat d'une longue enquête menée par une équipe de chercheurs et techniciens dirigés par un professeur belge Yan Gorus. Ce professeur indique que la plupart des acquéreurs des ces carrés, n'ont ni moyens, ni technique pour explorer ou pour exploiter ces surfaces. De leur coté, les autorités du Katanga craignent d'éventuel conflits de grandes ampleurs.

L'équipe du professeur Yan Gorus a établi la carte minière du Katanga. On peut y distinguer la répartition des carrés miniers. Ils couvrent les surfaces des villes, des villages et même des parties de lacs et rivières. le professeur Yan Gorus parle ici de la surface du katanga concerné par cette vente de carrés miniers : « sur les 85 % du territoire. il n y a que les marécages autour du Lualaba,du fleuve qui sont libre de toutes concessions. On a pu constater que dans certaines réserves naturelles, dans certains parc,on a accordé des permis de recherches ».

En cas de conflit entre un propriétaire de terrain foncier et celui d'un carré minier, c'est ce dernier qui, au terme de la loi, aura gain de cause. Ce qui fait craindre des tensions entre les propriétaires terriens et ceux des carrés miniers.  Le gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, souhaite que le professeur Yan Gorus explique cette situation à Kinshasa à partir d'où ces carrés miniers ont été vendus : « il faudrait descendre avec le professur Yan Gorus à Kinshasa pour qu'ils leur montre. Parcequ'un jour, cela va amener des désordres, les gens vont s'entretuer ».  Les responsables du cadastre minier sont restés injoignables.

Copyright Radio Okapi


Le carnet de Colette Braeckman

C'était donc vrai: le Congo a été vendu


Posté dans le blog de Colette Braeckman le 18 mars 2008

La question de la revisitation des contrats miniers qui défraie la chronique depuis l'automne dernier trouvera peut-être ses conclusions dans les prochains jours. En effet, des experts et des membres du gouvernement se sont réunis durant cinq jours au centre Nganda à Kinshasa pour examiner à huis clos les conclusions de la commission de revisitation et émettre leurs propres suggestions.

Alors que le gouvernement congolais a besoin urgent de ressources fraîches pour entamer la reconstruction du pays, le ministre de l'Economie et du Commerce, André Philippe Futa a relevé que la contribution du secteur minier était bien inférieure aux attentes, ne dépassant pas 6% du budget national, contre 30% en 2002 , dans un contexte de guerre et de croissance négative ! Cette faible contribution est d'autant plus scandaleuse qu'au Katanga qui connaît un véritable boom économique, 1644 titres miniers ont été délivrés, et que le cours du cuivre, qui était de 4000 dollars la tonne voici quatre ans, dépasse aujourd'hui les 8000 dollars. Le processus de révision des contrats entamé l'été 2007 avait fait apparaître que sur 60 premiers contrats passés au crible, cinq seulement étaient déjà en phase de production, six en «étude de faisabilité» et que les titres couvrant 49 autres contrats devaient faire l'objet d'un examen approfondi pouvant mener soit à une renégociation, soit à une annulation pure et simple.

Les griefs retenus à l'encontre des sociétés étrangères sont multiples : dans certains cas, alors qu'elles se trouvaient simplement au stade de la prospection, de l'étude des gisements, des sociétés avaient déjà commencé à exploiter discrètement, envoyant à l'étranger des semi-remorques chargés d' « échantillons ». Dans d'autres cas, le périmètre concédé avait été indûment étendu, au détriment de zones qui devraient être réservées aux artisans-creuseurs, en empiétant sur des propriétés villageoises ou en rognant sur des zones naturelles, et cela alors que le Congo se prépare à multiplier les « puits de carbone » c'est à dire des réserves boisées.
De manière générale, les contrats aujourd'hui jugés léonins ont systématiquement sous estimé l'apport congolais (valeur des concessions et capacités des équipements existants) et surestimé l'apport financier des intervenants extérieurs. Ces derniers, en plus, ont bénéficié d'importantes exonérations fiscales, s'étendant quelquefois sur une période de trente ans.
En plus de ces contrats inégaux, la fraude pure et simple prive le pays d'importantes ressources financières, plus de 90% des exportations de la RDC étant illégales ou incontrôlées. Le ministre des Mines, M. Martin Kabwelulu a déclaré qu'au total, 4.542 titres miniers avaient été octroyés à 642 sociétés sur l'ensemble du territoire national, et que les concessions couvertes par ces titres couvraient 33% du territoire du pays.

Autrement dit, durant la période de transition, un tiers du Congo a littéralement été vendu, et cela sur base de photos aériennes et de cartes géologiques dont certaines étaient vendues par le Musée de l'Afrique centrale à Tervueren…. Plusieurs conclusions ont été tirées à l'issue de ces états généraux : si le socle du code minier, très libéral et qui avait été adopté durant la période de transition avec les conseils et le soutien actif de la Banque Mondiale demeure valable, certaines de ses clauses devront être réexaminées. Le rapport demande, entre autres, l'extension de la part de l'Etat dans le capital des sociétés minières mixtes, une meilleure spécification de la répartition des compétences entre le Ministre des Mines et les Ministres provinciaux, la prise en compte des populations locales, le gel des concessions et une lutte implacable contre la fraude. Un cahier des charges devra définir les relations entre les populations locales et les titulaires des droits miniers.

Si le Congo veut titrer profit de la flambée des cours des matières premières, il devra de toute urgence créer des structures de transformation des produits miniers afin d'accroître la valeur ajoutée, renforcer les outils de contrôle et de répression de la fraude, poursuivre l'installation du cadastre minier en province et, dans le secteur du diamant, installer une taillerie à Kinshasa ou à Mbuji Mayi, afin de mettre fin à l'exportation de gemmes à l'état brut.
Le grand déballage entrepris à l'occasion de la revisitation des contrats miniers et des états généraux consacrés à ce secteur crucial s'est révélé accablant pour les acteurs congolais de tous niveaux qui avaient conclu ces contrats durant la transition, mais il est accablant aussi pour les opérateurs miniers, occidentaux en leur grande majorité, qui avaient tiré profit de la faiblesse de l'Etat congolais pour conclure des contrats léonins, souvent assortis de « dessous de table »…

Le malaise que suscite le grand déballage actuel explique les tensions qui règnent entre les Congolais désireux de rentrer dans leurs droits et leurs « amis » occidentaux et il permet de comprendre le prestige soudain dont sont parés les contrats de troc conclu avec la Chine, qui s'est engagée à reconstruire une bonne partie des infrastructures du pays, rapidement et sans ingérence politique….Certes, les Congolais n'ont pas encore mesuré le coût réel des contrats chinois et les conséquences économiques sinon politiques qu'ils pourraient entraîner mais ils savent déjà à quel point ils ont jusqu'à présent fait les frais d'un marché de dupes…



 
 
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