the post
Edition n°9-450 du mercredi 30 janvier 2008
POLITICS
La menace BDK à Matadi
Une année après le massacre de ses adeptes, la secte Bundu dia Kongo veut revenir sur le lieu du... crime. Matadi, capitale du Bas-Congo, mieux Kongo central, risque, comme en 2007, de connaître des journées folles. Le mouvement du député Ne Muanda Nsemi, implanté dans tout le Bas-Congo, a, dans une lettre datée 28 janvier, adressée au gouverneur de la province, sollicité l'organisation d'une série d'activités en mémoire des filles et fils du Kongo central massacrés '' fin janvier début février 2007 à Matadi, Boma, Muanda et Songololo. Jusque mardi 29 janvier tard dans la nuit, le gouv Mbatshi n'avait pas encore donné suite à la requête de BDK dont on connaît l'hostilité à l'égard des forces de l'ordre. Joint par The Post , le maire de Matadi a déclaré, de bonne foi, que les responsables de BDK se sont cette fois engagés à respecter les lois de la République '' et que pour lui, il ne trouvait aucun inconvénient à laisser à ce mouvement la liberté de commémorer ses martyrs de la démocratie ''. Selon le programme établi et communiqué au gouvernorat, à l'Inspection provinciale de la police, à l'Agence nationale de renseignement, ANR (espionnage et contre-espionnage) ainsi qu'à la représentation de la Mission de l'ONU en RDC (MONUC), un culte BDK sera organisé vendredi 1 er février dans la matinée à Mvuadu, porte d'entrée de la ville portuaire. En début d'après-midi, les adeptes de BDK se retrouveront au quartier Belvédère, commune de Mvuzi, au nord de la ville, où se trouve le quartier général de la secte politico-religieuse pour converger par la suite vers le cimetière de Kinkanda, plus au sud, pour un recueillement sur les tombes de leurs.
Des sources rapportent que les services dans la ville portuaire sont sur les dents car on ne sait jamais jusqu'où peut aller Bundu dia Kongo dont on connaît par ailleurs l'hostilité à tout ce qui est forces de l'ordre. Mardi soir, Ne Nimy, le gourou local de BDK à Matadi était injoignable pour commenter cet agenda qui a tout l'air d'une nouvelle épreuve pour le gouverneur AMP Simon Mbatshi Batshia. Mais c'est surtout la première grande épreuve grandeur-nature pour le général Raus Chalwe Ngwashi, l'inspecteur provincial de la police dont l'adjoint a commis, en décembre dernier, la bourde en fauchant des adeptes de la secte alors qu'il tentait de desserrer l'étau autour de lui à Seke-Banza. L'incident avait fait au moins une demi douzaine de morts et contribué à raviver la tension entre BDK et forces de l'ordre.
Les événements de 2007 avaient fait une centaine de morts, selon un rapport de la MONUC. Mais jamais aucun coupable sérieux n'a été puni à ce jour. A l'époque, BDK avait appelé ses adeptes à protester contre l'élection du couple Mbatshi Batshia-Déo Nkusu au gouvernorat de la province par une assemblée théoriquement à majorité pro UN (Union pour la nation, opposition bembiste). Le gourou principal de BDK, Ne Muanda Nsemi, lui-même était candidat vice-gouverneur de Fuka Unzola sur la liste UN. D'aucuns le désignèrent aussitôt comme instigateur des massacres qui s'ensuivirent mais lui-même s'en défendait, rejetant la responsabilité sur le camp adverse qu'il accusa de corruption. Auto-saisi du dossier, le Parlement diligenta une commission d'enquête dont le rapport fut débattu à huis clos et l'affaire se termina là.
judith-a ngalu.
Nkunda: Vive l'impunité!
A lui seul, il aura coûté près de 5 millions de dollars en seulement 15 jours. A lui seul, il porte sur la conscience -s'il en a une d'ailleurs- la mort de milliers de Congolais. A lui seul, il est le Congolais'' -s'il en est un - le plus cher de l'histoire récente. Laurent Nkunda, le boucher du Masisi et de Rutshuru semble avoir réussi, mercredi 23 janvier, la plus grande arnaque en obtenant du gouvernement de Kinshasa la signature d'un acte d'engagement dont le point le plus important consacre l'amnistie à lui accorder après son entreprise criminelle. Signé notamment par la cinquantaine de groupes armés qui écument les monts et vaux du Nord et Sud Kivu, l'acte d'engagement (dont fac similé en pages 4 et 5) marque quelque avancée en ce qu'il impose notamment la cessation immédiate des hostilités et donc un répit dans le calvaire des populations vouées à la jungle et aux intempéries avant leur retour dans leurs villages. Dans une conférence de Goma où le maître-mot était la paix, il s'est trouvé de nombreux pasteurs'' plus ou moins bien inspirés pour enseigner que la RD Congo devrait s'humilier devant Nkunda et ses souteneurs parce que l'humilité précède la gloire '', faisant fi de la douleur de plus d'un million de personnes en situation précaire et inhumaine dans des camps de fortune où elles vivent de la générosité des organisations humanitaires et de la solidarité des humbles Congolais de partout.
C'est au nom de la paix que Nkunda, retranché dans son quartier de Kitchanga, a quasiment imposé à la République de se prosterner devant sa folie de grandeur pour signer un acte qu'il n'aura pas cesse d'invoquer chaque fois qu'il se sentira menacé. Le général renégat rêve désormais de se retrouver à Kinshasa sous les lambris dorés des palais de la République comme d'autres avant lui ont eu droit aux privilèges et honneurs à la suite d'actions criminelles similaires. Même si la conférence sur la paix, la sécurité et le développement a mis en action la vertu cathartique et curative du dialogue pour tenter de résoudre la complexe question du Kivu, il n'est pas certain qu'en faisant de Laurent Nkunda l'épicentre de la solution, on ait pris la bonne voie. Car du point de vue sociologique, Nkunda étant devenu le problème ne peut pas dans les mêmes circonstances de temps et de lieu devenir la solution. Non loin de nous, l'ancêtre de son mouvement politico-militaire, le CNDP, le RCD-Goma en l'occurrence, avait usé de la même supercherie intellectuelle pour voir se hisser son Ruberwa au sommet de l'Etat comme vice-président. Passée la vague de surface, la lame de fond avec les élections le réduisit à sa plus simple expression, avec 1,69 pc à la présidentielle. Dans les mêmes circonstances de temps et de lieu, ceux qui comme Nkunda ont commis de pires atrocités finissent dans un trou ou devant la justice internationale. De penser déjà comme solution d'amnistier un tel lascar apparaît, au regard de la morale comme une prime à l'immoralité. Joseph Kabila ne pense peut-être pas autrement. Dans son allocution de clôture, le chef de l'Etat n'a-t-il pas mis chacun devant le tribunal de sa conscience ''?
In The Post n°9-449 du jeudi 24 janvier.
NEWS
Le duo Kabemba-Kakwata: le bon choix de Kimbuta à la DGRK
Pari réussi pour le gouverneur de la ville de Kinshasa. André Kimbuta Yango qui a reçu le quitus de l'Assemblée provinciale de doter la ville-province d'une Direction générale des recettes, n'a pas attendu pour en nommer les responsables. Magloire Kabemba et Constant Kakwata ont été nommés respectivement Dg et D-ga de la DGRK. Au terme de l'édit portant création de cette direction, la DGRK est chargée d' exercer toutes les missions et prérogatives en matière des recettes fiscales, non fiscales et exceptionnelles revenant à la ville de Kinshasa ''. Née des cendres du Comité de pilotage des stratégies et actions de mobilisation des recettes urbaines, cette direction aura notamment pour mission de s'occuper de l'assiette, du contrôle, du recouvrement et du contentieux des impôts provinciaux et locaux; le contrôle, l'ordonnancement, le recouvrement et le traitement des recettes non fiscales; les statistiques des recettes à caractère national et celles relevant des matières à compétence concurrente. Le choix de Kimbuta de confier la conduite de la DGRK à des mains expertes traduit la volonté du gouverneur élu de la capitale de reconstruire son entité avec des moyens propres. Surtout en ce temps où les critiques abondent contre son action. En attendant les 40 pc de la rétrocession, Kimbuta mise pour les fonds de ses administrés qui doivent eux aussi contribuer au développement de leur ville. D'où l'auto-développement. Magloire Kabemba et Constant Kakwata devront également coordonner les différents services générateurs des recettes fiscales et non fiscales et mettre en place une politique efficiente en matière de recouvrement des impôts, taxes, redevances et divers droits dus à la ville de Kinshasa. Le duo Kabemba-Kakwata, transfuge de la Direction générale des impôts (DGI) où les deux hommes ont fait leurs classes comme inspecteurs des impôts, paraît être le meilleur choix que Kimbuta n'a pas hésité d'opérer.
edouardin m'putu.
Chasse aux sans-papiers :
Hortefeux promet du 100 pc en 2008
Paris
Correspondance
Le ministre français de l'Immigration, Brice Hortefeux, satisfait des résultats obtenus dans la lutte contre l'immigration clandestine, promet davantage de fermeté pour l'année en cours. Mais la politique du chiffre'' et du tout répressif montre ses limites au moment où la commission Attali préconise le recours à une importante main-d'uvre étrangère pour relancer la croissance en France. Avec 23.200 éloignements '', en 2007, Brice Hortefeux, ministre français de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du co-développement a presque atteint l'objectif assigné par Nicolas Sarkozy: celui de reconduire hors de France 25.000 clandestins. En dépit du tollé que cette politique du chiffre'' a soulevé auprès des organisations des droits de l'homme et notamment France Terre d'asile, la plus grande association spécialisée dans l'accueil et l'accompagnement des demandeurs d'asile, Brice Hortefeux a promis à Sarkozy de faire du 100 pc en 2008, c'est-à-dire de bouter hors du territoire français 25.000 personnes en situation irrégulière. Dans une interview accordée au Figaro , Hortefeux indique que pour la première fois depuis une génération, le nombre des clandestins estimés autour de 200.000 et 400.000 a diminué en France ''. Mais comment fait-il pour connaître le nombre des clandestins'' par définition hors listes administratives? Le ministre de l'Immigration, comme un bon préfet a ses indices. Le premier, pour le moins cruel est celui des patients sans papiers qui bénéficient de l'aide médicale d'Etat. Leur nombre, selon le ministre a baissé de 4 pc. Le second indice porte sur le nombre des personnes refoulées, c'est-à-dire celles qui n'ont pas pu franchir la frontière française, faute de visas: 26.500 pour la seule année 2007. On rappelle que depuis 2002, année de l'arrivée de Nicolas Sarkozy place Beauvau, comme ministre de l'Intérieur, la France s'est débarrassée '' de 105.000 clandestins. La même politique de fermeté'' fait ses preuves au niveau de l'asile politique. A l'Office français de protection des réfugiés et d'apatrides, (OFPRA) depuis 4 ans, le travail se fait presque à la chaîne. Les décisions sont rendues avec une rapidité qui, selon des associations, frise une volonté délibérée de débouter les demandeurs d'asile politique ''. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Sur 35.000 demandes reçues en 2007, 26.400 personnes ont été déboutées. Soit un taux de rejet de plus de 80 pc. Au deuxième étage de l'OFPRA, les services d'Etat civil n'ont jamais été aussi fluides. On ne passe plus des journées entières comme autrefois en attente d'un certificat de mariage ou d'un extrait d'acte de naissance. La traque des sans-papiers s'est également intensifiée dans le secteur du travail. Ici les fraudeurs'', c'est-à-dire ceux qui travaillent au noir, sans titre de séjour et leurs employeurs ne connaissent plus de répit. Les descentes de la police dans les chantiers du bâtiment, dans les arrière-cours des ateliers de couture, ou de la restauration, se sont multipliés comme jamais auparavant. 1564 employeurs d'étrangers en situation irrégulière ont été interpellés en 2007 contre 1077 en 2006 '', affirme le ministre de l'Immigration. Cela représente une augmentation de 45 pc. Si Hortefeux peut se réjouir de cette embellie, il reste que la politique du chiffre a ses limites.
Revers de la médaille. La commission de recours de l'O fpra , où les déboutés du droit d'asile tentent une dernière chance pour obtenir un titre de séjour, ploie sous un nombre ingérable'' des dossiers. Même ambiance délétère dans les centres de rétention administrative, une sorte de purgatoire, avant le retour au pays natal que les déboutés du droit d'asile ou les clandestins considèrent comme une descente aux enfers. Comme au Mesnil-Amelot, aux environs de l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, la surpopulation a accru des tensions parmi les populations venues des quatre coins du monde. Il s'y passe des scènes dignes de la tour de Babel entre Chinois, Africains, Irakiens, Iraniens, Indo-pakistanais, Arabes,etc
L'angoisse d'une reconduite aux frontières ou d'un refoulement demeure le seul dénominateur commun. Cela tourne parfois à des bagarres, ou à des tentatives de suicide régulièrement signalées par la Croix-Rouge ou France Terre d'Asile, les rares associations autorisées d'accès dans ces centres. Ce, en dépit de l'augmentation du nombre de places, passées de 1200 à 2400 en trois ans. A. Ninjop est Camerounais. Il est aux bords de nerfs après une semaine passée au centre de rétention de Vincennes, dans la banlieue parisienne. Il témoigne: L'eau est froide, l'alarme sonne tous les soirs entre minuit et une heure, hier la nourriture était périmée, aujourd'hui, il n'y a pas de places dans le centre et deux personnes doivent dormir par terre, etc
la volonté de l'administration va au-delà de la stricte application de la loi. Le système relatif aux étrangers a pour but de casser, d'humilier, de fragiliser moralement et physiquement des hommes et des femmes ''.Pendant ce temps, les secteurs du bâtiment et de la restauration qui recrutent le plus des sans-papiers commencent à souffrir d'une pénurie de main-d'uvre. Des travailleurs y ont été raflés par la police. Ceux qui ne le sont pas encore, se rendent sur différents chantiers la peur au ventre. Redoutant la descente à tout moment d'un inspecteur de travail accompagné de la police. D'aucuns pensent que la politique du tout répressif qui ne tient compte d'aucune réalité du marché du travail va aboutir à une impasse. D'une part le BTP, gros pourvoyeur d'argent au trésor public, a besoin de main-d'uvre. De l'autre, la police traque sans ménagement des ouvriers sans-papiers même les plus qualifiés. En 2006, un responsable de Dumez, une des grosses boites de construction française nous affirmait clairement que ceci est une hypocrisie bien française. Les autorités savent bien que plus de la moitié d'ouvriers du bâtiment n'ont pas de titre de séjour. Ils ne veulent pas pour autant les régulariser ''. On se souvient du scandale provoqué par ces ouvriers clandestins au chantier du stade de France en 1996. Ce qui allait devenir le temple du football français pour la Coupe du monde 1998, utilisait un certain nombre d'ouvriers sans papiers. C'est la descente d'une équipe de télévision qui a révélé le scandale. Pour ne pas ternir l'image de la France à la veille de la Coupe du monde, ces travailleurs furent régularisés sans autre forme de procès. C'est sans doute pour éviter ce genre d'impasse que le gouvernement français a demandé à Jacques Attali de mener une étude sur la relance de la croissance économique. Cette étude menée sous forme de commission suggère clairement que la France relance l'immigration pour faire face à un marché de travail en tension, l'immigration étant une source de richesse, donc de croissance ''. L'argument de la commission Attali est par ailleurs appuyé par une estimation du ministère de l'économie et des finances, selon laquelle la France devra recruter 750.000 par an d'ici 2015 pour palier les besoins du marché du travail ''. Le vieillissement de la population française et le très faible taux de natalité à l'instar de celle européenne, (moyenne d'1,5 enfant par femme) risquent, à moyen terme, de paralyser le régime des retraites. Il faut du sang neuf pour éviter cette catastrophe.
Léon Kharomon.
Boyau Nsala gagne un galon à Yaounde
Pour sa troisième participation aux assises du Comité des chefs de police de l'Afrique Centrale (CCPAC), la RD Congo s'est vu confier la vice-présidence. Antoine-Camille Boyau Nsala, inspecteur général de la police judiciaire des parquets qui va seconder le Camerounais Mebe Ng'O Adegard Alain. Le CCPAC. C'est à l'issue de sa 8 ème réunion générale que le CCPAC, une branche de l'Organisation internationale de la police criminelle (OIPC), mieux connue sous la dénomination de Interpol, s'est donné de nouveaux animateurs. Dans la capitale camerounaise, les chefs de police ont réfléchi sur la nécessité de renforcer la coopération policière internationale dans le cadre des comités régionaux. En 2008, les réunions des organes du CCPAC seront coordonnées par le gouvernement du Cameroun, le secrétariat général d'Interpol et la présidence de la commission de la CEMAC. Pour plus d'efficacité, les chefs de police africains sont répartis en quatre comités régionaux. Ce regroupement des pays membres d'Interpol tient compte de la proximité géographique, la similitude des problèmes sécuritaires, de criminalité transnationale et d'appartenance à une même communauté économique et de développement.
Fonctionnant en appui à l'Interpol, à l'instar de l'Europol pour le continent européen, les comités régionaux sont des cadres de coopération policière régionale décentralisée. L'élévation du patron congolais de la police judiciaire des parquets est la consécration des efforts inlassables fournis depuis des décennies par cet homme de droit, connu dans les milieux policiers congolais, particulièrement ceux de la recherche criminelle et d'investigation pour ses hauts faits, notamment dans l'affaire Khanafer qui a défraiyé la chronique à Kinshasa.
En banlieue parisienne, des enfants Lumumba étalent une vie privée du héros qui met en cause ma chère Pauline''
Paris.- Un mini scandale a failli gâcher la soirée hommage à Lumumba. La gué-guerre de succession resurgit à Paris entre les enfants du héros national, au moment où on l'attendait le moin s. La vraie ou fausse veuve Lumumba n'en aura servi que de prétexte''. Sur fond d'indépendance cha cha, la mythique chanson de Kabasele Tshamala dédiée à l'indépendance du Congo, considérée à juste titre comme l'hymne de toutes les indépendances de l'Afrique dans les années 60, le public se dirigeait calmement vers la salle où le Tabou Combo allait donner son concert. Une foule compacte était encore massée sur le perron du cinéma, quand, brusquement, une femme, une Française, bien blanche, se mit à vociférer: Vous n'êtes pas la veuve Lumumba. La véritable veuve s'appelle Pauline Opango. C'est la honte. Vous avez tué Lumumba pour la deuxième fois...''.
Stupeur dans la foule. A qui s'adresse-t- elle ? se demande-t-on. D'aucuns pensent que la dame souffrirait d'une dépression nerveuse, si fréquente par ce temps d'hiver. Un ange passa avant que la dame, la même, la cinquantaine apparemment révolue ne se mette à crier de toutes ses forces. Vous n'êtes pas Pauline Opango. C'est inadmissible ce que vous avez fait
''. C'est alors que l'on vit une Mama'' répliquer: Tika ngai na lobela yé ''. Cette dernière n'est autre que celle qui, durant toute la journée a été présentée comme la veuve Lumumba. Tenant debout sur une canne, affaiblie sans doute par le poids de l'âge, elle tente d'échapper à l'emprise de Paul Lumumba, qui la retient de toutes ses forces. Non, Maman, Kolanda yé té, azolinga ko créer confusion na famille '' ( en français: Non Maman, t'en fais pas, cette dame veut créer la confusion au sein de la famille )'', dit Paul Lumumba. Le fils de Patrice, conduisant la famille à cette commémoration réplique alors à la française qui continuait, de plus belle, de crier ses dénonciations ''. Tu n'as pas honte, lui dit-il , toi, de sortir avec un gamin comme Guy ''. Le nom est lâché. Pour Paul Lumumba, il n'y a pas de doute possible. C'est leur jeune frère qui est derrière ce scandale. Guy Lumumba, le même, candidat malheureux avec 0,46 pc à l'élection présidentielle de 2006 en RDC, qui est derrière ce mini-scandale. Pourquoi? Quand je l'ai mis au courant de l'organisation de cette journée commémorative, Guy a certainement cru que le maire de L'Haÿ-les-Roses nous a donné de l'argent, alors qu'on voulait juste rendre hommage à notre père '', confiera Paul Lumumba au Post . Pour la veuve humiliée, Guy est un ingrat. C'est moi qui lui ai payé son billet d'avion pour qu'il vienne poursuivre ses études en Europe. C'est le fils d'une secrétaire de Lumumba, une Lokélé. D'ailleurs, de son vivant, Patrice ne l'a jamais reconnu ''. Querelle familiale, règlement des comptes ou affaire de sous ? On en saura pas plus. Il est presque 17 heures 30. La nuit est déjà tombée sur Paris. Pétri de convictions qu'il était, au point de sacrifier sa vie pour la dignité de son pays et de son peuple, on en viendrait à oublier que Lumumba était d'abord un être de chair et de sang. Et que sa vie privée, comme toute autre, était émaillée de faits divers plus au moins croustillants. Lumumba a eu des enfants de lits différents. Pauline Opango est bel et bien sa veuve. Mais, la mère de Patrice, Juliana et Roland, n'a pas été la seule femme de Lumumba. C'est la dernière, et sans doute celle qui est entrée dans l'histoire pour avoir vécu les moments les plus décisifs et les plus tragiques qui ont propulsé son mari au panthéon des héros africains. Manifestement, la dame présentée au public ce jour-là, à L'haÿ-les-Roses n'est pas Pauline. Mais quand, de son cachot de Thysville (actuel Mbanza-Ngungu), Lumumba écrit sa fameuse lettre '' à Pauline, il s'adresse, certes à cette dernière, mais aussi et surtout aux Congolais, aux Africains et à l'idéal de liberté pour lequel il a lutté. Il est déjà dans une autre dimension et préfigure déjà les luttes que mèneront plus tard Martin Luther King, Che Guevara, Nelson Mandela
Un tel héritage, personne n'a le droit de le gâcher. Même pas sa famille biologique.
Léon Kharomon.
Lumumba pour toujours
Trois ans après l'inauguration d'une avenue au nom de Patrice Emery Lumumba à Montpellier, Sud de la France , la mémoire du héros de l'indépendance congolaise a été célébrée dimanche 20 janvier dans les environs de Paris. Quelques membres de la famille de l'illustre disparu étaient de la fête. Patrick Sève, maire de L'Hay-les-Roses a fait d'une pierre deux coups. Rendre un vibrant hommage à Patrice Emery Lumumba 47 ans après son assassinat et célébrer à la même occasion une autre figure de la lutte pour l'émancipation des peuples noirs, Toussaint Louverture, le général dissident haïtien qui se révolta contre l'armée napoléonienne et permit, par son sacrifice, aux Haïtiens de se libérer de la colonisation française et d'accéder à l'indépendance. Ainsi naquit la première République noire de l'histoire en Haïti. Comme pour sceller à jamais ces deux destins tragiques, le Tabou Combo, mythique groupe musical haïtien, classé parmi les meilleurs dans les rythmes afro-cubains, tout droit venu des Etats-Unis a agrémenté la soirée. Pour le représentant de Tabou Combo il y a une certaine fraternité qui nous lie ''. Le concert donné n'était que le prolongement d'une journée riche en émotions, commencée avec la projection de Lumumba '', le film réalisé par le Haïtien, Raöul Peck. Ce dernier a vécu, avec ses parents à Kinshasa, l'accession du Congo-Belge à l'indépendance et les évènements tragiques qui ont conduit à l'assassinat de Patrice Emery Lumumba.
Primé dans plusieurs festivals internationaux dont celui de Cannes, Lumumba'' magistralement interprété par le Camerounais Eric Ebouaney, est un film qui a pris date dans l'histoire de la cinématographie africaine, et dans l'historiographie de la décolonisation de l'Afrique en général. Pour le maire de L'Haÿ-les Roses, le nom de Patrice Lumumba résonne comme celui d'un héros à l'instar de Che Guevara et de Martin Luther King qui ont porté un certain nombre des valeurs humaines, dont celles de la liberté ''. On rappelle que ce même 20 janvier, à des milliers de kilomètres de Paris, outre-Atlantique, on célébrait le Martin Luther King day , en pleine campagne des primaires pour l'investiture des candidats à la présidentielle américaine de novembre 2008.
Léon Kharomon.
Un cadre de consultations régulières entre les deux Congo
La 11 ème session de la grande commission mixte RD Congo-République du Congo tenue au Grand Hôtel Kinshasa du 21 au 25 janvier a été l'occasion de re-visiter l'accord de coopération économique, scientifique et culturel signé le 14 mai 1974 à Brazzaville ainsi que des accords sectoriels afin de les adapter au contexte actuel. Les travaux de Kinshasa ont permis aux experts de deux Congo de convenir de la nécessité de mettre en place un cadre de consultations régulières sur les questions politiques et diplomatiques d'intérêt commun entre les ministères des Affaires étrangères et une commission spéciale mixte de défense et sécurité. Sur le plan économique, au regard de l'intense activité d'échanges commerciaux entre les deux pays, les deux délégations ont opté pour la redynamisation des échanges commerciaux bilatéraux à travers l'actualisation de l'Accord commercial de 1978, l'examen des projets d'accord portant sur les petites et moyennes entreprises et artisanat, de même que la conclusion d'un accord sur l'encouragement et la protection réciproque des investissements. Pour une gestion harmonieuse du spectre des fréquences radioélectriques, une rencontre est prévue à Brazzaville en vue de la mise en place effective du Comité mixte de coordination chargé de régler des questions y relatives. La même ville est choisie pour abriter la première session du comité spécial mixte sur le tourisme. L'énergie et les hydrocarbures ont aussi focalisé l'attention des experts. Le projet de coopération en matière d'énergie présenté par la partie brazzavilloise est en étude à Kinshasa, tandis qu'une commission technique mixte des deux experts sera opérationnelle au mois de mars afin d'étudier les modalités de la mise en uvre du protocole d'accord de coopération sur l'exploitation et la production du potentiel des réserves communes des hydrocarbures. Dans le domaine de l'Education nationale, l'engagement est pris d'accélérer le processus devant conduire à la signature d'un Accord sur l'équivalence des diplômes et des titres académiques. Près d'une dizaine d'accords sectoriels feront prochainement l'objet de signature entre les deux Congo et toucheront les secteurs aériens, de coopération scientifique et technique, de pêche, de l'aquaculture et de la pisciculture, de l'enseignement technique et formation professionnelle, de l'intégration du Genre et la promotion de la femme. Représentant le chef de l'Etat congolais, Joseph Kabila, à la clôture des travaux, Nkulu Mitumba Kilombo, ministre d'Etat près la Présidence de la République , a réaffirmé la ferme volonté de son gouvernement à promouvoir et consolider la coopération bilatérale entre les deux pays désormais appelés a réaliser de façon concrète les objectifs des accords de coopération conclus depuis des années. Charles-Zacharie Bowao, ministre congolais à la Présidence chargé de la Coopération , de l'Action humanitaire et de la Solidarité , a souligné qu' il nous faut davantage de détermination et de confiance afin de garantir de meilleures performances à notre coopération, en d'autres termes, à la mise en uvre de nos décisions ''.
Edouardin M'Putu.
FOCUS
Intense ballet diplomatique à Kinshasa avec à la clé plusieurs millions de dollars américains
Le Congo est-il redevenu fréquentable? Le chef de la diplomatie congolaise, Antipas Mbusa Nyamwisi, répond par l'affirmative. Il ne se passe pas une semaine sans que le gouvernement signe des accords avec des partenaires bilatéraux et multilatéraux.
Le Royaume des Pays Bas, longtemps resté en marge, veut jouer un rôle dans le processus de reconstruction de la RD Congo. Ce pays de l'Union européenne a posé un geste d'amitié en accordant au gouvernement 24 millions de dollars pour aider à la stabilisation des régions troublées de l'Est. L'appui financier des Pays-Bas sera orienté vers les actions de stabilisation dans les Kivu, le Maniema et le district d'Ituri ainsi que dans le Nord-Katanga. Cette contribution, accordée à travers le Programme des Nations unies pour le développement, vise à fournir les moyens nécessaires aux besoins financiers les plus immédiats dans les domaines de la sécurité, l'extension de l'autorité de l'Etat et la reconstruction des infrastructures. La contribution néerlandaise porte à 64 millions USD l'aide accordée à la RDC depuis 2007.
Après les Pays Bas, le Royaume d'Espagne. Lundi 28 janvier, le chef de la diplomatie de ce pays, Miguel Angel Moratinos, a signé avec son homologue congolais une convention de base de coopération '' d'un montant de 20 millions d'euros, pour aider au financement de projets de développement en RD Congo. Elle va nous permettre de garantir une aide pour un développement stable de la RDC dans les domaines institutionnel, de la santé, de l'éducation et d'autres que le gouvernement (congolais) trouvera prioritaires '', a déclaré Moratinos.
La signature de cet accord, estime Mbusa, marque le début de la relance de la coopération structurelle entre les deux pays. Il a salué l'engagement espagnol dans le processus politique ayant conduit à l'organisation en 2006 des premières élections libres et démocratiques depuis plus de 40 ans dans l'ex-Zaïre. Les deux ministres ont évoqué la possibilité de l'ouverture à Kinshasa d'un bureau de coopération espagnole ainsi que l'élargissement de la coopération dans le domaine des transports (aérien et maritime) et la formation d'experts en matière de la décentralisation. Moratinos a rencontré par la suite le président Joseph Kabila qui souhaiterait inviter prochainement '' le Roi d'Espagne, Juan Carlos à Kinshasa dans le cadre du renforcement des relations politiques '' entre les deux Etats.
Bien avant lui, c'était le Français Bernard Kouchner dont la toute première visite d'Etat en RDC a été l'occasion pour la France de remettre les pendues à l'heure pour un nouveau départ dans ses relations avec la RDC. Le ministre français des Affaires étrangères a notamment promis le soutien de son pays à la RD Congo , candidate à l'organisation en 2010 du sommet de la Francophonie. Kouchner , médecin de formation, a émis le souhait que le prochain sommet de la francophonie, après celui de 2008, se tienne '' en RDC, premier pays francophone d'Afrique avec environ 60 millions d'habitants. Nous avons été pendant quelques années un peu éloignés de votre pays. Ce voyage marque le retour, non pas de l'amitié qui a toujours existé, mais de relations plus fortes '' avec la RDC , dotée depuis 2006 d'institutions légitimement élues, a-t-il déclaré. Ce retour s'est déjà matérialisé par un accord de coopération de 200 millions d'euros '' signé en 2007 pour cinq ans, a-t-il rappelé, ajoutant que la France allait aussi s'engager davantage dans le soutien à la paix et à la reconstruction. La paix au Congo, Kouchner l'a également abordé à Kigali avec le président rwandais Paul Kagame qui, depuis son avènement au pouvoir, n'arrête pas de créer des chevaux de Troie pour maintenir instable l'Est de l'ex-Zaïre.
Georges Tamba.
Racisme: un Congolais tué à Kiev
Le racisme est loin d'être banni en Europe. Les ressortissants africains sont les mal aimés dans les pays du vieux continent. Tenez. Un jeune réfugié de la RD Congo dont la police a tu le nom a été tué à Kiev dimanche 27 janvier, au cours d'une bagarre avec des inconnus. Ces derniers lui avaient infligé 17 blessures à l'arme blanche.
Ce jeune congolais vivait dans la capitale d'Ukraine depuis un an. Son corps sans vie a été retrouvé dans un quartier d'habitations non loin du centre de la capitale, avec des blessures à la tête, au cou, à la poitrine et au dos. L'enquête policière a établi que la victime, décédée de ses blessures après avoir été hospitalisée d'urgence, avait eu maille à partir avec un groupe d'inconnus.
Plusieurs pistes sont étudiées, dont celles du racisme, d'un vol ou d'une simple querelle. Des ONG soutiennent la piste raciste au regard de l'accroissement du taux de criminalité dans cette ville.
En 2007, six étrangers ont été tués et cinq grièvement blessés à Kiev. Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s'est déclaré en juin 2007 extrêmement inquiet '' de la recrudescence des agressions racistes en Ukraine à l'encontre de demandeurs d'asile, de réfugiés et d'autres étrangers. La progression du racisme dans ce pays avait été dénoncée publiquement en juin dernier par des personnalités ukrainiennes et des personnes de couleur vivant dans cette ex-république soviétique.
Hommage à Dieka
Dieudonné Kanyengele alias Dieka a rangé ses notes de presse écrite pour l'éternité. Chef des travaux depuis plusieurs années à l'Institut facultaire des sciences de l'Information et de la communication (IFASIC), Kanyengele est décédé samedi 26 janvier à la Clinique Ngaliema où il avait été admis en urgence vingt jours plus tôt. Enseignant de journalisme (presse écrite), Dieka fut aussi un professionnel rompu. Il a formé la quasi totalité des journalistes congolais encore en activité et dirigé plusieurs titres de la presse congolaise. A l'époque de la régionalisation de l'ex-ISTI, dans le cadre de la CEPGL , Dieka participa à la formation et à la remise à niveau de plusieurs chevaliers de la plume des pays des Grands lacs. La soixantaine révolue, il fut l'un des premiers assistants en journalisme. Jusqu'à sa mort, le prof'' Dieka était conseiller à la présidence de la République au collège socioculturel dirigé par une de ses anciennes étudiantes, Chantal Safou. Géniteur du joueur Christian Kanyengele, ancien Simba, Dieka sera porté en terre samedi 2 février. Un dernier hommage lui sera rendu au parc de Boeck.
blaise ndongala.
Vient de paraître chez l'Harmattan
Les fraudes électorales '' ou la recolonisation de la RDC
Politologue, essayiste congolais résident en Suisse, Fweley Diangitukwa a publié Les fraudes électorales''. Ce livre de 227 pages est paru en décembre 2007 aux éditions l'Harmattan. A son actif, plus d'une dizaine d'ouvrages sur la RD Congo , pays natal, dont Le règne du mensonge politique en RD Congo. Qui a tué LD Kabila?'', Pouvoir et clientélisme au Congo-Zaïre-RDC'', un essai publié en 2001. Docteur en sciences économiques et sociales, Diangitukwa a enseigné au département des sciences politiques de l'Université de Genève et à Schiller International University, à Leysin, en Suisse. Le prof Diangitukwa parle des élections qui se sont déroulées ces dernières années en Afrique.
Q.- Pensez-vous que les élections en Afrique sont caractérisées par la banalisation de la fraude électorale et l'impunité des fraudeurs?
R. - Oui, je le pense. Mais, partout sur le continent où les élections ont été organisées, le peuple et leurs leaders ont pris chaque étape au sérieux. Quant à nous, en RD Congo, seules quelques voix ont crié dans le désert, entre autres celle du professeur Augustin Mampuya et celle de Jérôme Bonso de la Ligue nationale pour les élections libres et transparentes (LINELIT). Certains Congolais ont effectivement dit ouvertement que les élections seront truquées mais ils ne sont pas allés très loin après la proclamation des résultats. Beaucoup se sont tus depuis lors. Constater et prévenir sont une bonne chose, mais l'action est au dessus de tout. Lorsque nous nous sommes rendus compte collectivement que les fraudes massives ont eu lieu, il était de notre devoir de protester. Nous ne l'avons pas fait et nous nous sommes laissés dominés, terrorisés par le pouvoir qui a fini par avoir raison sur le peuple. Vous savez, les pays étrangers prennent les Congolais pour des naïfs, des gens peureux et complaisants. Oui, tout a été banalisé tout au long du processus électoral. Dans mon livre, je décris les stratégies mises en place par le pouvoir pour truquer les élections alors que nous avons eu des exemples des peuples qui ont résisté contre l'arrogance du pouvoir: le peuple ukrainien en constitue un.
Aujourd'hui, nous observons des résistances populaires au Kenya, en Géorgie et ailleurs. Qu'avons-nous fait en tant que peuple pour résister contre les fraudes massives? Pire, les anciens mobutistes qui étaient humiliés par l'AFDL qui les a chassés du pouvoir sont allés comme des enfants quémandés des postes politiques et partager le pouvoir avec le PPRD. Non, il faut savoir garder sa dignité et respecter sa personne. J'affirme qu'il n'y a qu'un seul fléau en RDC et il s'appelle l' impunité ''. Depuis l'époque coloniale, le peuple congolais n'a jamais cherché à punir ceux qui pillent et déstabilisent le pays. Nous n'avons rien réclamé aux colons belges qui ont pillé le Congo et les oeuvres d'art qui gisent toujours dans les musées belges. Vous connaissez Tervuren. C'est le Congo artistique qui a été transporté en Belgique. Nous n'avons jamais condamné le régime de Mobutu qui avait publiquement pendu quatre anciens ministres au pont Kasa-Vubu. Les enfants de ces martyrs sont traumatisés à vie. Quelle a été la réaction des Congolais à la chute du régime Mobutu? Rien, personne n'a demandé des comptes. Le président Laurent-Désiré Kabila a proclamé une révolution pardon  '', c'est-à-dire la poursuite de l'anarchie. Aujourd'hui, personne ne demande de compte au pouvoir. Bien au contraire, les intellectuels '' courent derrière le pouvoir pour solliciter des postes et une fois au pouvoir ils se comportent exactement comme les mobutistes qu'ils critiquaient encore dans l'opposition ou depuis l'étranger. C'est regrettable.
En 2006, l'ensemble de Congolais a été trompé et manipulé. L' élection était plus qu'une comédie. Le mensonge et la manipulation ont fait croire au monde entier que c'est Joseph Kabila qui a gagné. Dans mon livre, j'apporte les preuves des fraudes en rassemblant des témoignages. Autrement, qu'on procède au recensement de la population pour pouvoir comparer les chiffres avancés par les ordinateurs de Malu Malu et la réalité ou, dans le cas contraire, qu'on crée une commission d'enquête composée de différents partis politiques, des membres de la société civile, des Eglises ''. Je démontre également que la communauté internationale a participé et contribué au montage du mensonge contre les intérêts du peuple congolais. La RDC est ainsi devenue un laboratoire des Nations unies. C'est au Congo que l'on teste les recettes onusiennes avant de les appliquer ailleurs, parce que le peuple est jugé naïf et peu exigeant. Il nous revient de remettre les pendules à l'heure, car à force de nous taire, de nous soumettre et de ne jamais manifester publiquement notre indignation et notre ras-le-bol devant les acteurs et les pays qui organisent astucieusement le retour de la colonisation en Afrique, nos pays succomberont les uns après les autres. La plupart des Congolais ignorent le travail occulte mené par des réseaux étrangers qui ne souhaitent pas l'indépendance réelle des pays africains et la libération totale de l'homme noir, car si les Africains se libèrent, qui l'Occident va-t-il encore soumettre, exploiter et dominer? J'ai mené une analyse froide et impitoyable sur les fraudes électorales dans le but de rétablir la vérité.
Les Congolais doivent maintenant s'employer à accéder à la vérité sans plus chercher à être assistés par les Etats et les firmes transnationales qui exploitent le Congo. Lorsque les pays étrangers découvriront que les Congolais sont maintenant unis et ont acquis la maturité politique et la conscience nationale, qu'ils sont devenus responsables, ils s'ingéreront difficilement dans la vie politique de notre pays. Mais cela demande un sérieux engagement de la part de chacun de nous. Nous faisons encore trop confiance aux étrangers qui, pour cette raison justement, nous considèrent encore comme des grands enfants. C'est très indigne de notre part! Comme une maison ne peut tenir sans une bonne fondation, une nation ne peut pas construire un avenir radieux en tolérant les fraudes. Dans une telle situation les fraudeurs ou encore les usurpateurs croient qu'ils ont acquis le droit de mentir. J'en veux aux hommes de droit. Certes, sous le mobutisme, la corruption n'épargnait personne, même pas ceux qui étudiaient le droit. Elevés dans la corruption, les magistrats ferment les yeux aujourd'hui devant des pratiques éhontées et rétrogrades. C'est regrettable. C'est lorsque le Congo aura des hommes de droit intègres, qui pratiquent et respectent le droit et la justice que l'impunité disparaîtra et le pays se mettra debout.
Q.- Quelle similitude faites-vous entre les élections qui viennent de se dérouler au Kenya et celles de la République démocratique du Congo en 2006?
R.- La différence est totale. Le Kenya est à sa deuxième expérience. Les Kenyans ont mis fin au régime tyrannique de Arap Moi en organisant ce qu'ils ont appelé la -bas des élections propres ''. C'est donc un peuple aguerri et persévérant qui refuse de se laisser tromper. En RDC, depuis l'indépendance, les hommes forts qui s'emparent du pouvoir méprisent le peuple qui se laisse soumettre. Au Kenya, c'est encore le président de la commission électorale qui, en se fondant sur l'éthique et la déontologie, a émis un doute sur le succès électoral du président Kibaki, actuel chef de l'Etat. C'est qui a donné de la force au parti de l'opposition et à la population qui sont descendus dans la rue pour protester. Cela diffère de la complaisance dans laquelle se trouvent nombre d'hommes politiques de notre pays qui n'ont, pour la plupart, qu'un seul souci : accéder au pouvoir et jouir de ce pouvoir. Quelle que soit l'issue, le Kenya est sur la voie démocratique. Les députés de l'opposition sont majoritaires au parlement alors que chez nous les ténors de l'opposition d'hier ont rapidement et clandestinement rejoint l'Alliance de la Majorité présidentielle (AMP -copiée sur le modèle de l'UMP en France). Nous ne sommes pas sérieux comparativement aux Ukrainiens, aux Kenyans ou encore aux Géorgiens. Les pays occidentaux qui connaissent parfaitement bien le comportement et la naïveté des Congolais se permettent tout dans notre pays au point de choisir eux-mêmes librement, et avant les élections, le chef de l'Etat qui leur plaisait parce qu'ils ont estime qu'il est plus facile d'obtenir des avantages économiques avec Kabila. Les élections étaient une comédie, une mise en scène pour faire croire et surtout pour prêter forcément de l'argent à la RDC afin de contrôler ensuite plus facilement l'économie de ce pays. Nous ne jouissons pas de notre souveraineté parce que nous sommes collectivement naïfs, peureux et complaisants.
Q.- Les observateurs étrangers sont-ils la garantie'' pour le déroulement de bonnes élections dans un pays?
R. - Non et non. Beaucoup de pays l'ont déjà compris à telle enseigne qu'ils refusent la présence de ces observateurs. L'Algérie a refusé la présence des observateurs français. Que dire? Les étrangers sont-ils plus sérieux et plus honnêtes que les Congolais? Sont-ils plus nationalistes que les nationaux? Non. Etre observateur est un métier et celui qui est envoyé en Afrique pour observer les élections reçoit des instructions de son employeur. Il observe ce qu'on lui a demandé d'observer. Il n'est pas animé par l'éthique ou par la morale. Et ceux qui envoient les observateurs ne le font pas pour les beaux yeux des Congolais, si j'ose m'exprimer ainsi. Ils ont des intérêts et ils n'agissent pas pour jeter leur argent par-dessus la fenêtre. Un journaliste comme Stephen Smith, qui travaille normalement pour la défense des intérêts occidentaux en critiquant sévèrement les Africains afin d'affaiblir l'Afrique, a néanmoins eu le courage de reconnaître, dans son livre Nécrologie. Pourquoi l'Afrique meurt' ' que l'Organisation internationale de la francophonie est une machine huilée pour sanctifier des scrutins scandaleusement truquée comme, par exemple, la réélection d'Idriss Deby au premier tour, avec 63 pc des voix en juin 2001 ''. Lorsque les pays occidentaux qui vivent sur le dos de l'Afrique ont leur candidat à vendre'', leurs observateurs internationaux '' répètent partout la même déclaration comme des perroquets: Malgré quelques manquements organisationnels, les résultats traduisent la libre expression de la volonté populaire'' . Stephen Smith précise: Ces scrutateurs exceptionnels ne sont pas nécessairement fiables, au regard de leur indépendance de jugement. Ils tiennent en effet à rester inscrits sur les listes de la société civile privée à qui la Commission européenne sous-traite un travail lucratif, deux ou trois '' missions par an faisant vivre plutôt bien l'observateur électoral, une profession née de la démocratisation de l'Afrique. Beaucoup d'observateurs sont des gens avides d'argent. Ils ne vont pas pour observer nécessairement s'il y a des fraudes mais plutôt si les gens vont effectivement voter. C'est là toute la différence. Ne faudrait-il pas s'appuyer plus sur des observateurs qui examinent l'existence des fraudes que ceux qui se limitent à observer l'opération du vote? Il n'y a qu'en Afrique que l'Occident envoie des observateurs en masse et la présence des observateurs est devenue un moyen officieux de poursuivre la colonisation, en surveillant et en contrôlant l'Afrique de l'intérieur. C'est une forme de mépris de l'Africain, car ce sont les mêmes pays occidentaux qui soutiennent les dictateurs qui nous envoient des observateurs. Cela ne doit-il pas faire réfléchir? La véritable garantie, c'est notre propre sérieux. Nous devons apprendre à rédiger nos propres institutions au lieu de demander aux professeurs belges de rédiger notre Constitution comme si le Congo n'avait pas de Constitutionnalistes compétents. Nous devons revendiquer la transparence. L'abbé Malu Malu a repris textuellement la stratégie qui a été appliquée au Tchad. Comme au Tchad donc, il a organisé une fraude grossière en amont en procédant par un recensement des électeurs en lieu et place d'un recensement de la population. Puis, comme au Tchad également, il a amaigri l'électorat de l'Ouest et du Centre tout en boursouflant le corps électoral de l'Est prétendument acquis au chef de l'Etat. Malheureusement pour lui, les données statistiques montrent qu'après plus de cinq millions de morts inutiles et des milliers de déplacés dans les pays voisins, l'argument d'une majorité des masses dans l'Est de la RDC ne convainc personne...
Freddy Mulongo.
BUSINESS
L'OCPT, premier chantier ciblé par les Chinois
La Chine a démarré le décaissement de fonds promis à la RD Congo. Lundi 28 janvier au Grand Hôtel Kinshasa, le gouvernement a signé deux conventions dont l'une porte sur un prêt'' préférentiel et l'autre sur les modalités de la coopération gagnante-gagnante '' entre les deux pays. Le prêt de 35 millions de dollars a été conclu avec la banque privée chinoise Exim, la même qui a signé en septembre dernier un protocole d'accord de 8,5 milliards USD. Ces fonds qui seraient déjà décaissés, selon des sources congolaises, sont destinés essentiellement à la modernisation de l'Office congolais des postes et télécommunications (OCPT), cette entreprise publique classée parmi tant d'autres sur la liste des canards boiteux. Avec ces 35 millions USD, l'OCPT pourrait redevenir opérationnel et prêt à concurrencer les privées qui ont tout fait pour le clouer. L'accord pour ce prêt préférentiel '' a été signé par le vice-ministre congolais des Finances, César Lubamba, et le gouverneur de la China Exim Bank, Li Ruogu en séjour à Kinshasa depuis le week end. La délégation chinoise a reçu des assurances à haut niveau et promet de changer l'image de l'OCPT dont les agents ont fondu au fil des années à cause d'impaiement des salaires. On rappelle qu'en septembre 2007, Exim Bank avait signé un protocole d'accord portant sur un prêt de 8,5 milliards de dollars pour la réalisation de travaux d'infrastructure et la relance de l'exploitation minière, partiellement remboursable en titres miniers. La seconde convention signée entre le ministre congolais des Travaux publics et des Infrastructures, Pierre Lumbi, et le directeur général de la société Sino-hydro, Fan Jixiang, marque le début effectif de ce partenariat qui suscite tant de passion côté Occidentaux. Elle définit les modalités de la coopération entre les deux pays dans plusieurs domaines. La société Sino-hydro, présente dans plusieurs pays africains, est spécialisée dans l'exploitation dans les secteurs des mines, des hydrocarbures et la réhabilitation d'infrastructures. Elle se fait parler d'elle un peu partout. Aujourd'hui commence la reconstruction de notre pays avec le concours de la Chine. Nous avons confiance en ce pays parce que son modèle de coopération est porteur de prospérité, de confiance et d'expertise. Nous pensons qu'avec ce partenariat, nous respecterons le principe gagnant-gagnant '', a indiqué Lumbi. L'ambassadeur chinois en RD Congo, Wu Zexian, dont le franc parler blesse certains diplomates de l'UE à Kinshasa, notamment en ce qui concerne ce partenariat, a invité les Congolais à faire confiance à la Chine '' qu'il dit déterminée à mener à bien cette coopération ''. Wu souligne que son pays est pleinement conscient '' de l'importance du lancement rapide de cette coopération, parce que non seulement la RDC en a besoin, mais aussi parce qu'elle est profitable à la Chine ''. Il a répété à l'attention des incrédules que l'engagement chinois en RDC ne va pas alourdir la dette extérieure '' de ce pays mais que notre partenariat est basé sur le principe gagnant-gagnant ''. Fin 2007, la RDC et la Banque chinoise de développement avaient signé à Kinshasa un protocole d'accord de financement de projets de développement, dont le montant n'avait pas été révélé et restait à déterminer, selon des sources congolaises. Outre ces accords avec des sociétés privées chinoises, Pékin s'est impliqué en RDC avec la signature début janvier de protocoles de prêts publics d'un montant de plus de 34 M USD, dont 3,75 M sans intérêt '' et de 30,62 M USD à taux préférentiel ''.
Georges Tamba.