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La France ne veut pas "démembrer" la RDC, affirme Sarkozy

AFP

16 fév. 09 - 11h40

KINSHASA, 16 fév 2009 (AFP) - La France n'a aucune volonté de "démembrement" de la République démocratique du Congo (RDC), affirme le président français Nicolas Sarkozy dans une interview parue lundi à Kinshasa, jugeant sans fondement les "procès" qui lui sont faits à ce sujet.

"Mais pourquoi me parlez-vous de démembrement? Qui a dit cela? Ai-je jamais dit une telle chose, si contraire aux positions constantes de la France?", lance M. Sarkozy dans cet entretien publié par plusieurs quotidiens congolais, comme on lui demande si Paris "participe au démembrement de la RDC".

"La souveraineté de la RDC et l'intangibilité de ses frontières sont des principes sacrés. Si un pays continuera de se battre pour garantir leur plein respect, ce sera bien la France", martèle-t-il.

"La France a toujours été, et elle restera toujours un allié fidèle de la RDC (...) Les polémiques n'ont pas lieu d'être et les procès qui nous sont faits sont sans fondement", ajoute-t-il.

Le 16 janvier devant le corps diplomatique à Paris, le chef de l'Etat français avait évoqué "la place, la question de l'avenir du Rwanda", pays "à la démographie dynamique et à la superficie petite" et "la question de la RDC, pays à la superficie immense et à l'organisation étrange des richesses frontalières".

Il avait plaidé pour une "nouvelle approche" pour régler "de façon globale" les problèmes d'instabilité dans la région des Grands Lacs.

Ces propos avaient suscité une vive polémique en RDC, la presse kinoise parlant de projet de "balkanisation" du pays, au centre de guerres régionales en 1996-1997 et 1998-2003.

Des parlementaires de l'opposition s'étaient dits hostiles à la prochaine visite du président Sarkozy, "pour autant qu'elle met en danger les intérêts fondamentaux du peuple congolais".

Interrogé fin janvier sur les propos de son homologue français, le président congolais Joseph Kabila s'était borné à souligner que "les décisions congolaises se prennent ici, pas à Bruxelles, ni à Paris ou Washington".

La date de la visite de Nicolas Sarkozy n'a pas été annoncée officiellement mais elle devrait intervenir fin mars, selon une source diplomatique à Kinshasa.

Dans le même entretien, le président français suggère aux pays de la région de renforcer leur coopération.

"Les pays de la région, de l'Angola au Burundi, et pourquoi pas à la Tanzanie aussi, pourraient travailler ensemble, comme nous l'avons fait en Europe, pour structurer leurs marchés, organiser des filières agricoles, commerciales et industrielles, introduire davantage de transparence et de règles, développer les ressources énergétiques y compris par des micro-projets, assurer la sécurité alimentaire et sanitaire, faciliter l'accès à l'eau potable, protéger le patrimoine naturel, bâtir des infrastructures régionales", avance-t-il.

© Congo Vision


Présence des troupes rwandaises et ougandaises: la tension monte en RDC

KINSHASA (AFP) - 17/02/2009 17h02

Partiront, partiront pas? La tension monte en République démocratique du Congo (RDC), à mesure que grandit l'incertitude sur le départ des troupes rwandaises et ougandaises, déployées depuis plusieurs semaines pour traquer des rebelles en territoire congolais.

La RDC se trouve dans la délicate situation d'accueillir sur son sol les armées de deux voisins, l'Ouganda et le Rwanda, avec qui elle s'est dans le passé très durement affrontée.

Avec l'Ouganda ainsi que le Sud-Soudan, Kinshasa a entrepris mi-décembre 2008 une opération dans le nord-est de la RDC, dans le but de capturer le chef de la rébellion ougandaise de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA).

Aux côtés de Kigali, dont les troupes ont envahi la RDC par deux fois (1996 et 1998), l'armée congolaise s'est lancée le 20 janvier dans la traque des rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Estimés à environ 6.500 hommes, ils sont réfugiés dans l'est de la RDC depuis le génocide au Rwanda de 1994, auquel certains ont participé.

Après la surprise et souvent l'irritation des débuts, surtout à propos de la présence rwandaise, la prolongation et la fin incertaine des opérations nourrissent en RDC de plus en plus de crispations.

Dimanche, un député d'opposition a de nouveau réclamé une session extraordinaire de l'Assemblée nationale pour évoquer la question. Selon lui, une pétition a été signée à cette fin par une majorité de députés.

Mais en l'absence du président de la chambre Vital Kamerhe - actuellement en Europe, selon son entourage -, qui avait lui-même critiqué l'entrée des Rwandais, cette convocation se fait attendre.

L'Eglise catholique, très écoutée dans un pays à très large majorité chrétienne, a prêté main forte aux "pétitionnaires", exhortant le Parlement à "suivre les opérations militaires".

"Le peuple, lassé par la guerre et inquiet de la présence de ces armées étrangères, ne souhaite pas une nouvelle prorogation de la durée de leur présence", ont averti les évêques.

Ces tensions sont en effet alimentées par l'incertitude persistante sur le départ des troupes.

Déjà reporté, le retrait des Ougandais "a démarré", a assuré ce week-end à l'AFP le porte-parole du gouvernement Lambert Mende.

Mais le porte-parole ougandais de l'opération conjointe n'a pas donné la moindre date: "les opérations se poursuivront jusqu'à ce que les terroristes (de la LRA) soient expulsés de RDC".

Quant aux forces rwandaises, le président congolais Joseph Kabila a promis leur départ pour fin février au plus tard. Une "cérémonie d'adieu" est d'ailleurs prévue. Les députés de Kigali ont toutefois souhaité une prolongation de la présence rwandaise.

Alors que, pour maints observateurs, les forces conjointes ne peuvent se flatter d'aucune victoire décisive, l'idée fait son chemin que Rwandais et Ougandais ne sont pas près de faire demi-tour.

"C'est ce que les Congolais craignaient qui risque de leur arriver: Kigali et Kampala demandent les prolongations", s'alarmait mardi le quotidien Le Phare, proche de l'opposition. Peu importe la durée, le "résultat" prime, estimait Uhuru (progouvernemental).

"Inévitablement", les troupes étrangères resteront plus longtemps que prévu, pronostiquait une source diplomatique. Or, prévient-elle, si jusqu'à présent la population congolaise n'a pas exprimé fortement de mécontentement face à cette situation, au fil du temps elle "pourrait commencer à s'énerver".

© 2009 AFP


RDC: les métaux des téléphones mobiles financent le conflit dans l'est (ONG)

AFP

16 fév. 09 - 11h38

KINSHASA, 16 fév 2009 (AFP) - Les métaux présents dans les téléphones portables "contribuent à financer les atrocités" dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), affirme lundi l'ONG Global Witness, exhortant les industriels à bannir de leurs produits les minerais de cette provenance.

L'organisation "demande aux fabricants de téléphones portables de soumettre leurs chaînes d'approvisionnement à un audit complet afin d'exclure les minerais qui financent le conflit armé" dans l'est congolais, dans un communiqué publié lundi, au premier jour du congrès mondial de la téléphonie mobile à Barcelone.

Selon l'ONG basée à Londres, "il existe un lien causal direct entre ce commerce des minerais en provenance de l'est de la RDC et les atrocités perpétrées à l'encontre des civils congolais".

"De récentes enquêtes menées par Global Witness et le Groupe d'experts des Nations unies révèlent que les principaux groupes armés impliqués dans les combats actuels se financent tous par le commerce de minerais de grande valeur. Ces minerais permettent de produire des métaux, dont l'étain et le tantale, qui entrent dans la fabrication des téléphones portables", explique-t-elle.

Le conflit "a été alimenté en partie par la hausse mondiale dans la demande pour les téléphones portables", estime Annie Dunnebacke, chercheuse au sein de Global Witness.

"Selon le dernier rapport du Groupe d'experts des Nations unies, publié en décembre 2008, la cinquième plus grosse compagnie au monde de transformation de l'étain, Thailand Smelting and Refining Co (Thaisarco), achète du minerai d'étain à partir d'un exportateur qui se fournit auprès de mines contrôlées par les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR, rebelles hutu rwandais)", indique l'ONG.

"La société Thaisarco, basée en Thaïlande, appartient au géant britannique du secteur des métaux, Amalgamated Metal Corporation (AMC) Group", précise-t-elle.

L'est de la RDC, frontalier du Rwanda et de l'Ouganda et très riche en minerais, connaît depuis le milieu des années 90 une succession de conflits.

Le pillage de ses ressources par les belligérants a été régulièrement dénoncé par l'ONU et des ONG. Les armées de Kinshasa et Kigali ont lancé le 20 janvier dans l'est congolais une opération conjointe sans précédent visant à neutraliser les rebelles FDLR, estimés à environ 6.500 hommes et réfugiés en RDC depuis le génocide au Rwanda de 1994 auquel certains ont participé.

Cette opération a eu pour premier résultat l'arrestation le 22 janvier au Rwanda de Laurent Nkunda, chef historique d'une autre rébellion, le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP, congolais).

Plus de 3.500 combattants et leurs dépendants rapatries par les Nations Unies depuis janvier 2009

MONUC PIO

17 fév. 09 - 16h42

« Plus de 3.500 combattants et leurs dépendants ont été rapatries par les Nations Unies depuis janvier 2009 ». C'est ainsi que M. Bruno Donat, responsable du Programme DDRRR de la MONUC s'est exprimé lors d'un point de presse tenu le 16 février 2008 à Goma.


« Si l'on fait le bilan aujourd'hui, de nos activités pour 2009, ce sont 1.003 combattants FDLR et leurs dépendants que la MONUC a rapatrié via le processus de désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration et réinsertion (DDRRR). Il s'agit de 355 combattants et 648 dépendants ».

Sur ce total, 877 ont été rapatriés pendant les 15 premiers jours de ce seul mois courant.

« Outre les combattants et dépendants qui sont passés par notre programme », a ajouté M. Donat, il convient également de noter qu'entre le 1er janvier et le 13 février dernier, le HCR a rapatrié quelques 2583 civils rwandais. Le nombre total de citoyens rwandais rapatriés par les Nations Unies depuis le début de l'année 2009 sur base volontaire dépasse donc 3500 personnes ».

270 autres combattants et dépendants attendent leur rapatriement dans les différents centres DDRRR dans les deux Kivu.

Le chiffre total de rapatriement volontaire pour toute l'année 2008 est de 1.103.

S'il apparaît que l'augmentation subite des candidats au désarmement et au retour volontaire coïncide avec le lancement des opérations conjointes, cette hausse des chiffres est également due aux efforts redoublés de sensibilisation des combattants par les équipes DDRRR qui ont multiplié leurs bases et équipes mobiles dans les zones de concentration des combattants : des pamphlets contenant des informations pratiques sur les lieux où les combattants peuvent rejoindre le DDRRR sont largués à grande échelle ; des radios mobiles sont utilisées sur le terrain afin de communiquer des informations pratiques sur le DDRRR afin de convaincre les combattants et leurs dépendants pour rejoindre ce programme et rentrer dans la dignité et éviter d'être la cible des opérations militaires en cours ; une line téléphonique existe que les candidats peuvent appeler 24h/24 et 7j/7 : 081 890 66 07.

A noter qu'au cours de cette conférence de presse, un candidat au rapatriement volontaire et actuellement en transit à Goma, en attente de son retour au Rwanda, M. Christophe Buhigirubusa, cadre politique du FDLR, a fait une déclaration à la presse.

« J'ai été bien accueilli par la MONUC et les FARDC, et je remercie tous ceux qui m'ont aidé à sortir sain et sauf de la forêt » a-t-il déclaré avant de lancer cet appel : « Je conseille a tout réfugié rwandais en RDC, toutes catégories confondues, de rentrer au pays. Le moment est venu de rentrer au bercail. Chers frères et soeurs exilés en RDC, profitons de l'occasion pour rentrer chez nous ».

Depuis le lancement de son programme DDRRR, la MONUC a rapatrié quelques 13.000 combattants FDLR et dépendants dans leur pays d'origine, le Rwanda. Parmi ces derniers, on compte approximativement une moitié de combattants et une moitie de dépendants.


NICOLAS SARKOZI ABANGI MAKAMBO , ASENGI PARDON !
( Congo Tribune 17/02/2009)

Les Congolais de France ont passé deux jours devant l'assemblée nationale Française La pression de la diaspora congolaise a poussé le président français Nicolas Sarkozy à accorder une interview aux quatres journaux de Kinshasa pour expliquer clairement son projet jugé très sournois par les congolais de partout.

Depuis ce discours du 16 janvier dernier, les congolais de la diaspora ont multiplié la pression en organisant des marches contre le président français, et en publiant des lettres ouvertes pour dire au président français que la RD CONGO n'était pas à vendre . La semaine dernière, un groupe de congolais de France, ont campé devant l'assemblée nationale française durant deux jours. Le jeudi 12, et le vendredi 13 février. Les Congolais de Belgique, ont marché contre Sarkozy le 01 février dernier à Bruxelles

A Kinshasa, les militants de l'UDPS, ont demandé au gouverneur de la ville de leur accorder une autorisation pour faire une marche de protestation le 26 mars prochain, le jour de la visite du président français à Kinshasa. Debout congolais, quand nous sommes unis, nous sommes plus forts qu'une bombe. Voici l'interview « MEA CULPA » de Nicolas Sarkozy, accordée à nos confrères de Kinshasa.

Le président français Nicolas Sarkozy dément avoir mijoté un plan de démembrement de la RDC !

Ci-dessous, l'intégralité de l'interview accordée à l'Observateur par le président Nicolas Sarkozy.

Le Président, certains passages du discours que vous avez prononcé le 16 janvier, à l'occasion de la présentation des vœux au Corps diplomati¬que, ont soulevé une vive polémique à Kinshasa. L'élite et la population congolaises sou¬haitent connaître le sens que vous donnez aux trois expres¬sions suivantes : « Cela met en cause la place, la question de l'avenir du Rwanda avec lequel la France a repris son dialo¬gue, pays à la démographie dynamique et à la superficie petite.

Cela pose la question de la République démocratique du Congo, pays à la super¬ficie immense et à l'organisa¬tion étrange des richesses fron¬talières » ; « Il faudra bien qu'à un moment ou à un autre, qu'il y ait un dialogue qui ne soit pas simplement un dialogue con¬joncturel, mais un dialogue structurel ; « Comment, dans cette région du monde, on par¬tage l'espace, on partage les richesses ».

La France a toujours été, et elle restera toujours un allié fidèle de la RDC. Elle l'a été au long des années de la transition, elle a été chaque fois que l'unité du Congo a été menacée. Elle cher¬che à aider le Congo à sortir de l'instabilité, à retrouver la paix et la stabilité. Je constate une chose aujourd'hui, en dépit de tous les efforts accomplis, la paix ne s'est pas encore imposée au Congo et dans la région.

Et les victimes, ce sont toujours les civils innocents des provinces orientales du Congo. Ces souffrances doivent cesser. Tous les Congolais ont droit à la paix et à la stabilité. La RDC a besoin de se développer - dans l'Est comme dans toutes les pro¬vinces du pays -, de faire fructifier les richesses qui lui appartiennent, de prendre son avenir en main plu¬tôt que de subir des guerres in¬justes et injustifiables. Le temps est venu de tourner la page de ces quinze dernières années. Alors je m'interroge : faut-il faire plus ? Faut-il faire mieux ? Faut-il faire autrement ?

Les polémiques n'ont pas lieu d'être et les procès qui nous sont faits sont sans fondement. Je vou¬drais souligner quelques idées simples. Il y a des principes sa¬crés : la souveraineté de la RDC, le respect de son intégrité territo¬riale, l'intangibilité de ses frontiè¬res. La France s'est toujours battue pour ces principes. Ce n'est pas avec moi que cela changera. Il y a aussi une évidence : la RDC, c'est le cœur même de l'Afrique, autour duquel le continent s'arti¬cule. Ses richesses potentielles sont immenses et pourtant, les Congolais n'en profitent pas, ou pas assez. Je suis désolé de vous le dire, mais quelque chose ne tourne pas rond!

Ma conviction, c'est que le re¬tour de la paix doit s'accompagner d'un dialogue de fond. Regardez ce que nous avons fait en Europe nous avons surmonté nos déchi¬rures et nos divisions, cicatrisé les blessures si profondes de trois guerres entre la France et l'Alle¬magne en particulier, pour cons¬truire, à partir des projets concrets et dans le strict respect des Na¬tions qui la composent, une Eu¬rope de paix et de prospérité. Bien sûr cela nous a pris du temps.

Mais cela nous a permis la reconstruc¬tion ; cela nous a apporté une prospérité sans égal et l'essor de nos économies ; cela nous a apporté aussi la stabilité et la paix. Alors, au nom de quoi les pays autour des Grands Lacs seraient-ils con¬damnés à la répétition des guer¬res et au malheur ? Ne peuvent-¬ils pas surmonter cette fatalité que, pour ma part, je refuse ? Je veux croire en l'avenir.


L'intérêt des Congolais et des pays de la région, c'est de susci¬ter des projets qui fédèrent plutôt que subir des appétits qui divisent, de couper à leurs racines les cau¬ses de la rivalité, de la désunion et du malheur. Des institutions existent déjà, comme la Commu¬nauté Economique des Pays des Grands Lacs. Alors il faudrait la revivifier, et peut-être même aller plus loin.

C'est dans cet esprit que je voudrais lancer quelques idées : les pays de la région, de l'Angola au Burundi, et pourquoi pas à la Tanzanie aussi, pourraient tra¬vailler ensemble, comme nous l'avons fait en Europe, pour struc¬turer leurs marches, organiser des filières agricoles, commerciales et industrielles, introduire davantage de transparence et de régies, dé¬velopper les ressources énergéti¬ques y compris par des micro-projets, assurer la sécurité alimen¬taire et sanitaire, faciliter l'accès à l'eau potable, protéger le patri¬moine naturel, bâtir des infrastruc¬tures régionales pour créer de nou¬velles opportunités et multiplier les débouchés.

Il y a tant de richesses à créer ou à mettre en valeur. Cela sup¬pose de la confiance et ce dialo¬gue structure auquel j'ai fait réfé¬rence. Cela suppose aussi la coopération qui interdit la prédation ou l'exploitation. Et je souhaite insis¬ter sur ce point. Le Président Kabila a dit que les décisions doi¬vent être prises à Kinshasa, et nulle part ailleurs. Il a raison. C'est aux Congolais eux-mêmes de trou¬ver des solutions. C'est vrai aussi à l'échelle de toute la région : c'est aux Etats et aux populations de discuter, et disons-le, de coopé¬rer pour régler les problèmes et retrouver de la confiance. La con¬fiance, c'est fondamental. La paix ne peut jamais être imposée de l'extérieur.

Les Congolais ont l'impres¬sion que vous cherchez à vous rapprocher du Rwanda, sur le dos de la RDC, tout en prenant des distances avec vos prédé¬cesseurs qui ont décidé l'opé¬ration Turquoise en 1994. Qu'y répondez-vous ?

Dois-je vous rappeler que vous êtes le premier pays francophone du monde ? La France sera tou¬jours aux côtés des Congolais. La RDC tient une place toute parti¬culière dans le cœur des Fran¬çais. Mais je ne peux pas encou¬rager la RDC à dialoguer avec ses voisins sans que la France le fasse aussi. Vous avez tout de même noté que je me suis d'abord rapproché du Président Dos San¬tos et que j'ai noué un partenariat stratégique avec l'Angola sur les questions africaines. Et comment pourrais-je aider les Congolais si je m'abstiens de parler au Prési¬dent du Rwanda ? Ces polémi¬ques n'ont aucun sens. La France restera toujours fidèle en amitié. Et la France choisira toujours la voie du dialogue pour faire progres¬ser la cause de la paix.

Principale victime de l'opération Turquoise, la RDC n'est-¬elle pas en droit d'espérer un dédommagement de Paris ?

Il faut regarder la vérité en face. Il faut reconnaître que les événe¬ments innommables de 1994 ont eu de lourdes conséquences pour la RDC. La crise qui frappe l'Est du Congo depuis des années a des racines historiques. C'est évi¬dent. Mais il faut dire aussi que ni la France, ni la communauté in¬ternationale n'ont été les instiga¬teurs de l'arrivée des réfugiés hutus rwandais sur le sol congolais. Ces réfugiés ont fui leur pays et tra¬versé la frontière de leur propre initiative. La France a pris le ris¬que d'intervenir quand personne ne bougeait.

L'opération Turquoise, je le rappelle, a été conduite sous mandat des Nations-Unies. La France dans cette affaire n'a pas agi seule. Elle a agi au nom de la communauté internationale tout entière. Elle a sauvé des vies hu¬maines en 1994, comme elle l'a fait à Bunia plus tard avec l'opé¬ration Artémis dont tant de Congolais se souviennent. La France n'a pas à rougir de ce qu'elle a fait. Mais, s'il vous plait, tournons-nous vers l'avenir.

Par Hippo Kimbalanga
L'Observateur

© Copyright Congo Tribune


Un terminal céréalier opérationnel au port de Matadi
( Le Potentiel 17/02/2009)

Un privé vient d'aménager un quai pour le besoin du déchargement de ses produits, dégageant des espaces au port de Matadi.

Désormais, il y a un peu plus d'espace au port de Matadi. Le quai qui jadis servait au déchargement des matières premières importées par la Midema ne sera plus occupé par cette firme. En fait, la Midema vient d'aménager un quai devant ses usines de Matadi au bord du fleuve. Le gouvernement ayant instruit l'Office national des transports d'accorder à la Minoterie de Matadi l'autorisation de construire ce quai, à un endroit où aucune activité portuaire ne pouvait s'organiser. Ce faisant, de l'espace est dégagé pour servir aux autres importateurs au bénéfice de la rapidité sur le cycle de débarquement. Une solution est ainsi apportée à l'épineuse question de l'engorgement du port de Matadi. Pour un investissement de 15 millions de dollars américains, les travaux pour l'aménagement du terminal céréalier du port de Matadi ont duré deux ans. Ils ont été exécutés par deux cents travailleurs.

Le nouveau propriétaire de Midema, la firme américaine Seaboard représentée au plus haut niveau par son président et le vice-président, a affirmé vouloir investir davantage en RDC. L'aménagement du port est considéré comme l'une des étapes dans le processus ainsi engagé, qui couvrirait le Bas-Congo, Kinshasa et le Katanga, particulièrement à Lubumbashi. Le président de l'américain Seaboard coorporation se réjouit de l'augmentation constante du chiffre d'affaires de son entreprise depuis 5 ans. Il attribue cette évolution positive à l'amélioration du climat des affaires en RDC pendant la période.

Grâce à ce nouvel investissement, la production journalière de la Midema qui est passée de 350 à 960 tonnes de blé il y a peu, dépassera le seuil d'un millier de tonnes. L'augmentation de la capacité de stockage, avec l'acquisition de nouveaux silos, est consolidée par ce nouvel investissement permettra ainsi un accroissement de la vitesse de chargement et de déchargement des matières premières. Les pénalités de l'ordre de 12.000 Usd journaliers payés pour le chômage des navires lors des déchargements constitueront des économies pour l'entreprise. La production s'en tirera également à bon compte d'autant plus qu'en amont, tout est ficelé pour un travail rapide.

Le gouverneur du Bas-Congo, Simon-Floribert Mbatshi Mbatshia, a salué la création de 30 emplois permanents à travers cet investissement supplémentaire et une centaine d'autres saisonniers. Pour le ministre des Transcom, les autres usagers du port de Matadi sont invités à apporter leur soutien au gouvernement, se servant de l'exemple de la Midema. Pour le ministre de l'Industrie, il a invité la Midema, «dans un contexte de crise alimentaire et financière mondiale, de privilégier la production locale des intrants», notamment au Katanga et au Kivu pour soutenir la balance de paiement de la RDC. Simon Mboso Kiamputu promet la protection du gouvernement face «à la contrefaçon et la concurrence déloyale».

Quant au vice-Premier ministre en charge de la Reconstruction, l'heure est venue pour les Américains de Seaboard de porter, à travers le monde, le message de l'amélioration du climat des affaires en RDC. Un message destiné aux investisseurs.
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Par BIENVENU MARIE BAKUMANYA

© Copyright Le Potentiel


Le président Nicolas Sarkozy à la presse congolaise: « La France restera toujours un allié fidèle de la RDC »

( Le Potentiel 17/02/2009)

Grâce aux bons offices de l'Ambassade de France à Kinshasa, le président français Nicolas Sarkozy a accordé une interview exclusive à cinq journaux congolais, en l'occurrence Le Potentiel, Le Phare, L'Avenir, L'Observateur et La Tempête des Tropiques. Au centre, le discours que le chef de l'Etat français avait prononcé, le 16 janvier 2008 à l'Elysée, devant le Corps diplomatique à l'occasion d'une cérémonie d'échange de vœux. Réponses du président Nicolas Sarkozy aux questions qui lui ont été posées par les cinq journalistes congolais.

M. Le Président, certains passages du discours que vous avez prononcé le 16 janvier, à l'occasion des vœux au Corps diplomatique, ont soulevé une vive polémique à Kinshasa. L'élite et la population congolaises souhaitent connaître le sens que vous donnez aux trois expressions suivantes : « Cela met en cause la place, la question de l'avenir du Rwanda avec lequel la France a repris son dialogue, pays à la démographie dynamique et à la superficie petite. Cela pose la question de la République démocratique du Congo, pays à la superficie immense et à l'organisation étrange des richesses frontalières » ; « Il faudra bien qu'à un moment ou à un autre, il y ait un dialogue qui ne soit pas simplement un dialogue conjoncturel mais un dialogue structurel » ; « Comment, dans cette région du monde, on partage l'espace, on partage les richesses ».

La France a toujours été, et elle restera toujours un allié fidèle de la RDC. Elle l'a été au long des années de la transition ; elle l'a été chaque fois que l'unité du Congo a été menacée. Elle cherche à aider le Congo à sortir de l'instabilité, à retrouver la paix et la stabilité. Je constate une chose : aujourd'hui, en dépit de tous les efforts accomplis, la paix ne s'est pas encore imposée au Congo et dans la région. Et les victimes, ce sont toujours les civils innocents des provinces orientales du Congo. Ces souffrances doivent cesser. Tous les Congolais ont droit à la paix et à la stabilité. La RDC a besoin de se développer – à l'Est comme dans toutes les provinces du pays –, de faire fructifier les richesses qui lui appartiennent, de prendre son avenir en main plutôt que de subir des guerres injustes et injustifiables. Le temps est venu de tourner la page de ces quinze dernières années. Alors je m'interroge : faut-il faire plus ? Faut-il faire mieux ? Faut-il faire autrement ?

Les polémiques n'ont pas lieu d'être et les procès qui nous sont faits sont sans fondement. Je voudrais souligner quelques idées simples. Il y a des principes sacrés : la souveraineté de la RDC, le respect de son intégrité territoriale, l'intangibilité de ses frontières. La France s'est toujours battue pour ces principes. Ce n'est pas avec moi que cela changera. Il y aussi une évidence : la RDC, c'est le cœur-même de l'Afrique, autour duquel le continent s'articule. Ses richesses potentielles sont immenses et pourtant, les Congolais n'en profitent pas, ou pas assez. Je suis désolé de vous le dire, mais quelque chose ne tourne pas rond !

Ma conviction, c'est que le retour de la paix doit s'accompagner d'un dialogue de fond. Regardez ce que nous avons fait en Europe : nous avons surmonté nos déchirures et nos divisions, surmonté les blessures si profondes de trois guerres entre la France et l'Allemagne en particulier, pour construire, à partir de projets concrets et dans le strict respect des Nations qui la composent, une Europe de paix et de prospérité. Bien sûr cela nous a pris du temps. Mais cela nous a permis la reconstruction ; cela nous a apporté une prospérité sans égal et l'essor de nos économies ; cela nous a apporté aussi la stabilité et la paix. Alors, au nom de quoi les pays autour des Grands Lacs seraient-ils condamnés à la répétition des guerres et au malheur ? Ne peuvent-ils surmonter cette fatalité que, pour ma part, je refuse ? Je veux croire en l'avenir.

L'intérêt des Congolais et des pays de la région, c'est de susciter des projets qui fédèrent plutôt que subir des appétits qui divisent, de couper à leur racine les causes de la rivalité, de la désunion et du malheur. Des institutions existent déjà, comme la Communauté Economique des Pays des Grands Lacs. Alors il faudrait la revivifier, et peut-être même aller plus loin.

C'est dans cet esprit que je voudrais lancer quelques idées : les pays de la région, de l'Angola au Burundi, et pourquoi pas à la Tanzanie aussi, pourraient travailler ensemble, comme nous l'avons fait en Europe, pour structurer leurs marchés, organiser des filières agricoles, commerciales et industrielles, introduire davantage de transparence et de règles, développer les ressources énergétiques y compris par des micro-projets, assurer la sécurité alimentaire et sanitaire, faciliter l'accès à l'eau potable, protéger le patrimoine naturel, bâtir des infrastructures régionales pour créer de nouvelles opportunités et multiplier les débouchés.

Il y a tant de richesses à créer ou à mettre en valeur. Cela suppose de la confiance et ce dialogue structuré auquel j'ai fait référence. Cela suppose aussi la coopération, qui interdit la prédation ou l'exploitation. Et je souhaite insister sur ce point. Le président Kabila a dit que les décisions doivent être prises à Kinshasa, et nulle part ailleurs. Il a raison ! C'est aux Congolais eux-mêmes de trouver des solutions. C'est vrai aussi à l'échelle de toute la région : c'est aux Etats et aux populations de discuter, et disons-le, de coopérer pour régler les problèmes et retrouver de la confiance. La confiance, c'est fondamental. La paix ne peut jamais être imposée de l'extérieur.

Les Congolais ont l'impression que vous cherchez à vous rapprocher du Rwanda, sur le dos de la RDC, tout en prenant des distances avec vos prédécesseurs qui ont décidé l'opération Turquoise en 1994. Qu'y répondez-vous ?

Dois-je vous rappeler que vous êtes le premier pays francophone du monde ? La France sera toujours aux côtés des Congolais. La RDC tient une place toute particulière dans le cœur des Français. Mais je ne peux pas encourager la RDC à dialoguer avec ses voisins sans que la France le fasse aussi ! Vous avez tout de même noté que je me suis d'abord rapproché du président Dos Santos et que j'ai noué un partenariat stratégique avec l'Angola sur les questions africaines. Et comment pourrais-je aider les Congolais si je m'abstiens de parler au président du Rwanda ? Ces polémiques n'ont aucun sens. La France restera toujours fidèle en amitié. Et la France choisira toujours la voie du dialogue pour faire progresser la cause de la paix.

Principale victime de l'opération Turquoise, la RDC n'est-elle pas en droit d'espérer un dédommagement de Paris ?

Il faut regarder la vérité en face. Il faut reconnaître que les événements innommables de 1994 ont eu de lourdes conséquences pour la RDC. La crise qui frappe l'Est du Congo depuis des années a des racines historiques. C'est évident. Mais il faut dire aussi que ni la France, ni la communauté internationale n'ont été les instigateurs de l'arrivée des réfugiés hutus rwandais sur le sol congolais. Ces réfugiés ont fui leur pays et traversé la frontière de leur propre initiative. La France a pris le risque d'intervenir quand personne ne bougeait. L'opération Turquoise, je le rappelle, a été conduite sous mandat des Nations-unies. La France dans cette affaire n'a pas agi seule. Elle a agi au nom de la communauté internationale tout entière. Elle a sauvé des vies humaines en 1994, comme elle l'a fait à Bunia plus tard avec l'Opération Artémis dont tant de Congolais se souviennent. La France n'a pas à rougir de ce qu'elle a fait. Mais, s'il vous plaît, tournons-nous vers l'avenir.

Votre discours semble signifier que la France a abandonné les intérêts de la Francophonie au profit des intérêts du monde anglo-saxon. L'opinion congolaise attendait en effet une position française favorable à la RDC et se demande désormais si la France participe au démembrement de la RDC. Quel jeu joue exactement la France dans les Grands Lacs ?

Mais pourquoi me parlez-vous de démembrement ? Qui a dit cela ? Ai-je jamais dit une telle chose, si contraire aux positions constantes de la France ? Je l'ai dit, et je le répète : la souveraineté de la RDC et l'intangibilité de ses frontières sont des principes sacrés. Si un pays continuera de se battre pour garantir leur plein respect, ce sera bien la France.

Je veux que la RDC retrouve en Afrique toute la place qui lui revient. Cela veut dire un Congo fort, uni, debout et prospère dans une région stable et apaisée. Un Congo qui se développe du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest. Ne nous voilons pas la face : cela demandera d'autant plus d'efforts et de détermination que la RDC est frappée par la crise économique, comme le reste du monde. Il n'y a qu'une solution possible : il faut se retrousser les manches, il faut investir dans l'avenir. Et, excusez-moi de le dire mais c'est une évidence, le Congo a tout à gagner, aussi, à tisser des liens fructueux avec ses voisins, de l'Atlantique à l'océan Indien. C'est valable partout ailleurs, alors pourquoi pas au cœur de l'Afrique !

Lors du sommet de La Baule, le président François Mitterrand avait posé entre autres préalable à l'aide française au développement des pays africains, la démocratie, la bonne gouvernance et le respect des Droits de l'Homme. A vos yeux, la RDC satisfait-elle à cette conditionnalité ?

La RDC est une jeune démocratie. Peu de processus électoraux en Afrique, ou ailleurs, sont aussi exemplaires que l'a été celui de 2006. Il a coûté 450 millions de dollars à la communauté internationale. Bien sûr, il y a encore de nombreux défis à relever : lutter contre la corruption, structurer l'armée, la police, la justice, décentraliser une partie des moyens. Beaucoup de chemin reste à parcourir. C'est justement parce que la France souhaite vous accompagner que je viendrai vous rendre visite très prochainement.

L'un de vos prédécesseurs avait déclaré que pour l'Afrique la démocratie est un luxe. A ce jour, partagez-vous cette opinion ?

De nombreux dirigeants africains avaient dit la même chose avant lui mais ce n'est pas le débat. Ma réponse est non ; la démocratie n'est pas un luxe, c'est au contraire une nécessité. Je ne suis pas de ceux qui opposent, un peu naïvement, démocratie et développement. Cela n'a aucun sens. Je ne crois pas non plus à une quelconque exception africaine. Je suis également choqué que certains responsables politiques africains puissent présenter l'exigence démocratique comme une simple conditionnalité imposée par des partenaires étrangers. Les Africains, comme tous les autres peuples, veulent élire leurs représentants. L'aspiration à la démocratie et au respect des droits de l'homme a été au cœur des luttes pour l'indépendance.

La démocratie est aussi une des conditions de l'amélioration de la gouvernance. Elle reste la meilleure garante de l'existence de contre-pouvoirs et de la capacité des administrés à demander aux gouvernants des comptes de leur gestion.

Je ne dis pas pour autant que l'instauration de la démocratie est facile, ni qu'elle suffit à régler tous les problèmes.

La RD Congo est à ce jour le premier pays francophone au monde. Pour quelles raisons la France paraît-elle la négliger, notamment en ce qui concerne les facilités nécessaires à son épanouissement culturel ainsi que dans le domaine de la recherche ?

La Francophonie, parlons-en. Elle nous appartient à tous et n'est pas la propriété de la France. Savez-vous qu'il y a quelques semaines, le Congo a dépassé la France comme premier pays francophone du monde ? Et dans quelques années, vous serez loin devant ! Nos relations doivent être à la hauteur de ce que nous partageons.

La France ne néglige pas la RDC en ce domaine. Nous partageons la même conviction : la culture est l'école de la libre expression, de la libre pensée, c'est un pilier de la démocratie. Votre pays est connu pour sa créativité culturelle et son dynamisme artistique. A Kinshasa, comme à Lubumbashi, les centres culturels français sont des lieux d'expression privilégiés des milieux culturels congolais.

Au début de cette année, nous avons lancé un nouveau programme Francophonie en RDC. Il permettra de relancer l'enseignement du français à Kinshasa, à Lubumbashi, à Kisangani. Je vous annonce que nous allons aussi appuyer le développement du réseau des Alliances françaises tout particulièrement celles de Béni, Bunia, Goma, Bukavu, Uvira. C'est un vrai choix stratégique. L'éducation est la clé de l'avenir. Il y a d'autres projets, mais j'aurai l'occasion d'en parler lors de ma visite.

Quel pourrait-être l'apport de la France dans le redressement économique de la RDC en cette période de crise financière ?

Il n'y aura pas de redressement sans paix durable. A ce titre, la France veut continuer à accompagner la RDC sur le chemin de la paix. Ensuite, il faut un véritable plan de reconstruction concerté du pays. Pour cela, il faut de grands moyens. La France ne peut pas jouer ce rôle toute seule. Alors je réfléchis à la manière de consulter nos grands partenaires pour que nous puissions tous ensemble aider la RDC à se reconstruire. Et puis il faudra attirer davantage d'investissements privés. C'est pour moi un enjeu central. La France veut là aussi jouer tout son rôle. J'aborderai ces sujets lors de ma visite.

Dans le cadre de son aide à la RDC, que choisirait la France entre les priorités suivantes : créer des emplois pour venir en aide aux populations démunies, doter le pays d'une armée dissuasive, lutter contre la destruction très avancée de l'environnement ?

Aucune : il faut aider la RDC dans tous ces domaines, et d'autres encore ! La question n'est pas de choisir une priorité au détriment d'une autre ; la question, c'est d'être le plus efficace possible. Je ne ménagerai aucun effort pour convaincre tous les partenaires internationaux de s'engager avec moi aux côtés des Congolais. Mais au final, le destin du Congo est dans les mains des Congolais. L'avenir leur appartient. Et je sais qu'ils peuvent faire de grandes choses.

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