MEMORANDUM DU PEUPLE CONGOLAIS A L'INTENTION DU MONDE LIBRE
Par Rév. Robert Shutsha.
La guerre du Kivu est en train de prendre une autre tournure. Depuis mercredi, 8 Octobre 2008, de violents combats opposent les FARDC au troupe du CNDP. Selon des sources concordantes et le communiqué du gouvernement congolais, le CNDP est appuyé " en hommes, armes et munitions par un pays voisin bien connu, qui a amassé ses troupes le long de notre frontière commune et organise l' appui sanitaire aux blessés de guerre ". La IIIème guerre contre la RDC serait-elle en marche ?
Ce mercredi 8 octobre 2008, le CNDP a attaqué à partir de 04 heures du matin, la localité de Rumangabo, dans le territoire de Rutshuru.
De nombreux congolais qui suivent de très près cette situation, n'ont jamais cru à une question d'ethnie. Ils ont toujours évoqué ce fait que la République démocratique du Congo est au centre des enjeux régionaux et mondiaux. De par sa position géostratégique, ses nombreuses richesses, la Rdc est justement la cible de ces forces centrifuges, de ces groupes identitaires, de ces multinationales qui se servent des " Alliés locaux " pour réaliser leurs plans machiavéliques.
La " guerre du Kivu " n'échappe donc pas à cette analyse, car, elle survient, à l'instar des précédentes, au moment où l'on enregistre des coïncidences frappantes. Notamment l'organisation de la Conférence internationale Souveraine, le déroulement d`un semblant d`élections générales de 2006 et la signature de la convention de collaboration sino-congolaise.
Aujourd'hui, avec le concours de la Communauté internationale, des initiatives encourageantes ont été amorcées pour autant qu'après l'organisation desdits élections 2006, il est impensable que le pays replonge dans la guerre. C'est dans ces conditions que s'est tenue la Conférence sur la sécurité, la paix et le développement des provinces du Nord et Sud-Kivu, sanctionnée par l'Acte d'engagement de Goma. Comme lors des élections, la Communauté internationale y a apporté une grande contribution financière qui se poursuit avec le soutien au Programme Amani.
Malheureusement, les choses s'empirent chaque jour davantage que les mêmes causes sont en train de produire les mêmes effets. La rébellion de Nkunda se fortifie, grâce à ce soutien qui n'est pas inconnu de la communauté internationale.
Cependant, la " déclaration de guerre " du rwandais Nkunda a suscité de nombreuses réactions. Washington, Bruxelles, New York, Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, et tant bien d'autres au plan local, ont condamné cet appel à la guerre. Karel De Gucht, ministre belge des Affaires étrangères a qualifié ces propos d'irresponsables. Washington abonde dans le même sens, allant jusqu'à promettre des poursuites judiciaires contre les auteurs des crimes de guerre au Kivu et appuie la requête de la Monuc sur l'amélioration de la logistique militaire transmise au Conseil de sécurité. L'Union européenne y va du même élan et réaffirme son engagement au Programme Amani, le seul cadre de dialogue vers une paix durable.
Condamnations honnêtes ? Déclarations de bonnes intentions ou simples effets d'annonce ? Distraction ? Attitude de pyromanes ?
Il faut s'appesantir sur ces interrogations pour prendre tous ces partenaires au mot et éviter la répétition de l'histoire.
Chers Compatriotes Congolais
Presque tous les grands peuples du monde ont connu à un moment ou un autre de leur histoire soit l'occupation, soit la déportation, soit l'extermination ou toute autre forme d'humiliation. Mais quelle que soit la longueur de la nuit, dit-on, le jour finit toujours par se lever.
Toutefois, la longueur de la nuit dépend avant tout du temps que met ce peuple à prendre conscience de son état de soumission et d'avilissement, et ensuite de son devoir et de sa capacité de s'assumer devant les puissances d'oppression et d'occupation pour arracher, au prix du sang s'il le faut, sa souveraineté et sa dignité !
Les deux longues guerres d'invasion que nos voisins de l'Est, à savoir le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi, appuyées par certaines puissances occidentales ont imposées au peuple zaïrois, aujourd'hui congolais, ont été habillées dès le début par un voile de mensonge qui a fait croire à l'opinion nationale qu'il s'agissait d'une guerre de libération.
Il nous a fallu déployer un effort incommensurable pour qu'avec l'aide de Dieu, les écailles tombent progressivement de vos yeux.
Mais malgré nos cris de détresse dénonçant un second piège électoral que l'ennemi avait savamment conçu pour légitimer l'œuvre de l'occupation, de la balkanisation et du pillage de notre pays, vous êtes hélas tombés sous le charme de la propagande et des fausses promesses que la Communauté internationale vous a faites. Elle vous a fait croire que les élections made in Europe vous apporteraient miraculeusement la paix, l'abondance, la sécurité et la dignité dont vous êtes privés voilà plusieurs années. Pour protéger et couvrir les méfaits de cette cynique entreprise, elle a mobilisé une armada forte de plusieurs dizaines de milliers de soldats européens avec les armes les plus sophistiquées pour vous intimider et vous imposer des élections truquées et préconçues.
Mais aujourd'hui, soit plusieurs mois après cette mascarade électorale, vous êtes enfin sortis du rêve pour vivre le cauchemar de la réalité. Nos compatriotes du Kivu et du Maniema à qui l'on avait promis la fin de la guerre et le retour de la sécurité voient plutôt leur situation s'assombrir chaque jour plus qu'avant les élections : les Rwandais ayant accéléré depuis le processus d'occupation des terres congolaises du Kivu, de plus en plus d'autochtones congolais sont chassés de leur terre natale, pour se retrouver loin dans la forêt sauvage à la merci des fauves et des intempéries. Nkundabatware et sa branche armée rwandaise, avec la complicité avérée de son frère Joseph Kabila, a fini par imposer le contrôle du Rwanda sur ce qu'ils appellent cyniquement « l'Armée congolaise », et sur la partie essentielle des deux Kivu…
Chers Compatriotes Congolais,
Devant ce constat douloureux d'une vertigineuse descente aux enfers de notre nation toute entière ; devant l'indifférence de la Communauté internationale face à nos cinq millions de morts et face aux nombreux cas de viols et d'assassinats, alors que cette même Communauté internationale se mobilise aujourd'hui pour les deux cents mille morts et les déplacés du Darfour ; devant l'arrogance du pouvoir d'occupation qui se targue d'avoir assujetti et maîtrisé toute la classe politique congolaise désormais à son service ; devant le mépris et l'orgueil de l'occupant qui étale sa force et renforce son oppression, le peuple débout lance le cri du désespoir et se demande si la libération est encore possible !
C'est à vous qui êtes découragés et fatigués que je voudrais adresser ce message. C'est à vous qui avez peur de la démonstration de force de l'ennemi et qui avez perdu foi en la victoire de la liberté que je lance cet appel.
Notre peuple étant à 90 % chrétien, permettez-moi de vous adresser cette exhortation spirituelle, en ce jour , pour réveiller votre foi chrétienne qui devrait éclairer votre vision de la situation politique actuelle de notre pays, et ranimer votre ardeur au combat. Car un peuple sans vision est un peuple sans frein ; il avance sans voir le gouffre et les pièges qui sont devant lui, il se décourage alors qu'il est à deux pas du salut et de la délivrance. Tout cela, parce qu'il ne sait pas discerner les signes des temps !
vous savez discerner l'aspect du ciel, et vous ne pouvez discerner les signes des temps » (Matthieu 16 :3), leur avait-il lancé en boutade ! Jésus stigmatisait ainsi par cette remarque un défaut qui avait caractérisé le peuple d'Israël durant toute sa marche vers sa libération.
Jésus voulait attirer l'attention de son peuple que nous sommes sur la méthode opérationnelle de Dieu : Chaque fois que Dieu fait une promesse, et que cette promesse tend vers son accomplissement, elle se fait toujours précéder par des signes bibliques bien distinctifs. Et ces signes sont souvent des circonstances matérielles qui semblent renforcer la position de nos ennemis vis-à-vis de nous, et nous font croire que la promesse de Dieu ne s'accomplirait plus jamais !
C'est ainsi que Joseph à qui Dieu avait promis l'élévation pour sauver la maison d'Israël s'est retrouvé esclave loin de sa famille, par la jalousie de ses propres frères qui avaient décidé de « tuer » la vision et la promesse de Dieu à travers leur jeune frère. Cependant, c'est de son statut d'esclave, blotti aux fins fonds de la prison d'Égypte douze ans durant, oublié des hommes et de ses frères ennemis qui étaient convaincus d'avoir définitivement gagné la bataille, que Dieu a fait éclater sa gloire en sortant Joseph, tel un Joker, du puit de la prison pour le faire monter au sommet du pouvoir, à côté de Pharaon, afin de réaliser la promesse de salut vis-à-vis de la maison d'Israël. C'est au moment où plus personne ne pouvait croire à la prophétie de Dieu qu'il a manifesté sa puissance !
Dieu intervient lorsque la situation sociale, physique ou matérielle de ses enfants ou de son peuple devient selon toute logique impossible à surmonter! Il intervient lorsque la crise ou la maladie devient incurable ! Il a attendu exprès que Lazare meure pour intervenir. Notre Dieu n'aime pas de victoire dans la facilité. Et si la situation est facile, il la rend difficile pour faire éclater sa gloire. Telle est la stratégie et la logique de Dieu. Tel est aussi le signe du temps qui précède sa gloire.
Chers Compatriotes Congolais,
Comment ne pas donner raison à ceux qui allèguent que, faute d'attaches psychologiques, le soit disant «président élu» n'aime pas le Congo. Il n'aime pas non plus les Congolais.
Peut-on promouvoir le progrès économique et humain dans un pays qui n'est pas le vôtre ? Joseph a fait la démonstration de ce désamour en canardant par deux fois les adeptes de Bundu dia Kongo et le quartier de la Gombe lors des affrontements entre la garde présidentielle et des militaires bembistes. Des faits sans précédent. Comment ne pas donner également raison à ceux qui affirment que Joseph Kabila est un «infiltré» chargé de liquider ce qui reste comme tissu économique et industriel autant que le dispositif sécuritaire et de défense de ce pays. Il faut, en effet, se munir d'une loupe pour découvrir le secteur national ayant connu la moindre avancée au cours de huit années de présidence du «représentant du diable». Il faut dès lors être parfaitement naïf pour espérer que le départ du Premier ministre Gizenga va sortir ce pays de l'ornière. Certes, le «Vieux» n'a rien fait non plus préférant se laisser anesthésier par le confort du pouvoir. Tout compte fait, il n'est qu'un bouc émissaire. L'épicentre du problème congolais est ailleurs. Il a nom : Joseph Kabila. Tout Premier ministre est appelé à échouer aussi longtemps que cet homme, dénué de tout sens de l'État et de l'intérêt général, restera à la tête de ce pays. Le salut de la RD Congo dépend de la capacité des Congolais à inviter fermement l'actuel autoproclamé président de la République à tirer les conséquences de son échec et à avoir l'élégance de se mettre à l'écart. L'éviction du "représentant du diable" donnera à ce pays l'opportunité de couper le cordon ombical qui le relie encore à l'AFDL et ses avatars..
Chers Compatriotes Congolais,
Je vous exhorte à bannir la peur et le doute qui engendrent le découragement. Je vous demande de ne pas considérer les propos de moquerie et de mépris de nos oppresseurs et des médias internationaux qui vous font croire que les carottes sont cuites et qu'il n'y a plus rien à faire si ce n'est se résigner et se rendre ! Dans sa détresse, Job avait compris que son Rédempteur se réveillerait le dernier, et il a gardé l'espoir jusqu'au bout !
Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo et son peuple !
Votre serviteur.
Rév. Robert Shutsha.
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